La palombe, l’oiseau bleu

La palombe ou pigeon ramier transmet la fièvre bleue et lorsqu’un chasseur l’attrape, difficile pour lui de se soigner. Il passe par centaine voir millier par-dessus les palombières. Il contribue en grande partie au tableau cynégétique français. A l’affût, à la palombière, seul ou au « cul levé », la belle bleue fascine et fait perdurer traditions et passions.

Le pigeon ramier, de la famille des colombidés

Le pigeon ramier ou palombe, est la plus grosse variété de pigeon en Europe. Très prisé des chasseurs, notamment dans le Sud-Ouest de la France, le pigeon ramier fascine et se chasse lors de sa migration, à l’automne. De la famille des colombidés, la palombe peut mesurer jusqu’à 42 cm de long et 80 cm d’envergure. Son poids oscille entre 450 et 520 grammes. Son plumage est gris-bleu sur le dos et la tête, sa poitrine rosée, son col blanc et ses lignes blanches présentes aux ailes et à la queue. Ce plumage unique lui offre l’appellation de la belle bleue.

Habitat et biologie de l’espèce

Le pigeon ramier vit aussi bien à la campagne dans les zones boisées qu’en ville, c’est pourquoi, dans les parcs, nous retrouvons souvent cet oiseau. Il préfère néanmoins les zones boisées, d’ailleurs son nom anglais est « common wood pigeon ». Capable de s’adapter aux changements d’habitats, la palombe est un oiseau rustique. Elle se nourrit principalement au sol, s’alimentant de graines (blé, orge, tournesol), d’herbe, de fruits comme les glands durant l’automne et/ou des fruits du lierre. En période de migration ou au printemps, le pigeon ramier est susceptible d’occasionner de gros dégâts sur les parcelles agricoles. Opportuniste, il n’hésitera pas à consommer les tournesols, les pois et autres cultures fraîchement semées.

La période de reproduction des palombes est de fin février à début septembre, elles font leur nid entre avril et septembre. La femelle pond ses oeufs (maximum deux à la fois) entre avril et mai. Elle fait entre 2 et 3 couvées par an. Les deux parents couvent durant 17 jours environ. Après trois semaines d’élevage par les parents, les jeunes palombes quittent le nid après 3 semaines.

Chasse et gestion de l’espèce

La palombe est une espèce suivie de près. En effet, de nombreuses fédérations de chasse, comme celle de la Gironde mettent en place des suivis sous l’égide du Groupe d’Investigation de la Faune Sauvage. Ainsi, pour mieux connaître l’espèce, sa biologie ainsi que ses habitudes, il y a un suivi sur la migration post-nuptiale. Il y a aussi des suivis concernant les effectifs hivernants. Des palombes ont été équipées de balises afin de suivre leurs déplacements.

Les populations de pigeon ramier sont aujourd’hui en croissance. Les effectifs sédentaires augmentent de plus en plus créant ainsi, sur le territoire national, des populations fixes. La palombe se chasse et se vit différemment selon les régions. La palombière dans le Sud-Ouest, où convivialité, fraternité et amitié sont les maîtres mots. Au poste entre amis, au bord d’un champ avec quelques formes pour tenter de décrocher quelques oiseaux un peu trop gourmands. A l’affut, en octobre, alors qu’on attend les premières grives le long d’une haie de chêne, quelques belles bleues viennent compléter un beau tableau de migrateurs. La palombe anime la chasse française et continuera, par sa biologie et son adaptation, à se faire une belle place dans la chasse française.

Itinéraires migrations palombes

Le sanglier participerait au réchauffement climatique.

Selon une étude menée par les universités du Quennsland et de Canterbury les sangliers seraient responsables de l’émission de 4,9 millions de tonnes de CO2 par an dans le monde. Ce qui équivaut à la production de CO2 de 1,1 million de voitures. Si ces chiffres sont exacts, la chasse est aussi un moyen de limiter le réchauffement climatique. On devrait nous remercier !

4,9 millions de tonnes de CO2 produit chaque année par les sangliers

Le sanglier est présent presque partout sur le globe. Avec les conditions climatiques clémentes de ces dernières années, leurs populations sont en augmentation. Ils génèrent dégâts, collisions, zoonoses. Une récente étude, menée par l’université du Quennsland et de Canterbury révèle un nouveau point noir concernant l’espèce. En effet, les sangliers fouillent le sol pour se nourrir, ceci libère du CO2 dans l’atmosphère. Dans l’étude, Christopher O’Bryan explique « les cochons sauvages sont comme des tracteurs qui sillonnent les champs, labourant le sol pour trouver de la nourriture ». Ils libèreraient dans l’atmosphère plus de 4,9 millions de tonnes de CO2. Les chercheurs ajoutent que ces animaux menacent aussi la biodiversité et la sécurité alimentaire.

Le sanglier, une espèce qui commet énormément de dégâts

Selon Nicholas Patton, cette étude montre l’impact d’une espèce envahissante, commettant des dégâts. Il ajoute que l’homme est à l’origine des problèmes créés par les espèces envahissantes, il est donc responsable de cet impact et doit prendre ses responsabilités afin de limiter l’impact écologique. Il témoigne, « si l’on permet aux sangliers de s’étendre dans des zones présentant des niveaux élevés de carbone dans le sol, le risque d’émissions de gaz à effet de serre pourrait être encore plus grand à l’avenir ». La gestion des populations et de cette espèce sont donc des enjeux de taille à ne pas négliger.

Vous pouvez retrouver l’étude en cliquant ici ou en vous rendant sur le lien suivant : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/gcb.15769

Le cerf élaphe, plus grand ongulé de France

Plus grand ongulé de France, le cerf élaphe, Cervus Elaphus, peuple aujourd’hui une grande partie de nos forêts. C’est l’animal le plus beau et le plus majestueux de nos forêts européennes. Le rencontrer est toujours un moment inoubliable. Il a inspiré de nombreux écrivains dont Maurice Genevoix :

« Tout droit, le cou large et velu, il portait haut son chef couronné d’une ramure ample et sombre. Ses yeux songeurs regardaient au loin devant lui. Lorsque le remous des échines se fut refermé sur son corps, ses bois royaux continuèrent de surgir, haut dressés, par-dessus les bêtes de son clan. »

Présentation et carte d’identité

Il s’agit du plus grand herbivore de nos forêts. Pouvant atteindre 150 cm au garrot, pour un poids pouvant parfois dépasser les 200 kg, le cerf élaphe sait, malgré sa carrure, se faire discret et se faufiler dans les bois sans aucun bruit. Il possède un poitrail massif et un cou élancé. Chez cette espèce, comme chez le chevreuil, le dimorphisme sexuel est très marqué entre le mâle et la femelle (biche). En effet, au-delà de la différence de taille et de poids, le cerf porte des bois, que la biche n’a pas. Chaque année, en fin d’hiver les mâles les perdent. Ainsi, si vous trouvez des mues lors de vos balades, cela signifie que l’espèce est présente sur votre secteur.

Image issue de l’ANCGG

Au début de sa vie, le faon aborde un pelage brun tacheté de blanc. Par la suite celui-ci deviendra gris-brun avec un tâche beige sur la croupe. Chez le mâle et la femelle, le poil est similaire, selon les saisons, celui-ci est plus ou moins gris-brun. L’espèce mue deux fois par an, l’été le pelage est léger, l’hiver, pour affronter les conditions extrêmes, il est plus épais et plus foncé.

Les appellations du cerf

L’importance du cerf dans nos cultures européennes peut se mesurer à la richesse du vocabulaire que l’on utilise pour le désigner et le définir.

En fonction de son sexe et son âge

De la naissance à 6 mois, mâle et femelle sont des faons. Le faon femelle gardera ce nom jusqu’à l’âge de 12 mois pour devenir une bichette. À partir de six mois, le faon mâle lui, devient un hère. À 24 mois, la bichette devient une biche et peut déjà être fécondée. Quant au hère, à l’âge de 12 mois, il devient un daguet de 1ère tête (bois en forme de dagues, caractérisés par l’absence de meules).

Les appellations du Cerf d’après son physique :

Lorsque le Cerf est porteur de bois, on le surnomme « cerf coiffé« . A contrario, lorsque celui-ci est « décoiffé », c’est-à-dire qu’il a perdu ses bois, on parle alors de « cerf mulet« . A ne pas confondre avec le « cerf moine » qui lui, ne possède définitivement plus de bois (dû à la vieillesse ou suite à un accident).

Les appellations du Cerf selon ses mœurs

Lorsque de jeunes cerfs tournent autour de la place de brame dans l’espoir d’un moment d’inattention du vieux cerf dominant, on parle de « cerfs satellites« . Un cerf solitaire et méfiant qui n’est visible qu’au moment du brame est nommé quant à lui, « cerf pèlerin« , « cerf fantôme » ou encore « cerf nomade« . On désignera comme « cerf écuyer« , un jeune cerf qui en accompagne un vieux. Enfin, on parle de « biche bréhaigne » lorsqu’une vieille biche est devenue stérile.

Reproduction et biologie de l’espèce

Vers septembre-octobre, la reproduction du cerf à lieu. Celle-ci est indissociable du brame. Ce cri rauque, puissant et grave qui transperce nos forêts à l’automne. Il s’agit de cri émit par le cerf marquant ainsi le rut. A cela, s’ajoute le claquement des bois engendrés par les combats entre mâles. Durant cette période exceptionnelle, les mâles, plein de testostérone, peuvent être violents. Le brame prévient les femelles de la présence du cerf. Lorsqu’elles sont réceptives, environ un jour par an, la saillie a lieu. Pour la biche, la gestation durera environ huit mois.

L’espèce vit dans les grands massifs forestiers comportant clairières et bois clairs. Ils vivent généralement en hardes comprenant entre 30 et 50 femelles, notamment au moment du rut. Parfois celle-ci peut-être bien plus importante. En effet, il s’agit d’une espèce grégaire, matriarcale, dont la zone de vie peut s’étendre sur plus de 3 000 hectares. Cette espèce se porte bien en France grâce à de nombreux facteurs : augmentation de la surface forestière mais aussi plan de chasse rigoureux. Il ne peuplait que les forêts du nord-est du pays en 1985 ; il est présent à peu près partout aujourd’hui

Progression du gibier - CNPF - Centre national de la propriété forestière
Évolution des populations de cerfs en France

Le cerf élaphe est un herbivore ruminant. Son régime alimentaire se base sur la végétation disponible au cours des saisons. Herbe, jeunes pousses, fruits, glands, feuilles de ronce, écorces, il s’adapte et consomme une nourriture de saison. A ce propos, il paraît utile de préciser encore une fois quel est le régime alimentaire du cerf qui est accusé de tous les maux par les forestiers. L’herbe est la principale portion alimentaire de cet animal…

Alimentation du cerf

Gestion de l’espèce et préservation

D’un point de vue cynégétique, le cerf élaphe est soumis à ce qu’on appelle un plan de chasse. Cela permet de réguler les effectifs et de respecter les structures naturelles des populations tout en conservant une diversité génétique. Le plan de chasse est défini au niveau local. Ainsi d’un territoire à un autre les prélèvements ne seront pas similaires. A l’approche, à l’affut, en battue ou à courre, la chasse du cerf passionne et offre des souvenirs inoubliables.

La gestion du cerf doit dans un premier temps, être quantitative et répondre aux objectifs locaux fixés par les parties concernées (chasseurs, forestiers, agriculteurs…) en prenant en compte :

  • les équilibres écologiques (valeur alimentaire et intégrité du milieu d’accueil, cohabitation avec d’autres espèces, risques sanitaires) ;
  • les activités économiques (dégâts supportables par la forêt et les cultures, revenus de la chasse) ;
  • la sécurité sur le réseau routier ;
  • la valeur patrimoniale du cerf.

Dans un second temps, cette gestion doit être qualitative. En effet, pour maintenir une structure sociale correcte et éviter les déséquilibres, la règle des trois tiers est utilisée : 1/3 de cerfs coiffés ; 1/3 de biches ; 1/3 de jeunes de l’année (JCB = jeune cerf ou biche, sans détermination de sexe).

Pour l’association nationale des chasseurs de grand gibier, « une forte augmentation de la proportion de biches dans les attributions ne peut se justifier que par la volonté de parvenir à un sexe-ratio mieux équilibré ou de réduire rapidement les effectifs. »

Il y a enfin la question délicate du tir des daguets qui est source de bien des discussions. Comment distinguer un daguet d’avenir à préserver d’un daguet peu prometteur qui pourra être tiré sans dommage pour l’avenir de la population de la zone. Un jeune cerf de première tête perd ses dagues normalement en avril de l’année suivante et il terminera sa deuxième tête avant la mi-août. S’il demeure daguet, il est par définition un mauvais cerf, à éliminer. Notons que l’on peut observer des daguets de troisième tête, à éliminer bien entendu à plus forte raison. Il y a donc un grand intérêt à bien identifier un daguet de deuxième tête.

Chez le daguet de deuxième tête, il y a toujours une meule, que l’on peut parfois arriver à observer à distance, formant une margelle évasée autour du pivot, mais parfois aussi, plus ou moins enfoncé dans le poil. Les dagues sont en général longues (50 cm et plus). De face, elles affectent typiquement une forme arquée en se recourbant l’une vers l’autre. C’est surtout de profil que la tête est caractéristique. La dague, peu après son départ du pivot, se courbe fortement en arrière près du crâne. A partir de l’endroit où devrait se détacher l’andouiller d’œil (inexistant ou à peine ébauché), elle inverse sa flexure pour décrire une ample courbe concave en avant.

Le cerf source de querelle entre chasseurs et forestiers.

La gestion du cerf élaphe n’est pas une mince affaire, les différents acteurs de la ruralité se voient souvent confrontés à des intérêts contradictoires. En effet, trop de prélèvements, entraînerait une chute des populations, ce qui n’est pas recherché. Alors qu’une attribution trop légère engendre chez les forestiers et les agriculteurs une certaine « grogne ». Il est donc primordial de continuer à travailler ensemble afin de trouver le meilleur équilibre agro-sylvo-cynégétique.

A condition que tous les acteurs soient de bonne foi, ce qui n’est pas toujours le cas. L’ONF et certains acteurs sylvicoles privés militent en ce moment pour la disparition des plans de chasse aux cervidés qu’ils accusent d’abimer la forêt. Ceci signifierait que l’animal pourrait être chassé sans aucune limite, ce qui conduirait évidemment à un fort déclin des ses populations. L’effet pervers de cette politique à courte vue est que l’ONF aura du mal à trouver acquéreur pour ses lots de chasse si les cerfs n’y sont plus. Cet organisme ne devrait-il pas plutôt s’interroger sur sa politique de plantations mono-spécifiques plutôt que d’accuser le cerf et les chasseurs ?

Le cerf, symbole religieux

Il a inspiré les hommes dès la préhistoire comme le montrent les gravures de Lascaux. La chute et le refait de ses bois ont toujours été assimilés à l’arbre de vie et sont symboles de renaissance. On retrouve le cerf comme animal symbole de force et de fécondité dans beaucoup de religions païennes et en particulier chez les celtes avec la figure du Dieu Cernunnos.

Le chaudron de Gundestrup
Grotte de Lascaux

Dans la religion chrétienne, il a une charge symbolique extrêmement forte. Certains hagiographes de saint-Hubert ou de saint-Eustache l’associent au Christ apparu en croix à ces deux saints entre les bois d’un cerf. Les traités de vénerie insistent ainsi sur le fait que le cerf est un animal destiné à être sacrifié au terme d’un rituel précis, comme le Christ a été rituellement sacrifié. Bien entendu, il est l’animal symbole de saint-Hubert, patron des chasseurs.

Saint Hubert

Ô Saint Hubert, patron des grandes chasses,
Toi qu’exaltait la fanfare au galop,
En poursuivant le gibier à la trace,
Tu le forçais sous l’élan des chevaux.
Nous, les derniers descendants de ta race,
Arrache-nous aux plaisirs avilis,
Emplis nos cœurs de jeunesse et d’audace,
Dans la forêt, fais nous chasseurs hardis.

Sauve d’abord du Bocage à l’Ardenne
Notre forêt si chère aux vieux gaulois,
Pour qu’à son chant, notre jeunesse apprenne
Les fiers secrets gardés par les grands bois.
Fais nos yeux prompts, et fais nos lèvres claires,
Pour bien lancer, quand viendra le danger,
Le cri de chasse ou le dur cri de guerre ;
« Sus à la bête ! », et courons la traquer.

Tu vis un jour, au fond du hallier sombre
Où tes limiers se pressaient aux abois,
La croix du Christ que le grand cerf dans l’ombre
Couronnait de l’auréole de ses bois :
Mystique appel qui conquit ta grande âme ;
Tu dis aux cours un méprisant adieu. Montre à nos yeux cette divine flamme,
Et conduis-nous camper sur les hauts lieux.

Quand le Seigneur, la chasse terminée,
Appellera notre nom à son tour,
Epargne-nous les tristes mélopées ;
Tu sonneras pour nous le point du jour.
Au grand galop, pour célébrer ta gloire,
Nous bondirons en poussant l’hallali,
Et nous ferons, au fracas des fanfares,
En ton honneur trembler le paradis !

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Le canard chipeau, discret et élégant gibier

Avec ses couleurs discrètes voire ternes, le canard chipeau peut ne pas plaire. Cependant, ses nuances de gris, de marron et ce miroir typique font de lui un oiseau d’une rare beauté en plumage d’hiver et d’une élégance exceptionnelle. Les amateurs de gibier d’eau vous diront que pour eux, le chipeau fait partie du top 3.

Description de l’espèce

Le canard chipeau, Anas Strepera est plus petit que le canard colvert. Son poids se situe entre 800 g et 900 g, la longueur du corps est de 46-58 cm et son envergure va de 85 à 95 cm. Canard de surface, le chipeau possède un plumage nuancé et discret. Le mâle est gris, le croupion est noir et le ventre est blanc. Son mourir alaire est blanc bordé de noir et de roux, celui-ci permet de distinguer l’espèce aussi bien au vol qu’au posé. La femelle possède un plumage quasiment similaire à celui de la cane colvert. Outre sa taille bien plus petite, la couleur orange du bec ainsi que le ventre blanc permettent de les différencier.

Biologie de l’espèce et comportement

Anatidé, le chipeau affectionne principalement les zones humides. Présent sur l’ensemble de l’Eurasie et de l’Amérique du Nord, c’est un canard partiellement migrateur, parfois sédentaire. Les principaux effectifs hivernants sont notés sur le pourtour méditerranéen, avec en France une prédominance pour cette merveilleuse région qu’est la Camargue qui est un des principaux quartiers d’hivernage européens. Il affectionne les étendues d’eau où la végétation est abondante, car celle-ci représente une bonne part de son alimentation. En effet, le chipeau profite des végétaux remontant à la surface, notamment les potamots et la zannichelle.

C’est une espèce monogame, qui se reproduit dans les différents types de zones humides d’eau douce, saumâtre peu profonde. En France, la migration prénuptiale débute fin janvier. Dans le nord de la France, elle est perceptible en février mais est surtout très nette durant le mois de mars. Des déplacements post-nuptiaux sont constatés dès le mois d’août. Lors de la reproduction, le nid se trouve en bordure ou à proximité immédiate d’un plan d’eau. Il peut se trouver sur un terrain sec, une prairie ou dans une zone de cultures. Il y a entre 8 et 12 oeufs, qui seront couvés durant 24 à 26 jours. Les éclosions ont lieu durant les trois premières semaines du mois de juin.

État des population et dynamique

L’effectif européen est estimé entre 60 000 et 96 000 couples. L’espèce se reproduit majoritairement en Russie et aux Pays-Bas. En France, l’espèce est particulièrement vulnérable en période de nidification. Le nombre de couples nicheurs se situe entre 900 et 1 000 couples. Victime de l’activité humaine, l’espèce canard chipeau voit ses effectifs diminuer. En effet, la fauche précoce des prairies (comme en Dombes) entraîne une perte de 10 % des couvées sur le secteur. La monoculture céréalière est aussi un critère de baisse des effectifs, tout comme le manque d’eau et l’eutrophisation des milieux.

Pour préserver l’espèce et la favoriser, la préservation des zones humides est primordiale. Il est tout aussi important de préserver et favoriser la végétation aquatique qui est primordiale pour l’espèce. Favoriser les prairies et les fauches tardives ne seront pas de trop non plus. Cet oiseau, qui offre un beau spectacle à la passée et lors d’une sortie d’observation, mérite toute l’attention des passionnés que nous sommes. Agir pour le chipeau c’est agir pour l’ensemble des espèces. Leur préservation passera par la préservation des habitats.

A Rennes la mairie PS-EELV va assécher une zone humide…

Ils sont décidément très forts ! La mairie de Rennes fait encore parler d’elle. Après le refus d’accueillir le tour de France accusé de pollution et de sexisme, voici que cette équipe municipale (PS et EELV) décide d’assécher une zone humide. Normal, ils sont écolo…

Des zones trop humides pour la mairie.

Le réaménagement des prairies Saint-Martin continue de réserver quelques surprises à la municipalité. « L’objectif d’une zone humide c’est d’attirer une biodiversité différente. Des batraciens comme les tritons par exemple. L’été, ces zones sont censées être asséchées mais ce n’est pas le cas. On a trop d’eau« , nous dit Didier Chapellon, adjoint à la biodiversité. Selon ce spécialiste de l’environnement, il y a trop d’eau, ce qui empêcherait l’installation « d’une certaine biodiversité »

La ville va donc les assécher, faire appel à des « écologues » pour secourir les poissons, grenouilles, crapauds et salamandres qui seraient présents. Tout cela pour aménager un « parc naturel urbain » qui va coûter 30 millions d’euros.

Les zones humides, petit rappel.

Comment une zone humide pourrait gêner la biodiversité ? Bien au contraire, elles sont vitales pour l’environnement. 100 % des amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons …), 50 % des oiseaux et 30 % des plantes remarquables et menacées en France, ainsi qu’un grand nombre de poissons et d’insectes encore mal connus, dépendent directement des milieux humides. Sur plus de 19 500 espèces dépendantes des zones humides, 1/4 sont menacées d’extinction, parmi lesquelles plus de 40% des espèces d’amphibiens.

87% des zones humides présentes au 18ème siècle avaient disparues en 2000, dont 50% rien qu’au 20ème siècle. La disparition des milieux humides est 3 fois plus rapide que la déforestation. Pratiques agricoles, urbanisation, espèces invasives, changements climatiques … menacent les milieux humides et entrainent progressivement leur disparition. Il est donc logique selon certains de les assécher. Quelle biodiversité sera-t-elle accueillie dans ce « parc urbain » ? Je n’ose imaginer la réponse…

Le chevreuil, petit prince de nos campagnes

Il se chasse à l’approche, à l’affût, en battue et à courre. Le chevreuil, Capreolus capreolus, offre des souvenirs et des émotions extraordinaires. C’est le plus petit cervidé d’Europe où il est présent partout, sauf dans l’extrême nord. On en trouve aussi en Asie centrale et en Sibérie où il peut atteindre des tailles bien plus importantes. Il serait arrivé chez nous à la suite de grandes migrations venues du nord-est de l’Europe. Il est connu depuis longtemps sur nos territoires. Pline, un chef de cavalerie de César, passionné de chasse le mentionne fréquemment.

Présentation du petit prince

Le chevreuil est présent sur l’intégralité du territoire national. Sédentaire, il occupe plaines et forêts de France voire même les hauteurs, jusqu’à 1 500 mètres d’altitude. Le chevreuil est le plus petit cervidé d’Europe, pour le mâle, appelé « brocard », c’est environ 70 cm au garrot, 115 cm de long, pour un poids moyen de 28 kg. Pour la femelle (chevrette), les mensurations sont plus petites, 62 cm au garrot, 100 cm de long en moyenne, pour un poids de 20 kg environ. Chez le chevreuil, le dimorphisme sexuel est très marqué puisque, qu’au-delà des mensurations différentes, le brocard seul possède des bois. Ajoutons à ce dimorphisme la différence de forme au niveau de la tache blanche postérieure. La chevrette possède donc un miroir en forme de cœur, le brocard lui a un miroir en forme de haricot. Son pelage, roux vif en été, devient grisâtre en hiver.

Mode de vie et reproduction

Le chevreuil selon les saisons peut vivre seul ou en petits groupes. L’été en période de rut, le brocard vit seul et marque son territoire. L’hiver en revanche, les chevreuils se regroupent jusqu’à une dizaine d’individus sans distinction de sexe.

Le rut à lieu en été, le brocard s’impose aux chevrettes et évince les mâles qui tentent de s’introduire sur son territoire. En mai, la chevrette met bas à 1 ou 2 faons (parfois 3). La chevrette possède un atout de reproduction exceptionnel appelé ovo-implantation différée ou diapause embryonnaire. De quoi s’agit-il ? Chez le chevreuil, la période « réelle » de gestation est de cinq mois, comme pour les autres petits ruminants (Ovins, Caprins). Mais cette période est précédée d’une autre durée de cinq mois où le développement embryonnaire, qui avait débuté, a été suspendu : c’est la diapause embryonnaire préimplantatoire. La chevrette est fécondée pendant le rut de l’été, l’ovule se développe pendant une quinzaine de jours puis le développement s’interrompt pendant 5 mois pour reprendre en décembre ou janvier, ce qui permettra une naissance au meilleur moment de l’année. Le faon et sa mère bénéficieront alors de bonnes conditions climatiques et de nourriture abondante.

Les populations en France

Les populations de chevreuil se portent très bien en France. Selon l’ANCGG, la population dépasse les 1.5 millions d’individus. Les effectifs les plus abondants sont situés dans les quarts Nord-Est et Sud-Ouest du pays. Si l’animal se porte si bien, c’est grâce aux chasseurs. N’ayons pas peur de le dire, la mise en place des plans de chasse concernant l’espèce a permis une fabuleuse croissance des effectifs.

Le chevreuil commet peu de dégâts, cependant, en cas de surpopulation, il peut poser des problèmes aux forestiers. Son appétence pour les jeunes pousses peut parfois réserver de mauvaises surprises. C’est pourquoi il est important de surveiller le fameux équilibre agro-sylvo-cynégétique. Pour suivre l’évolution de l’environnement et des populations des outils de gestion, appelé indicateurs biologiques permettent de suivre les fluctuations des effectifs dans le temps.

Un gibier noble et passionnant

Le chevreuil se chasse à l’approche, à l’affût, en battue et à courre. Il est soumis à plan de chasse. En été, l’approche permet de chasser exclusivement les mâles, très généralement, les plus chétifs ou ayant des pathologies, ce que l’on appelle aussi des tirs sanitaires. Parfois, lorsqu’un territoire le permet, le prélèvement d’un « grand » mâle se fait, laissant ainsi la place à un jeune prometteur. Il est dommage que la course aux trophées conduisent parfois à des excès dans ce domaine et appauvrissent des territoires en les privant, pour des raisons commerciales, des beaux mâles reproducteurs. Le reste de l’année, il est possible de le chasser en battue ou à l’affût, ces modes de chasse permettent ainsi de réaliser le plan de chasse et d’équilibrer les effectifs. Quelque soit le mode de chasse, les émotions sont présentes et offrent des souvenirs incroyables.

La sarcelle d’hiver, ce petit clown des marais

Plus petit canard d’eau douce d’Europe, la sarcelle d’hiver est, pour tout sauvaginier, la plus belle des récompenses. Son vol rapide, ses crochets furtifs, offre à celui qui la chasse le souvenir d’un prélèvement difficile.

Plus petit canard d’eau douce

Elle fait partie de la famille des anatidés. Elle mesure entre 34 et 38 cm, avec une envergure inférieure à 60 cm. Son poids varie entre 250 et 450 g selon les individus ainsi que la période. Le mâle de sarcelle d’hiver possède un plumage nuptial d’une incroyable variété de couleurs. Sa tête rouille, traversée par de larges bandes vertes est flamboyante. Sa poitrine, de couleur crème et son ventre de couleur blanche viennent contraster avec la queue jaune, bordée de noir. Les ailes puissantes de cet oiseau des marais possèdent chacune un miroir noir/vert ne laissant aucun doute sur l’identification.

Habitat, migration et reproduction

La sarcelle d’hiver fréquente marais, étangs, mares mais aussi les petites rivières. Durant sa migration, les sauvaginiers vous le diront, il n’est pas rare de la croiser également sur les côtes, les estuaires ainsi que les vasières. L’anatidé possède un régime alimentaire assez varié, en effet, il va principalement consommer de micro-invertébrés, de graines, mais pourra se contenter de petits insectes, de mollusques ainsi que de crustacés.

La sarcelle d’hiver est un canard migrateur. La migration post-nuptiale commence dès la fin du mois de juillet et se poursuit jusqu’en décembre. La migration pré-nuptiale quant à elle, débute vers la fin du mois de janvier pour se poursuivre jusqu’à la mi-avril.

La sarcelle niche à terre. L’habitat de prédilection pour sa reproduction est un marais ou une zone inondée de faible profondeur, en partie fermé par la végétation émergente et par la végétation de bordure. La nourriture doit être y disponible. Le niveau d’eau ne doit pas varier brusquement durant la période de nidification (ce qui explique l’absence de l’espèce d’une grande partie des marais drainés de l’ouest). Son nid, garni de duvet, accueille entre 8 et 11 oeufs qui seront par la suite couvés durant 25-30 jours. A la naissance, les canetons sont nidifuges, c’est-à-dire, ils quittent le nid rapidement pour s’aventurer dans leur milieu.

État des populations

Le statut de l’espèce est aujourd’hui considéré comme favorable à l’échelle de l’U.E. La tendance d’évolution de la population hivernante est à la hausse dans la partie Est de la zone Méditerranée-Mer Noire et depuis 1975 dans la zone nord-ouest Européenne. Si, comme tout anatidé la sarcelle d’hiver subit l’activité de l’homme, elle se montre capable de s’adapter. De nombreuses études sont aujourd’hui mises en place afin de mieux connaître les populations et la reproduction (lecture d’ailes, suivis GPS).

A la chasse, la sarcelle d’hiver complète très souvent le carnier du chasseur. Elle offre de fabuleux coups de fusil et sait se faire discrète malgré son chant « trut-trut » qui résonne à la passée. Oiseau emblématique de nos marais, le petit clown n’a pas fini de vous émerveiller.

Le lièvre d’Europe

Animal emblématique de nos campagnes, le lièvre d’Europe a su conquérir les chasseurs de France. A la botte, en battue, à l’arc ou au chien courant, le lièvre d’Europe déchaîne les passions. Également appelé lièvre brun, on le retrouve en plaine, au bois et même en montagne où il est représenté par son proche cousin, le lièvre variable.

Le lièvre, un gibier rusé et discret

Le lièvre d’Europe, Lepus europaeus, est un lagomorphe. Présent sur l’ensemble du territoire national, il est aussi représenté par le lièvre variable qui est lui, exclusivement montagnard. Fin, allongé et doté de puissantes pattes arrières, le lièvre est bâti pour la course. Sa morphologie lui offre une faculté d’athlète incroyable lors de ses courses. Il peut ainsi atteindre des pointes jusqu’à 72 km/h. Son poids varie entre 3 et 5 kg. Reconnaissable par ses oreilles et sa taille, le lièvre possède des yeux de grandes tailles situés en position latérale lui offrant un champ de vision à 360°. Le mâle s’appelle le « bouquin », la femelle s’appelle la « hase » et le petit s’appelle le « levraut ».

Son habitat est varié

Il est l’un de ceux qui se sont le mieux adapté aux pratiques humaines et agricoles. Présent en plaine comme en bois, il aime les mosaïques de milieux, qui lui offrent un habitat parfait pour se nourrir, se reproduire, se cacher. Résistant au froid, mais très sensible à l’humidité, le lièvre aime établir son gîte sur une parcelle saine et filtrante. Très actif la nuit, le lièvre se nourrit principalement de graminées, de céréales, trèfles, lui offrant les besoins essentiels à son alimentation.

Concernant la reproduction, le lièvre s’accouple de janvier à octobre. Durant cette période, il n’est par rare de voir les mâles se poursuivre et se « boxer ». Ce rituel amoureux porte le nom de « bouquinage ». La hase, femelle du lièvre, a une gestation de 41 jours, la portée se compose elle de 1 à 3 levrauts. Grâce aux études et aux suivis mis en place par les fédérations de chasse, il a malheureusement été constaté que moins de la moitié des jeunes nés dans l’année sont encore en vie à l’ouverture. En effet, le taux de mortalité des jeunes lièvre est considérable. La raison ? Principalement la maladie mais aussi la prédation et parfois l’activité humaine.

Mortalité et gestion

Comme stipulé au-dessus, les jeunes lièvres ont une mortalité très élevée. La stratégie démographique développée par le lièvre est donc la stratégie « r ». En effet, cette stratégie est développée par l’espèce car, l’habitat dans lequel il est installé peut subir des modifications et/ou être perturbé. Les ressources sont imprévisibles et les risques (maladies, conditions abiotiques, prédation) peuvent être élevés. Ainsi le lièvre mise sur la reproduction avec un fort taux de croissance afin de compenser par le nombre.

Le lièvre possède donc les caractéristiques suivantes :

  • Fécondité élevée
  • Mortalité infantile importante
  • Cycle de vie court
  • Croissance rapide
  • Maturité sexuelle précoce
  • Mortalité adulte importante
  • Faible capacité de compétition
  • Grande capacité de dispersion

Très souvent victime de maladies, de collision et de prédation, le lièvre fait l’objet de nombreuses actions de préservation. Groupement d’intérêt cynégétique, plan de gestion, plan de chasse, le lièvre est une espèce qui attire l’attention du monde cynégétique. Ces moyens mis en place permettent d’obtenir des populations stables et de limiter les zoonoses. Autrefois gibier courant, le lièvre recommence de conquérir les cœurs des chasseurs grâce aux différents modes de chasse qu’il permet.

Bécassine des marais, pas si bête !

Connaissez-vous la bécassine des marais ? Comme son nom l’indique, cet oiseau vit dans les zones humides. Animal discret et typique de nos étangs français, la bécassine des marais passionne. Elle est chassée au chien d’arrêt, à la passée ou au cul levé.

Un oiseau futé et discret

Les Scolopacidés constituent, avec les Charadriidés, un groupe d’oiseaux appelés limicoles, c’est à dire littéralement « oiseaux de rivages ». Les Scolopacidés sont majoritairement des oiseaux migrateurs de l’hémisphère nord. Le nom « bécasse » vient du latin beccum, qui signifie bec. Son vol caractéristique et son chant atypique font d’elle un oiseau identifiable rapidement. Oiseau migrateur par excellence, la bécassine des marais pèse environ 120 grammes. Son bec typique mesure environ 7 cm et lui permets de sonder la vase, le sol, à la recherche d’invertébrés. Son plumage, lui offrant un mimétisme parfait est densément rayé, tacheté de brun clair et foncé. Les parties inférieures du corps sont blanches avec des rayures noires sur les flancs. A l’œil nu dans la végétation, cet oiseau est difficilement visible. En cas de danger, elle s’aplatit sur le sol. Immobile, elle ne s’envole qu’au dernier moment.

Habitat, alimentation et reproduction

La bécassine des marais vit et se reproduit en zone humide. Étang, tourbière, marais, prairie inondée, marais salant, sont des lieux où l’oiseau a fréquemment été observé. Elle investit régulièrement la Dombes, la Sologne, le Forez et la Camargue à l’automne et repart courant de l’hiver. Cet oiseau passionnant se nourrit principalement de vers, mais son régime peut varier en fonction du secteur en consommant insectes, crustacés, mollusques et parfois quelques graines. La quiétude des marais est fondamentale pour la reproduction de l’espèce car le nid, construit par la femelle, est situé à même le sol. Caché dans une épaisse végétation. La femelle dépose entre 3 et 4 oeufs dont l’incubation dure 18 à 20 jours.

Menaces et gestion

Les menaces que rencontre cette espèce sont relatives aux habitats. Les aménagements hydro-agricoles ou autres aboutissant au drainage, à l’assèchement des milieux marécageux, la déprise agropastorale, localement, les plantations de peupliers en zone humide, les pollutions liées à l’épandage des boues, l’utilisation de produits chimiques, et la pollution par les hydrocarbures sur l’aire de reproduction… Voici plusieurs facteurs qui influent sur l’habitat de la bécassine des marais. Mettre en place des actions de gestion pour cet oiseau bénéficiera à de nombreux autres oiseaux dépendant de ce type de milieu. En effet, l’intervention de l’homme semble indispensable pour maintenir les habitats favorables en hivernage. La maîtrise du niveau d’eau, l’effet mosaïque réalisé, soit par un pâturage extensif délimité en petites parcelles clôturées, soit par différents moyens de fauche mécanique répétée, trois à quatre fois par an, en constituant des placettes de taille moyenne (environ de 25 m de long sur 15 à 20 m de large). Certains passionnés mettaient même des têtes de cheval dans leur étang pour apporter de la nourriture à cette espèce.

Cet oiseau fragile et agile offre des moments de chasse exceptionnels. Décrocher une belle des marais au cul levé ou à la passée n’est pas une mince affaire. Cela révélera votre adresse au fusil. En France, elle se chasse sous trois modes, le chien d’arrêt, la passée ou le cul levé. Chaque chasse possède son charme et se doit d’être découvert. Son chant atypique tel un baiser vous permettra potentiellement de la repérer à l’envol.

Caille des blés, cet oiseau passionnant

Plus petit galliforme d’Europe, la caille des blés est, pour le chasseur de plaine, un gibier passionnant. La chasse de la caille des blés, c’est un peu la pré-rentrée pour les passionnés. Elle offre les premières sorties avec son chien d’arrêt et permet, après de longues heures de recherche, une chasse exceptionnelle.

Un gallinacé de caractère

La caille des blés appartient à l’ordre des galliformes. Espèce migratrice, c’est le plus petit gallinacé d’Europe. Son corps est massif, rond lui offrant une puissance atypique à l’envol. La caille des blés possède un plumage brun rayé de noir et de jaune-crème. La gorge elle est blanchâtre entourée d’une bande sombre. Sa tête est rayée de trois bandes brunes, la queue est elle, très courte ce qui lui offre une silhouette massive. Les données biométriques de la caille des blés sont dans les limites suivantes :

  • Aile: 100-119 mm,
  • Queue: 32-43 mm,
  • Bec: 11-13 mm,
  • Longueur: 160-190 mm,
  • Envergure: 330-360 mm,
  • Poids: 60-155 g.

Chez nous, l’espèce vit principalement en plaine, sur les terrains plats. En revanche, il n’est pas rare de la croiser dans certaines vallées des Alpes aux alentours de 1 800 mètres d’altitude. Cependant, l’espèce possède un penchant pour les prairies, les champs de céréales, étendues de luzerne, etc…

La migration

Vers la mi février, les cailles entreprennent par étape leur migration retour à partir des différents sites d’hivernage africains (Sahel) et rejoignent les hivernants des pays d’Afrique du nord, d’Espagne et du Portugal. Dès le mois de mars, les premières cailles franchissent les Pyrénées.

Elles commencent à arriver en France à partir du mois d’avril et vont dans les champs de céréales encore verts. La première vague de migration est surtout composée de femelles en quête de site de nidification. Vient ensuite une vague surtout composée de mâles qui arrive dès le mois de mai-juin, suivis de jeunes jusqu’au mois de juillet.

A partir de la mi-août, la migration retour vers l’Afrique débute. La migration des cailles s’effectue de nuit, en petits groupes d’une quarantaine d’individus environ. Les oiseaux volent à une vitesse comprise entre 40 et 70 km/heure et à une altitude relativement basse (entre 400 et 700 mètres). Ils peuvent ainsi parcourir plus de 500 kilomètres en 8 heures. 

Un oiseau dur à voir mais que l’on entend

La caille est très généralement solitaire. Néanmoins, en période de reproduction, lorsqu’elle se fait entendre de son chant atypique, celle-ci peut former des colonies. Cet oiseau crépusculaire possède un régime végétal et animal. La partie végétale se compose des céréales, végétaux présents comme le coquelicot, le sarrasin, le plantain ainsi que le chanvre, millet, blé,avoine. La partie animale, quant à elle, se compose en majeure partie d’insectes et de larves (scarabées, punaises, fourmis, forficules, sauterelles, criquets…).

Gestion de l’espèce

La caille des blés est une espèce chassable. Comme tout cortège nichant au sol dans les milieux agricoles, la caille des blés subit les modifications des pratiques agricoles. Le moyen de conservation pour cette espèce passe par la mise en place d’aménagements comme la création de jachères, le recul des dates de fauches, la création de bandes enherbées pour favoriser la quiétude et évidemment pousser vers une diminution des produits phytosanitaires.

D’un point de vue cynégétique, la caille n’a pas de réglementation stricte. Malgré des effectifs en baisse, les fédérations mènent de nombreux projets scientifiques permettant d’obtenir de nombreuses informations sur l’espèce. Entre passionnés, nous tendons à dire que les chasseurs sont responsables et qu’il est donc judicieux de ne pas abuser des prélèvements. Autrefois giboyeuse, la chasse de la caille est aujourd’hui compliquée tant par les conditions météorologiques que par la baisse des effectifs. Gibier passionnant, sa chasse au chien d’arrêt vous apportera des sensations et souvenirs incroyables.