Bonne nouvelle pour la perdrix grise dans l’Aube

Même si elle nécessite beaucoup d’investissement, la chasse du petit gibier passionne et anime bon nombre de territoires et de chasseurs. Véritable fer de lance dans les actions d’aménagements et de gestion, le petit gibier regagne ses lettres de noblesse auprès des pratiquants. Dans l’Aube la perdrix grise part à la reconquête des territoires. Cette année, les comptages de couples annoncent une belle perspective pour la reproduction.

Augmentation des couples de perdrix grises

Après les premiers comptages de petit gibier, organisés et effectués par la fédération départementale des chasseurs, les résultats sont positifs. En effet, un premier bilan annonce une augmentation des populations de la perdrix grise. La fédération explique « avec 8,2 couples aux 100 hectares, on constate la hausse des couples de perdrix grises de 25 % par rapport à l’an dernier, où nous ne comptions que 6,1 couples ». Une belle nouvelle donc pour les chasseurs de petits gibiers ainsi que pour la faune locale.

Lire aussi : La Fédération des chasseurs de l’Aude fait signer une convention pour la préservation du petit gibier

Des conditions hivernales idéales

Cette augmentation est dans un premier temps due à la qualité de l’hiver, qui a été relativement doux. En effet, la fédération souligne que les mortalités ont été faibles sur cette période. Mais c’est aussi dû à la qualité de gestion mis en place sur le département. « C’est aussi le fruit d’une bonne gestion cynégétique durant la période de chasse, avec des quotas de prélèvements restreints sur certains territoires », précise la fédération des chasseurs. Espérons que le printemps soit aussi propice à l’espèce, en effet si la météo et les ressources ne sont pas favorables, les poussins risqueraient de ne pas survivre.

Sur le même sujet :

Objectif petit gibier en plaine dans les Hautes-Pyrénées

Le petit gibier était autrefois la chasse dans nos campagnes. Aujourd’hui, beaucoup d’espèces sont en déclin. Et l’attrait pour le grand gibier ne joue pas en leur faveur. Cependant, le petit gibier attire de plus en plus. Notamment les jeunes qui cherchent des territoires aménagés et adaptés à cette chasse. Les instances cynégétiques commencent à prendre la mesure de cette attente et de nombreux projets naissent pour la favoriser. Voici un bel exemple dans les Hautes-Pyrénées.

Remettre du petit gibier de plaine en milieu agricole

La gestion actuelle des terres agricoles n’est pas favorable aux populations de petit gibier. Nous aimerions tant voir à nouveau, perdrix, faisans et cailles dans nos campagnes. On le sait, la gestion du petit gibier n’est pas simple. Aménagements, piégeage, comptages, gestion des prélèvements, beaucoup de contraintes et de temps pour des résultats qui qui ne seront visibles que dans quelques années.

Lire aussi : Des signes favorables pour le petit gibier

Dans les Hautes-Pyrénées, on se mobilise pour le petit gibier. Repeupler les campagnes avec faisans et perdrix est un projet sur le long terme. Il y a quelques jours, pour concrétiser l’idée, les responsables de la FDC65 sont entrés en contact avec les présidents de chasse. Propriétaires et agriculteurs se sont joints à cette présentation. Ainsi, de nombreux acteurs ruraux et cynégétiques se sont rencontrés pour échanger, écouter et comprendre les besoins de ce projet.

Des territoires riches et adaptés

Géraldine Guilhauma, chargée de mission de la FDC65 présente au public la cartographie du territoire et les zones favorables. Le territoire dispose de nombreux terrains propices. Le but est, dans un premier temps, de mettre en place des élevages en pleine nature. Ce qui entraînera un bon cantonnement ainsi qu’une bonne fixation de l’espèce. L’objectif premier est de mettre en place début avril des parcs pour poussins. Douze à quatorze semaines plus tard, ils seront lâchés avec un service d’agrainage. Ce dispositif sera installé dans plusieurs communes en cours de sélection. Il faut absolument un investissement de tous pour que la réussite soit au rendez-vous.

Lire aussi : Livre blanc de l’Association Nationale pour la Conservation du Petit Gibier

Avant de lâcher les oiseaux, chaque individu sera bagué. Ce système permettra un suivi ainsi qu’une récolte de données scientifiques importantes. Connaître les déplacements, les prélèvements ainsi que l’impact de la prédation permettra d’analyser la réussite réimplantation. Mais aussi d’en savoir plus sur l’espèce en fonction des territoires et des aménagements mis en place. Ce projet fédère plusieurs acteurs ruraux. Agriculteur, chasseur, propriétaire, chacun est responsabilisé. La présentation a été un franc succès et l’auditoire a été conquis. Place à la mise en oeuvre qui s’annonce sous de bons auspices.

La rédaction vous conseille :

—> Petit gibier sédentaire, axe principal de la FDC des Deux-Sèvres

—> Le renouveau du petit gibier, un bienfait pour tous !

—> Des perdrix équipées de GPS.

Le tétras lyre, un oiseau rare et élégant

Sa queue en forme de lyre lui donne beaucoup de panache. Son plumage, sa chasse et son comportement font du tétras lyre (lyrurus tetrix) un oiseau passionnant. Vivant principalement dans les Alpes, il bénéficie de plans de gestion et de préservation. Zoom sur cette espèce qui passionne et dont l’étude et la connaissance donnent de bons indicateurs quant à l’état de santé des biotopes.

Un galliforme riche en couleur

Le coq pèse de 1kg à 1,5 kg. Plumes noires au reflet bleu, ses longues rectrices externes incurvées en forme de lyre, la queue blanche en forme d’éventail, des excroissances rouge vif au-dessus des yeux, le mâle de tétras lyre se reconnaît facilement. La poule, elle, est plus petite, pour un poids de 900 g. Son plumage, brun-roux barré de gris et de noir, lui offre un camouflage parfait. Sa queue, plus courte, est légèrement échancrée. Chez cette espèce, le dimorphisme sexuel est donc très accentué.

Tétras lyre

Habitat, alimentation et reproduction

Le tétra lyre est un oiseau de l’interface entre la forêt et les milieux ouverts. Il vit à l’étage subalpin, c’est-à-dire entre 1 400 mètres et 2 300 mètres d’altitude. Il fréquente donc des milieux semi-ouverts. Le facteur limitant essentiel est la présence d’une strate herbacée ou d’éricacées bien développée. En effet, ce type de milieu est indispensable à l’élevage des nichées. Selon l’observatoire des galliformes de montagne « dans la partie nord, son habitat typique comprend les landes à rhododendrons et les prairies subalpines piquetées de quelque résineux. » En revanche, dans les Alpes du sud, l’espèce occupe des formations plus variées. En effet, sur ce secteur, il est possible de trouver des tétras lyre dans des forêts claires de mélèzes et de pins ou des pré-bois clairs de chênes et hêtres.

Très farouche, le tétras lyre est, très souvent caché sous le couvert végétal. Il est actif tôt le matin ou en fin de journée afin de s’alimenter. Son régime se compose de graines, baies, fruits secs, et parfois petits invertébrés. L’hiver, pour survivre aux conditions rudes des hivers en montagne, il se contente de rameaux de mélèzes, d’aiguilles ou de bourgeons de conifères. Durant cette période difficile de sa vie, l’oiseau creuse des tunnels dans la neige, tel des igloos, afin de s’économiser et de garder un maximum d’énergie et de chaleur.

Au printemps, les mâles entrent en compétition. Ils se retrouvent sur les sites de parades traditionnels, les places de chant où ils vont s’exhiber, allant même jusqu’au combat. Le mâle peut s’accoupler avec plusieurs femelles. Ensuite, seule la femelle s’occupe de la couvaison des oeufs et de l’élevage de la nichée (3, 4 jeunes en moyenne) jusqu’à fin août, début septembre.

Menaces et aspects cynégétiques

Le tétras lyre est une espèce fragile et fragilisée par l’homme. Aujourd’hui, la principale menace est la dégradation des milieux et notamment de son habitat. Cela est en lien notamment avec la déprise pastorale, entrainant la fermeture des milieux, essentiels à sa survie. Cette déprise pastorale est accentuée par la présence du loup, il faut donc arrêter de dire que ce prédateur est l’allié de la biodiversité. A cause de lui des espèces nombreuses vont disparaître… Le développement des infrastructures touristiques est aussi une grosse menace. Les câbles de télécabine par exemple sont très meurtriers. Ces infrastructures ainsi que le développement des loisirs de plein air engendrent un dérangement nocif en été et surtout pendant l’hiver. Pourtant, durant cette période, l’oiseau s’économise et ne doit pas être stimulé ou stressé. Ces dérangements entraînent une dégradation physique de l’oiseau durant une période difficile, augmentant donc, la mortalité.

L’espèce est chassable sous conditions. En effet, seuls les mâles peuvent être prélevés. Il se chasse dans l’ensemble des départements alpins (sauf le Var), par le biais d’un plan de chasse depuis les années 1990. Le plan de chasse permet, grâce aux études et suivis de l’espèce menés par les fédérations de chasse, de définir le nombre d’oiseaux à chasser sur l’année. Ces quotas, différents d’un département à l’autre se déterminent en fonction de la reproduction. Ce fonctionnement a permis de baisser le nombre d’individus prélevés et de mieux gérer les populations fragilisées par les activités humaines.

C’est le monde cynégétique qui permet à cette espèce de survivre. En effet, ce sont les chasseurs qui entretiennent son habitat. Ce sont eux qui participent aux comptages des mâles chanteurs qui se déroulent au printemps. Puis en août, ils organisent et suivent la reproduction grâce aux comptages au chien d’arrêt. Qui à part les chasseurs en fait autant aujourd’hui pour permettre à cette espèce de survivre ? Sans gestion et préservation des habitats et de l’espèce, la chasse ne serait pas possible. Le chasseur l’a bien compris et développe donc la chasse adaptative. Préserver, gérer, chasser sont les maîtres-mots de la chasse française. Et cela nous permet de nous rappeler ce que disait François Sommer, « la nature est un capital dont nous ne devons préserver que les intérêts. »

La palombe, l’oiseau bleu

La palombe ou pigeon ramier transmet la fièvre bleue et lorsqu’un chasseur l’attrape, difficile pour lui de se soigner. Il passe par centaine voir millier par-dessus les palombières. Il contribue en grande partie au tableau cynégétique français. A l’affût, à la palombière, seul ou au « cul levé », la belle bleue fascine et fait perdurer traditions et passions.

Le pigeon ramier, de la famille des colombidés

Le pigeon ramier ou palombe, est la plus grosse variété de pigeon en Europe. Très prisé des chasseurs, notamment dans le Sud-Ouest de la France, le pigeon ramier fascine et se chasse lors de sa migration, à l’automne. De la famille des colombidés, la palombe peut mesurer jusqu’à 42 cm de long et 80 cm d’envergure. Son poids oscille entre 450 et 520 grammes. Son plumage est gris-bleu sur le dos et la tête, sa poitrine rosée, son col blanc et ses lignes blanches présentes aux ailes et à la queue. Ce plumage unique lui offre l’appellation de la belle bleue.

Habitat et biologie de l’espèce

Le pigeon ramier vit aussi bien à la campagne dans les zones boisées qu’en ville, c’est pourquoi, dans les parcs, nous retrouvons souvent cet oiseau. Il préfère néanmoins les zones boisées, d’ailleurs son nom anglais est « common wood pigeon ». Capable de s’adapter aux changements d’habitats, la palombe est un oiseau rustique. Elle se nourrit principalement au sol, s’alimentant de graines (blé, orge, tournesol), d’herbe, de fruits comme les glands durant l’automne et/ou des fruits du lierre. En période de migration ou au printemps, le pigeon ramier est susceptible d’occasionner de gros dégâts sur les parcelles agricoles. Opportuniste, il n’hésitera pas à consommer les tournesols, les pois et autres cultures fraîchement semées.

La période de reproduction des palombes est de fin février à début septembre, elles font leur nid entre avril et septembre. La femelle pond ses oeufs (maximum deux à la fois) entre avril et mai. Elle fait entre 2 et 3 couvées par an. Les deux parents couvent durant 17 jours environ. Après trois semaines d’élevage par les parents, les jeunes palombes quittent le nid après 3 semaines.

Chasse et gestion de l’espèce

La palombe est une espèce suivie de près. En effet, de nombreuses fédérations de chasse, comme celle de la Gironde mettent en place des suivis sous l’égide du Groupe d’Investigation de la Faune Sauvage. Ainsi, pour mieux connaître l’espèce, sa biologie ainsi que ses habitudes, il y a un suivi sur la migration post-nuptiale. Il y a aussi des suivis concernant les effectifs hivernants. Des palombes ont été équipées de balises afin de suivre leurs déplacements.

Les populations de pigeon ramier sont aujourd’hui en croissance. Les effectifs sédentaires augmentent de plus en plus créant ainsi, sur le territoire national, des populations fixes. La palombe se chasse et se vit différemment selon les régions. La palombière dans le Sud-Ouest, où convivialité, fraternité et amitié sont les maîtres mots. Au poste entre amis, au bord d’un champ avec quelques formes pour tenter de décrocher quelques oiseaux un peu trop gourmands. A l’affut, en octobre, alors qu’on attend les premières grives le long d’une haie de chêne, quelques belles bleues viennent compléter un beau tableau de migrateurs. La palombe anime la chasse française et continuera, par sa biologie et son adaptation, à se faire une belle place dans la chasse française.

Itinéraires migrations palombes

Caille des blés, cet oiseau passionnant

Plus petit galliforme d’Europe, la caille des blés est, pour le chasseur de plaine, un gibier passionnant. La chasse de la caille des blés, c’est un peu la pré-rentrée pour les passionnés. Elle offre les premières sorties avec son chien d’arrêt et permet, après de longues heures de recherche, une chasse exceptionnelle.

Un gallinacé de caractère

La caille des blés appartient à l’ordre des galliformes. Espèce migratrice, c’est le plus petit gallinacé d’Europe. Son corps est massif, rond lui offrant une puissance atypique à l’envol. La caille des blés possède un plumage brun rayé de noir et de jaune-crème. La gorge elle est blanchâtre entourée d’une bande sombre. Sa tête est rayée de trois bandes brunes, la queue est elle, très courte ce qui lui offre une silhouette massive. Les données biométriques de la caille des blés sont dans les limites suivantes :

  • Aile: 100-119 mm,
  • Queue: 32-43 mm,
  • Bec: 11-13 mm,
  • Longueur: 160-190 mm,
  • Envergure: 330-360 mm,
  • Poids: 60-155 g.

Chez nous, l’espèce vit principalement en plaine, sur les terrains plats. En revanche, il n’est pas rare de la croiser dans certaines vallées des Alpes aux alentours de 1 800 mètres d’altitude. Cependant, l’espèce possède un penchant pour les prairies, les champs de céréales, étendues de luzerne, etc…

La migration

Vers la mi février, les cailles entreprennent par étape leur migration retour à partir des différents sites d’hivernage africains (Sahel) et rejoignent les hivernants des pays d’Afrique du nord, d’Espagne et du Portugal. Dès le mois de mars, les premières cailles franchissent les Pyrénées.

Elles commencent à arriver en France à partir du mois d’avril et vont dans les champs de céréales encore verts. La première vague de migration est surtout composée de femelles en quête de site de nidification. Vient ensuite une vague surtout composée de mâles qui arrive dès le mois de mai-juin, suivis de jeunes jusqu’au mois de juillet.

A partir de la mi-août, la migration retour vers l’Afrique débute. La migration des cailles s’effectue de nuit, en petits groupes d’une quarantaine d’individus environ. Les oiseaux volent à une vitesse comprise entre 40 et 70 km/heure et à une altitude relativement basse (entre 400 et 700 mètres). Ils peuvent ainsi parcourir plus de 500 kilomètres en 8 heures. 

Un oiseau dur à voir mais que l’on entend

La caille est très généralement solitaire. Néanmoins, en période de reproduction, lorsqu’elle se fait entendre de son chant atypique, celle-ci peut former des colonies. Cet oiseau crépusculaire possède un régime végétal et animal. La partie végétale se compose des céréales, végétaux présents comme le coquelicot, le sarrasin, le plantain ainsi que le chanvre, millet, blé,avoine. La partie animale, quant à elle, se compose en majeure partie d’insectes et de larves (scarabées, punaises, fourmis, forficules, sauterelles, criquets…).

Gestion de l’espèce

La caille des blés est une espèce chassable. Comme tout cortège nichant au sol dans les milieux agricoles, la caille des blés subit les modifications des pratiques agricoles. Le moyen de conservation pour cette espèce passe par la mise en place d’aménagements comme la création de jachères, le recul des dates de fauches, la création de bandes enherbées pour favoriser la quiétude et évidemment pousser vers une diminution des produits phytosanitaires.

D’un point de vue cynégétique, la caille n’a pas de réglementation stricte. Malgré des effectifs en baisse, les fédérations mènent de nombreux projets scientifiques permettant d’obtenir de nombreuses informations sur l’espèce. Entre passionnés, nous tendons à dire que les chasseurs sont responsables et qu’il est donc judicieux de ne pas abuser des prélèvements. Autrefois giboyeuse, la chasse de la caille est aujourd’hui compliquée tant par les conditions météorologiques que par la baisse des effectifs. Gibier passionnant, sa chasse au chien d’arrêt vous apportera des sensations et souvenirs incroyables.

Opération sauvetage de nids de perdrix grises

Oiseau emblématique de nos plaines, la perdrix grise est très souvent victime de l’activité humaine. Presque disparue du plateau volcanique du Velay à la fin des années 70, les chasseurs ont depuis 30 ans, instauré des repeuplements ainsi que des actions de gestion des populations. Pour tenter de sauvegarder la population aujourd’hui présente, les chasseurs lancent une opération de sauvetage des nids.

Opération sauvetage de nids d’avril à août

Chaque année, pour estimer les populations et estimer l’évolution des effectifs, les chasseurs effectuent des comptages. En parallèle, des aménagements tels que les cultures à gibier et des points d’agrainage en hiver sont mis en place afin d’offrir à la perdrix grise des conditions optimales de survie. Il faut tout d’abord rappeler que, dès le mois de mai, la perdrix grise niche au sol, principalement dans des parcelles céréalières, mais parfois en prairie et bordure de champs.

En Haute-Loire la perdrix grise est particulièrement suivie. En effet, au printemps et jusqu’à la fin de l’été, les travaux agricoles peuvent conduire à la destruction des nids. C’est pourquoi, la fédération des chasseurs de Haute-Loire met en place, en collaboration avec les ACCA de Seneujols et Bains une opération de sauvetage des nids.

Une opération en collaboration avec les agriculteurs

Laurent Cheymol, technicien de la FDC 43, explique : « Nous nous adressons donc aux agriculteurs situés dans le périmètre de gestion (voir carte), soyez vigilant lors de vos travaux et avertissez nous si vous trouvez un nid, nous viendrons récupérer les œufs pour les faire couver sous poule naine. Les oiseaux ainsi sauvés seront restitués au territoire concerné et pourront aussi servir à alimenter le conservatoire des souches de l’Office Français de la biodiversité. » Avant d’ajouter « Vous devez simplement prendre la précaution de protéger le nid en le recouvrant de végétation pour le protéger du soleil et des prédateurs le temps que nous intervenions. »

Il est important de noter que ces opérations sont menées bénévolement. Les nids sauvés iront dans les deux centres d’élevage situés à Seneujols et à Bains. Chacun pourra accueillir 100 oiseaux maximum élevés jusqu’à l’âge de dix semaines et seront par la suite relâchés sur leur territoire d’origine. Certaines perdrix seront gardées pour venir nourrir le conservatoire des souches de l’office français de la biodiversité.

Contacts

Pour cette opération, deux personnes sont habilitées à élever des perdrix et son donc référentes du projet. Si vous tombez sur un nid de perdrix lors de votre activité professionnelle, veuillez à les contacter.

  • Pierre Bonnaud (ACCA Seneujols) au 06 40 73 28 68
  • Laurent Cheymol (technicien FDC43) au 06 07 30 91 57

Fauche et faune sauvage, chasseurs et agriculteurs travaillent ensemble.

Pour bon nombres d’espèces, les prairies constituent un habitat riche, grâce à une nourriture abondante et à son rôle de protection spécialement en période de reproduction. C’est notamment le cas pour le chevreuil et le lièvre, ainsi que pour certains oiseaux nicheurs au sol : perdrix, faisan, alouette des champs, caille des blés, râle des genêts…

La fauche des fourrages cause des dégâts sur la faune sauvage par destruction des nids, mortalité des couveuses et autres animaux dissimulés au sol.

Nous sommes au printemps, l’opération de fauchage coïncide classiquement avec les phases de nidification, d’envol des jeunes oiseaux, de mise-bas des mammifères et d’élevage de leurs jeunes. Ces dernières années, des machines de récolte des fourrages ont évolué vers une plus grande largeur de coupe et une puissance accrue, permettant ainsi, des vitesses de travail élevées. L’ensemble de ces facteurs entraîne sur la faune de nombreux dégâts.
Depuis plusieurs années, chasseurs et agriculteurs travaillent ensemble afin de trouver des solutions pour préserver la faune durant cette période.

Une barre d’effarouchement sur le tracteur de fauche

Fabrication maison ou non, certains optent pour une barre d’effarouchement à l’avant des tracteurs pour faire fuir le gibier. Ce système a pour but de garantir une fuite plus efficace de la faune. Système à chaînes ou à dents pendantes jusqu’au sol, suspendues sur une barre ayant la même taille que la faucheuse et déportée de son côté. Les chaînes doivent faire fuir la faune par contact avant que celle-ci ne soit happée par la faucheuse.

Rouler moins vite, sens de la fauche

Comme stipulé plus haut, le matériel agricole d’aujourd’hui permet d’aller plus vite malheureusement pour la faune. Malgré la barre d’effarouchement, celle-ci ne peut pas toujours fuir ;  faucher à 10 km/h ne lui offre aucune chance de s’échapper.
Pour certaines personnes, c’est la façon de tourner dans la parcelle qui compte. Comme l’illustre le schéma ci-dessous, il faut rentrer dans la parcelle au centre et faucher de l’intérieur vers l’extérieur pour ne pas piéger la faune au centre et lui permette ainsi de s’échapper.

Schémas pédagogiques réalisés par la FDC 57 à l’occasion des fauches

Bien d’autres techniques

Avant la fauche, certains préconisent l’utilisation d’un chien d’arrêt afin d’identifier la présence de gibiers et de nids. Pour d’autres, le retardement de la récolte peut être aussi envisagé afin d’être sûr que les animaux puisse échapper à la faucheuse.

Enfin, dans le département de l’Ain, l’utilisation d’un drone avec une vision thermique à permis l’année passée, de sauver plusieurs faon avant que l’agriculteur se mette à faucher sa parcelle. Une technique avant-gardiste qui a su prouver son efficacité.

 

Le chasseur contribue au suivi de la biodiversité européenne

La surveillance de la biodiversité à grande échelle nécessite des efforts et des ressources considérables. Les chasseurs, possèdent une grande marge de manœuvre pour contribuer davantage à ce suivi, notamment en raison de leur présence dans l’ensemble du paysage européen.

Il y a quelques jours, parue dans la revue scientifique  » Global Ecology and Conservation », une étude de quatre chercheurs appartenant à des groupes d’étude norvégiens a montré l’importance de la contribution des chasseurs à l’étude de la faune.

Le chasseur possède un rôle essentiel, celui de sentinelle de la faune sauvage. Rôle sur-mesure, puisque celui-ci côtoie l’ensemble de la faune sur le terrain. Les Fédérations, contribuent elles aussi, chaque année, au suivi et comptage de la faune sur les territoires. Ces données apportent d’importants résultats et contribuent aux études scientifiques.

La contribution des chasseurs au suivi de la biodiversité en Europe

Selon l’étude, il y a 4 aspects principaux, rendant l’aide des chasseurs si précieux aux autorités de gestion de la faune et aux chercheurs :

  1. Observation à grande échelle. Pendant l’activité chasse et dans la gestion des espaces naturels, le chasseur collecte des données de nature différente (sanitaires, état des populations, observations …). Comme les territoires de chasse couvrent la majeure partie de la campagne européenne, les chasseurs assurent une collecte de données à grande échelle et représentative.
  2. Des données sur le long terme. Les données dérivées de la chasse peuvent fournir des séries historiques couvrant différentes saisons, années ou même décennies et sont extrêmement utiles pour suivre l’évolution de la biodiversité et des écosystèmes dans une zone spécifique.
  3. La fiabilité des résultats. Les chasseurs collectent des données caractéristiques principalement sur les espèces chassables et celles qui sont facilement identifiables avec précision. La marge d’erreur ou de doute dans l’identification de l’espèce est donc très faible dans ce cas.
  4. Sentinelle sanitaire. Grâce à l’analyse d’échantillons biologiques (os de mâchoire, ailes, tissus) d’animaux collectés, les chasseurs fournissent des données sur la démographie et la santé animale qui autrement n’auraient pas pu être obtenues.

Dans cette étude, il a été révélé la contribution des chasseurs au suivi de cinq grands groupes d’espèces fonctionnelles : « ongulés », « grands carnivores », « oiseaux aquatiques », « autres oiseaux » et « petit gibier ». Les résultats de celle-ci, indiquent une surveillance gérée par les chasseurs d’au moins un groupe d’espèces, dans 32 des 36 pays européens. Cela souligne donc, le rôle important des chasseurs dans le processus de surveillance de la biodiversité européenne. Un rôle désormais reconnu par la communauté scientifique.

Pour le co-auteur John Linnell, chercheur principal à l’Institut norvégien de recherche sur la nature « Nous pensons que nos recherches n’ont révélé que la pointe de l’iceberg, car une grande partie de l’activité de surveillance du chasseur n’est pas facilement accessible aux scientifiques. Nous espérons que cette étude stimulera une plus grande collaboration entre les chasseurs et les chercheurs, apportant des avantages aux deux. ! « 

Petite faune de plaine, l’heure du rétablissement

Le rôle des êtres humains dans la gestion de la nature est devenu essentiel, si nous souhaitons éviter le déséquilibre des populations de faune sauvage.

Depuis quelques décennies, les plaines agricoles françaises voient leur petite faune (perdrix, alouette des champs, lièvre etc…) diminuer de façon dramatique et inquiétante. Ce phénomène est principalement dû à l’intensification des cultures, aux remembrements des terres agricoles et à l’urbanisation. Afin d’encourager la mise en œuvre d’actions volontaires, favorables à l’environnement, les Fédérations de Chasse Départementale ont lancé des programmes concernant la préservation du petit gibier. Ces programmes, selon les politiques et attentes locales, permettent la mise en place d’aménagements en bords et au sein des cultures, favorisant ainsi l’augmentation de la capacité d’accueil des plaines. C’est-à-dire, la capacité d’un territoire (et de ses habitats) à accueillir une certaine densité d’individus pour chaque espèce. Ces aménagements se composent de haies, de bandes enherbées et de bandes jachère, fournissent des zones refuges et des ressources alimentaires supplémentaires/complémentaire afin de générer le rétablissement du petit gibier ce qui en découle positivement sur l’ensemble des espèces inféodées au milieu. Des programmes de repopulation à partir d’individus issus de souches sauvages se mettent de plus en plus en place, notamment pour les espèces faisans et perdrix. Dans plusieurs départements, ces aménagements, actions ont démontré un impact positif sur la faune des plaines et plus particulièrement, sur l’avifaune.

Quelques projets

Un couvert pour l’hiver

La culture intermédiaire c’est la solution multifonction, lutte contre la pollution de l’eau par les nitrates, protection des sols contre l’érosion, engrais verts, zone de refuge pour la faune en plein hiver, tout le monde y gagne.

Les couverts d’interculture présentent un réel intérêt pour la faune sauvage. Dans les zones de grande culture, après la moisson, ils constituent souvent l’unique couvert susceptible d’abriter la faune contre les intempéries et les prédateurs (notamment les prédateurs ailés).

Les critères à suivre pour évaluer un couvert d’un point de vue faunistique sont :

  • Le taux de couverture du mélange par strate, basse, intermédiaire, et haute
  • La pénétrabilité du couvert : on estime si les déplacements sont aisés pour la faune
  • Les plantes à compter dans la valeur alimentaire : les légumineuses et les graminées, ainsi que le sarrasin; les jeunes pousses de crucifères
  • La nourriture animale : on note la présence d’insectes, notamment la présence de carabes ou autres*

Un choix important de type de couverts, une grande marge de manœuvre au niveau des dates d’implantation et une facilité de destruction sont les principaux points positifs à retenir.

Plantation de haies

Ce n’est plus à prouver, les chasseurs contribuent à la plantation de plusieurs Kilomètres de haies chaque année. Soulignons que celle-ci est dans un premier temps un refuge contre les intempéries et la prédation exercée par les rapaces. La haie offre au petit gibier une table bien garnie toute l’année, susceptible de répondre à ses besoins alimentaires à chaque étape de son développement. Ajoutons à cela que la haie constitue un site de reproduction pour bon nombre d’espèces, un réservoir de biodiversité et le moyen d’augmenter très sensiblement la capacité d’accueil d’un territoire de chasse de plaine pour le petit gibier. Dès lors on comprend mieux l’intérêt majeur que représente la haie dans la panoplie des aménagements cynégétiques.

Oiseaux de souches sauvages

Face à la diminution des populations de la perdrix grise, du faisans, cela depuis une trentaine d’années dans les campagnes de Côte-d’Or, la FDC21 lançait en 2016, son projet de repeuplement de ces espèces à partir d’oiseaux issus de souches sauvages.
Ce projet de repeuplement testé sur au moins trois ans, a pour but de relancer et renforcer la dynamique du petit gibier sur les territoires. Travailler avec des animaux issus de souches sauvages offrira, leur offrira, dans le temps, une meilleure adaptation sur le territoire, une meilleure protection face aux prédateurs. Le programme mis en place dans cette FDC se calque sur celui de la Fédération du Pas-de-Calais, consistant à récupérer des oiseaux de souche sauvage et à les faire reproduire pour obtenir un nombre suffisant d’oiseaux à lâcher sur les territoires.

Il faut toujours garder en tête que chasser sur territoire diversifié où l’on retrouve, perdreaux, lièvres et faisans, autrement dit « joindre l’utile (agronomiquement )à l’agréable (faunistiquement) », reste un objectif majeur pour tout bon gestionnaire de territoire de plaine.

Agrifaune, un pas pour le petit gibier

Pour faire face aux enjeux de conservation concernant la biodiversité, il a été nécessaire de réinventer le partenariat autrefois naturel entre agriculteurs et chasseurs.

Le 30 mai 2006, la convention « agriculture – faune sauvage – chasse », qui a mis en place le réseau Agrifaune, a été signée par les principaux acteurs du monde rural : l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles, la Fédération Nationale des Chasseurs ainsi que l’Office Français de la Biodiversité.

Un réseau favorable au petit gibier

L’objectif pour ces acteurs, est de travailler ensemble, sur l’amélioration des habitats de la faune sauvage au sein des milieux agricoles. Cela, afin de préserver la biodiversité inféodée à ce milieu comme la petite faune (lièvre, lapin), l’avifaune (perdrix grise et rouge, caille des blés, alouette, mais aussi turdidés et colombidés).
Par ces espèces, les actions bénéficient aussi aux autres cortèges d’espèces inféodées aux agrosystèmes et les acteurs du programme y sont vigilants.

Agrifaune concerne l’ensemble du territoire national, donc tous les milieux agricoles que ce soit en zone de plaine ou en zone de montagne. En 2019 par exemple, 68 départements sont engagés dans le programme. Cela représente 150 structures partenaires et 30 lycées agricoles.

Le programme est articulé autour de 4 objectifs globaux, inchangés depuis 2006 :

  • Favoriser la prise en compte de la faune sauvage au sein d’une agriculture productive et économiquement performante
  • Réaliser des opérations de démonstration
  • Promouvoir les références acquises grâce au réseau qui permettent de concilier agronomie, économie, environnement et faune sauvage
  • Contribuer au développement durable des territoires ruraux