[Récit] La gloire de moi-même

Si la chasse fait des heureux, c’est notamment grâce aux souvenirs qu’elle crée. Seul ou entre amis, en battue ou au chien d’arrêt, à l’automne ou à l’hiver, la chasse est une source d’inspiration et d’instants uniques. Thierry Boulgakoff, chasseur passionné, nous raconte un récit de sa chasse au petit gibier de montagne. Si la bartavelle a offert à Pagnol la gloire de son père, elle a offert à ce chasseur une plume et un souvenir extraordinaire.

Un récit de chasse passionnant

« Ce matin, c’était ma troisième occasion (de l’année) de vivre intensément des instants inoubliables, dans des lieux paradisiaques. Le jour de l’ouverture de la chasse au petit gibier de montagne, j’ai eu ma chance aux bartavelles, mais je l’ai manquée à cause du cran de sûreté (enclenché sans doute en nettoyant l’arme en fin de saison dernière). Cela ne m’a pas tant affecté que cela car cette première sortie m’avait permis de lever une belle compagnie de six ou sept oiseaux et donc de faire le plein de promesses pour cette saison mais surtout pour celles à venir. Et aussi, j’étais heureux rien qu’à la perspective de pouvoir « y » remonter au moins une fois et profiter encore de ces joies là. Un peu comme le dit si bien la chanson: « encore un jour, encore une heure, encore une larme de bonheur… ». J’en avais même oublié que c’était plutôt le jour de couverture tant le temps était âpre dans la chape de brouillard balayée par la bise, ce qui n’arrangeait pas le ressenti d’une température juste négative. Ma deuxième sortie fût une belle escapade parmi mes pierriers, mes drayes et mes combes à myrtilles tant aimés, mais avec la petite désillusion de ne pas avoir réussi à retrouver un seul oiseau convoité. Et ce jour là aurait bien pu être mon dernier car si je n’avais pas levé les yeux machinalement vers les chiens à cet instant précis, je me serais fait fauché par une chute de pierres qu’ils venaient de déclencher… Bref, ce n’était pas l’heure. Ce matin, donc, troisième chance. Grand ciel étoilé, aucun nuage de bise comme les jours précédents qui viennent boucher notre col en s’y agglutinant. Les deux setters ont déjà sauté dans le Land Rover et tentent en vain de faire exploser leur cage tout en mugissant comme des veaux. Petite friandise et caresse de consolation au teckel qui a du mal à admettre que ce n’est pas son tour et qui me dit avec ses yeux « m’en fous de ton os en biscuit, pourquoi les deux grands ils y vont et pas moi? ». Et les deux winners du jour qui semblent lui dire à travers la vitre arrière: « Quand c’est nous qui restons au chenil pendant que Mossieur court après les chevreuils et les sangliers, on vient pas pleurer notre mère, nous ».

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Après une petite demi-heure de routes et de pistes forestières, nous sommes déjà dans la marche d’approche dans des bois que la luminosité n’a pas encore pénétrés. Ça couine un peu aux niveaux des genoux et des chevilles mais rapidement toute cette vieillerie s’oublie face à l’immensité du cirque montagneux. Quelle majesté! La première halte du second souffle passée à tout ajuster, tout préparer, tout armer et tout vérifier (même le cran), notre trio entame sa quête dessous une barre rocheuse où quelques chamois se carapatent et viennent nous observer en crête. Concentrés sur l’objectif du site où la compagnie pourrait avoir eu la bonne idée de revenir se remiser, nous prospectons une bande d’une centaine de mètres sous la barre en croisant nos marches autant que cela est possible dans ces pentes hostiles et piégeuses. Quand nous arrivons proches du spot espéré, mon Héros (R’o) se précipite de trop, comme lui dictent son jeune âge et sa fougue à déloger tout ce que sa truffe détecte: il sort de ma main en accélérant de la manière qui trahit un envol précoce. Je me doute bien qu’un oiseau est parti sans que je n’aie pu le voir mais je n’en suis pas certain. Rappel direct et très heureux que le respect de l’ordre soit aussi bien assimilé que dans la plaine. Pourtant, en revenant sur ses pas, mon foufou retombe sur les si bonnes odeurs qui font faire les grosses bêtises. Un brrrrrrrr du genre qui fait taper le cœur, comme si ce n’était pas assez, et un crouik significatif, c’est bien une perdrix bartavelle qui semble me venir dessus, se ravise et vient planer au dessous de moi pour aller se reposer à l’endroit d’où l’on vient. C’est bien ça, elles sont là. Je ne lève même pas le fusil: un peu que le chien s’est montré de nouveau trop pressant, un peu que je sais mon autre chien sous moi, et un peu parce que je me dis qu’elle sera un bon objectif de repli quand nous rentrerons… Je sermonne et reprends mon jeunot à mes pieds sans trop l’insulter (enfin de mon point de vue) et me dis que c’est bizarre de voir s’envoler ces perdrix une à une alors qu’elles explosent plutôt en escadrille d’habitude. Mon Névé (le chien de montagne si bien nommé) prend l’affaire en main et vient se bloquer net à l’endroit où son frérot s’est mis à la faute, couché, écrasé même, face à la falaise, trente mètres dessous. D’abord, je me dis qu’il arrête la place chaude de la dernière envolée et qu’il fait une erreur, mais dans le doute, je ne me permets pas de lui manquer de respect et de confiance et je fais tout comme si… C’est lui le patron. Et donc, R’o patronne instantanément et instinctivement comme il le fait chaque fois. Je viens aux chiens, je passe derrière eux et choisis la meilleure place pour parer à tous les envols possibles. Cinq toutes petites secondes se passent et l’envol est brutal, juste contre la falaise qui a dû arrêter naturellement la fuite à pattes de la belle des sommets et qui lui procure une caisse de résonance, pour faire encore plus taper le cœur. Et là, comme dans un rêve, comme dans mes rêves, comme dans le livre (de) puis le film sur Marcel Pagnol, tout s’inscrit dans mon propre livre pour mon éternité (on a le droit de rêver, non?). La gerbe de plomb intercepte le vol de l’oiseau et le fait basculer dans une chute emplumée. Pince moi, je rêve. Non, je suis bien présent, ici et maintenant, acteur et responsable de cet événement dont des milliers de chasseurs rêvent, avant, après ou sans jamais l’avoir vécu vraiment. Toutes ces heures passées à former les chiens, toute cette énergie, toute cette organisation quotidienne, tous ces sacrifices qui n’en sont pas, seulement des choix, toute cette façon de vivre, tout ça, pour ça, pour des instants comme ça.

Je suis resté pétrifié un long moment. Je n’ai même pas vu de suite que mon Névé était arrêté de nouveau, à l’endroit de la chute, surveillant son butin de très près et cassant par cette attitude solennelle, son rituel du rapport, comme s’il avait deviné que je souhaitais récupérer ce magnifique coq adulte intact. C’est alors que dans ma main, le poids de cet oiseau levé au ciel est devenu lourd de sens et que cette bartavelle est venue prendre sa place dans le Panthéon de mes plus beaux souvenirs de chasse. La fin de l’histoire n’est que la suite logique, nécessaire voire indispensable, même si elle paraît fastidieuse, de tous les petits gestes administratifs qui servent à déclarer le prélèvement selon une réglementation très rigoureuse dont le seul but est de protéger ces gibiers fabuleux afin de prolonger leurs chasses d’altitude aussi longtemps que cela s’avérera possible…
Le roi n’est pas mon cousin. »

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Des chasseurs sauvent un cerf condamné

Passer du temps dans la nature, observer, c’est connaître son environnement et les populations animales présentes. Dans la Vallée du Giffre, un chasseur (Mountain Hunter) raconte comment lui et d’autres chasseurs ont sauvé un cerf pris dans les fils d’un parc à chevaux, qui semblait pourtant condamné. Une belle histoire qu’il nous raconte et partage à découvrir ci-dessous.

Le cerf sauvé par des chasseurs

Moutain Hunter, fier de l’action et d’avoir sauvé le roi de la forêt raconte l’histoire. Telle une fable on rencent la joie et le bonheur de sauver un tel animal.

« Hier matin je pars pour faire ma petite sortie brame du cerf. Je passe devant chez un copain qui me dit qu’il y a un cerf, coincé dans les fils de parc à chevaux juste en face. Je m’arrête donc pour voir ça. Les pompiers arrivent, ils n’ont pas de fusil hypodermique, ils appellent ceux d’une autre caserne. Les pompiers préparent les fléchettes et y vont. Le problème c est que la portée est très courte 10 /15 mètres, ils tentent un premier tir, loupé ça passe en dessous , ils étaient trop loin. Ils retournent préparer une nouvelle fléchette, et l’attaquent par un autre côté. L’approche est bonne, le tir parfait. Quelques dizaines de minutes plus tard, ce beau jeune cerf 10 cors irréguliers s’endort, il faut agir vite. Munis de pinces coupantes, nos chasseurs et les pompiers vont libérer ce beau bébé en coupant ces mètres de fils de parc entortillé sur sa ramure et autour de son cou. Enfin, libéré, il mettra quand même quelques minutes à se relever après la piqûre stimulante, et retrouvera son bois en titubant. Bravo et merci aux chasseurs, aux pompiers et riverains ».

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Découvrez le reportage photos et vidéos

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la FDC03 et M. Kleboth sauvent un dix cors

Il s’agit de LA belle histoire de la semaine. Il y a quelques semaines, les techniciens de la fédération des chasseurs de l’Allier ont sauvé un cerf bloqué dans une propriété clôturée. Tout a été mis en œuvre afin que l’animal ne soit pas abattu. Découvrez le récit de cette histoire qui se termine bien, grâce au personnel de la FDC03 et du propriétaire, M. Kleboth.

Un dix cors sauvé, une belle histoire à raconter

Les histoires de chasses, il s’en raconte par centaine. Des vraies, des fausses, exagérées, contées. Les histoires de chasse font l’ambiance et animent les débats. Cette semaine, c’est la FDC03 qui nous raconte sa belle histoire. Dans le secteur de Tronçais, un cerf a sauté la clôture d’un propriétaire et s’est retrouvé bloqué. Face à pareille situation, M. Kleboth a décidé de contacter la fédération de chasse afin de le sauver. Ainsi, une grande opération a eu lieu pour tenter de sortir le cervidé de la propriété clôturé.

La FDC03 raconte sur sa page Facebook. « Il y a 2 semaines, dans le secteur de Tronçais. Un cerf a sauté la clôture d’une propriété et s’est retrouvé enfermé à l’intérieur de celle-ci. Le propriétaire, Eric Kleboth, a contacté la FDCA pour trouver une solution afin de ne pas avoir à faire tuer cet animal par un louvetier. La FDCA et le propriétaire avec l’aide de bénévoles ont alors mis en place un véritable plan de sauvetage. En installant une rubalise pour amener le cerf vers le portail de la propriété et ainsi le faire sortir.

Ils ont renouvelé l’opération 8 fois, sans succès, car le cerf butait au portail, pourtant grand ouvert depuis des jours et refusait de regagner la forêt. M. Kleboth a alors décidé d’utiliser les grands moyens et a ouvert le grillage de sa propriété sur plus de 10 mètres. C’était le bon choix, car samedi dernier, le cerf est sorti par cette ouverture, comme en attestent les pièges photos installés par Richard Porte, administrateur de la FDCA. La FDCA remercie vivement M. Kleboth de l’avoir sollicitée pour cette opération. Elle remercie aussi tous les bénévoles qui ont participé au retour du cerf en forêt ». Ci-dessous, découvrez les images de l’opération.

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Un sanglier de 200 kg dans l’Oise ! Un chasseur dans les nuages !

Axel Herbain a eu la chance de faire une très belle chasse le weekend dernier. Il nous a envoyé le récit de l’évènement. Le voici :

« J’ai eu l’honneur de prélever cet animal sur notre petite association de la Payelle sur la commune de Rémy dans l’Oise dont le président est Jacky Loiseaux.

C’est la battue d’une vie entre copains.

Je poste ma ligne et tout au long de notre déplacement nous remarquons la présence des sangliers. Le début de traque est sonné et les premières menées ne se font pas attendre. 

Les sangliers sont levés nous entendons tirer mais ça loupe. Je passe un petit SMS au chef de traque car plusieurs fois il y a eu des craquements dans la coupe devant moi. Anthony Oblet arrive avec ses Kopov et son binôme Arnauld Razoir et sa chienne Diane( qui me servira une petite bête de compagnie de 40 kilos sur un plateau 30 min plus tard). Son mâle Paco lève le nez mais reste à distance. Deux petits coups de gueule et sa beagle arrive pour donner également de la voix. Anthony va au contact et là, c’est le ferme. Puis ça démarre violemment et  monte droit sur mon poste. J’entends un bruit du diable, tellement fort que je pensais à une compagnie. Et la le barbelé explose, les épines noires montent en l’air.

Waouh, et c’est un ours qui sort à 45m ! Il faut que je place ma balle au bon endroit. Je lâche ma balle de R8 et il fait un salto !

Je sonne et les chiens arrivent, je cours pour protéger les chiens sans me poser de questions.  J’appelle Anthony et crie pour écarter les chiens. Il arrive et le pique pour ne prendre aucun risque. La dague ne rentre pas tellement le cuir est épais.

Mais la balle est parfaite, juste derrière l’oreille et la on réalise que l’animal est vraiment énorme. Des vrais gosses, je vois la joie dans les yeux de mes copains traqueurs . C’est le sanglier d’une vie, celui de ma vie. Les chiens sont sains et saufs, ouf !

J’appelle mon père puis mon grand père et je leur annonce que je viens de prélever le sanglier de ma vie. Un ours, un poney, un monstre ! Sur l’instant, je l’estime à 160 ou 170 Kg. Et bien je me trompais.

Une fois ramené à grand peine au rendez-vous, le peson annonce 200,7 kilos !!! Je viens de prélever un magnifique keiler comme disent nos amis de l’Est. Les honneurs sont rendus à ce magnifique tableau et les photos le mettront en valeur pour ce dernier hommage.

Merci saint Hubert pour ce grand moment de chasse avec mes copains. »

La dernière ruse du keiler. Un beau récit de chasse.

Cette année-là, un sanglier est venu défrayer la chronique locale, non pas que ce sanglier avait atteint un poids record mais son comportement pour le moins méfiant a été original à plusieurs titres. Un mâle, que l’on avait évalué sur pied entre 80 et 100 kg. Agé d’au moins une dizaine d’année, il était passé indemne aux travers de nombreuses battues. Son pelage hivernal constitué d’épaisses soies noires avait pris avec l’âge une teinte grisonnante. Les longues soies couvrant les joues lui avaient donné des airs de bacchante, sa hure courte et massive avait fait disparaître son cou.

De surcroit bien armé, ses lèvres retroussées laissaient dépasser des quenottes couleur ivoire et bien saillantes. Tout paraissait massif sur cet animal, son museau court et un chanfrein prononcé et concave. Trapu, son coffre puissamment cuirassé en imposait et jurait avec son étroit arrière-train. Quand il était de profil ses suites ressortaient en se découpant de sa ligne. Excité, inquiété ou en colère sa crinière s’était hérissée, impressionnant, il avait gagné ainsi en volume et effrayé ses ennemis ou ses congénères. Il avait tout du sanglier mythique, sa trace était particulière car il possédait un pied pigache. C’était une bête vraiment farouche et rusée. Son allure avait exprimé ce que la forêt détenait comme de plus sauvage et mystérieux. Il avait obsédé tous les gardes, chasseurs et braconniers de la région.

Peu de temps avant les fêtes de Noël, invité à chasser en battue sur un des territoires qu’affectionne notre vieux sanglier, je me retrouve posté en bordure d’une piste proche d’une zone marécageuse. D’épais fourrés d’aulnes et de jeunes bouleaux poussent en bordure de la tourbière. Ne connaissant pas cet endroit,  je relève d’un rapide coup d’œil le passage des animaux fréquentant les lieux. Sur ma droite, la coulée la plus apparente passe en traversant un bois d’aulnes relativement clair, installé ventre au bois, je jette instinctivement mon dévolu sur cette importante coulée. Cherchant virtuellement une position favorable à un éventuel tir, j’essaye de garder ce passage du mieux possible car à cet instant, je suis sûr que si un animal doit arriver, il arrivera par là.

Un coup de trompe annonce le début de la traque. Au loin, j’entends le cri des piqueurs et les premières menées orchestrées par les Teckels et les Jagd terriers. Puis, plus rien, le silence s’installe, quand un bruit de branches fracassées suivi d’un lourd galop, audible à grande distance, m’annonce l’arrivée imminente d’une grosse bête. Quelle n’est pas ma surprise de voir arriver un sanglier. C’est un Keiler au pelage grisonnant, ses grosses babines laissent apparaître une belle dentition, ses grés et ses défenses sont apparentes. Totalement isolé, cet animal en fuite se dérobe de toute évidence devant les piqueurs et leurs chiens. Il n’est poursuivi par aucun de ces derniers. Il n’y a plus aucun doute à avoir, cette bête noire correspond à la désignation du sanglier tant recherché dans la région.

Je chasse avec une carabine Steyr Mannlicher Luxus, modèle fut long de calibre 6,5X57, l’arme est équipée d’une optique Zeiss modèle Dia vari ZA 1,5-6X42 réticule 4.

 

Á cet instant, le contexte particulier des prédispositions paysagères m’environnant, ma certitude et mon manque d’humilité font que je vois déjà ce sanglier raide mort. Tout malin qu’il est, pensais-je, ce suidé vient bêtement se jeter dans la gueule du loup. Au premier coup de carabine, surpris par la déflagration, il effectue un petit crochet et continue sa course comme si je l’avais manqué. Réalisant un peu tardivement que je viens de le rater, je le double. Foudroyé par le tonnerre, il culbute comme un lapin de l’autre coté de la piste… Je me déplace alors naturellement de quelques mètres pour assister aux derniers soubresauts du seigneur quand, à ma plus grande surprise, il se relève et s’enfuit pour disparaître définitivement. Seules quelques rares gouttelettes de sang témoignent des faits qui viennent de se dérouler. Ma première balle est retrouvée dans un arbre à la bonne hauteur mais, il s’était trouvé juste dans l’axe du sanglier au moment du tir. La seconde justifie plus qu’un contrôle de tir et la recherche au sang qui s’en suit ne donne rien car aussitôt, nous perdons de vue tout indice de blessure. Durant la poursuite, le chien ne nous montre guère l’enthousiasme débordant des grands jours, seul le pied pigache relevé sur la voie nous indique que nous sommes bien en présence du fameux sanglier tant recherché. C’est l’échec total. Je suis consterné car j’ai toujours le doute d’avoir pu lui causer une blessure irréversible et d’avoir perdu définitivement ce pachyderme.

Mes états d’âmes iront alors jusqu’à remettre en question mon calibre, qu’une majorité de mes compères considèrent comme trop juste pour ce genre d’animal. Je leur rappelle avec vigueur que le 6,5X57 est un calibre classé médium chez nos voisins germains au même titre que le 7X64, le 270 Winchester et le 9,3X62. Il suffit d’adapter l’ogive au type de chasse pratiqué et à la bête poursuivie. Nous trouvons dans le commerce des cartouches manufacturées allant de 6 à10  grammes et pour clore les débats, les scandinaves chassent l’élan avec le 6,5X55 ou 6,5 Swedish, calibre équivalent à notre bon vieux 6,5X57 ou 257 Mauser.

La semaine suivante le vieux sanglier est surpris sur une place d’agrainage d’un territoire voisin. Râblé, trapu, grisonnant avec les dents bien apparentes, sa trace marquée par l’empreinte caractéristique de son pied accoutré d’une pince plus longue que l’autre, tous ces indices le désigne, cela ne peut être que lui. De plus son comportement est sans équivoque, il n’arrive jamais seul et tarde toujours à venir sur la place d’affouragement, charge, à la compagnie ou à ses subalternes de sécuriser les lieux. Il faut dire qu’en Vosges alsaciennes le tir de nuit est à l’époque autorisé et la pression de chasse avait modifié le comportement des sangliers. Ils sortent du bois de plus en plus tardivement.

Généralement, au bout d’un quart d’heure, quand plus rien ne l’inquiète, il sort totalement à découvert. La ruse du pépère ne s’arrête pas à ce détail près, arrivé au maïs, il vire d’office, manu militari, tous ses congénères puis, feint la fuite sans grogner. Á cet instant, le réflexe naturel du chasseur est de lever d’un geste brusque sa carabine pour tenter le tir, le mouvement rapide de la montée de la carabine est aussitôt perçu dans l’espace par le rusé suidé qui ne reviendra pas de sitôt sur le site.

Petit à petit les langues se délient sur le sujet, chacun y va pour broder sa propre histoire et sa méthode personnelle de capture. Une chose est déjà certaine, c’est qu’à un moment, son comportement peut être détourné à son insu.

Quelques jours plus tard, le Keiler est à nouveau levé durant une battue. La méchanceté du sanglier irascible met les chiens en déroute avec, au passage, quelques casses. Plusieurs chiens sont blessés et devront être recousus. Ce diable de bestiau présente du caractère et montre beaucoup de pugnacité mais, un jour viendra où la chance tournera.

Le seigneur mène pour l’instant la danse, les chiens le poursuivent en s’adaptant à son allure. Rusé comme un singe, il guide presque toujours les chiens sur des congénères plus compatissant à subir un laisser courre et surtout présentant beaucoup moins d’agressivité. Trop heureux de faire le change, les chiens ne se font pas prier et sont pris à chaque fois à défaut. Lancée sur une bête rousse ou une bête de compagnie la menée ronfle à tout va et le sanglier ne traîne pas devant les chiens, cela déménage… Ce n’est pas la première fois que je constate ce comportement typique aux grands mâles qui n’ont pas envie de courir. Encore dernièrement, au cours d’une partie de chasse sur l’Ile de Beauté, j’y avais observé une attitude similaire de la part de vieux sangliers.

Une quinzaine de jours s’est écoulée depuis la battue ou j’avais mouché ce Keiler, quand lors d’une sortie à l’affût sur un mirador fermé, une troupe de sangliers surgit des petites sapinières.

Nous sommes en pleine période de rut. La saison des amours se déroule pour le sanglier généralement de novembre à décembre. Loin d’être discrète, l’arrivée d’une compagnie est souvent annoncée par une cavalcade suivie de cris et de grognements identiques à ceux du porc domestique. Ces manifestations vocales sont éructées à l’occasion de toutes sortes d’occasions : comme la recherche de nourriture, le rut, les conflits et les jeux.

Je me prépare aussitôt, montant doucement la carabine en évitant de faire un geste brusque et surtout en m’abstenant de toute précipitation intempestive. Après mûre réflexion, je me résigne à la simple observation de la troupe. Elle est constituée de deux laies qui forment, avec la progéniture de l’année et celle de l’année précédente, la compagnie. Deux ragots l’accompagnent. Je ne me suis pas déplacé ici pour tirer un ragot mais pour essayer de prélever un joli mâle, bien armé si possible.

J’ai toujours en mémoire les récits concernant ce Keiler imprenable. Mes nuits sont agitées car, dans mes rêves, je revois en permanence la galipette qu’avait exécuté le grand noir lors de mon coup de carabine et sa fuite, succédant à la déflagration.

Un des jeunes mâles présents suit la troupe mais reste relativement méfiant voire inquiet alors que l’autre ragot se promène au milieu du groupe. De toute évidence quelque chose se trouvant dans le bois dérange le mâle satellite. J’ai cru un instant que la fébrilité de son comportement était dûe à ma présence, il n’en est rien car il m’a semblé voir au travers des petits sapins une masse sombre passée…

Dix minutes plus tard, j’assiste à la charge subite du solitaire sur le ragot qui se promène au milieu du groupe. Encore immature, trop jeune, il s’efface aussitôt en couinant et disparaît dans le bois avec à ses trousses le grand mâle toute crinière hérissée. Tous deux ont la même taille, mais leur physionomie est totalement différente. Le poids des âges se fait manifestement sentir sur le Keiler.

Indifférentes aux événements les laies et leurs progénitures continuent à vaquer à leurs occupations.

Je commence à douter d’une perspective heureuse de la soirée car, aucun des protagonistes ne ressort de la forêt et dans une trentaine de minutes, il fera trop sombre pour tenter raisonnablement un tir.

Quelques instants plus tard, le mâle dominant revient sur la place et fait le ménage en fonçant sur la troupe. Subissant la charge, la compagnie éclate pour se regrouper aussitôt tel un banc de petits poissons attaqué par un prédateur. C’est alors que le grand mâle commence son cinéma, il feint la fuite, j’assiste à la scène sans bouger d’un cil. Dix minutes plus tard, il revient et recommence son cirque, je ne bouge toujours pas d’un poil car je sais qu’il va revenir.

La nuit est en train de tomber et le sous-bois s’assombrit rapidement. Chose étonnante, le Keiler semble plus s’intéresser aux grains de maïs qu’aux derrières des laies présentes.

Puis il ressort du bois en virant tout le monde de la place et s’installe tranquillement pour se livrer aux agapes. Cette fois, le grand vieux sanglier est berné, il est pris à défaut.

J’ajuste le réticule de la lunette de visée en l’alignant au centre du corps, car tous les organes vitaux y sont regroupés. Contrairement aux cervidés qui demandent un tir un peu plus en avant, juste derrière les antérieurs dans le triangle mou.

Quand le coup de feu claque, le solitaire s’enfuit sans marquer le coup, avant de s’écrouler une trentaine de mètres plus loin.

Nos destins s’étaient à nouveau croisés mais cette fois pour la dernière fois. Sa vie de monarque vient de prendre fin ce soir. Weidmanns’heil !

En regardant la hure de plus près, je découvre sur le front de l’animal, légèrement au-dessus des yeux, un sillon du diamètre d’une balle qui lui balafre la peau jusqu’à l’os sur toute la largeur de la tête. C’est une balle récemment tirée car la plaie est encore bien apparente. Je suis dorénavant sûr que c’est bien la blessure causée par ma balle de 6,5X57 tirée il y a une dizaine de jours.

Ebranlé par le choc, l’animal était tombé foudroyé et assommé par l’énergie suffisante d’une balle tangentielle. Réveillé quelques secondes plus tard et sorti de son état de choc, il était reparti de plus bel pour s’enfoncer définitivement dans le bois me laissant seul, en proie au doute et autres légitimes incertitudes.

Les quelques gouttelettes de sang trouvées m’avaient fait penser à une atteinte plus importante ou plus grave, voire mortelle à longue échéance. Il n’en était rien, je m’étais donc fait beaucoup de soucis pour rien. Le suidé éraflé en avait été quitte pour une frayeur.

J’estime son poids vif à pas plus de 80 kg. En observant ses antérieurs, j’aperçois qu’ils possèdent un signe physiologique particulier, il a le pied pigache. Ce qui confirme une fois de plus que je suis bien en présence de mon sanglier. Son trophée est magnifique, ses mensurations sont sympathiques sans toutefois être exceptionnelles.

Patrick Zabé

Le 27 septembre 2020

Extrait du livre : Chasser Là-haut, à propos du grand gibier de montagne, 2012 auto édité

Simon Fraser, Lord Lovat, chasseur et commando.

Certains hommes vivent plus intensément que d’autres, certains hommes ne peuvent se contenter de ce qui est tiède. Ainsi était Simon Fraser, 15ème Lord Lovat. Tout le monde se souvient de cette scène du film « le jour le plus long » où l’on voit le chef des commandos britanniques débarquer en Normandie en tenue de chasse, suivi de son sonneur de cornemuse, le fameux Bill Millin.

Cette scène n’a pas été imaginée par le réalisateur du film. A 7h30 sur Sword Beach, le général Lovat quitte la barge de débarquement, entre dans l’eau vêtu comme à la chasse, en pantalon de velours côtelé kaki, pull blanc à col roulé et gilet en daim sans manches. Comme à la battue dans ses hautes terres, il a sous le coude sa carabine de chasse. Habitué à cette arme, c’est avec elle qu’il tire le plus vite !

Sur les lieux du tournage, de gauche à droite : l’acteur Peter Lawford, le vrai Lord Lovat, l’acteur Richard Todd et le vrai Major Howard.

Mais qui est cet individu hors norme ?

Il est issu du clan Fraser dont les origines sont aussi anciennes que le chardon d’Ecosse : originaires de l’Anjou, ses ancêtres, les seigneurs de la Fréselières avaient débarqué en Angleterre avec les barons normands. En 1160, Simon Friser était établi en Ecosse, puis avec les années, le nom se transforma en Fraser. En 1911, la lignée se perpétua avec la naissance de Simon. Il choisit la carrière militaire et sert dans les Scots guards puis les Lovats scouts. Mais il aime l’aventure et l’inhabituel, il se porte donc volontaire pour rejoindre une unité nouvellement créée, les commandos.

Il participe au raid sur les îles Lofoten en 1941 et au désastreux raid sur Dieppe en 1942.  En 1944, à 33 ans, il devient le plus jeune général de l’armée ; nommé à la tête de la 1st Special Service Brigade, forte de 2 500 bérets verts, dont le 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos du commandant Kieffer. Le jour du débarquement, sa mission est de percer les lignes allemandes et de s’infiltrer pour relever les parachutistes britanniques qui tiennent depuis la nuit le fameux pont de Bénouville. Arrivé sur place avec 2 minutes de retard par rapport à l’horaire prévu il dira au commandant des paras : « désolé pour le retard » !

Très grièvement blessé quelques jours après, il est évacué et ne retournera pas au front. Churchill en fait son sous-secrétaire d’état aux affaires étrangères et dira de lui avec l’humour qui le caractérise : « C’est l’homme le plus beau et le plus doux qui ait sabordé un navire ou tranché une gorge. »

Lord Lovat et son épouse sortant de Buckingham.

Conseils de lecture pour cet été

L’été est là, les vacances aussi, c’est le moment idéal pour la lecture. Voici quelques conseils et idées de livres à emporter avec vous pendant les vacances. Ce n’est pas une liste exhaustive, elle est subjective mais elle permet de couvrir presque l’ensemble des aspects de notre passion.

Et comme le disait Ernst Jünger : « Pour consolation, comme toujours, il reste les livres, vaisseaux légers et sûrs en vue des errances à travers le temps et l’espace, voire au-delà d’eux. Tant qu’on a encore un livre sous la main et le loisir de la lecture, une situation ne peut être désespérée, ni tout à fait dépourvue de liberté. »

Chasse et chasseurs d’antan de Noël Dijoux

Passionné collectionneur, bécassier à ses heures Noël Dijoux vous invite à découvrir la chasse de grand-papa au siècle dernier telle que nous ne la connaîtrons plus jamais. Glanées au fil du temps les cartes postales anciennes de chasse publiées dans ce recueil sont l’aboutissement de longues et minutieuses recherches. Cette sélection rigoureuse de plus de 200 clichés de chasse à tir, ouvertures, fermetures, battues, réunions, tableaux de chasse et gibiers nous permet de revivre un siècle plus tard l’âge d’or de la chasse et des chasseurs d’antan. Quel plaisir de redécouvrir la chasse authentique, la vraie et d’enrichir l’album familial de trouvailles incroyables ! Mais au-delà de la sauvegarde d’un patrimoine cher à des générations de porteurs de fusil cet ouvrage nous rappelle que la chasse, pratique populaire intimement liée à la vie paysanne, fut avant toute chose une passion unanimement partagée, une exception française. Et qu’elle doit le rester ! (NDA)

Mes plus belles histoires de chasse de Eric Joly (Grasset)

Le chasseur, son chien et le gibier sont les trois protagonistes de cette fête sauvage qu’est la chasse. Assemblez ces éléments, lancez-les au vent du hasard et vous obtenez des brassées d’histoires de chasse. » Perdrix ou bécasse, garenne ou bouquetin, lion ou éléphant, il n’y a pas de mauvais gibier, ni de chasse sans histoire. Regroupées en chapitres : « Histoires de petit gibier », « Histoires de gros », « Histoires de partout et d’ailleurs », « Histoires de fusils », « Histoires d’ouvertures », « Histoires africaines »…toutes ces histoires constituent un régal pour les chasseurs comme pour les non-chasseurs, mais amateurs de gibier néanmoins…

Le grand gibier –  ANCGG

Le livre pour passer le Brevet grand gibier. Un livre pour faire le point sur les grands animaux en France, la gestion des espèces. L’ouvrage regroupe l’ensemble des connaissances actuelles sur le grand gibier. Cette nouvelle édition 2019 est actualisée, augmentée. Les espèces de grand gibier sont présentées de façon très didactique (nombreux schémas très clairs: diagrammes de cycles biologiques annuels et régimes alimentaires, dessins légendés des parties du corps, des empreintes et des bois, photos de denture pour déterminer l’âge, carte d’identité…). En plus de la biologie, sont présentées l’éthologie, l’écologie et la dynamique des populations de chaque espèce ainsi que des cartes de leur répartition en France et, bien sûr, des conseils de gestion relatifs à leurs populations. Préparez et passez ce fameux brevet, il permet de s’instruire et de parfaire nos connaissances. C’est le moindre des respects que nous devons au gibier.

Le dictionnaire humoristique de la chasse de René-Miguel Roland

Le parler chasse de A à Z est un dictionnaire humoristique d’un genre particulier : prenant beaucoup de liberté avec les termes techniques, il recense des mots que l’on ne trouverait pas usuellement dans un dictionnaire spécialisé et il accompagne chaque définition d’une explication de texte. Peu nombreux sont les auteurs qui se sont essayés à l’exercice. La chasse a son langage, ses us et coutumes. Voici un peu de légèreté et de pédagogie à l’attention de tous ceux curieux de découvrir cet univers ou de voir les choses sous un autre angle.

Terres de chasse de Cyril Hofstein (éditions du gerfaut)

Des récits de chasse autour du monde parfaitement écrits et illustrés pour nous faire rêver et nous donner des envies de voyages.

 

 

 

Le dictionnaire amoureux de la chasse de Dominique Venner (Plon)

Dominique Venner dévoile ici les secrets d’une passion ancestrale que partagent plusieurs centaines de milliers de chasseurs. Au gré de sa fantaisie, il a dispersé de la lettre A à la lettre Z récits, souvenirs et réflexions. Le livre, qui va bien au-delà d’un simple dictionnaire, n’en contient pas moins pourtant de nombreuses définitions utiles sur le gibier, les armes, les chiens, ainsi que les termes de chasse et de vénerie. Cet ouvrage sans équivalent couvre l’historique des mythes et des légendes qui ont toujours escorté la chasse. On y trouve surtout les traces d’une longue initiation passant par la vénerie française et par les chasses, grandes ou petites, de toute la planète.

La grande meute de Paul Vialar (Gallimard)

Histoire d’amour et de fusion entre un homme et sa meute. « Je vais avoir un enfant: Quelle que soit sa mère il sera mon héritier. Je me suis décidé à m’occuper de lui afin qu’il me continue, qu’après moi il y ait quelqu’un qui reprenne la meute. Ce n’est ni pour moi, ni pour mon nom, que je fais cela, mais pour mes chiens. Vous m’entendez ? » Paul Vialar était un chasseur passionné, auteur de nombreux livres sur ce sujet. Je vous invite à les découvrir, ils ont le charme d’une époque révolue et nous incitent à tout faire pour ne pas rompre le lien qui nous unit à ce passé pas si lointain.

Le livre de chasse de Gaston Febus (Citadelle et Mazenod)

Recueil incontournable de cynégétique médiévale, ce livre fut réalisé à la fin du XIVe siècle par Gaston III, comte de Foix, surnommé Fébus. Véritable manuel d’érudition, cette oeuvre est dédiée à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.

Le livre premier de ce traité consacré à l’art de la vénerie, intitulé « Des bêtes douces et des bêtes fauves », présente la nature du gibier. Si plusieurs animaux font l’objet de descriptions précises et détaillées, tels que le cerf, l’ours, le sanglier ou le loup, certains sont peu développés et donnent lieu à quelques erreurs iconographiques, témoignant ainsi des connaissances de l’époque. La seconde partie est consacrée au meilleur ami du chasseur, le chien. Y sont présentées les différentes espèces de chiens et leurs qualités ainsi que les soins à leur donner et la manière de les dresser. Le troisième livre vise à transmettre aux veneurs les techniques de chasse afin de débusquer, piéger et tuer les animaux. Enfin, le quatrième volet traite des divers pièges à mettre en oeuvre afin de capturer le gibier (le vautrer, le dardier, le hausse-pied etc.). Ce livre offre la reproduction intégrale (texte et illustrations) du manuscrit de la Morgan Library, l’un des rares – et des plus beaux- exemplaires conservés dans le monde.

Chasseur de chamois de Henri-Frédéric Faige-Blanc dit Alpinus (Hoëbeke)

Chasseur, Henri-Frédéric Faige-Blanc l’était, comme tout montagnard du XIXe siècle, ou presque. La chasse n’était pour lui que le meilleur prétexte pour vagabonder à son aise dans ses chères montagnes du Dauphiné. C’est alors qu’il prit le pseudonyme d’Alpinus, collectionneur insatiable de pierres et d’insectes, d’histoires simples et de traditions immémoriales. Alpinus, fut un montagnard passionné doublé d’un érudit, un original. A tant aimer les Alpes, les arpenter quotidiennement, les observer attentivement, il en acquit une connaissance prodigieuse. En résulte un livre qui ne ressemble à aucun autre, un témoignage unique sur la faune et les moeurs d’un temps

Récit de Chasse – Premier Sanglier pour Hugo.

C’était ma première année de permis de chasse, j’avais 17 ans et c’était aussi ma première action au gros gibier dans le 62.

Durant cette journée j’ai pu prélevé un magnifique sanglier en forêt ouverte accompagné de mon père !

Les consignes sont données, sécurité et encore sécurité. Une fois au poste avec mes voisins nous pouvons tirées, les consignes sont de tirées uniquement les sangliers.

Lorsque j’arrive au poste des ronces se soulèvent devant moi, je me demande alors ce qui se passe. Je mets tout de suite une balle dans mon express de calibre 300 Winchester Magnum et lorsque je referme mon arme le sanglier se dérobe et passe à 4 m de moi. Je lâche une balle en pensant l’avoir raté, l’adrénaline est à son maximum,  au final le sanglier ne fera qu’une petite vingtaines de mètres, celui-ci s’étant écroulé d’une balle poumon- cœur.

À la fin de la battue quand je suis allé voir mon sanglier, j’étais le plus heureux des chasseurs. A la pesée le sanglier accuse 130 kg !

Un souvenir avec mon père qui restera gravé dans ma mémoire pour toute la vie.

 

Jessy une chienne pas comme les autres !

On a tous souvenir d’un chien passionné de chasse malgré la vieillesse ou les pépins physiques. Alors que dire de Jessy cette chienne ayant subit deux opérations aux yeux ? Son maître à travers ses yeux nous accompagne à la découverte de sa chienne exceptionnelle à travers un récit qui sera vous plonger au coeur de nos sous-bois.

Aujourd’hui ce fut un grand jour. Ma setter s’est blessée à l’œil le 27 octobre dernier lors de notre 1ère rencontre sérieuse sur une bécasse marathonienne. Après une opération en urgence et un traitement assez lourd, j’ai eu la joie de savoir qu’elle était complètement rétablie de l’épine lui ayant causée de sérieuse lésions au niveau de l’oeil.

On avait 1 à 2 % de chance que cela arrive. J’ai reçu dans la semaine son nouveau masque de protection étant déjà blessé à l’autre œil. Les deux ont une perte visuelle.

J’embarque Jessy qui n’attend que ça. Je décide de retourner à l’endroit où elle s’est blessée à l’œil. Est-ce pour conjurer le sort ou bien voir si la bécasse est toujours là ? Qui sait ? Je lui mets son nouveau masque. Dès la sortie de la voiture, ça ne se présente pas très bien.

Elle n’arrête pas de vouloir l’enlever. Après qqs remontrances, je décide de partir au pas de courses pour qu’elle me suive et pense à autre chose. Ça fonctionne même si elle reste dans mes pattes. On attaque un angle où par le passé nous avons fait qqs rencontres.

Jessy comprend vite et enfin se lance. La première remise ne donne rien. Elle attaque la seconde toujours rien mais à 60 m le long d’un pin couché dans un fossé inondé, elle prend ses premières émanations et sa queue balaie les fougères.

Arrêt !!! Je suis aux anges. On dirait bien qu’elle est toujours ici. Il s’en suit deux arrêts-coulés et Jessy prend de la distance. Elle aussi a compris qu’on a retrouvé cette bécasse. Elle part directe là où était la bécasse lorsqu’elle s’est blessée. Au même endroit où elle est partie fin octobre, Jessy plante un arrêt au pied d’un petit chêne. Jessy remonte la piste. La truffe au sol, elle fait des cercles qui s’entrecroisent entre moi et elle. La marathonienne est lancée !

Jessy ne lâche rien.

La bécasse tente de nous semer. Elle part dans deux bouillons que nous connaissons bien. Elle nous fait descendre vers le bord du bois. Arrivés en bas, plus rien. Je relance Jessy en retournant vers le point de départ en se décalant sur un regroupement d’une trentaine de pins de 10m. Bingo !!! Jessy est l’arrêt. Je suis à 8m derrière. Je me décale un peu sur la gauche pour avoir un meilleur de tir (je vais éviter de rester avec un tronc devant moi. Au bout de 10 secondes, la belle gicle devant moi à 10m. J’épaule et elle bascule sur mon 1ercoup. Jessy part en trombe direction le bord du bois. J’ai l’impression qu’elle a l’habitude que je rate. Je rappelle Jessy et on se rejoint sur le point de tombée.

Elle est là.

L’émotion m’envahit. Grosses papouilles avec ma setter. Trop heureux. Dire que le 27 octobre dernier risquait d’être notre première et dernière sortie suite à sa blessure à l’œil. St Hubert est avec nous. Ensuite il s’en suit toujours avec émotion mon 1er bagage de la saison. Ayant encore du temps, je décide de partir à l’autre bout de cette zone où j’ai trouvé de nouvelles remises l’an passé. Au bout de 20 min de marche. Nous attaquons une pinède.

Au travers des règes, nous descendons. En bordure, dans un bouillon, le bipper de jessy se déclenche. Arrivé sur elle, elle en ressort en coulé. Dans cette pinède, il s’en suit plusieurs points chauds. Arrivés sur l’autre bordure, j’entends plus la cloche de Jessy. Qd j’arrive sur elle, elle est plantée au pied d’un petit chêne. Je reste dans clair et fait face à Jessy. Au bout de qqs secondes, la bécasse part. Le claquement de ses ailes est magique. Elle me voit et fait demi-tour pour plonger dans la zone humide. Mon 1er coup est juste à sa droite et mon second coup la fera basculer.

Cette journée est magique !

C’est la première fois que je prélève deux bécasses lors d’une même sortie. Encore un moment fort rempli d’émotions avec ma Jessy. Je pose mon fusil sur un arbre couché. Jessy plonge dans le fossé et étanche sa soif.

Je pose cette seconde à côté de la première et je la bague. La 1ere est une adulte de 374gr et la seconde une jeune de 364 gr. Deux belles le même jour et en plus les plus grosses que j’ai fait. Cette journée restera gravée en moi avec le retour de Jessy. Avec le temps, j’espère qu’elle retrouvera sa quête qui a diminué et sa qualité d’arrêts.

Jessy est Pierre peuvent êtres fiers !

Un sanglier inoubliable !

 Il y a quelques jours un sanglier imposant a été prélevé dans le 44. C’est Julien Debruyne et son père qui nous compte cette journée et ce prelevement incroyable !

Compte-Rendu d’une journée INOUBLIABLE.

Dimanche 03 Novembre 2019 (44)

14h30, après une bonne matinée de chasse avec mon père et nos amis de chasse, nous décidons d’aller avec notre Ancien, Dédé. C’est donc à 3 que nous allons parcourir hais et ronciers afin de débusquer éventuellement les sangliers  mais aussi quelques bécasses qui viennent d’arriver.

Nous commençons avec une bécasse justement, après un bon travail des chiens, nous remarquons que leurs comportements ne correspondent pas à la bête noire. Ils nous feront donc partir une bécasse que nous prélèverons. La 1ere !

 

Nous croisons notre ami Gégé qui avait ce matin blessé un sanglier. Grâce au travail toujours incroyable d’un chien de sang et des conducteurs  ce même sanglier sera retrouvé. Et c’est aux alentours de 15h30 que la scène, bien que courte mais riche en émotion arriva !

Nous arrivons à une haie peu épaisse . Chacun un côté, et on avance. Notre ancien étant posté un peu plus haut.

A peine la haie commencée que les chiens ont un comportement méfiant et s’attardent sur un houx dans cette même hais.  Aller-retour, excitation, il y a quelque chose et les chiens nous le font comprendre !

Nos chiens, se glissent sous cet arbuste et se mettent à aboyer. Mon père me crie « Cochon » et, dans cette même seconde, le sanglier traverse le champ du coté de mon père.

3 coups de feu se fient alors entendre !  Mon père me crie alors « Julien ! appel vite Gérald pour qu’il prévienne les conducteurs du chien de sang, le sanglier a pris une balle il est ENORME ! » Bien que mon père affirme avec certitude l’avoir touché le sanglier n’a pas montré de signe de faiblesse. Nous craignons donc le pire pour les chiens ! Sprint de nous 2 ! 100m plus loin le sanglier semble s’être arrêté dans un petit roncier entouré de végétations hautes et denses. La le sanglier est à 2metres de moi, aucun moyen de reculer, je n’ai que 1 mètre je reste donc sur mes gardes. Nous entendons les chiens aboyer mais aussi mordre ! Cela signifie qu’il est mort ?

Mon père rentre donc avec prudence et confirme bien la mort. Un coup de dague pour s’en assurer et une vérification des chiens se fait donc immédiatement pour s’assurer qu’ils ne sont pas blessés ! « Il est énorme » « Une vache, un ours » me décrit mon père ! je m’empresse de faire le tour pour constater.. Et quel CONSTAT !

Pour le sortir nous utilisons le 4×4 de Gérald puisque trop massif le sanglier est impossible à extraire de ce roncier. Pour le monter dans le véhicule, pas moins de 5 personnes ont été nécessaires.

Pour le peser direction notre ami Patoche qui n’était pas présent cette après-midi. Le poids de la balance affichera 213KG (poids qui d’ailleurs pliera la barre en inox)

 

Cette chasse, auras et serras celle de ma vie ainsi que celle de mon père. Entre Excitation, Joie et Adrénaline mais aussi surtout la fierté d’avoir été là à ce moment présent et que mon père a réussi à prélever ce sanglier.