Le sanglier, passionnément, à la folie

Il fascine autant qu’il exacerbe. Le sanglier, Sus Scrofa de son nom scientifique, anime le débat cynégétique et agricole depuis de nombreuses années. Présent sur l’ensemble du territoire national, cette espèce s’adapte parfaitement à son environnement, s’installant même à proximité des habitations. Surnommé la bête noire, il peut être le rêve d’un chasseur comme son cauchemar. Partons à la rencontre de cette espèce aimée et décriée.

Le sanglier, biologie de l’espèce

De la famille des suidés le sanglier, se rencontre partout en Europe et sur le territoire national. De plus en plus abondant, sa population a littéralement explosé en cinquante ans. On estime qu’elle aurait été multipliée par vingt-cinq. En effet, on compte actuellement près de 2 millions de suidés en France. Chasseurs et agriculteurs sont les premiers à constater cette prolifération. Ce chiffre, qui donne le tournis, montre à quel point l’animal a su s’habituer et s’adapter aux changements humains.

  • Hauteur au garrot : 90 à 95 cm
  • Longueur de corps : 150 à 160 cm
  • Poids : de 50 à 150 kg ; un mâle peut atteindre 90 kg à deux ans, 150 kg à 3-4 ans, la femelle, plus petite et appelée laie, pèse en moyenne 60 à 80 kg.

Le sanglier est un animal passionnant. Sa ruse et sa faculté d’adaptation sont incroyables. Le pelage des adultes varie du gris clair au brun sombre. Chez le marcassin, le pelage est rayé. Il devient roux de six mois à un an. La tête du sanglier, ou hure, mesure quasiment le tiers de la longueur de son corps. Le mâle possède des défenses, pouvant parfois être très développées si l’animal parvient à vieillir. Elles ont une croissance continue et viennent s’aiguiser sur les grès (canines supérieures). Ainsi, le trophée d’un vieux mâle à son apogée est le rêve de tout chasseur de grand gibier. Enfin, chez la femelle, les canines ou crochets sont peu développées.

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Reproduction, comportement et habitat

Le rut principal a généralement lieu à partir de mi-novembre jusqu’à la mi-janvier. Durant cette période les vieux mâles recherchent les compagnies et se livrent alors de violents combats. La laie adulte, vers l’âge de deux ans met bas après quatre mois de gestation. Elle fait un nid, appelé chaudron, composé d’un amas végétal. La portée est généralement composée de 4 à 6 marcassins. Il n’est plus rare de voir des portées de 10 marcassins. Cependant, on constate aujourd’hui par l’abondance de nourriture, que les laies d’un an peuvent avoir une portée.

Les femelles et les jeunes vivent en compagnie très soudée, sous l’autorité d’une laie meneuse. Une organisation matriarcale qui a son importance dans la gestion de l’espèce. Les mâles quant à eux quittent la compagnie vers l’âge d’un an. Ils deviennent alors des solitaires et rejoignent les compagnies au moment du rut.

Animal relativement discret, on peut le voir du crépuscule au lever du soleil. Pour savoir s’il est sur les lieux, cherchez les indices. Il signale son passage par des laissées (fèces), des empreintes, mais surtout des souilles et des boutis, traces profondes quand il retourne la terre. Parfaitement adapté à son environnement, le sanglier se trouve des dunes du littoral jusqu’aux limites des alpages, mais aussi dans les zones marécageuses, ou la garrigue, dès lors que la végétation est suffisante pour le cacher. De plus en plus l’animal se rapproche des villes fréquentant ainsi les friches aux abords des zones d’activités, industrielles. Animal vaillant et rusé, le sanglier est au cœur du débat cynégétique.

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Vidéo, 16 coqs de tétras-lyre filmés en Haute-Savoie

En Haute-Savoie, le chant du tétras-lyre s’est fait entendre récemment. Ce moment exceptionnel et incroyable pour l’époque a pu être immortalisé par un chasseur du département.

16 coqs tétras-lyre sur une même place

Le tétras-lyre est une espèce symbole du monde montagnard. Victime de l’activité humaine (tourisme, réchauffement climatique), les chasseurs tentent depuis des années de protéger son habitat ainsi que ses populations. L’espèce est chassable sous conditions. Les plans de chasse sont très restrictifs. Si l’espèce est encore présente dans certains départements de France, c’est notamment grâce aux chasseurs et à leurs programmes de préservation des biotopes et à leur connaissance approfondie de cet oiseau.

La semaine dernière, un chasseur de Haute-Savoie a pu filmer un moment incroyable, prouvant le travail des chasseurs concernant l’espèce. En effet, 16 mâles ont pu être filmés sur une place de chant à Chamonix. Comme l’explique la fédération départementale des chasseurs de Haute-Savoie, « c’est exceptionnel et incroyable à pareille époque ». En effet, habituellement, les mâles se retrouvent sur les places de chant au printemps afin de parader et parfois engranger des combats spectaculaires. Cette vidéo nous offre un moment superbe et rare. Cette espèce magnifique est difficile à observer. Nous vous laissons donc découvrir ces images, comme si vous y étiez.

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Vidéo de Davide Chiapello issue de la page Facebook de la FDC74

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Élégant pilet

Il fascine par son plumage et sa morphologie. Sa longue queue et les contrastes colorés du plumage nuptial font de lui un gibier prisé des sauvaginiers. Présent sur tous les continents, le pilet se croise à la passée lorsque ce migrateur descend vers le sud. Durant la migration le pilet est un oiseau très grégaire, n’hésitant pas à se mélanger avec d’autres espèces de canards. Partons à la rencontre de cet oiseau magnifique.

Le canard pilet, Anas Acuta

Le canard pilet se reconnaît facilement. Fin, élégant, il est plus élancé qu’un canard colvert. Il pèse entre 600 et 850 grammes. Son nom latin »Acuta » vient de sa queue effilée, qui vient allonger sa morphologie. Le mâle en plumage nuptial possède une tête brune, marquée d’un trait blanc à l’arrière de celle-ci remontant sur les côtés du cou. Le cou, la poitrine ainsi que le ventre sont blancs. Les flancs sont gris, se terminant par un arrière train blanc-crème et noir. Sa queue typique de l’espèce est bicolore, blanche à filets noirs. Son miroir sur les ailes est d’un sublime vert émeraude et son bec lui est gris-bleu. Un très bel oiseau prisé des chasseurs comme des naturalistes. La femelle, comme beaucoup d’autres chez les anatidés, possède un plumage brun. On la reconnaît grâce à sa silhouette élancée et sa queue, bien moins imposante que celle du mâle.

Couple de canard pilet

Habitat, alimentation, reproduction

Le canard pilet est un oiseau présent sur tous les continents. C’est un canard commun et répandu dans les zones nordiques de l’Europe, de l’Asie ainsi que dans une grande partie du Canada et des États-Unis. Il affectionne particulièrement les rivages marins, baies, estuaires, étangs côtiers… Il peut également fréquenter les marais intérieurs. La preuve en est, plusieurs observations et prélèvements se font en Dombes chaque année. Son habitat doit être riche de végétations et d’éléments nutritifs.

Le pilet est un canard majoritairement végétarien. Comme tout canard de surface, il barbote, allant chercher sa nourriture dans des eaux peu profondes. On peut parfois l’apercevoir, glanant, dans les champs de cultures céréalières. Il complète son régime par quelques invertébrés.

Anas Acuta se reproduit à partir du mois de mai parfois un peu avant. La canne niche dans les prairies humides ou dans les cours d’eau à faible débit. Le nid se fait à même le sol, il est composé de végétaux et de duvet. La ponte comporte de 7 à 11 oeufs dont l’incubation varie entre 22 et 24 jours. Comme beaucoup d’espèces d’anatidés, les petits sont nidifuges et la femelle se charge de l’élevage.

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Mesures de gestion concernant l’espèce

Le canard pilet est classifié en préoccupation mineure au statut de conservation IUCN. En effet, ses populations présentes sur l’ensemble des continents montre que l’espèce se porte relativement bien. Cependant, comme de nombreuses espèces d’anatidés, le pilet est victime de la mauvaise gestion des zones humides. Afin de maintenir l’état des populations ainsi que l’espèce, il faut préserver son habitat et ses territoires de nidification. Les mesures d’aménagements et gestions prises pour cette espèce seront automatiquement favorables aux autres espèces affectionnant les zones humides.

N’hésitez pas à participer aux collectes d’ailes lorsque vous en prélevez un. Lorsqu’un pilet est prélevé à la chasse, si vous ne le faites pas naturaliser, gardez l’aile droite pour la transmettre à l’ADCGE de votre département. Cela permet de mener des études sur l’espèce et de faire remonter des informations précieuses. Elles seront utilisées pour mieux connaitre cet oiseau et aussi pour combattre la propagande des anti-chasse. Les chasseurs ont leur rôle dans la préservation, gestion, des espèces et des espaces.

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Lapin de garenne, le gibier d’avant

Il était le gibier de prédilection. Il est celui qui a donné à la chasse sa popularité. Le lapin de garenne, Oryctolagus Cuniculus, offrait un carnier bien rempli et des parties de chasse bien animées. Très répandu et connu de tous, il a malheureusement subi les foudres de l’homme à partir de 1952. La myxomatose, maladie mortelle et très contagieuse a fait son apparition causant d’important dégâts à l’espèce qui peine aujourd’hui a retrouver des populations stables et pérennes.

Le lapin de garenne, gibier emblématique

Il faisait la joie des anciens et le plaisir des familles. Le lapin de garenne était le gibier emblématique de la chasse française. Son poids varie de 1 à 2 kg, sa taille est située entre 40-45 cm. Chez cette espèce il n’y a aucun dimorphisme sexuel. Parfois confondu avec le lièvre d’Europe, il faut savoir que ses mensurations et notamment celle de ses oreilles sont bien plus petites. Son poil est grisâtre ou brun roussâtre. Son ventre est légèrement blanc. Les lapins de garenne sont des animaux grégaires. La hiérarchie au sein des groupes est importante et respectée. Ce sont les animaux dominants qui dirigent le fonctionnement de la colonie.

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Le lapin de garenne est un animal discret, cependant, son mode de vie laisse quelques indices de présence. En effet, sa présence peut être trahie par les amas de crottes que l’animal laisse, mais aussi par les terriers, dans lesquels il vit. Le lapin fréquente et vit dans des milieux très diverses. Il recherche des milieux riches en alimentation et variés reposant sur un sol profond, meublé et surtout bien drainé pour creuser ses terriers. L’espèce privilégie les secteurs de ronces, de taillis buissonnants, de friches basses, de cultures, mais aussi de pâturages exposés au soleil et à l’abri du vent.

Alimentation, mœurs et reproduction

Le lapin est opportuniste d’un point de vue alimentaire. En fonction de son habitat et du milieu dans lequel il va vivre, le lapin va adapter son alimentation à ce qu’il trouvera. Celle-ci se compose principalement de graminées. Le lapin consomme plantes et graines agricoles et forestières, s’attaquant même aux écorces des arbres, coupant les jeunes plants ou rongeant leur tronc.

La reproduction dure de février à août. Étant donné que les animaux dominants dirigent la colonie, c’est le mâle dominant qui assure la quasi-totalité des accouplements. La femelle dominante, quant à elle, bénéficie généralement des meilleurs sites de mise-bas. La gestation dure 30 jours en moyenne. Les lapereaux naissent dans un terrier appelé rabouillère. Ils sont 3 à 6 par portée et il peut y avoir 3 à 5 portée par an. Les lapereaux atteignent 80 % de leur poids au bout de 3 mois et peuvent se reproduire à partir de 6-8 mois. Le lapin de garenne utilise la stratégie  » r « . Il s’agit d’une stratégie de développement des populations dont l’habitat est variable ou perturbé. L’approvisionnement en ressources vitales est imprévisible et les risques élevés : les espèces misent alors sur la reproduction avec un fort taux de croissance, pour compenser par le nombre.

Voici les caractéristiques de cette stratégie de développement :

  • Fécondité élevée
  • Faible investissement parental dans la survie de chaque descendant
  • Mortalité infantile importante
  • Cycle de vie court
  • Croissance rapide
  • Maturité sexuelle précoce
  • Mortalité adulte importante
  • Faible capacité de compétition
  • Grande capacité de dispersion

Menaces et conservation de l’espèce

Le lapin est un animal fragile, menacé par la myxomatose. Les tableaux de chasse parlent d’eux même. Les prélèvements sont passés de 13,2 millions pour la saison 74/75 à seulement 1,4 millions selon les derniers chiffres de l’OFB. La raison de cette baisse de prélèvement est due principalement à la baisse des populations majoritairement causée par la maladie mais aussi par la fragmentation des habitats favorables à son accueil. L’agriculture, telle qu’elle est aujourd’hui ne joue pas en sa faveur non plus. Cependant, le lapin cause très souvent des dégâts là où il est. Selon les départements et malgré ses faibles populations, il est parfois considéré comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD).

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Pour tenter de conserver les populations, certains territoires tentent de mettre en place des aménagements favorables pour l’espèce. Garennière, cultures, gestion des prédateurs, protection de l’espèce. Cependant, même avec la plus grande des volonté, le lapin est très souvent victime de la myxomatose, ce qui généralement, anéanti les efforts des chasseurs pour sa préservation et son développement. L’animal est parfois même piégé et capturé afin d’alimenter et de renforcer des populations fragiles. Le lapin continue de passionner et fait toujours autant rêver. Les passionnés continueront de s’investir comme ils le font pour préserver l’espèce et leur obstination portera un jour ses fruits.

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Le souchet, un canard merveilleux

Canard atypique, le souchet, Spatula clypeata, est facilement reconnaissable par son bec plat ainsi que son plumage contrasté et coloré. Véritable outil, son bec, joue un rôle de filtre lui permet de capturer plancton, crustacés ainsi que la végétation aquatique. Son plumage contrasté et coloré fait du mâle un canard prisé des sauvaginiers. Le souchet vous offrira, lors de vos chasses, des spectacles admirables.

Description et identification du canard souchet

Le souchet se reconnaît par son bec en forme de spatule et son plumage coloré. Il mesure entre 43 et 56 cm, avec une envergure de 70 à 85 cm, pour un poids de situé en 500 et 1 100 grammes en fonction du sexe.

Le mâle possède un plumage nuptial coloré. L’iris est jaune. La tête et le cou sont verts foncé, le dos est lui noirâtre. Le poitrail est blanc tandis que l’abdomen et les côtés du corps sont bruns. Le bas-ventre et les couvertures sous-caudales sont noirâtres. Le contraste du plumage permet d’identifier facilement l’oiseau au vol ou même à la pose, si le bec n’est pas visible. La femelle est elle, brunâtre. Elle ne se distingue des autres canes que grâce au bec spatulé.

Le souchet est un des premiers canard à migrer. En effet dès que les premiers gels arrivent, il quitte l’Europe continentale pour rejoindre des zones tempérées ou chaudes. Le souchet a un caractère bien trempé. En effet, dans son air de nidification il fait preuve d’un instinct territorial très développé. Contrairement aux autres canards, il défend son espace vital avec acharnement.

Couple de canard souchet

Habitat et répartition

Le souchet fréquente les zones humides. Présent de manière abondante dans les étangs et les marais, il n’est pas rare aussi de le croiser sur les fleuves et rivières. Il affectionne les eaux douces ainsi que saumâtres. En migration et pendant l’hiver, il est présent sur les lacs découverts, les marais d’eau douce, les estuaires et les lagunes côtières.

Le canard souchet présente une aire de reproduction qui s’étend de l’extrême nord de l’ancien et du nouveau monde, jusqu’aux rives de la Méditerranée. En période hivernale, les oiseaux se distribuent de l’Europe de l’Ouest à l’Afrique de l’Ouest. En France, l’hivernage se répartit sur tout le territoire national, avec des concentrations plus importantes en Camargue, en Dombes, au Lac de Grandlieu, en baie de Bourgneuf, dans l’estuaire de la Loire, à Moëze, dans les étangs de Thau et de Bagnas, dans le marais du Vigueirat, ainsi qu’en Brenne.

Nidification et état des populations

Le souchet se reproduit entre avril et mai. Le nid, placé à terre et près de l’eau, accueille entre 8 et 12 oeufs dont l’incubation dure environ 22 jours. En période de reproduction, les mâles sont extrêmement territoriaux. Ce comportement les oblige à dépenser beaucoup d’énergie pour défendre le territoire mais leur permet de disposer d’une zone très riche en ressources alimentaires. La population hivernante de l’Europe et du centre est considérée en déclin modéré depuis quelques années. Comme beaucoup d’anatidés, le souchet est victime de l’activité humaine. Ses zones de nidification sont souvent dérangées par les promeneurs.

Les études ont prouvé que les fauches trop précoces, l’intensification de l’agriculture et la diminution des niveaux d’eau sont des facteurs jouant contre le développement de l’espèce. Cependant, la chasse n’est pas une activité reconnue comme ayant un véritable impact sur les populations.

Pour permettre à l’espèce de mieux se porter, voici quelques idées. La protection des habitats et la gestion de l’eau constituent les premières mesures à prendre afin de conserver des systèmes prairiaux humides. Ajoutons à cela la tranquillité des sites de reproduction. Agir pour cette espèce ou une autre, vivant dans le même milieu, sera forcément bénéfique pour plusieurs d’entre elles.

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Le canard siffleur, ce charmeur

Qui n’a jamais entendu, lors d’une pose ou d’un passage migratoire le sifflement typique de cet anatidé. Oiseau emblématique des passées hivernales, le canard siffleur est un oiseau assez commun sur notre territoire. Le cri caractéristique du mâle est à l’origine de son nom. Découvrons cet oiseau migrateur qui complète, l’hiver le tableau de nombreux sauvaginiers.

Un canard emblématique des migrations

Le canard siffleur, Mareca penelope, est un canard facilement reconnaissable par son chant et par son plumage. Le mâle, en période nuptiale, possède une tête rousse / brune, avec une bande frontale jaune. Son bec est quant à lui bleuté avec une pointe noire. Sa poitrine est rosée, son dos gris, il possède un blanc caractéristique sur les ailes. Sa queue en revanche est noire. La femelle, elle, est beaucoup plus sobre, comme chez beaucoup de canards. Sa robe est une nuance de brun avec un ventre blanc. Chez le siffleur, la forme de la tête, ronde et le front bombé permettent une identification facile de l’espèce. Comme son nom l’indique, les mâles émettent un sifflement très clair. La femelle émet quant à elle un chant rauque et long qui s’entend parfaitement au milieu d’un vol ou d’une pose.

Couple de siffleurs

Mode de vie et régime alimentaire

C’est un oiseau très sociable. Les siffleurs vivent exclusivement en groupe. D’où le beau spectacle qu’ils nous offrent à la passée ou à la tonne lorsqu’il y a de gros arrivages. Le siffleur fréquente principalement les zones humides. En migration et en hivernage, il fréquente les estuaires (vasières, prés salés), les baies, les lagunes, les côtes basses, les lacs ainsi que les étangs. En période de reproduction, l’espèce favorise les tourbières ainsi que les marécages. Il aime aussi à cette période, les prairies humides pourvues d’herbes rases et variées.

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L’espèce fréquentant de nombreux habitats possède un vaste régime alimentaire. Vaste ne veut pas dire une alimentation facile. En effet, le siffleur est très sélectif et choisit des secteurs où il y a une abondance d’insectes et de flore émergente. Dans ce régime alimentaire, on retrouve un large éventail d’insectes aquatiques comme les libellules et les trichoptères mais aussi des insectes terrestres et des coléoptères. Cependant, son régime est en grande partie végétal. En effet il va brouter les strates herbacées que lui offre son habitat en le complétant pas des insectes, graines etc…

Reproduction, distribution et mesures de gestion

Les couples se forment dès l’arrivée sur les terres d’hivernage. La reproduction commence elle dès le printemps. La femelle construit un nid dissimulé dans la végétation haute, éloigné de l’eau. Elle pondra entre 7 et 10 œufs qui seront couvés durant 25 jours en moyenne. Les petits sont nidifuges, 24h après l’éclosion, ils quittent le nid. L’émancipation vient elle, au bout de 40-50 jours environ.

L’espèce niche dans l’extrême nord de l’Europe (Taïga), jusqu’en Sibérie et migre pour hiverner dans le sud de l’Angleterre, sur les côtes françaises et espagnoles, de l’Italie, des Balkans, de l’Afrique du Nord.

Le canard siffleur n’est pas une espèce menacée. En effet, son statut de conservation IUCN est « LC », c’est-à-dire « préoccupation mineure ». Cependant, comme beaucoup d’anatidés, il est important de préserver et maintenir les zones humides. Conserver et protéger son habitat c’est aussi intervenir pour la préservation d’espèces comme le milouin, le chipeau et bien d’autres. Encore une fois, si prélèvement il y a, gardez les ailes et transmettez-les à l’association départementale de chasse de gibier d’eau de votre territoire. Les lectures d’ailes qui seront effectuées fourniront des données scientifiques qui permettront de défendre notre pratique. La chasse d’aujourd’hui se veut scientifique et vous en êtes les acteurs.

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Le fuligule milouin. Un beau canard au statut préoccupant.

Il a fait la réputation de la Dombes mais aussi de la Brenne et de la Sologne. Canard plongeur et migrateur, le fuligule milouin contribue chaque année à une grande part des prélèvements de gibier d’eau en France. Appelé localement « Rougeot », il porte selon les terroirs un surnom différent. Zoom sur cet anatidé aux couleurs atypiques et au vol caractéristique.

Le fuligule milouin ou Aythya ferina, un canard passionnant

Plus petit que le colvert, le rougeot est un canard trapu et rustique. En plumage nuptial, les mâles présentent une tête brun-roux, un bec noir avec un trait distal gris clair. L’œil est quant à lui rouge, la poitrine noire, les flancs et le dos gris cendré clair, pouvant paraître presque blanchâtres en pleine lumière. L’arrière est noir. Ces contrastes permettent de reconnaître cet oiseau facilement. Comme chez beaucoup d’anatidés, la femelle est moins colorée. Elle a des flancs et un dos grisâtres, une poitrine, une calotte et un cou brunâtres plus foncés. Ainsi, chez cette espèce, il est facile de distinguer mâle et femelle. Son chant est lui aussi particulier, en effet les milouins émettent des grognements rauques typiques de l’espèce.

Habitat et alimentation

C’est un des canards plongeurs les plus communs en Europe. En France, 60 000 milouins hivernent mais il n’en reste plus que 5000 environ pour nicher au printemps. La Dombes, le Forez, la Brenne, la Sologne sont des secteurs favorables pour la nidification et les pauses migratoires. Le fuligule milouin fréquente les marais, les étangs et les cours d’eau calmes. Canard plongeur, il a besoin que les points d’eau lui apportent tout se dont il a besoin d’un point de vue alimentaire. Son aire de répartition se situe de l’Eurasie jusqu’au Lac Baïkal.

Le rougeot se nourrit principalement de graines, de racines, de feuilles, de bourgeons de plantes aquatiques, etc… En plongeant, il capture également des mollusques, des crustacés, des vers et des larves. Il préfère se nourrir en eau claire, entre 1 mètre et 3,50 mètres.

Comportement du fuligule milouin

Au printemps, les rougeots repartent vers le Nord ou vers l’Est en direction des zones de nidification. Chez nous, l’espèce se localise en Dombes, dans le Forez, la Brenne, la Sologne . La saison de reproduction dure d’avril à juin. Après l’accouplement, le mâle reste en compagnie de la femelle jusqu’à ce qu’elle ait pondu. Le nid est placé dans la végétation riveraine et accueille entre 5 et 12 oeufs dont l’incubation dure 27 jours en moyenne. Les canetons sont nidifuges et restent auprès de la femelle durant 8 semaines.

C’est un canard grégaire, il passe la plupart de l’année en groupe. De grandes troupes comptant jusqu’à 500 membres se forment souvent en hiver. Le milouin s’associe volontiers à d’autres canards, surtout les fuligules morillons ou milouinans. Il n’aime guère voler et préfère plonger pour fuir le danger. Celà n’est pas surprenant car il doit, pour s’envoler, prendre son élan en courant à la surface de l’eau tout en battant énergiquement des ailes. Cependant, une fois en l’air, le milouin progresse d’un vol rapide et direct, en adoptant souvent une formation en ‘V’.

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Les trois voies de migration du fuligule milouin dans le Paléarctique occidental d’après Scott & Rose (1996), et la localisation des sites de baguage (rouge) et de reprises (bleu) des individus bagués entre 1960 et 2016 dans la voie de migration nord-ouest européenne (cercles proportionnels au nombre d’individus). – Faune sauvage n°322

Nidification et mesures de gestion

Aujourd’hui avec la modification des zones humides ainsi que l’augmentation des dérangements liés à l’activité humaine, le rougeot, a de plus en plus de problèmes pour sa reproduction. Son abondance entre novembre et février ne reflète pas la brutale réalité de la condition des oiseaux qui se reproduisent sur le territoire national. Afin d’améliorer les populations ainsi que ses conditions d’hivernage et de reproduction voici quelques propositions de gestion.

En période d’hivernage, il serait nécessaire de maintenir des zones humides assurant de bonnes conditions à la fois d’alimentation et de repos. La conservation/restauration des habitats de nidification qui passe aussi par une maîtrise de la qualité de l’eau, doit en plus s’accompagner de mesures en faveur de la végétation riveraine et éventuellement par la conservation ou la création d’îlots. En effet, l’agriculture et la mise en « assec » des étangs ne jouent pas en faveur de l’espèce. La pisciculture intensive est aussi un frein à la conservation de l’espèce. Il est donc judicieux de trouver l’équilibre pour permettre à cette espèce de retrouver son état d’antan.

Il est important aussi de travailler avec les associations de chasse de gibier d’eau locales. En effet, fournir des ailes et faire de la lecture d’ailes permet à ces groupes scientifiques amateurs d’emmagasiner des connaissances pour mieux gérer et protéger l’espèce.

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Le vanneau huppé, cet élégant limicole.

Limicole emblématique des zones humides, le vanneau huppé ne peut se confondre avec une autre espèce. Comme son nom l’indique, le vanneau huppé possède une huppe. Si celle-ci est visible lorsqu’il est posé, ce limicole aime se reconnaît aussi par son chant typique et son vol gracieux. Zoom sur cet oiseau qui fréquente champs et zones humides, offrant aux plus passionnés des spectacles admirables.

Un échassier très huppé

Limicole de taille moyenne (30 cm), une envergure de 80 cm environ, le vanneau huppé est très facilement reconnaissable. Son plumage vert sombre au reflet mauve, son ventre blanc et son poitrail noir permette une identification simple et rapide. Sans oublier sa huppe noire, qu’il porte fièrement à l’arrière de son crâne. Virevoltant dans le ciel, le contraste entre son plumage supérieur et son ventre blanc ne passe pas inaperçu. Voici donc quelques conseils pour bien identifier le vanneau huppé.

Comportement, habitat et reproduction

Le vanneau huppé est un limicole de la famille des Charadriidés. Son comportement varie notamment en période de reproduction. En effet durant cette période, les couples nichent au sol et deviennent territoriaux. Hors saison, cet oiseau vit en colonie, pouvant rassembler plusieurs milliers d’individus. En effet, durant une grande partie de l’année, le vanneau huppé aime la compagnie, faisant de lui un oiseau plutôt grégaire.

Il fréquente les champs, les prairies mais aussi les prés-salés ainsi que les zones humides. Il apprécie principalement les milieux ouverts, lui offrant la possibilité de voir venir un potentiel danger. A noter que les milieux hygrophiles sont privilégiés, marais, prairies humides, prairies tourbeuses, pelouses sur marnes, prés salés.

La période de reproduction de l’espèce court de mars à juillet. Cette période commence par l’installation du couple où le mâle sera très territorial. Démonstrations aériennes, plongeon, acrobatie, le mâle tente de se faire remarquer tout en chantant. Le chant typique de l’oiseau, le « woup woup woup ». Son nid est installé directement au sol, la femelle pond en général 4 oeufs brun clair moucheté de noir. L’incubation des oeufs dure 35-40 jours, les deux parents élèveront les poussins qui seront nidifuges. Les jeunes voleront à 35, 40 jours.

Distribution, menaces et chasses

Son aire de répartition est relativement large, allant du nord de la Scandinavie, au sud de l’Espagne, de la Turquie en passant par le nord de l’Iran. Le vanneau huppé se reproduit sur toute la longueur du continent eurasiatique, des côtes atlantiques européennes au nord-est de la Chine et à la côte pacifique dans la région de l’Amour russe. Si le vanneau est un migrateur partiel, il n’est pas rare de la croiser en France à cette période. En effet, il hiverne en France, ainsi le vanneau huppé est présent toute l’année dans les pays européens riverains de la mer du Nord et de l’océan Atlantique.

Le vanneau est un gibier prisé. Prisé des sauvaginiers ainsi que des chasseurs traditionnels pratiquant la tenderie. A la passée du matin ou du soir, à la tenderie, le vanneau est un gibier sauvage de qualité. Comme le dit le proverbe « qui n’a pas mangé de vanneau, n’a pas mangé de bon morceau ». Tant par sa capture que par sa viande. Animal emblématique de la tenderie, cette technique de chasse traditionnelle permet de capturer les oiseaux grâce à de grands filets. Malheureusement, dans le contexte actuel, cette chasse n’est plus. La chasse du vanneau permet une écologie de terrain, en entretenant des espèces et permettre à l’espèce de trouver les éléments nécessaires à sa survie. De plus, le monde cynégétique développe des programmes scientifiques apportant des informations précieuses concernant l’espèce.

L’espèce possède un statut de conservation défavorable en Europe. Non pas lié à la chasse, mais dû au fait qu’aujourd’hui l’activité humaine nuit à l’espèce. En effet, en France l’espèce est considérée en déclin, cela à cause de la dégradation des milieux d’accueil pour la reproduction. L’agriculture moderne n’est pas favorable à l’espèce se traduisant par une réduction du pâturage et/ou de la fauche, conduisant à des formations végétales, puis éventuellement ligneuses, impropres à l’espèce. Cela a deux conséquences, la réduction des peuplements d’invertébrés et l’augmentation de la croissance de la végétation herbacée, lorsqu’on sait que celui-ci a besoin d’espace dégagé pour se reproduire. L’intensification de l’agriculture augmente les dérangements printaniers et sont trop répétitifs, entraînant un abandon des nids sur les sites de reproduction.

Cependant, pour favoriser l’espèce voici quelques propositions qui lui seraient favorables :

  • Restauration de l’élevage extensif en prairie naturelle,
  • Limiter l’assèchement, le drainage, maintien des eaux superficielles,
  • Réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires,
  • Utiliser des barres d’effarouchement pour limiter la destruction de pontes et des jeunes par des engins agricoles.

L’huîtrier-pie, cet habitant du littoral marin

Son plumage noir-blanc et son bec vif permet à tout observateur de bien le reconnaître. Il anime l’ouverture du gibier d’eau et offre aux sauvaginiers de vraies émotions. Son crie fort et aigu, très reconnaissable, nous rappelle que nous sommes proches d’un littoral marin. Vous l’aurez compris, aujourd’hui, zoom sur ce petit échassier élégant nommé l’huîtrier-pie.

Un robuste échassier

L’huîtrier-pie fait partie de la famille des Haematopodidés. On appelle ainsi huîtrier plusieurs espèces d’échassiers caractérisés par leur long bec aplati d’un rouge-orangé. Les huîtriers constituent le genre Haematopus de la famille des Haematopodidés. L’huîtrier-pie mesure de 40 cm à 48 cm, son envergure est de 80 cm à 86 cm et il pèse entre 430 g et 820 g. Cet échassier robuste est entièrement noir et blanc. Sa tête une partie de ses ailes ainsi que son dos sont noirs. La poitrine ainsi que le ventre sont blanc. Les pattes sont quant à elles roses, son bec est orange et ses yeux rouges. Chez cette espèce, il n’y a aucun dimorphisme sexuel entre mâle et femelle.

Habitat, alimentation et comportement

On le retrouve principalement sur les littoraux, cependant, il n’est pas rare de le croiser en intérieur, au milieu des terres agricoles. L’aire géographique d’hivernage de l’espèce est très vaste. Cet oiseau est présent du sud de la Scandinavie à l’Afrique de l’Ouest. En France, l’espèce se rencontre principalement le long des côtes de l’Atlantique et de la Manche.

Malgré son nom, l’huîtrier-pie ne se nourrit pas d’huîtres. Il préfère les mollusques bivalves (moules, coques). Comment fait-il pour les ouvrir ? Il y a deux manières, la première, il martèle sa prise avec son bec en écartant les valves. La seconde, il sectionne le muscle qui relie les valves. A ces mollusques s’ajoute des gastéropodes, des crabes ainsi que des vers marins. L’huîtrier-pie possède des organes tactiles à l’extrémité du bec lui permettant ainsi de trouver ses proies. Ces organes s’appellent : corpuscules de Herbst.

Cet oiseau est monogame. Généralement, les couples sont unis pour la vie. La période de reproduction est en avril-mai. Nichant à découvert, le mâle établit plusieurs nids parmi lesquels, la femelle fera le choix final, elle y déposera trois oeufs. Le nid est une construction rudimentaire, c’est une simple dépression garnie de coquillages et de débris d’algues. L’incubation des oeufs dure entre 24 et 35 jours. Chez cette espèce les petits sont nidifuges et la cohésion familiale est forte. Ainsi, les parents défendront les petits et continueront de les alimenter jusqu’à un mois après qu’ils sachent voler. Les couples qui nichent en France sont sédentaires. On les trouve principalement en Bretagne, mais aussi le long des côtes de la Manche, en Camargue et dans le bassin d’Arcachon. La population nicheuse est estimé à environ 1000 couples, les sites de nidifications sont limités, cela à cause de l’activité humaine.

État des populations et conservation

A l’échelle de l’Europe, l’espèce est en bonne santé d’un point de vue démographique. Depuis les années 90, le territoire national est un véritable site d’accueil pour l’espèce. En effet, la richesse en ressources alimentaires des sites permet d’offrir à l’espèce les meilleures conditions pour sa survie et son développement. Ainsi, les ressources alimentaires sont étroitement liées avec la bonne santé des populations. D’un point de vue cynégétique, l’espèce est chassable. Aussi appelé pie de mer, cet oiseau fait le bonheur des sauvaginiers à l’ouverture.

Le tétras lyre, un oiseau rare et élégant

Sa queue en forme de lyre lui donne beaucoup de panache. Son plumage, sa chasse et son comportement font du tétras lyre (lyrurus tetrix) un oiseau passionnant. Vivant principalement dans les Alpes, il bénéficie de plans de gestion et de préservation. Zoom sur cette espèce qui passionne et dont l’étude et la connaissance donnent de bons indicateurs quant à l’état de santé des biotopes.

Un galliforme riche en couleur

Le coq pèse de 1kg à 1,5 kg. Plumes noires au reflet bleu, ses longues rectrices externes incurvées en forme de lyre, la queue blanche en forme d’éventail, des excroissances rouge vif au-dessus des yeux, le mâle de tétras lyre se reconnaît facilement. La poule, elle, est plus petite, pour un poids de 900 g. Son plumage, brun-roux barré de gris et de noir, lui offre un camouflage parfait. Sa queue, plus courte, est légèrement échancrée. Chez cette espèce, le dimorphisme sexuel est donc très accentué.

Tétras lyre

Habitat, alimentation et reproduction

Le tétra lyre est un oiseau de l’interface entre la forêt et les milieux ouverts. Il vit à l’étage subalpin, c’est-à-dire entre 1 400 mètres et 2 300 mètres d’altitude. Il fréquente donc des milieux semi-ouverts. Le facteur limitant essentiel est la présence d’une strate herbacée ou d’éricacées bien développée. En effet, ce type de milieu est indispensable à l’élevage des nichées. Selon l’observatoire des galliformes de montagne « dans la partie nord, son habitat typique comprend les landes à rhododendrons et les prairies subalpines piquetées de quelque résineux. » En revanche, dans les Alpes du sud, l’espèce occupe des formations plus variées. En effet, sur ce secteur, il est possible de trouver des tétras lyre dans des forêts claires de mélèzes et de pins ou des pré-bois clairs de chênes et hêtres.

Très farouche, le tétras lyre est, très souvent caché sous le couvert végétal. Il est actif tôt le matin ou en fin de journée afin de s’alimenter. Son régime se compose de graines, baies, fruits secs, et parfois petits invertébrés. L’hiver, pour survivre aux conditions rudes des hivers en montagne, il se contente de rameaux de mélèzes, d’aiguilles ou de bourgeons de conifères. Durant cette période difficile de sa vie, l’oiseau creuse des tunnels dans la neige, tel des igloos, afin de s’économiser et de garder un maximum d’énergie et de chaleur.

Au printemps, les mâles entrent en compétition. Ils se retrouvent sur les sites de parades traditionnels, les places de chant où ils vont s’exhiber, allant même jusqu’au combat. Le mâle peut s’accoupler avec plusieurs femelles. Ensuite, seule la femelle s’occupe de la couvaison des oeufs et de l’élevage de la nichée (3, 4 jeunes en moyenne) jusqu’à fin août, début septembre.

Menaces et aspects cynégétiques

Le tétras lyre est une espèce fragile et fragilisée par l’homme. Aujourd’hui, la principale menace est la dégradation des milieux et notamment de son habitat. Cela est en lien notamment avec la déprise pastorale, entrainant la fermeture des milieux, essentiels à sa survie. Cette déprise pastorale est accentuée par la présence du loup, il faut donc arrêter de dire que ce prédateur est l’allié de la biodiversité. A cause de lui des espèces nombreuses vont disparaître… Le développement des infrastructures touristiques est aussi une grosse menace. Les câbles de télécabine par exemple sont très meurtriers. Ces infrastructures ainsi que le développement des loisirs de plein air engendrent un dérangement nocif en été et surtout pendant l’hiver. Pourtant, durant cette période, l’oiseau s’économise et ne doit pas être stimulé ou stressé. Ces dérangements entraînent une dégradation physique de l’oiseau durant une période difficile, augmentant donc, la mortalité.

L’espèce est chassable sous conditions. En effet, seuls les mâles peuvent être prélevés. Il se chasse dans l’ensemble des départements alpins (sauf le Var), par le biais d’un plan de chasse depuis les années 1990. Le plan de chasse permet, grâce aux études et suivis de l’espèce menés par les fédérations de chasse, de définir le nombre d’oiseaux à chasser sur l’année. Ces quotas, différents d’un département à l’autre se déterminent en fonction de la reproduction. Ce fonctionnement a permis de baisser le nombre d’individus prélevés et de mieux gérer les populations fragilisées par les activités humaines.

C’est le monde cynégétique qui permet à cette espèce de survivre. En effet, ce sont les chasseurs qui entretiennent son habitat. Ce sont eux qui participent aux comptages des mâles chanteurs qui se déroulent au printemps. Puis en août, ils organisent et suivent la reproduction grâce aux comptages au chien d’arrêt. Qui à part les chasseurs en fait autant aujourd’hui pour permettre à cette espèce de survivre ? Sans gestion et préservation des habitats et de l’espèce, la chasse ne serait pas possible. Le chasseur l’a bien compris et développe donc la chasse adaptative. Préserver, gérer, chasser sont les maîtres-mots de la chasse française. Et cela nous permet de nous rappeler ce que disait François Sommer, « la nature est un capital dont nous ne devons préserver que les intérêts. »