Grippe aviaire, vers une reprise de la chasse dans le Nord ?

L’amélioration de la situation sanitaire permet l’assouplissement de certaines mesures prises après l’épisode de grippe aviaire de fin d’année. Une bonne nouvelle.

Levée progressive des zones de protection dues à la grippe aviaire

La préfecture du Nord a annoncé le 15 janvier une « levée progressive des zones de protection et de surveillance ». Celles-ci avaient été mises en place avant Noël dans certaines communes des Flandres. Elles avaient contraint les chasseurs concernés à interrompre la chasse et avaient même donné lieu à des scènes scandaleuses. Rappelez-vous le massacre de dizaines d’appelants que nous avions relaté.

Lire : Scène d’horreur dans le Nord. Des appelants massacrés.

Cela concerne les zones de 5 kilomètres établies autour de foyers d’influenza aviaire détectés. La préfecture ajoute que « la fin de la période maximale d’incubation de 14 jours, l’absence de nouveau cas, et les résultats favorables des prélèvements réalisés sur les volailles dans les élevages de la zone » autorisent ces mesures d’assouplissement.

Maintien des mesures de restriction dans la zone des 10 kilomètres

L’arrêté de la préfecture maintient les mesures de restriction dans la zone des 10 km autour des foyers détectés. La chasse au gibier d’eau doit respecter les mesures suivantes :

  • chasser sans appelants ;
  • chasse avec appelants transportés ayant fait l’objet d’un prélèvement moins de 48h auparavant attestant de leur non positivité à l’influenza aviaire ;
  • chasse avec appelants déjà sur le site de chasse pour les chasseurs de catégorie 1.

Ce virus n’est pas nouveau et pourtant, il semble que jamais un organisme cynégétique n’a jugé bon de mener des études scientifiques sur le sujet. Dans l’Ain comme dans le Nord et dans le Sud-Ouest, les chasseurs sont régulièrement victimes d’arrêtés suite à la présence d’influenza aviaire. Pourquoi ne pas lancer une étude qui permettrait de montrer les avantages de continuer la chasse pendant ces épisodes ? La veille sanitaire des chasseurs s’interrompt si on arrête la chasse. Le risque de voir des appelants contaminés vaut-il l’interruption de cette mission?

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Grippe aviaire, la Dombes est durement touchée

Vendredi soir, la préfecture de l’Ain a défini une zone de contrôle temporaire pour quarante communes de la Dombes. La chasse du gibier à plumes est donc interdite jusqu’au 20 janvier. Les éleveurs font eux, l’objet de mesures renforcées.

LA FDC n’a pas été consultée

Chaque année l’influenza aviaire conduit à des arrêtés interdisant la chasse dans les zones dites contaminées. La Dombes est durement touchée cette saison. Peu de sauvaginiers auront pu profiter des migrations hivernales. En effet, depuis plus d’un mois plusieurs communes se voyaient amputer de leur droit de chasser le gibier à plumes. Depuis vendredi soir, aux alentours de 22h, la préfecture de l’Ain a défini une zone de contrôle temporaire élargie à quarante communes. C’est donc l’ensemble de la Dombes se voit interdire le droit de chasser le gibier à plume. Cette décision préfectorale a été prise sans même avoir consulté les instances cynégétiques départementales. La FDC de l’Ain n’a donc pas pu argumenter et plaider en faveur de notre passion. La Dombes n’est, hélas, pas la seule zone touchée. Le sud-ouest et le nord de la France sont aussi concernés.

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Seule la chasse est touchée par des mesures d’interdiction. Pourquoi ? La chasse est elle plus dérangeante que le tourisme vert ? Le chasseur prélevant ses 2 sarcelles à la passée dérange-t-il plus les oiseaux, que la famille qui se promène autour de l’étang ?

Communes concernées par l’arrêté préfectoral

Quel est le rôle des agents de l’OFB ?

Les agents de l’office français de la biodiversité de Birieux ont été très actifs en début d’épidémie pour faire de la prospection. Ils ont sillonné les zones d’étangs pour détecter d’éventuels oiseaux morts et potentiellement contaminés et les faire analyser. Ce qui permet donc de légitimer l’interdiction de la chasse. Cette activité de prospection viennent d’être suspendues suite à la parution de l’arrêté préfectoral. Il y a fort à parier qu’elle reprendra peu avant la fin de la période d’interdiction, ce qui permettra de la prolonger. Compte tenu de la personnalité et des prises de position de certains d’entres eux, nous pouvons être certains qu’il mettront un grand zèle à chercher… Les positions anti-chasse de très nombreux agents de l’OFB sont inquiétantes pour la qualité des relations que devons entretenir avec cet organisme. Si le travail de l’OFB se résume à chercher des prétextes pour interdire la chasse, nous pouvons une nouvelle fois nous poser des questions quant aux bénéfices que nous sommes sensés retirer de sa création.

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Grippe aviaire, pourquoi la chasse française se défend-elle si mal ?

La grippe aviaire frappe durement la chasse française. Au 03 janvier 2022, la France compte 34 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en élevage, 20 cas en faune sauvage et 3 cas en basse-cours. La chasse aux gibier à plumes est interdite dans les zones de protection et de surveillance.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’étude lancée par la chasse française ?

La chasse française paie un lourd tribut à ce virus. Dès la découverte d’un animal ou d’un élevage contaminé, la première mesure est de suspendre la chasse. Pourquoi ? Comment se fait-il que ls décisions préfectorales soient prises sans consulter les FDC ? Pourquoi interdire la chasse et donc ne plus permettre aux chasseurs de remplir leur mission de veille sanitaire ? Il seraient de précieux auxiliaires pour les différents services de l’État. Pourquoi les instances cynégétiques ne sont-elles pas considérées comme des interlocuteurs sérieux dans ce domaine ?

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Ce virus n’est pas nouveau et pourtant, il semble que jamais un organisme cynégétique n’a jugé bon de mener des études scientifiques sur le sujet. Dans l’Ain comme dans le Nord et dans le Sud-Ouest, les chasseurs sont régulièrement victimes d’arrêtés suite à la présence d’influenza aviaire. Pourquoi les fédérations n’ont elles pas une banque de données concernant ce virus ? Ne serait-il pas temps d’intervenir scientifiquement sur ces thématiques bien réelles ? Il semble judicieux de commencer un travail national sur la question afin de récolter un maximum d’informations et de données. Ces données nous permettraient peut-être de contredire les décisions préfectorales avec de solides arguments. La chasse ne peut se défendre sans données. Pour la grippe aviaire, il serait temps de s’y mettre, sinon, la chasse du gibier à plumes risque de disparaitre…

Toutes les souches de grippe aviaire ne sont pas dangereuses pour l’homme.

La chasse est encore une fois victime de décisions administratives sans réels fondements. S’agit-il du sacro-saint « principe de précaution » ou plus sournoisement de mesures anti-chasse ? On peut se poser la question, sachant de plus que toutes les souches de ce virus ne sont pas dangereuses pour l’homme.

Selon l’OMS, « la grippe aviaire ne touche pas l’homme« . Dans les rares cas rapportés, « les personnes contaminées avaient eu des contacts rapprochés avec des volailles infectées ou avec des objets contaminés par leurs déjections«  poursuit l’OMS. De plus, tous les virus de la grippe aviaire ne se transmettent pas à l’homme. Sur 144 souches de virus, seuls 4 ont provoqué des infections humaines : H5N1, H7N3, H7N7 et H9N2. Toujours selon l’OMS, « certaines de ces infections ont été très sévères et ont parfois causé la mort ,mais, dans de nombreux cas, elles sont restées bénignes chez l’être humain ».

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—> Influenza aviaire : la situation en France (Ministère de l’agriculture)

Scène d’horreur dans le Nord. Des appelants massacrés.

La grippe aviaire a fait de nouvelles victimes. Les services vétérinaires de la préfecture ont procédé à l’abattage des appelants de deux parcs de chasseurs.

Une scène d’horreur pour les chasseurs

Il semble que des cas positifs aient été détectés dans deux parcs du département du Nord. Vingt jours après la découverte de ces cas positifs, les services vétérinaire sont venus tuer l’ensemble des oiseaux de deux parcs. Cela a été fait sous les yeux des propriétaires des parcs et de leurs amis. Ces mesures sont les mêmes que celles appliquées aux élevage quand un cas positif est détecté. Mais l’émotion est plus grande pour ces huttiers qui aiment tellement leurs oiseaux. Nous connaissons tous leur attachement à leurs appelants. Il est du même ordre que celui d’un chasseur de plaine à son chien d’arrêt.

Après la douleur, c’est la révolte et l’incompréhension. Pourquoi seulement deux parcs alors qu’il y a 18 huttes sur ce marais ? Comment se fait-il qu’il ait fallu attendre 20 jours entre la détection et l’abattage ? Il n’a fallu que deux jours pour un élevage de poules voisin ? Une des personnes chargée de la sale besogne a donné un semblant de réponse. Celle-ci a dit au propriétaire d’un des parcs que cette mesure est prise avant un gros pic de migration attendu sous peu. Ce n’est pas par peur de la contagion car ces parcs sont fermés et surmontés de filets, ce qui empêche les oiseaux sauvages de se mélanger aux appelants. La grippe aviaire serait-elle un moyen de limiter la chasse des migrateurs ?

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Rappel de la réglementation concernant les appelants

Rappelons d’abord qu’afin « d’adapter la gestion du risque influenza à la réalité de la chasse et notamment du transport des appelants », selon les mots du ministère de l’Agriculture, l’arrêté du 16 mars 2016 a été modifié. Jusqu’à présent, le transport de ces appelants était interdit en période de grippe aviaire. Le transport est maintenant autorisé dès le passage en risque modéré et le restera en cas de risque élevé d’influenza pour les chasseurs qui n’ont pas de lien avec un élevage commercial de volailles et qui détiennent au maximum 15 oiseaux d’agrément.

La seule contrainte pour les détenteurs d’appelants est de se faire connaître des services de contrôle afin d’identifier avec précision la localisation des oiseaux en cas de crise et de garantir la réactivité nécessaire pour maîtriser la diffusion du virus.

Référence : Arrêté du 17 septembre 2021 modifiant l’arrêté du 16 mars 2016

Dans l’Ain, influenza aviaire sur les communes de Birieux et Bouligneux

L’information vient de tomber. Suite à la découverte des cas d’influenza aviaire H5 hautement pathogène, la préfecture a décidé d’interdire la chasse du gibier à plumes sur certaines communes. Les arrêtés préfectoraux viennent de tomber, déterminant la zone de contrôle temporaire dans un rayon de 5 kms autour des lieux de découverte. Une période compliquée commence.

La chasse du gibier à plume prend du plomb dans l’aile

La Dombes et ses 1000 étangs seront donc un désert cynégétique durant minimum 21 jours. La découverte de cas d’influenza aviaire H5 hautement pathogène sur une oie cendrée sur la commune de Birieux, le 27 novembre 2021 et sur un cygne tuberculé sur la commune de Bouligneux, le 01 décembre 2021 entraîne la fermeture momentanée de la chasse. Alors que la migration bat son plein, que les canards sont présents il sera impossible de pratiquer sa passion.

Communiqué de la FDC 01

Les communes concernées en tout ou partie par l’influenza et ces zones de contrôle temporaire sont :

Pour la zone de Birieux : BIRIEUX, JOYEUX, LAPEYROUSE, LE MONTELLIER,  MONTHIEUX, MONTLUEL,  SAINT ANDRE DE CORCY, SAINT MARCEL, SAINTE CROIX, VERSAILLEUX et  VILLARS LES DOMBES.

Pour la zone de Bouligneux : BOULIGNEUX, LA CHAPELLE DU CHATELARD, LAPEYROUSE, LE PLANTAY, MARLIEUX, SAINT GERMAIN SUR RENON, SANDRANS et  VILLARS LES DOMBES.

Dans ces périmètres (rayon de 5 kms du lieu de découverte) et pour une période de 21 jours à minima à la date de découverte sont interdits :

la chasse des oiseaux ;

– les lâchers de gibier à plumes ;

– le transport et l’utilisation des appelants ;

La chasse de tous les mammifères reste possible. Ces deux secteurs étant particulièrement sensibles quant à la problématique dégâts de gibier, nous invitons les responsables de chasses à poursuivre la chasse au sanglier.

En dehors de ces périmètres, les mesures applicables en période de risque élevé restent inchangées :

– les lâchers de gibier à plumes restent possibles avec dérogation délivrée aux éleveurs ;

le transport et l’utilisation des appelants pour la chasse du gibier d’eau, sont possibles (après délivrance d’un récépissé par la Fédération Départementale des Chasseurs) uniquement pour les catégories 1 et 2.

Dans tous les cas nous vous rappelons l’importance du respect de l’ensemble des mesures de biosécurité et notamment la désinfection des chaussures ou des bottes après chaque sortie de chasse. Nous vous tiendrons bien évidemment informés de l’évolution de la situation.

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La grippe aviaire touche deux nouveaux départements.

Après les Landes avec trois foyers découverts, ce sont la Vendée et les Deux-Sèvres qui sont maintenant touchés.

Le ministère de l’agriculture annonce : « À ce jour, le 14 décembre 2020, cinq élevages professionnels ont été touchés par le virus H5N8. Trois élevages de canards gras des Landes […], un élevage de canards maigres en Vendée à Saint-Maurice-des-Noues et un élevage de canards de Barbarie reproducteurs dans les Deux-Sèvres à Saint-Sauveur-sur-Bressuire. »

Il précise que « l’ensemble des oiseaux de ces élevages ont été abattus sans délai ou, pour les plus récents, sont en cours d’abattage. Des zones de protection (3 km) et de surveillance (10 km) ont été mises en place autour des foyers, au sein desquelles les mouvements de volailles sont interdits et des mesures sanitaires strictes doivent être observées. »

Malheureusement des oiseaux sauvages sont aussi touchés, les autorités sanitaires rapportent que deux oies bernaches ont été retrouvées mortes, une dans les Calvados et une dans le Morbihan.

La FDC de Vendée vient d’annoncer que :

  • La chasse du gibier à plume (incluant les oiseaux sauvages, dont la bécasse des bois) est suspendue pour huit jours sur 22 communes (liste ci-dessous).
  • Le transport et les lâchers du gibier à plume sont eux aussi interdits sur ces communes dans cette même période.

Voici la liste des 22 communes concernées en Vendée et celle des 19 communes des Landes.

 

Corse, 1er cas de grippe aviaire avéré.

Le confinement n’empêche pas les autorités sanitaires de suivre de près l’évolution de la grippe aviaire. En Haute-Corse un foyer de grippe aviaire hautement pathogène de souche H5N8 a été détecté, informe le ministère de l’agriculture.

Un premier cas hautement pathogène.

Dans une animalerie près de Bastia, un premier cas de IAHP a été détecté. Julien Denormandie et ses services ont fait savoir lundi soir que « le cas a été identifié dans le rayon animalerie d’une jardinerie située à proximité de Bastia, suite à la constatation de mortalités anormales parmi les volailles détenues« . Cette detection a ainsi donné lieu à  » l’euthanasie d’un élevage d’environ 200 à 300 poules  » a précisé le ministre par le biais d’un communiqué.

Une souche similaire à celle des Pays-Bas.

Les informations concernant cette découverte, informent que la souche découverte en Corse possède des similitudes avec la souche H5N8 qui circule actuellement aux Pays-Bas. Cette souche n’a pas de caractère zoonique. Cependant, des investigations complémentaires sont en cours afin de déterminer l’origine de cette contamination.

Des mesures conservatoires prises sur tout le territoire.

Le communiqué informe que le ministre a  » réuni l’ensemble des services du ministère et le laboratoire national de référence et a décidé de placer l’ensemble du territoire national métropolitain en niveau de risque élevé à compter du 17 novembre 2020 « . Face au contexte,  » des mesures spécifiques de surveillance et de limitation des mouvements autour du foyer de Haute-Corse ont été mises en place immédiatement pour éviter toute propagation. Des mesures conservatoires sont également prises chez les fournisseurs et acheteurs liés au foyer corse « .

Ainsi, dès demain, sur l’ensemble du territoire les mesures suivantes s’appliqueront :

  • Claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux ;
  • Interdiction de rassemblements d’oiseaux (exemples : concours, foires ou expositions) ;
  • Interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ces départements à des rassemblements organisés dans le reste du territoire ;
  • Interdiction des transports et lâchers de gibiers à plumes ;
  • Interdiction d’utilisation d’appelants.

Le contexte sanitaire actuel est déjà pesant pour le monde cynégétique et ses acteurs. L’arrivée de ce virus (IAHP) risque de compliquer la vie des éleveurs déjà très impactés par la situation que nous vivons. A suivre…

La grippe aviaire à nos portes. Point de situation.

Identifiée pour la première fois en Italie en 1878, l’influenza aviaire, virus hautement pathogène, se caractérise par l’apparition brutale d’une maladie, une contagion rapide et un taux de mortalité qui, dans le secteur de l’élevage peut avoisiner les 100% en 48h. En France, durant le mois d’octobre, des mesures ont été prises suite à la découverte de deux cas d’influenza aviaire hautement pathogène (H5N8) aux Pays-Bas.

Grippe aviaire, explication.

La grippe aviaire est provoquée par des souches A du virus grippal. Cette maladie infectieuse affecte les oiseaux. L’infection peut causer toutes sortes de symptômes, depuis une maladie bénigne, passant inaperçue, jusqu’à une maladie extrêmement létale, provoquant de graves épidémies. La grippe aviaire de manière générale ne touche pas l’homme, cependant, des souches hautement pathogènes peuvent provoquer chez l’humain une grave détresse respiratoire. Dans le contexte actuel, les organisations sanitaires craignent une mutation du virus, ce qui faciliterait la transmission interhumaine et présenterait un risque de pandémie de grippe.

Transmission et hôtes principaux

Il est important de rappeler que les oiseaux sauvages, notamment les espèces migratrices, constituent un important réservoir des virus influenza A. Chez les oiseaux aquatiques migrateurs, que le chasseur a pour habitude de fréquenter lorsqu’il pratique la chasse du gibier d’eau, les canards, oies, sarcelles sont des espèces susceptible de contracter le virus ou de le transmettre.

Le virus se multiplie dans les cellules de l’intestin, causant chez l’hôte une infection asymptomatique. Il peut y avoir une « élimination » du virus par le biais des matières fécales contaminant ainsi les différents points d’eau rencontrés au cours des migrations par les individus porteurs. Dans des conditions de salinité et de pH optimales, ces virus peuvent demeurer infectieux au-delà de 200 jours dans une eau à 17 °C. Ainsi, l’hypothèse actuelle veut que les oiseaux sauvages s’infectent par voie orale à partir de ces eaux contaminées, multipliant les virus dans leur tractus intestinal et les excrétant par voie fécale, ce qui contribue à contaminer leur environnement et entretenir le cycle de l’infection. Les plumes et les poussières souillées ou contaminées par les fientes constituent elles aussi une source potentielle de virus.

Les mesures prises en France

Comme expliqué précédemment, deux cas d’influenza aviaire H5N8 découverts à la frontière avec les Pays-Bas ont contraint à renforcer les mesures de prévention en France. Le ministre, Julien Denormandie appelle « à la vigilance les acteurs du monde de la chasse et de l’ensemble des détenteurs de volailles ». 

Foyers et cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en Europe à la date du 4 novembre 2020

En effet, la France, est un pays où les couloirs migratoires sont importants, c’est d’ailleurs ce qui fait une de nos richesses cynégétiques et la réputation de certains départements. Cet appel à la vigilance est illustré par la carte ci-dessous, montrant les zones à risques. Ces zones sont les grands points où l’élevage représente un enjeu économique et sanitaire important. A la veille des fêtes de fin d’année, la prévention est de mise, notamment.

Carte des zones concernées par les mesures de prévention (ZRP en bleu, départements en rouge)

Conséquences et incidences

Suite à cet évènement, un arrêté ministériel est paru aux alentours du 25 octobre. Cet arrêté, malgré la suspension de la chasse par le confinement existant aura un impact sur l’utilisation et le transport des appelants pour la chasse au gibier d’eau ainsi que sur les lâchers de gibier. Afin de comprendre ces conséquences il faut se référer à l’arrêté paru en 2016, il définit les ZRP « zones à risque particulier » (qui sont les zones humides). À compter de ce vendredi 6 novembre, les mesures de prévention suivantes sont rendues obligatoires dans l’ensemble des départements classés en niveau « élevé » et dans les zones à risque particulier (ZRP) :

  • claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux ;
  • interdiction de rassemblement d’oiseaux (exemples : concours, foires ou expositions) ;
  • interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ces départements à des rassemblements organisés dans le reste du territoire ; « la consommation de viande, foie gras et œufs ne présente aucun risque pour l’homme. »
  • le transport et l’utilisation des appelants pour la chasse au gibier d’eau sont interdits (article 8 de l’arrêté de 2016)
  • pour le transport et le lâcher de gibiers à plumes. « Lorsque le niveau de risque est « modéré » dans une ou des zones à risque particulier correspondant soit au lieu d’origine du gibier soit au lieu du lâcher, le transport et le lâcher du gibier à plumes sont interdits dans ces zones. Toutefois le transit par les grands axes routiers et sans rupture de charge est autorisé lorsque des mesures de biosécurité sont mises en œuvre » (article 10).

Voici donc le lien concernant l’arrêté de 2016 sur lequel il faut se référer concernant les interdictions : https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2020/10/Arre%CC%82te%CC%81-du-16-mars-2016-relatif-aux-niveaux-du-risque-e%CC%81pizootique.pdf

Ainsi que le lien de l’arrêté paru le 23 octobre : https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2020/10/Arrete%CC%81-du-23-octobre-2020.pdf

Tout ceci aura des conséquences, notamment pour la filière gibier qui souffre déjà des confinements mis en place. Il est important de souligner qu’il s’agit de prévention face à un virus hautement pathogène, aucun cas de H5N8 n’est à déclarer aujourd’hui sur le territoire national. Ces mesures servent à prévenir le monde agricole pouvant être victime de ce virus.

Le niveau de risque vis-à-vis de l’influenza aviaire passe de « négligeable » « modéré » pour les départements de l’Ain.

Dans un communiqué la FDC01 annonce le passage du risque de l’influenza aviaire de « négligeable à « modéré »

il explique :

Voici l’information que nous avons reçue de la Direction Départementale de la Protection des Populations de l’Ain :

« Nous vous informons que suite à un avis de l’ANSES, le ministère en charge de l’agriculture a décidé de relever le niveau de risque vis-à-vis de l’influenza aviaire à « modéré » pour les départements de l’Ain, Savoie et Haute-Savoie, par l’arrêté ministériel du 11.10.2017 

Vous trouverez en pièces jointes, un communiqué de presse expliquant la modification de ce niveau de risque et explicitant les mesures à mettre en place selon les communes et la carte des communes situées en Zone à Risque Prioritaire (ZRP).


Plus précisément les mesures relatives aux détenteurs de gibier à plumes pour le transport et le lâcher de gibier
 sont les suivantes:

Le transport et le lâcher de gibier à plumes depuis ou à destination d’un lieu situé en zone à risque modéré sont interdits sauf dans le cadre dérogatoire suivant .

  • Aucune  dérogation possible pour les lâchers de palmipèdes, quel que soit le niveau de risque (modéré ou élevé).
  • Pour les élevages de gibier situés en  ZRP ou livrant des oiseaux en ZRP:
    • faire réaliser une visite vétérinaire ; le vétérinaire doit évaluer l’état sanitaire des animaux;
    • si cette visite est satisfaisante :  adresser à la DDPP le compte-rendu de visite et le formulaire joint à ce mail de demande de dérogation à l’interdiction de transport et de lâcher de gibier à plume;
    • le transport en vue du lâcher doit être effectué dans des conditions sécurisées, sans rupture de charge (pas de tournée), depuis le lieu d’élevage jusqu’au lieu de livraison. Les caisses de transports doivent être en matériel désinfectable (plastique) et rigoureusement nettoyées et désinfectées ou, et de préférence, à usage unique. Le camion doit être nettoyé et désinfecté avant et après transport
    • une copie de la dérogation sera laissée à l’opérateur du lâcher.
    • pour le lâcher, s’il a lieu en ZRP : l’opérateur du lâcher doit prendre toutes les précautions pour éviter les risques de contamination par les oiseaux sauvages à risque :
      • favoriser les facteurs permettant un taux de prélèvement élevé pour une réduction très rapide de la quantité d’oiseaux lâchés restant dans le milieu naturel (mobilisation des chasseurs, limitation du nombre d’oiseaux lâchers, etc)
      • pratiquer les lâchers avec le maximum d’éloignement des zones de chasse du gibier d’eau où les oiseaux d’eau sauvages à risque sont susceptibles de se concentrer (Il n’y a pas à cet égard de distance réglementaire mais  la distance d’exploration d’un faisan lâché est de l’ordre de 1km)
      • Par ailleurs il conviendrait de renoncer à tout lâcher sur un site en présence d’une colonie d’anatidés migrateurs.

Cette dérogation peut être revue  s’il y avait mise en évidence d’un cas dans notre département, ce qui pourrait justifier un arrêté préfectoral plus restrictif. »