Le canard siffleur, ce charmeur

Qui n’a jamais entendu, lors d’une pose ou d’un passage migratoire le sifflement typique de cet anatidé. Oiseau emblématique des passées hivernales, le canard siffleur est un oiseau assez commun sur notre territoire. Le cri caractéristique du mâle est à l’origine de son nom. Découvrons cet oiseau migrateur qui complète, l’hiver le tableau de nombreux sauvaginiers.

Un canard emblématique des migrations

Le canard siffleur, Mareca penelope, est un canard facilement reconnaissable par son chant et par son plumage. Le mâle, en période nuptiale, possède une tête rousse / brune, avec une bande frontale jaune. Son bec est quant à lui bleuté avec une pointe noire. Sa poitrine est rosée, son dos gris, il possède un blanc caractéristique sur les ailes. Sa queue en revanche est noire. La femelle, elle, est beaucoup plus sobre, comme chez beaucoup de canards. Sa robe est une nuance de brun avec un ventre blanc. Chez le siffleur, la forme de la tête, ronde et le front bombé permettent une identification facile de l’espèce. Comme son nom l’indique, les mâles émettent un sifflement très clair. La femelle émet quant à elle un chant rauque et long qui s’entend parfaitement au milieu d’un vol ou d’une pose.

Couple de siffleurs

Mode de vie et régime alimentaire

C’est un oiseau très sociable. Les siffleurs vivent exclusivement en groupe. D’où le beau spectacle qu’ils nous offrent à la passée ou à la tonne lorsqu’il y a de gros arrivages. Le siffleur fréquente principalement les zones humides. En migration et en hivernage, il fréquente les estuaires (vasières, prés salés), les baies, les lagunes, les côtes basses, les lacs ainsi que les étangs. En période de reproduction, l’espèce favorise les tourbières ainsi que les marécages. Il aime aussi à cette période, les prairies humides pourvues d’herbes rases et variées.

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L’espèce fréquentant de nombreux habitats possède un vaste régime alimentaire. Vaste ne veut pas dire une alimentation facile. En effet, le siffleur est très sélectif et choisit des secteurs où il y a une abondance d’insectes et de flore émergente. Dans ce régime alimentaire, on retrouve un large éventail d’insectes aquatiques comme les libellules et les trichoptères mais aussi des insectes terrestres et des coléoptères. Cependant, son régime est en grande partie végétal. En effet il va brouter les strates herbacées que lui offre son habitat en le complétant pas des insectes, graines etc…

Reproduction, distribution et mesures de gestion

Les couples se forment dès l’arrivée sur les terres d’hivernage. La reproduction commence elle dès le printemps. La femelle construit un nid dissimulé dans la végétation haute, éloigné de l’eau. Elle pondra entre 7 et 10 œufs qui seront couvés durant 25 jours en moyenne. Les petits sont nidifuges, 24h après l’éclosion, ils quittent le nid. L’émancipation vient elle, au bout de 40-50 jours environ.

L’espèce niche dans l’extrême nord de l’Europe (Taïga), jusqu’en Sibérie et migre pour hiverner dans le sud de l’Angleterre, sur les côtes françaises et espagnoles, de l’Italie, des Balkans, de l’Afrique du Nord.

Le canard siffleur n’est pas une espèce menacée. En effet, son statut de conservation IUCN est « LC », c’est-à-dire « préoccupation mineure ». Cependant, comme beaucoup d’anatidés, il est important de préserver et maintenir les zones humides. Conserver et protéger son habitat c’est aussi intervenir pour la préservation d’espèces comme le milouin, le chipeau et bien d’autres. Encore une fois, si prélèvement il y a, gardez les ailes et transmettez-les à l’association départementale de chasse de gibier d’eau de votre territoire. Les lectures d’ailes qui seront effectuées fourniront des données scientifiques qui permettront de défendre notre pratique. La chasse d’aujourd’hui se veut scientifique et vous en êtes les acteurs.

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Le vanneau huppé, cet élégant limicole.

Limicole emblématique des zones humides, le vanneau huppé ne peut se confondre avec une autre espèce. Comme son nom l’indique, le vanneau huppé possède une huppe. Si celle-ci est visible lorsqu’il est posé, ce limicole aime se reconnaît aussi par son chant typique et son vol gracieux. Zoom sur cet oiseau qui fréquente champs et zones humides, offrant aux plus passionnés des spectacles admirables.

Un échassier très huppé

Limicole de taille moyenne (30 cm), une envergure de 80 cm environ, le vanneau huppé est très facilement reconnaissable. Son plumage vert sombre au reflet mauve, son ventre blanc et son poitrail noir permette une identification simple et rapide. Sans oublier sa huppe noire, qu’il porte fièrement à l’arrière de son crâne. Virevoltant dans le ciel, le contraste entre son plumage supérieur et son ventre blanc ne passe pas inaperçu. Voici donc quelques conseils pour bien identifier le vanneau huppé.

Comportement, habitat et reproduction

Le vanneau huppé est un limicole de la famille des Charadriidés. Son comportement varie notamment en période de reproduction. En effet durant cette période, les couples nichent au sol et deviennent territoriaux. Hors saison, cet oiseau vit en colonie, pouvant rassembler plusieurs milliers d’individus. En effet, durant une grande partie de l’année, le vanneau huppé aime la compagnie, faisant de lui un oiseau plutôt grégaire.

Il fréquente les champs, les prairies mais aussi les prés-salés ainsi que les zones humides. Il apprécie principalement les milieux ouverts, lui offrant la possibilité de voir venir un potentiel danger. A noter que les milieux hygrophiles sont privilégiés, marais, prairies humides, prairies tourbeuses, pelouses sur marnes, prés salés.

La période de reproduction de l’espèce court de mars à juillet. Cette période commence par l’installation du couple où le mâle sera très territorial. Démonstrations aériennes, plongeon, acrobatie, le mâle tente de se faire remarquer tout en chantant. Le chant typique de l’oiseau, le « woup woup woup ». Son nid est installé directement au sol, la femelle pond en général 4 oeufs brun clair moucheté de noir. L’incubation des oeufs dure 35-40 jours, les deux parents élèveront les poussins qui seront nidifuges. Les jeunes voleront à 35, 40 jours.

Distribution, menaces et chasses

Son aire de répartition est relativement large, allant du nord de la Scandinavie, au sud de l’Espagne, de la Turquie en passant par le nord de l’Iran. Le vanneau huppé se reproduit sur toute la longueur du continent eurasiatique, des côtes atlantiques européennes au nord-est de la Chine et à la côte pacifique dans la région de l’Amour russe. Si le vanneau est un migrateur partiel, il n’est pas rare de la croiser en France à cette période. En effet, il hiverne en France, ainsi le vanneau huppé est présent toute l’année dans les pays européens riverains de la mer du Nord et de l’océan Atlantique.

Le vanneau est un gibier prisé. Prisé des sauvaginiers ainsi que des chasseurs traditionnels pratiquant la tenderie. A la passée du matin ou du soir, à la tenderie, le vanneau est un gibier sauvage de qualité. Comme le dit le proverbe « qui n’a pas mangé de vanneau, n’a pas mangé de bon morceau ». Tant par sa capture que par sa viande. Animal emblématique de la tenderie, cette technique de chasse traditionnelle permet de capturer les oiseaux grâce à de grands filets. Malheureusement, dans le contexte actuel, cette chasse n’est plus. La chasse du vanneau permet une écologie de terrain, en entretenant des espèces et permettre à l’espèce de trouver les éléments nécessaires à sa survie. De plus, le monde cynégétique développe des programmes scientifiques apportant des informations précieuses concernant l’espèce.

L’espèce possède un statut de conservation défavorable en Europe. Non pas lié à la chasse, mais dû au fait qu’aujourd’hui l’activité humaine nuit à l’espèce. En effet, en France l’espèce est considérée en déclin, cela à cause de la dégradation des milieux d’accueil pour la reproduction. L’agriculture moderne n’est pas favorable à l’espèce se traduisant par une réduction du pâturage et/ou de la fauche, conduisant à des formations végétales, puis éventuellement ligneuses, impropres à l’espèce. Cela a deux conséquences, la réduction des peuplements d’invertébrés et l’augmentation de la croissance de la végétation herbacée, lorsqu’on sait que celui-ci a besoin d’espace dégagé pour se reproduire. L’intensification de l’agriculture augmente les dérangements printaniers et sont trop répétitifs, entraînant un abandon des nids sur les sites de reproduction.

Cependant, pour favoriser l’espèce voici quelques propositions qui lui seraient favorables :

  • Restauration de l’élevage extensif en prairie naturelle,
  • Limiter l’assèchement, le drainage, maintien des eaux superficielles,
  • Réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires,
  • Utiliser des barres d’effarouchement pour limiter la destruction de pontes et des jeunes par des engins agricoles.

Le tétras lyre, un oiseau rare et élégant

Sa queue en forme de lyre lui donne beaucoup de panache. Son plumage, sa chasse et son comportement font du tétras lyre (lyrurus tetrix) un oiseau passionnant. Vivant principalement dans les Alpes, il bénéficie de plans de gestion et de préservation. Zoom sur cette espèce qui passionne et dont l’étude et la connaissance donnent de bons indicateurs quant à l’état de santé des biotopes.

Un galliforme riche en couleur

Le coq pèse de 1kg à 1,5 kg. Plumes noires au reflet bleu, ses longues rectrices externes incurvées en forme de lyre, la queue blanche en forme d’éventail, des excroissances rouge vif au-dessus des yeux, le mâle de tétras lyre se reconnaît facilement. La poule, elle, est plus petite, pour un poids de 900 g. Son plumage, brun-roux barré de gris et de noir, lui offre un camouflage parfait. Sa queue, plus courte, est légèrement échancrée. Chez cette espèce, le dimorphisme sexuel est donc très accentué.

Tétras lyre

Habitat, alimentation et reproduction

Le tétra lyre est un oiseau de l’interface entre la forêt et les milieux ouverts. Il vit à l’étage subalpin, c’est-à-dire entre 1 400 mètres et 2 300 mètres d’altitude. Il fréquente donc des milieux semi-ouverts. Le facteur limitant essentiel est la présence d’une strate herbacée ou d’éricacées bien développée. En effet, ce type de milieu est indispensable à l’élevage des nichées. Selon l’observatoire des galliformes de montagne « dans la partie nord, son habitat typique comprend les landes à rhododendrons et les prairies subalpines piquetées de quelque résineux. » En revanche, dans les Alpes du sud, l’espèce occupe des formations plus variées. En effet, sur ce secteur, il est possible de trouver des tétras lyre dans des forêts claires de mélèzes et de pins ou des pré-bois clairs de chênes et hêtres.

Très farouche, le tétras lyre est, très souvent caché sous le couvert végétal. Il est actif tôt le matin ou en fin de journée afin de s’alimenter. Son régime se compose de graines, baies, fruits secs, et parfois petits invertébrés. L’hiver, pour survivre aux conditions rudes des hivers en montagne, il se contente de rameaux de mélèzes, d’aiguilles ou de bourgeons de conifères. Durant cette période difficile de sa vie, l’oiseau creuse des tunnels dans la neige, tel des igloos, afin de s’économiser et de garder un maximum d’énergie et de chaleur.

Au printemps, les mâles entrent en compétition. Ils se retrouvent sur les sites de parades traditionnels, les places de chant où ils vont s’exhiber, allant même jusqu’au combat. Le mâle peut s’accoupler avec plusieurs femelles. Ensuite, seule la femelle s’occupe de la couvaison des oeufs et de l’élevage de la nichée (3, 4 jeunes en moyenne) jusqu’à fin août, début septembre.

Menaces et aspects cynégétiques

Le tétras lyre est une espèce fragile et fragilisée par l’homme. Aujourd’hui, la principale menace est la dégradation des milieux et notamment de son habitat. Cela est en lien notamment avec la déprise pastorale, entrainant la fermeture des milieux, essentiels à sa survie. Cette déprise pastorale est accentuée par la présence du loup, il faut donc arrêter de dire que ce prédateur est l’allié de la biodiversité. A cause de lui des espèces nombreuses vont disparaître… Le développement des infrastructures touristiques est aussi une grosse menace. Les câbles de télécabine par exemple sont très meurtriers. Ces infrastructures ainsi que le développement des loisirs de plein air engendrent un dérangement nocif en été et surtout pendant l’hiver. Pourtant, durant cette période, l’oiseau s’économise et ne doit pas être stimulé ou stressé. Ces dérangements entraînent une dégradation physique de l’oiseau durant une période difficile, augmentant donc, la mortalité.

L’espèce est chassable sous conditions. En effet, seuls les mâles peuvent être prélevés. Il se chasse dans l’ensemble des départements alpins (sauf le Var), par le biais d’un plan de chasse depuis les années 1990. Le plan de chasse permet, grâce aux études et suivis de l’espèce menés par les fédérations de chasse, de définir le nombre d’oiseaux à chasser sur l’année. Ces quotas, différents d’un département à l’autre se déterminent en fonction de la reproduction. Ce fonctionnement a permis de baisser le nombre d’individus prélevés et de mieux gérer les populations fragilisées par les activités humaines.

C’est le monde cynégétique qui permet à cette espèce de survivre. En effet, ce sont les chasseurs qui entretiennent son habitat. Ce sont eux qui participent aux comptages des mâles chanteurs qui se déroulent au printemps. Puis en août, ils organisent et suivent la reproduction grâce aux comptages au chien d’arrêt. Qui à part les chasseurs en fait autant aujourd’hui pour permettre à cette espèce de survivre ? Sans gestion et préservation des habitats et de l’espèce, la chasse ne serait pas possible. Le chasseur l’a bien compris et développe donc la chasse adaptative. Préserver, gérer, chasser sont les maîtres-mots de la chasse française. Et cela nous permet de nous rappeler ce que disait François Sommer, « la nature est un capital dont nous ne devons préserver que les intérêts. »

La sarcelle d’hiver, ce petit clown des marais

Plus petit canard d’eau douce d’Europe, la sarcelle d’hiver est, pour tout sauvaginier, la plus belle des récompenses. Son vol rapide, ses crochets furtifs, offre à celui qui la chasse le souvenir d’un prélèvement difficile.

Plus petit canard d’eau douce

Elle fait partie de la famille des anatidés. Elle mesure entre 34 et 38 cm, avec une envergure inférieure à 60 cm. Son poids varie entre 250 et 450 g selon les individus ainsi que la période. Le mâle de sarcelle d’hiver possède un plumage nuptial d’une incroyable variété de couleurs. Sa tête rouille, traversée par de larges bandes vertes est flamboyante. Sa poitrine, de couleur crème et son ventre de couleur blanche viennent contraster avec la queue jaune, bordée de noir. Les ailes puissantes de cet oiseau des marais possèdent chacune un miroir noir/vert ne laissant aucun doute sur l’identification.

Habitat, migration et reproduction

La sarcelle d’hiver fréquente marais, étangs, mares mais aussi les petites rivières. Durant sa migration, les sauvaginiers vous le diront, il n’est pas rare de la croiser également sur les côtes, les estuaires ainsi que les vasières. L’anatidé possède un régime alimentaire assez varié, en effet, il va principalement consommer de micro-invertébrés, de graines, mais pourra se contenter de petits insectes, de mollusques ainsi que de crustacés.

La sarcelle d’hiver est un canard migrateur. La migration post-nuptiale commence dès la fin du mois de juillet et se poursuit jusqu’en décembre. La migration pré-nuptiale quant à elle, débute vers la fin du mois de janvier pour se poursuivre jusqu’à la mi-avril.

La sarcelle niche à terre. L’habitat de prédilection pour sa reproduction est un marais ou une zone inondée de faible profondeur, en partie fermé par la végétation émergente et par la végétation de bordure. La nourriture doit être y disponible. Le niveau d’eau ne doit pas varier brusquement durant la période de nidification (ce qui explique l’absence de l’espèce d’une grande partie des marais drainés de l’ouest). Son nid, garni de duvet, accueille entre 8 et 11 oeufs qui seront par la suite couvés durant 25-30 jours. A la naissance, les canetons sont nidifuges, c’est-à-dire, ils quittent le nid rapidement pour s’aventurer dans leur milieu.

État des populations

Le statut de l’espèce est aujourd’hui considéré comme favorable à l’échelle de l’U.E. La tendance d’évolution de la population hivernante est à la hausse dans la partie Est de la zone Méditerranée-Mer Noire et depuis 1975 dans la zone nord-ouest Européenne. Si, comme tout anatidé la sarcelle d’hiver subit l’activité de l’homme, elle se montre capable de s’adapter. De nombreuses études sont aujourd’hui mises en place afin de mieux connaître les populations et la reproduction (lecture d’ailes, suivis GPS).

A la chasse, la sarcelle d’hiver complète très souvent le carnier du chasseur. Elle offre de fabuleux coups de fusil et sait se faire discrète malgré son chant « trut-trut » qui résonne à la passée. Oiseau emblématique de nos marais, le petit clown n’a pas fini de vous émerveiller.

Le lièvre d’Europe

Animal emblématique de nos campagnes, le lièvre d’Europe a su conquérir les chasseurs de France. A la botte, en battue, à l’arc ou au chien courant, le lièvre d’Europe déchaîne les passions. Également appelé lièvre brun, on le retrouve en plaine, au bois et même en montagne où il est représenté par son proche cousin, le lièvre variable.

Le lièvre, un gibier rusé et discret

Le lièvre d’Europe, Lepus europaeus, est un lagomorphe. Présent sur l’ensemble du territoire national, il est aussi représenté par le lièvre variable qui est lui, exclusivement montagnard. Fin, allongé et doté de puissantes pattes arrières, le lièvre est bâti pour la course. Sa morphologie lui offre une faculté d’athlète incroyable lors de ses courses. Il peut ainsi atteindre des pointes jusqu’à 72 km/h. Son poids varie entre 3 et 5 kg. Reconnaissable par ses oreilles et sa taille, le lièvre possède des yeux de grandes tailles situés en position latérale lui offrant un champ de vision à 360°. Le mâle s’appelle le « bouquin », la femelle s’appelle la « hase » et le petit s’appelle le « levraut ».

Son habitat est varié

Il est l’un de ceux qui se sont le mieux adapté aux pratiques humaines et agricoles. Présent en plaine comme en bois, il aime les mosaïques de milieux, qui lui offrent un habitat parfait pour se nourrir, se reproduire, se cacher. Résistant au froid, mais très sensible à l’humidité, le lièvre aime établir son gîte sur une parcelle saine et filtrante. Très actif la nuit, le lièvre se nourrit principalement de graminées, de céréales, trèfles, lui offrant les besoins essentiels à son alimentation.

Concernant la reproduction, le lièvre s’accouple de janvier à octobre. Durant cette période, il n’est par rare de voir les mâles se poursuivre et se « boxer ». Ce rituel amoureux porte le nom de « bouquinage ». La hase, femelle du lièvre, a une gestation de 41 jours, la portée se compose elle de 1 à 3 levrauts. Grâce aux études et aux suivis mis en place par les fédérations de chasse, il a malheureusement été constaté que moins de la moitié des jeunes nés dans l’année sont encore en vie à l’ouverture. En effet, le taux de mortalité des jeunes lièvre est considérable. La raison ? Principalement la maladie mais aussi la prédation et parfois l’activité humaine.

Mortalité et gestion

Comme stipulé au-dessus, les jeunes lièvres ont une mortalité très élevée. La stratégie démographique développée par le lièvre est donc la stratégie « r ». En effet, cette stratégie est développée par l’espèce car, l’habitat dans lequel il est installé peut subir des modifications et/ou être perturbé. Les ressources sont imprévisibles et les risques (maladies, conditions abiotiques, prédation) peuvent être élevés. Ainsi le lièvre mise sur la reproduction avec un fort taux de croissance afin de compenser par le nombre.

Le lièvre possède donc les caractéristiques suivantes :

  • Fécondité élevée
  • Mortalité infantile importante
  • Cycle de vie court
  • Croissance rapide
  • Maturité sexuelle précoce
  • Mortalité adulte importante
  • Faible capacité de compétition
  • Grande capacité de dispersion

Très souvent victime de maladies, de collision et de prédation, le lièvre fait l’objet de nombreuses actions de préservation. Groupement d’intérêt cynégétique, plan de gestion, plan de chasse, le lièvre est une espèce qui attire l’attention du monde cynégétique. Ces moyens mis en place permettent d’obtenir des populations stables et de limiter les zoonoses. Autrefois gibier courant, le lièvre recommence de conquérir les cœurs des chasseurs grâce aux différents modes de chasse qu’il permet.

Bécassine des marais, pas si bête !

Connaissez-vous la bécassine des marais ? Comme son nom l’indique, cet oiseau vit dans les zones humides. Animal discret et typique de nos étangs français, la bécassine des marais passionne. Elle est chassée au chien d’arrêt, à la passée ou au cul levé.

Un oiseau futé et discret

Les Scolopacidés constituent, avec les Charadriidés, un groupe d’oiseaux appelés limicoles, c’est à dire littéralement « oiseaux de rivages ». Les Scolopacidés sont majoritairement des oiseaux migrateurs de l’hémisphère nord. Le nom « bécasse » vient du latin beccum, qui signifie bec. Son vol caractéristique et son chant atypique font d’elle un oiseau identifiable rapidement. Oiseau migrateur par excellence, la bécassine des marais pèse environ 120 grammes. Son bec typique mesure environ 7 cm et lui permets de sonder la vase, le sol, à la recherche d’invertébrés. Son plumage, lui offrant un mimétisme parfait est densément rayé, tacheté de brun clair et foncé. Les parties inférieures du corps sont blanches avec des rayures noires sur les flancs. A l’œil nu dans la végétation, cet oiseau est difficilement visible. En cas de danger, elle s’aplatit sur le sol. Immobile, elle ne s’envole qu’au dernier moment.

Habitat, alimentation et reproduction

La bécassine des marais vit et se reproduit en zone humide. Étang, tourbière, marais, prairie inondée, marais salant, sont des lieux où l’oiseau a fréquemment été observé. Elle investit régulièrement la Dombes, la Sologne, le Forez et la Camargue à l’automne et repart courant de l’hiver. Cet oiseau passionnant se nourrit principalement de vers, mais son régime peut varier en fonction du secteur en consommant insectes, crustacés, mollusques et parfois quelques graines. La quiétude des marais est fondamentale pour la reproduction de l’espèce car le nid, construit par la femelle, est situé à même le sol. Caché dans une épaisse végétation. La femelle dépose entre 3 et 4 oeufs dont l’incubation dure 18 à 20 jours.

Menaces et gestion

Les menaces que rencontre cette espèce sont relatives aux habitats. Les aménagements hydro-agricoles ou autres aboutissant au drainage, à l’assèchement des milieux marécageux, la déprise agropastorale, localement, les plantations de peupliers en zone humide, les pollutions liées à l’épandage des boues, l’utilisation de produits chimiques, et la pollution par les hydrocarbures sur l’aire de reproduction… Voici plusieurs facteurs qui influent sur l’habitat de la bécassine des marais. Mettre en place des actions de gestion pour cet oiseau bénéficiera à de nombreux autres oiseaux dépendant de ce type de milieu. En effet, l’intervention de l’homme semble indispensable pour maintenir les habitats favorables en hivernage. La maîtrise du niveau d’eau, l’effet mosaïque réalisé, soit par un pâturage extensif délimité en petites parcelles clôturées, soit par différents moyens de fauche mécanique répétée, trois à quatre fois par an, en constituant des placettes de taille moyenne (environ de 25 m de long sur 15 à 20 m de large). Certains passionnés mettaient même des têtes de cheval dans leur étang pour apporter de la nourriture à cette espèce.

Cet oiseau fragile et agile offre des moments de chasse exceptionnels. Décrocher une belle des marais au cul levé ou à la passée n’est pas une mince affaire. Cela révélera votre adresse au fusil. En France, elle se chasse sous trois modes, le chien d’arrêt, la passée ou le cul levé. Chaque chasse possède son charme et se doit d’être découvert. Son chant atypique tel un baiser vous permettra potentiellement de la repérer à l’envol.

Projet de loi : du gibier à la cantine

Ce lundi, dans l’hémicycle, aura lieu l’examen du projet de loi « Climat et résilience ». Dans ce cadre, le député LREM Xavier Batut, élu de la 10e circonscription de Seine-Maritime, défendra son amendement déposé dans le chapitre « se nourrir ». Celui-ci a pour but de réduire la consommation de viande issue d’élevage en proposant une viande de gibier dans les cantines et restaurants collectifs publics.

Un amendement valorisant la venaison

Le député LREM Xavier Batut a déposé un amendement valorisant le gibier, met local au profit de la viande industrielle. Cet amendement, audacieux est actuellement débattu au sein de l’Assemblée Nationale. Dans cet amendement, nous pouvons lire que « A compter du 1er octobre 2022, et pendant toute la période d’ouverture générale de la chasse (habituellement fixée entre le 15 septembre et le dernier jour du mois de février) […], les restaurants collectifs dont les personnes morales de droit public ont la charge sont tenus de proposer, au moins une fois par mois, un menu composé de produits de venaison« .

« Cet amendement vise à valoriser la viande de gibier sauvage qui est en surabondance et qui présente de nombreux atouts nutritionnels » explique le député dans un communiqué. Ce projet a déjà vu le jour dans le Bas-Rhin suite à la volonté de la collectivité européenne d’Alsace. Ainsi, plusieurs collèges d’Alsace ont pu découvrir la qualité de la venaison grâce aux burgers de sanglier.

Xavier Batut soutient le terroir

Ce député, vice-président du Groupe d’études sur la chasse, la pêche et les territoires, soutient que ce menu composé de gibier, dans les restaurants collectifs, aurait un double intérêt. Dans un premier temps « Il valorise des produits de venaison qui font partie des grandes traditions gastronomiques françaises et sont bons pour la santé », dans un second temps « il valorise le travail, tout au long de l’année, des chasseurs qui interviennent dans nos campagnes pour préserver l’environnement, restaurer sa biodiversité et sauvegarder la faune, qu’il s’agisse d’espèces chassables ou non. »

Ils défrichent et sèment pour la biodiversité.

Chasseurs et agriculteurs tentent, depuis quelques années, d’offrir à la faune les ressources dont elle a besoin. Acteurs majeurs dans la préservation de l’environnement et de ce qui le compose, chasseurs et agriculteurs tentent de rétablir l’équilibre. Ainsi les membres de l’association communale de chasse agréée (ACCA) de Torreilles en collaboration avec la municipalité et le conseil départemental, sèment des céréales sur des terrains en friches qui sont aujourd’hui favorables uniquement aux sangliers.

Acteurs de la ruralité main dans la main

Afin de favoriser la biodiversité, les membres de l’ACCA, depuis une quinzaine d’années, sélectionnent des terres appartenant à la mairie ou à des particuliers qui les mettent à disposition, il s’agit souvent de friches.  Ces terrains autrefois exploités (champ, prairie, vigne), abandonnés par l’homme et de ce fait, colonisés par la végétation spontanée, notamment la ronce. Ces parcelles sont les lieux parfaits pour les sangliers.

Ces friches sont donc choisies afin de ne pas être trop proches des habitations, mais aussi à proximité d’autres friches afin de former des corridors écologiques. Ainsi, avec l’aide matérielle et humaine des services techniques de la ville et le soutien économique du conseil départemental les chasseurs défrichent, broient et sèment pour le bien de la biodiversité.

Des cultures pour la la faune

Du blé, de la luzerne en passant par l’avoine laissé sur pied, les cultures semées offrent une vraie richesse pour les espèces inféodées au territoire. Ces actions d’aménagement et de gestion à l’initiative des chasseurs permettent de limiter les friches, réduisant ainsi le territoire du sanglier mais aussi le risque d’incendie (aménagement d’utilité publique). Ainsi, les chasseurs contribuent une nouvelle fois à la préservation de l’habitat de nombreuses espèces, comme les moineaux, chardonnerets, faisans et perdrix. 

Gibier dans nos assiettes, un met sain et local

Le gibier s’invite de plus en plus dans nos assiettes. Afin de valoriser ce met fin ainsi que la filière gibier, le parc naturel régional des ballons des Vosges a invité trois chefs de la vallée de Kaysersberg pour un atelier autour de la venaison. Cet atelier atypique a été l’occasion de faire découvrir et déguster ce viande d’exception, s’inscrivant parfaitement dans l’ère du temps et du « consommons local ».

Un atelier culinaire autour du gibier

Pour la première fois en France, la marque « Valeur Parc Naturel Régional » a été attribuée à une entreprise de la filière gibier par le PNR des ballons des Vosges. Dans ce cadre, afin de valoriser cet atout bien spécifique au territoire le parc a mis en place un atelier culinaire autour du gibier.

« Le gibier est une super ressource naturelle dont on peut prélever une partie, en gérant les populations, tout en conservant un équilibre », précise Édouard Rapp, cogérant de Nemrod. Nemrod est une marque de produits à base de gibiers exclusivement sauvages et français. Il ajoute ensuite dans le quotidien l’Alsace « C’est une viande locale, chassée en Alsace ou dans les Vosges, saine de par l’alimentation naturelle, sans les dérives de l’élevage intensif, et durable ».

Au menu, croustillant de chevreuil aux fruits d’automne

Daniel Zenner, Alain Schmitt et Olivier Nasti ont animé les fourneaux et le menu. Les trois mousquetaires ont pu détailler les étapes de leur réalisation. Ainsi le croustillant au chevreuil aux fruits d’automne plat de saison inventé par Danier Zenner a ainsi pu être présenté et servi. Alain Schmitt lui, a proposé un tartare de sanglier aux figues et marmelade de pêche de vigne. Une recette qui a du goût et l’audace du gibier au rendez-vous. Il souligne que « Le gibier apporte un goût différent. Il y a plein de choses à faire avec, c’est ça qui est génial ». Olivier Nasti chef doublement étoilé a quant à lui préparé un feuille à feuille de biche et foie gras, vinaigrette aux airelles et aux noisettes. Cette recette dont il a le secret figure à la carte de son établissement. « Dans le gibier, il y a un approvisionnement local, une complexité, une saisonnalité… Il faut savoir le sélectionner. Le cerf en plein brame n’est pas bon. Le chamois est meilleur avant la saison des amours », détaille-t-il. Au-delà de la technique des chefs, Olivier Nasti rassure : « Pour moi, le gibier se cuisine comme le bœuf. »

Des recettes exceptionnelles et un public comblé

Les recettes proposées ont pu ravir le public qui a pu participer à la dégustation. Cela a permis de casser les clichés et les  » a priori  » sur ces viandes d’exception trop méconnue aujourd’hui. Valoriser la venaison de la sorte est très judicieux pour la simple et bonne raison que c’est une viande locale, saine et durable, ces adjectifs qui qualifient parfaitement ce met placent la viande de gibier au coeur d’un débat tout à fait actuel : consommer local consommer naturel. De quoi ramener la viande de nos forêts dans nos assiettes. Les chasseurs sont donc depuis toujours dans l’air du temps.

La grippe aviaire à nos portes. Point de situation.

Identifiée pour la première fois en Italie en 1878, l’influenza aviaire, virus hautement pathogène, se caractérise par l’apparition brutale d’une maladie, une contagion rapide et un taux de mortalité qui, dans le secteur de l’élevage peut avoisiner les 100% en 48h. En France, durant le mois d’octobre, des mesures ont été prises suite à la découverte de deux cas d’influenza aviaire hautement pathogène (H5N8) aux Pays-Bas.

Grippe aviaire, explication.

La grippe aviaire est provoquée par des souches A du virus grippal. Cette maladie infectieuse affecte les oiseaux. L’infection peut causer toutes sortes de symptômes, depuis une maladie bénigne, passant inaperçue, jusqu’à une maladie extrêmement létale, provoquant de graves épidémies. La grippe aviaire de manière générale ne touche pas l’homme, cependant, des souches hautement pathogènes peuvent provoquer chez l’humain une grave détresse respiratoire. Dans le contexte actuel, les organisations sanitaires craignent une mutation du virus, ce qui faciliterait la transmission interhumaine et présenterait un risque de pandémie de grippe.

Transmission et hôtes principaux

Il est important de rappeler que les oiseaux sauvages, notamment les espèces migratrices, constituent un important réservoir des virus influenza A. Chez les oiseaux aquatiques migrateurs, que le chasseur a pour habitude de fréquenter lorsqu’il pratique la chasse du gibier d’eau, les canards, oies, sarcelles sont des espèces susceptible de contracter le virus ou de le transmettre.

Le virus se multiplie dans les cellules de l’intestin, causant chez l’hôte une infection asymptomatique. Il peut y avoir une « élimination » du virus par le biais des matières fécales contaminant ainsi les différents points d’eau rencontrés au cours des migrations par les individus porteurs. Dans des conditions de salinité et de pH optimales, ces virus peuvent demeurer infectieux au-delà de 200 jours dans une eau à 17 °C. Ainsi, l’hypothèse actuelle veut que les oiseaux sauvages s’infectent par voie orale à partir de ces eaux contaminées, multipliant les virus dans leur tractus intestinal et les excrétant par voie fécale, ce qui contribue à contaminer leur environnement et entretenir le cycle de l’infection. Les plumes et les poussières souillées ou contaminées par les fientes constituent elles aussi une source potentielle de virus.

Les mesures prises en France

Comme expliqué précédemment, deux cas d’influenza aviaire H5N8 découverts à la frontière avec les Pays-Bas ont contraint à renforcer les mesures de prévention en France. Le ministre, Julien Denormandie appelle « à la vigilance les acteurs du monde de la chasse et de l’ensemble des détenteurs de volailles ». 

Foyers et cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en Europe à la date du 4 novembre 2020

En effet, la France, est un pays où les couloirs migratoires sont importants, c’est d’ailleurs ce qui fait une de nos richesses cynégétiques et la réputation de certains départements. Cet appel à la vigilance est illustré par la carte ci-dessous, montrant les zones à risques. Ces zones sont les grands points où l’élevage représente un enjeu économique et sanitaire important. A la veille des fêtes de fin d’année, la prévention est de mise, notamment.

Carte des zones concernées par les mesures de prévention (ZRP en bleu, départements en rouge)

Conséquences et incidences

Suite à cet évènement, un arrêté ministériel est paru aux alentours du 25 octobre. Cet arrêté, malgré la suspension de la chasse par le confinement existant aura un impact sur l’utilisation et le transport des appelants pour la chasse au gibier d’eau ainsi que sur les lâchers de gibier. Afin de comprendre ces conséquences il faut se référer à l’arrêté paru en 2016, il définit les ZRP « zones à risque particulier » (qui sont les zones humides). À compter de ce vendredi 6 novembre, les mesures de prévention suivantes sont rendues obligatoires dans l’ensemble des départements classés en niveau « élevé » et dans les zones à risque particulier (ZRP) :

  • claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux ;
  • interdiction de rassemblement d’oiseaux (exemples : concours, foires ou expositions) ;
  • interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ces départements à des rassemblements organisés dans le reste du territoire ; « la consommation de viande, foie gras et œufs ne présente aucun risque pour l’homme. »
  • le transport et l’utilisation des appelants pour la chasse au gibier d’eau sont interdits (article 8 de l’arrêté de 2016)
  • pour le transport et le lâcher de gibiers à plumes. « Lorsque le niveau de risque est « modéré » dans une ou des zones à risque particulier correspondant soit au lieu d’origine du gibier soit au lieu du lâcher, le transport et le lâcher du gibier à plumes sont interdits dans ces zones. Toutefois le transit par les grands axes routiers et sans rupture de charge est autorisé lorsque des mesures de biosécurité sont mises en œuvre » (article 10).

Voici donc le lien concernant l’arrêté de 2016 sur lequel il faut se référer concernant les interdictions : https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2020/10/Arre%CC%82te%CC%81-du-16-mars-2016-relatif-aux-niveaux-du-risque-e%CC%81pizootique.pdf

Ainsi que le lien de l’arrêté paru le 23 octobre : https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2020/10/Arrete%CC%81-du-23-octobre-2020.pdf

Tout ceci aura des conséquences, notamment pour la filière gibier qui souffre déjà des confinements mis en place. Il est important de souligner qu’il s’agit de prévention face à un virus hautement pathogène, aucun cas de H5N8 n’est à déclarer aujourd’hui sur le territoire national. Ces mesures servent à prévenir le monde agricole pouvant être victime de ce virus.