[Vidéo] Une propriété dévastée par la grêle

Il y a deux jours, après les intempéries qui ont eu lieu sur une majeure partie de la France, Gervais Michaux a partagé une vidéo des dégâts causés par les orages de grêle. Une vidéo qui fait froid dans le dos et qui laisse imaginer les dégâts agricoles qu’il y a eu.

La grêle ravage une propriété

Les intempéries de ces derniers jours engendrent d’énormes dégâts. Des dégâts agricoles, environnementaux, mais aussi matériels. Gervais Michaux, sur son compte Facebook a partagé une vidéo des conséquences d’un orage de grêle. Autant vous dire que cela nous laisse sans voix, ou plutôt sans mots. La voiture est dévastée et la maison détruite. Des grêlons gros comme des balles de golf se sont abattus. L’apocalypse a duré 10 minutes. Ainsi, le vent et la grêle se sont abattus et ont dévasté les paysages. Découvrez ces images malheureuses. Courage à toutes les personnes ayant vécu cette apocalypse.

Par ailleurs, afin d’évaluer le plus rapidement possible les dégâts subis par le monde agricole, Marc Fesneau, notre ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, lance une mission flash pilotée par les experts du Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux. Face à ces dégâts, il a déclaré, « nos agriculteurs sont en première ligne face aux effets du changement climatique. En tant que ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, mon message est très clair : nous sommes à leurs côtés et le serons toujours. Avec cette mission, nous allons évaluer précisément les dégâts dans des délais très courts. Cela nous permettra aussi de dégager des leviers d’adaptation à court et moyen termes pour être encore plus résilients. Il en va du travail de nos agriculteurs et de notre souveraineté alimentaire ».

Lire aussi : Intempéries : les dégâts causés par la grêle sont visibles dans plusieurs départements

Les dernières actualités :

Willy Schraen : L’Etat face aux problèmes des dégâts de grands gibiers

Willy-Schraen-dégâts-grand-gibier

Lors du congrès de la FNC une notion importante est sortie du lot et s’est imposée comme l’une des problématiques principales pour ce nouveau mandat de Willy Schraen : les dégâts de grands gibier. C’est lors de la 40ème édition du Game Fair 2022, que Le Président de la Fédération Nationale des chasseurs de la est revenu sur ce dossier important pour les chasseurs.

L’Etat va-t-il intervenir financièrement ?

Le Président de la Fédération Nationale des chasseurs s’est exprimé sur son choix de lancer une pétition contre que les personnes attaquant la chasse et les chasseurs. L’intérêt est de faire en sorte que ces personnes ne puissent plus bénéficier d’argent de certaines associations animalistes, voire antispécistes.

Willy Schraen déclarait : « De toute façon c’est simple, soit l’Etat nous aide, soit on ne paie plus. Avant la fin de l’année, soit l’Etat prend une grosse partie (au moins 50 %), soit on ne paie plus. Il est nécessaire que l’on nous aide.

Ce n’est pas normal que les chasseurs paient comme ils le font. Dans d’autres pays dans le monde, les chasseurs sont défiscalisés quand ils vont à la chasse, parce qu’ils servent l’intérêt général.

Il y a pleins d’endroits où l’on peut chasser en France. Mais il y a pleins d’endroits où l’on est à peine tolérés de chasser en France. On nous a mis un chape de plomb écologiste sur quasiment un quart du territoire et ce n’est pas fini … Aujourd’hui, je vous le dis sincèrement, je pense que l’on ne doit plus payer.

Le problème est mondial, mais nous on veut une solution rapide. Donc la réponse est simple. Soit nous trouvons un accord avec l’Etat avant la fin de l’année, et auquel cas nous pourrons continuer, soit c’est terminé. On ne paie plus. »

Sur le même sujet :

Plusieurs milliers d’euros de pertes pour l’escargotière de Warnant

escargots

Cela fait maintenant quelques mois que les suidés belges se sont implantés au abords du village de Warnant. Installés non loin d’un point d’eau, ceux-ci se déplacent à travers toute la régions en quête de nourriture.

Warnant : lieu de villégiature pour les sangliers

A l’origine de nombreux dégâts dans les champs, les prairies et même dans les potagers d’humbles jardiniers, c’est à l’escargotière de Warnant que les sangliers s’intéressent ces derniers jours. Ce sont aujourd’hui des centaines de gastéropodes qui ont été habilement dévorés par les mammifères. Ils semblent devenir des experts dans cette dégustation, en détruisant la coquille pour avaler l’animal, sans avaler cette dernière.

Ces sangliers peu farouches, deviennent insensibles aux aménagements mis en place pour les repousser. Certains riverains en ont même aperçu sur des parkings ou des zones privées. Seuls des cris forts et de grands gestes ont permis d’éloigner temporairement ces mastodontes.

Aujourd’hui, l’héliciculteur estime avoir perdu près de 20% de sa serre, complètement dévorée par les sangliers. En cumulé, se sont plus de 10.000 animaux qui auront été avalés. Des sacs éventrés, des réserves de nourriture ravagées … les pertes se chiffrent déjà à près de 2000€ pour cet exploitant, et ce constat pourrait encore évolué.

Le propriétaire souhaite se débarrasser de ces animaux devenus nuisibles pour son escargotière. Les infrastructures électriques mises en place n’ont plus assez d’effet pour les tenir à distance. Malins et rusés, les sangliers ont compris en deux semaines qu’il suffisait de contourner les clôtures pour manger les escargots. Malgré la création de fossés pour empêcher le passage des animaux, cela n’a pas empêché les sangliers de venir saccager les réserves présentes sur les lieux. Après toutes ces tentatives infructueuses pour les éloigner, le propriétaire envisage des mesures moins « conventionnelles » comme l’arc à flèches ou l’arbalète ou encore les ultrasons, apparemment très efficaces contre ces animaux.

Sur le même sujet :

Bretagne, la chasse du choucas repart de plus belle

Les autorités préfectorales autorisent la destruction de 1 800, 8 000 et 16 000 choucas des tours dans le Morbihan, les Côtes-d’Armor et le Finistère. En effet, ce corvidé, souvent confondu avec la corneille noire et le corbeau, engendre de nombreux dégâts agricoles.

Le choucas des tours, une espèce protégée

Le choucas des tours est une espèce protégée, espèce protégée depuis 2009, provoquent de plus en plus de dégâts sur cultures, notamment en Bretagne. Comme beaucoup, elle pullule et voit ses populations augmenter sans cesse. Faute de prédateur, le choucas à aujourd’hui des populations stables. Cependant, lorsqu’une colonie s’installe à proximité d’un champ, celui-ci est dévasté. Ce corvidé est particulièrement friand des graines tout juste plantées et de jeunes pouces. L’une des solutions envisageables afin de les éloigner des cultures, est la mise en place de systèmes d’effarouchement. Cependant, ils ne garantissent pas l’indemnité des champs. Pour rappel, en 2019, le montant total des dégâts estimés sur les parcelles agricoles s’élevait pour le Finistère et les Côtes-d’Armor à plus de 1,4 million d’euros. Dont 80 % causés uniquement par les corvidés. Le Morbihan voit également ces dégâts croître très fortement avec près de 500 000 €. Des chiffres trop importants et pas anodins.

Lire aussi : Dans l’attente d’une véritable régulation des choucas des tours

Le choucas des tours, responsable des dégâts agricoles

Dans les champs bretons, les choucas détruisent les semis, provoquant la colère des agriculteurs, qui estiment que cette espèce a proliféré depuis sa protection, il y a dix ans. Ainsi, ce sont plus de 25 000 choucas des tours autorisés à la destruction. Dans les départements du Morbihan, des Côtes-d’Armor et du Finistère. Ces décisions font suite à de nouveaux arrêtés préfectoraux, pris en avril. « Souvent, ce sont les agriculteurs bio qui en sont les premières victimes. Leurs plantes sont plus lentes à lever et ne comportent pas d’insecticides« , souligne un représentant de la préfecture du Morbihan.

Sur le même sujet :

La solution miracle contre les dégâts de sanglier ?

Le sanglier ne cesse de commettre des dégâts sur les parcelles cultivées. Chaque année, ce sont 80 millions d’euros d’indemnisations que les chasseurs paient. Malgré les répulsives, les clôtures électriques, les tirs d’affût, le suidé continue de ravager les champs. En Normandie, un agriculteur a peut-être trouvé la solution miracle pour faire fuir les sangliers.

Les poils de chien, solution miracle contre le sanglier ?

Chaque année, les sangliers causent énormément de dégâts agricoles. Exaspéré par les suidés qui ravagent ses parcelles de maïs, un agriculteur a tenté de trouver la solution face à cette problématique. En effet, après avoir essayé de nombreuses « solutions », l’agriculteur aurait trouvé LA solution miracle. Le suidé étant chassé de manière régulière en battue et avec des chiens, l’agriculteur a eu l’idée ingénieuse de disperser de poils canins sur son exploitation. Une solution qui aujourd’hui porte ses fruits. « Comme les sangliers ont un odorat prononcé, le fait de sentir les poils des chiens leur indique qu’il y a éventuellement la présence d’un ou plusieurs animaux dans le coin et ça les repousse. Ils ne viennent plus dans les champs pour manger les grains de maïs. On voit des traces de sangliers à proximité des champs, mais ils ne pénètrent plus à l’intérieur », explique-t-il. Aurait-il la solution miracle ? Il serait peut-être judicieux de démocratiser cette expérience et d’évaluer les résultats par le biais d’une étude sanglier-dégâts. En plus de cela, cette opération est peu coûteuse et de surcroît écologique. De quoi donner des idées aux agriculteurs et/ou chasseurs.

Lire aussi : Dégâts de gibier, comment agir ?

Reportage

Découvrez le reportage de France TV parlant de cette solution miracle qui satisfait de plus en plus d’agriculteurs, ci-dessous.

Sur le même sujet :

Dans le Loiret le sanglier inquiète

Si la chasse du sanglier passionne, l’animal, lui, peut être source d’inquiétude et de problème. Face à l’augmentation de ses populations, la chasse française tente de se mobiliser. Les dégâts augmentant, engendrent tensions et crispations dans les instances cynégétiques et agricoles. Dans le Loiret, la fédération départementale des chasseurs demande des mesures afin de limiter la population du suidés.

Le sanglier dans le viseur

Samedi, dans le Loiret, la FDC45 a tenu son assemblée générale. Si de nombreux sujets ont été évoqués, le sanglier a lui, monopoliser l’attention. En effet, les dégâts engendrés par le suidé sont colossaux. Et risquent de faire exploser le budget de la fédération au vu de la hausse des cours céréaliers. Une situation qui alarme et inquiète les chasseurs du Loiret. « Utilisez tous les moyens pour supprimer les sangliers. Allez-y. Faites-vous plaisir ». « Chassez le sanglier, grand ou petit », lancent durant l’assemblée le trésorier et le président de la FDC45. Ces annonces résument parfaitement le sujet et le souhait d’agir sur l’espèce.

Le budget 2022-2023 prévoit 1,8 million d’euros d’indemnités, un montant fixé sur le cours de l’an dernier, déjà en hausse de 26 %. Aujourd’hui, ces cours explosent. On va dans le mur.

Mathieu Teixeira, trésorier de la FDC45

Lire aussi : Sangliers : les dégâts dans les champs des agriculteurs loirétains s’aggravent encore

Le sanglier source de dégâts et de peste porcine

Le message durant l’assemblée générale est clair, intensifier la chasse du sanglier. « Nous avons 3,1 millions d’euros de disponibilités, indique le trésorier de la Fédération du Loiret. Ça peut disparaître comme peau de chagrin », poursuit-il. Face à la situation, la fédération appelle l’État à contribuer à l’indemnisation des dégâts. Notamment pour les zones hors chasse. À cela, s’ajoute l’inquiétude de la peste porcine. Si les populations ne diminuent pas, la maladie sera de plus en plus présente et les foyers plus nombreux. Ainsi, il est judicieux de réduire les populations afin de ne pas risquer une catastrophe sanitaire.

Sur le même sujet :

Les « réserves de vie sauvage », nouvelle forme de colonialisme ?

L’ancien domaine de chasse de Valfanjousse, maintenant propriété de l’ASPAS, fait parler de lui en ce moment. La gestion est catastrophique, les animaux s’en échappent et menacent l’éco-système environnant. Ce territoire est une des « réserves de vie sauvage » acquises par l’ASPAS, cette association qui veut faire du ré-ensauvagement.

Le ré-ensauvagement se donne en spectacle

Le but de ces « réserves de vie sauvage » est de laisser la nature à elle-même sans aucune intervention de l’homme. Rappelez-vous la communication triomphante lors du rachat. L’ASPAS, sa directrice Madline Rubin, ses soutiens comme Hugo Clément sont venus parader dans l’ancien domaine de chasse. Ils se sont mis en scène partant détruire les miradors de battue avec scies et tronçonneuses. Cette aspect de leur communication ayant, évidemment, vocation à faire des émules chez d’autres écervelés. Bien entendu, eux détruisent sur un territoire qui leur appartient alors que les pauvres zozos qui les imiteront et le feront sur des terrains privés risquent des sanctions pénales.

Voici quelques morceaux choisis qui donnent une bonne idée de la gestion par l’ASPAS :

« Les animaux se trempent dans la boue puis se frottent aux arbres, déclare Madline Rubin, directrice de l’association. A force, l’écorce se décolle. Les parasites vont pouvoir entrer dans l’arbre, qui va ensuite mourir. Mais quand on a des arbres morts, ici, on est content ! Cela fait venir des insectes, des champignons… »

« On va effacer un peu l’empreinte humaine qui est partout prédominante et laisser ce territoire évoluer sans contrainte et actions humaines. » Il faut souhaiter que ce soit l’empreinte de l’ASPAS qui bientôt s’efface.

Une nouvelle forme de colonialisme initiée par l’ASPAS

La création de cette réserve de vie sauvage à Valfanjousse n’avait pas beaucoup plu dans la région. Les agriculteurs voisins se plaignent des nouvelles règles établies par l’ASPAS. Un éleveur local qui allait auparavant faucher des prairies sur le domaine avec l’accord de l’ancien propriétaire n’a plus l’autorisation d’y aller. Il doit donc faire 2 heures de route pour acheter le foin qui lui manque alors que c’était gratuit avant. Le sentiment général dans la région est résumé par cette phrase entendue par un journaliste du Monde venu enquêter sur place : « Ils arrivent avec leur pognon et disent : écartez-vous, c’est nous qui allons sauver la nature. »

Le 21 août 2020, une manifestation organisée par plusieurs syndicats d’éleveurs, d’agriculteurs et de chasseurs a réuni près d’un millier de personnes à Crest pour dénoncer la création de réserves « qui mettent en danger les activités sociales, culturelles et économiques des territoires ruraux. »

Des éleveurs mécontents

Les éleveurs auraient aimé récupéré ces terres pour y faire pâturer leurs brebis. Alain Baudouin s’est confié à un journaliste du Monde juste après la création de la réserve : « Ce qui me fait râler, c’est qu’on n’arrive pas à récupérer ces terres pour l’agricultureJ’aurais bien aimé racheter une partie du bois : un agriculteur qui fait du bois de chauffage, il gagne sa vie avec ça. Ce combat, c’est pour mes trois enfants. Qui va rester vivre dans le Vercors ? »

Il compare ce qui se passe dans le massif avec ce qui s’est passé en Australie avec les aborigènes : « Dans le Vercors, le pastoralisme existe depuis plus de 7 000 ans. Nous avons su nous adapter aux hommes, aux maladies et aux virus, tout en nourrissant la population et en favorisant cette biodiversité, puisque c’est le mot à la mode. Aujourd’hui, la société fait la même chose aux ruraux, aux bergers et aux éleveurs de montagne que ce que les colons ont fait en Australie. »

En effet, cette politique de ré-ensauvagement qui consiste à créer des réserves de vie sauvage met la nature sous cloche sans prendre en compte les besoins des habitants. C’est une nouvelle forme de colonialisme que subissent nos paysans et les habitants des territoires ruraux.

Lire aussi : Nature d’ici et d’ailleurs

Valfanjousse n’est pas la seule réserve à poser des problèmes

L’ASPAS a aussi acquis un territoire dans une zone située entre les Yvelines et le Val-d’Oise, dans la commune de Fontenay-Saint-Père. Ici, ce sont les sangliers qui posent des problèmes aux agriculteurs environnants. Ils ne sont bien entendu pas chassés dans cette réserve, ils y pullulent et y trouvent refuge. Les cultures sont ravagées et les paysans sont de plus en plus excédés.

C’est aussi le cas des 400 hectares acquis dans le Vexin et du territoire acheté dans le Trégor. Tout autour de ces zones, les dégâts se multiplient dans les champs. L’idéologie égoïste de ces adeptes du ré-ensauvagement les conduit à créer des zones de non-droit qui causent des dommages énormes aux voisins. Vivre en société, c’est aussi se soucier des autres. Cela ne semble pas être pris en compte par les dogmatiques de salon de l’ASPAS.

Nos derniers articles :

Dégâts grand gibier, la facture est très lourde dans l’Oise

Si la chasse permet de limiter les populations de grand gibier, elle indemnise aussi les dégâts engendrés par ceux-ci. Dans l’Oise, les chasseurs devront payer la facture aux agriculteurs et celle-ci est lourde. En effet, 870 hectares de cultures ont été saccagés, ce qui fait s’envoler la facture à hauteur de 1,4 millions d’euros. Cela ne sera pas sans conséquences.

Une facture record pour les dégâts

Chaque année, les chasseurs assument en totalité l’indemnisation des dégâts agricoles, causés par le grand gibier. Dans l’Oise la facture a explosé cette année. En cause, la hausse du prix des matières premières, notamment les céréales. La fédération départementale des chasseurs de l’Oise doit ainsi verser pas moins de 1,4 millions d’euros aux agriculteurs locaux pour 870 hectares détruits. S’il y a moins de dégâts que l’année précédente, l’inflation des matières premières engendre une facture salée.

Dans le département, des mesures sont actuellement mises en place afin d’améliorer la régulation du sanglier. En effet l’animal est responsable d’une part importante de ces dégâts. Ainsi la prolongation de la période de chasse semble être la meilleure des mesures. Malheureusement, même si les instances cynégétiques tentent de régler le problème, certaines chasses ne jouent pas le jeu. En effet, trop de chasses interdisent encore, le tir des laies afin de ne pas engendrer un pseudo-déclin des populations. Un faux argument et une consigne absurde lorsque l’on connaît la biologie de l’espèce et les problématiques engendrées.

Lire aussi : « On est proche de la rupture » selon le président des chasseurs

Les fédérations à bout de souffle

En janvier ,Willy Schraen annonçait le système à bout de souffle. « Ce ne sera pas tenable indéfiniment. Rendez-vous compte que dans le Loiret, les indemnisations progressent, alors qu’on a réussi à réduire de 20% la surface concernée par ces dégâts agricoles ». Avant de poursuivre « on veut bien continuer à être au service de l’intérêt général, mais là, on est proche de la rupture. Arrivera un moment où on ne pourra plus financièrement, tout simplement ». Ce point de rupture se rapproche-t-il plus rapidement que prévu ? De plus, la situation géopolitique actuelle va elle aussi entraîner une augmentation des prix. Une situation à suivre de près.

Sur le même sujet :

Dégâts grand gibier. Soyons exemplaires, l’avenir de la chasse en dépend.

L’exemple de l’Ille-et-Vilaine est parlant. La facture est salée pour les chasseurs de ce département. Ils devront débourser 470 000 euros pour indemniser les dégâts de la saison 2020-2021. Cela ne peut plus durer, nous devons être exemplaires.

Des comptes et un moral en baisse

André Douard, président de la FDC d’Ille-et-Vilaine rappelle les faits : « En vingt saisons cynégétiques, nous sommes passés de 750-800 sangliers prélevés sur le département à 4 200 aujourd’hui et dans le même temps de 130 000 € d’indemnisation à 350 000 €. » La facture ne s’arrête pas là. Il faut ajouter environ 120 000 € de frais de gestion. Il faut rappeler que l’indemnisation des dégâts du grand gibier comprend trois postes budgétaires : dégâts agricoles, frais de gestion et mesures de prévention (pose de clôture par exemple).

C’est la loi chasse du 26 juillet 2000 qui encadre l’indemnisation des dégâts causés par le grand gibier et plus particulièrement les articles L.426-1 à 426-6 du code de l’environnement. Ce système n’est plus adapté à la situation actuelle. La FNC a tenté de le modifier en passant par le Conseil constitutionnel. Ce dernier a, hélas, rejeté la demande de la FNC. Le système ne changera donc pas malgré un constat pourtant évident. Il y a environ 30% des territoires chassables non chassés (territoires retirés des ACCA, refuges animalistes, terrains de l’État…) ou difficilement chassés. (zones péri-urbaines par exemple). Ces territoires deviennent des refuges pour les sangliers.

Autre élément du constat : des chasseurs moins nombreux (13 000 en Ille-et-Vilaine) qui paient de plus en plus : taxes à l’hectare, bracelets, contribution grand gibier… Ceci est source de tensions au sein même de la chasse française. Faut-il pour autant casser le système actuel ? Rappelons que la chasse a, du fait de ce mécanisme, une mission d’intérêt général définie dans le Code de l’environnement. Remettre en cause l’indemnisation par les chasseurs pourrait faire disparaître cette mission et les avantages qui vont avec.

Ne pourrait-on pas plutôt essayer de faire en sorte que les frais de gestion qui représentent à peu près le 1/3 du montant total soient pris en charge par l’État ? C’est ce que la FNC et son président Willy Schraen essaient de négocier en ce moment au plus haut sommet de l’État.

Il faut que les chasseurs soient exemplaires

Il ne faut pas gâcher les efforts de la FNC par des comportements stupides. Quelques faits divers récents montrent que tous n’ont pas compris la gravité de la situation. Un tribunal vient de condamner des sociétés de chasse pour agrainage illégal. Trop d’endroits donnent encore des consignes de tir sur les sangliers parfois assorties de pénalités. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Nous devons être exemplaires.

Lire aussi : Des chasseurs condamnés (Midi Libre)

C’est dans notre intérêt. Moins d’indemnisations veut dire plus d’argent pour d’autres budgets. Retour du petit gibier, valorisation de la venaison, points de collecte en plus grand nombre, études scientifiques permettant de valoriser nos actions, plantations de haies et de jachères. Etc, etc…

Et cela se traduira aussi par une chasse moins chère, ce qui permettra à tous de continuer à pratiquer notre passion. L’ADN de la chasse française, c’est la chasse populaire. Nous risquons de la voir disparaître. Il ne faut pas s’y tromper, cela signifierait la mort de la chasse à brève échéance. Car il faut être clair, les défenseurs les plus actifs de la chasse se trouvent dans les rangs des sociétés communales et des ACCA. A la fois en se mobilisant pour la défense de notre passion (qui est allé aux manifestations de septembre dernier ? Qui participe aux consultations publiques pour défendre notre passion ?) et en participant à la gestion des territoires aux côtés des FDC.

Sur le même sujet :

—> Dégâts grand gibier, rien ne change

—> Une marée orange dans cinq villes de France. Une réussite !

Willy Schraen : « On est proche de la rupture. »

willy schraen

Pour Willy Schraen, président de la FNC, le système actuel d’indemnisation des dégâts du grand gibier n’est plus viable et plus adapté à la situation présente. Hélas, le Conseil constitutionnel vient de décider que rien ne devait changer.

Un système à bout de souffle pour Willy Schraen

L’indemnisation des dégâts agricoles causés par le grand gibier date d’une loi de 1968 qui abolit le « droit d’affut » des agriculteurs et oblige, en contrepartie, les chasseurs à indemniser ces derniers. A l’époque, on tuait 80 000 sangliers par an et on comptait plus de 2 millions de chasseurs. La situation a bien changé. Il n’y a plus que 1 million de permis validés chaque année et on tue plus de 800 000 sangliers par saison. Les populations de suidés ont explosé et les dégâts avec. Résultat, les FDC qui doivent indemniser sont au bord de la faillite. Certaines doivent même emprunter pour régler ces sommes. Willy Schraen donne l’exemple du Loiret qui a versé 1,6 million en 2020 et devra probablement devoir débourser plus de 2 millions cette année.

Les territoires non chassés progressent

Les causes de cette situation sont nombreuses : changement de modes de cultures, météo plus clémente qui permet aux laies de faire 3 portées en 2 ans avec des marcassins plus nombreux, extension des zones péri-urbaines et augmentation des zones (publiques ou privées) non chassées. Celles-ci servent de refuges pour ces animaux. Il est légal pour un propriétaire de refuser que l’on chasse sur sa propriété. Mais alors, peut-il être tenu pour responsable des dégâts commis par des animaux qui s’abritent chez lui ? Cela semble logique et c’est même prévu par le Code de l’environnement qui stipule qu’il est possible de faire jouer la responsabilité des propriétaires de ces terrains.

Lorsque le détenteur du droit de chasse d’un territoire ne procède pas ou ne fait pas procéder à la régulation des espèces présentes sur son fonds et qui causent des dégâts de gibier, il peut voir sa responsabilité financière engagée pour la prise en charge de tout ou partie des frais liés à l’indemnisation mentionnée à l’article L. 426-1 et la prévention des dégâts de gibier mentionnée à l’article L. 421-5.

La justice ne semble pas du même avis puisqu’un tribunal a débouté la FDC de l’Orne qui demandait à Luc Besson de participer à l’indemnisation des dégâts. En effet, celui-ci possède une propriété sur laquelle prolifèrent des cerfs qui causent des dégâts importants aux alentours. La FDC n’a pas été en mesure de prouver que les cerfs de Luc Besson étaient ceux qui commettaient les dégâts.

« Il y a un moment où il faudra bien responsabiliser financièrement les gens de ces territoires non chassés. »

Willy Schraen

Autre exemple, les territoires « refuges » de l’ASPAS ou d’autres associations du même genre deviennent des « dortoirs » à sangliers. Les agriculteurs voisins sont furieux et le font savoir.

Lire à ce sujet :

—> Les sangliers de l’ASPAS causent des dégâts. Les chasseurs indemnisent…

—> Les écolos d’ASPAS en conflit avec les agriculteurs bretons.

Comment changer sans fonctionnariser la chasse ?

Le président de la FNC souhaite que l’État mette la main au portefeuille ou change le système. Mettre l’État à contribution est-il une bonne solution ? Ce n’est pas si sûr. Si l’État paie, il aura un droit de regard sur la chasse et la manière de la pratiquer. Il y a déjà suffisamment de lois et règlements qui encadrent notre passion sans que nous ayons besoin d’en rajouter. Les chasseurs qui ont des baux de chasse sur forêt domaniale ont actuellement beaucoup de problèmes avec l’ONF qui impose des quotas et des dates butoirs. Nous nous en faisions l’écho récemment, à propos de la forêt de Nieppe.

Répartition des montants versés par les FDC

Lire aussi : Les chasseurs furieux contre l’ONF

De plus, abandonner cette indemnisation à d’autres pourrait remettre en cause la mission d’intérêt général de la chasse. Y avons-nous interêt ? Alors, que faire et que proposer ? Les sommes versées au titre d’indemnisation se divisent en 3 grandes catégories. Ne pourrait-on pas envisager de laisser à l’État la charge des frais administratifs et de la prévention ?

Il est intéressant de lire le rapport des députés Péréa et Cardoux à ce sujet. Il fait un bilan précis de la situation et propose des pistes de réflexion qui, pour certaines, méritent d’être étudiées.

Lire aussi : Rapport Péréa – Cardoux sur les dégâts et l’équilibre agro-sylvo-cynégétique