Gibier dans nos assiettes, un met sain et local

Le gibier s’invite de plus en plus dans nos assiettes. Afin de valoriser ce met fin ainsi que la filière gibier, le parc naturel régional des ballons des Vosges a invité trois chefs de la vallée de Kaysersberg pour un atelier autour de la venaison. Cet atelier atypique a été l’occasion de faire découvrir et déguster ce viande d’exception, s’inscrivant parfaitement dans l’ère du temps et du « consommons local ».

Un atelier culinaire autour du gibier

Pour la première fois en France, la marque « Valeur Parc Naturel Régional » a été attribuée à une entreprise de la filière gibier par le PNR des ballons des Vosges. Dans ce cadre, afin de valoriser cet atout bien spécifique au territoire le parc a mis en place un atelier culinaire autour du gibier.

« Le gibier est une super ressource naturelle dont on peut prélever une partie, en gérant les populations, tout en conservant un équilibre », précise Édouard Rapp, cogérant de Nemrod. Nemrod est une marque de produits à base de gibiers exclusivement sauvages et français. Il ajoute ensuite dans le quotidien l’Alsace « C’est une viande locale, chassée en Alsace ou dans les Vosges, saine de par l’alimentation naturelle, sans les dérives de l’élevage intensif, et durable ».

Au menu, croustillant de chevreuil aux fruits d’automne

Daniel Zenner, Alain Schmitt et Olivier Nasti ont animé les fourneaux et le menu. Les trois mousquetaires ont pu détailler les étapes de leur réalisation. Ainsi le croustillant au chevreuil aux fruits d’automne plat de saison inventé par Danier Zenner a ainsi pu être présenté et servi. Alain Schmitt lui, a proposé un tartare de sanglier aux figues et marmelade de pêche de vigne. Une recette qui a du goût et l’audace du gibier au rendez-vous. Il souligne que « Le gibier apporte un goût différent. Il y a plein de choses à faire avec, c’est ça qui est génial ». Olivier Nasti chef doublement étoilé a quant à lui préparé un feuille à feuille de biche et foie gras, vinaigrette aux airelles et aux noisettes. Cette recette dont il a le secret figure à la carte de son établissement. « Dans le gibier, il y a un approvisionnement local, une complexité, une saisonnalité… Il faut savoir le sélectionner. Le cerf en plein brame n’est pas bon. Le chamois est meilleur avant la saison des amours », détaille-t-il. Au-delà de la technique des chefs, Olivier Nasti rassure : « Pour moi, le gibier se cuisine comme le bœuf. »

Des recettes exceptionnelles et un public comblé

Les recettes proposées ont pu ravir le public qui a pu participer à la dégustation. Cela a permis de casser les clichés et les  » a priori  » sur ces viandes d’exception trop méconnue aujourd’hui. Valoriser la venaison de la sorte est très judicieux pour la simple et bonne raison que c’est une viande locale, saine et durable, ces adjectifs qui qualifient parfaitement ce met placent la viande de gibier au coeur d’un débat tout à fait actuel : consommer local consommer naturel. De quoi ramener la viande de nos forêts dans nos assiettes. Les chasseurs sont donc depuis toujours dans l’air du temps.

Grippe aviaire, ce fléau d’État

Depuis plusieurs mois la grippe aviaire frappe la faune et les élevages de France. La chasse française paie un lourd tribut à ce virus. Dès la découverte d’un animal ou d’un élevage contaminé, la première mesure est de suspendre la chasse. Aujourd’hui, le niveau de risque est passé de négligeable à modéré. A quoi faut-il s’attendre ?

Grippe aviaire, ce virus anti-chasse

Depuis plusieurs années, maintenant, la chasse subit les arrêtés préfectoraux à cause de la grippe aviaire. Depuis plusieurs semaines, on assiste, sur le territoire national à une dégradation de la situation liée à ce virus. Ainsi, le ministère de l’Agriculture vient de décider de passer le niveau de risque de « négligeable » à « modéré ». Des mesures sont donc prises pour limiter le pic épidémique.

Ainsi les chasseurs, au delà d’être privés de chasse sur certains territoires, devront éviter tout contact direct ou indirect avec des animaux d’élevage. De plus :

  • les oiseaux chassés doivent être conservés dans des contenants étanches (bacs, sacs…) qui seront rigoureusement nettoyés1 dès le retour à la maison;
  • aucune partie des oiseaux tués à la chasse ne doit être abandonnée en milieu naturel, il est indispensable de mettre les plumes, les pattes les ailes et les viscères dans des sacs étanches avant de les jeter;
  • les bottes sont rincées sur le lieu de chasse et laissées sur place, ou bien elles sont débarrassées de leur boue, transportées dans un sac plastique fermé avant d’être nettoyées et désinfectées1 de retour du lieu de chasse
  • les vêtements de chasse sont nettoyés1 à l’arrivée à la maison;
  • le matériel de chasse (palettes, gibecière… ) est nettoyé de retour du lieu de chasse et ne doit pas être en contact avec des volailles ou des élevages avicoles;
  • les pattes des chiens doivent être lavées avant de remonter dans le véhicule et les chiens ayant participé à la chasse ne doivent pas pénétrer dans un élevage ou une basse-cour, ni avoir aucun contact d’aucune sorte avec des oiseaux domestiques;
  • les échanges d’oiseaux et de matériel entre chasseurs ou avec des oiseaux domestiques sont à éviter à tout prix – aucun élevage d’oiseaux ne doit être visité dans les 48h (2 nuitées) après la chasse – les appelants sont transportés dans des caisses réservées à ce seul usage, affectées aux appelants d’un seul détenteur et de façon à éviter toute dispersion de fientes ou de plumes, ces caisses sont nettoyées régulièrement;
  • en fonction des niveaux de risque, le transport des appelants peut être limité à 30 oiseaux maximum, sans mélange entre oiseaux de différents détenteurs, et uniquement pour les détenteurs des catégories 1 voire 2.

Pour les détenteur d’appelants

La traçabilité est primordiale. Ainsi, la déclaration des détenteurs et l’enregistrement des appelants est indispensables. S’il vous plaît, jouez le jeu, il s’agit de notre passion.

Cette traçabilité se repose sur :

  • la déclaration annuelle des détenteurs d’appelants auprès de leur Fédération Départementale des Chasseurs (celle du département du lieu principal de détention de leurs appelants), avec nom, prénom, adresse du détenteur et lieu de détention, ainsi que leur catégorie en fonction de leur possible détention d’autres oiseaux;
  • le registre tenu par chaque détenteur, comportant les informations suivantes : nombre d’appelants détenus, espèces, évènements survenus dont la mortalité, mouvements d’oiseaux entre élevages ou détenteurs;
  • l’obligation de baguage de tous les appelants dans les 30 premiers jours, avec une bague fermée.

Les mesures annoncées visent officiellement à limiter la propagation de la maladie. Pour ne prendre aucun risque les services de l’État prennent des mesures drastiques. L’activité cynégétique est remise en cause, voire suspendue. C’est le cas dans l’Ain, où bon nombre de sauvaginiers ne peuvent pratiquer leur passion depuis le début de la chasse. Une situation inquiétante, qui alarme. En effet, il est scandaleux d’impacter l’économie d’un territoire en période propice. Nous attendons la suite, cependant, les dernières mesures ne laissent rien présager de bon.

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Élégant pilet

Il fascine par son plumage et sa morphologie. Sa longue queue et les contrastes colorés du plumage nuptial font de lui un gibier prisé des sauvaginiers. Présent sur tous les continents, le pilet se croise à la passée lorsque ce migrateur descend vers le sud. Durant la migration le pilet est un oiseau très grégaire, n’hésitant pas à se mélanger avec d’autres espèces de canards. Partons à la rencontre de cet oiseau magnifique.

Le canard pilet, Anas Acuta

Le canard pilet se reconnaît facilement. Fin, élégant, il est plus élancé qu’un canard colvert. Il pèse entre 600 et 850 grammes. Son nom latin »Acuta » vient de sa queue effilée, qui vient allonger sa morphologie. Le mâle en plumage nuptial possède une tête brune, marquée d’un trait blanc à l’arrière de celle-ci remontant sur les côtés du cou. Le cou, la poitrine ainsi que le ventre sont blancs. Les flancs sont gris, se terminant par un arrière train blanc-crème et noir. Sa queue typique de l’espèce est bicolore, blanche à filets noirs. Son miroir sur les ailes est d’un sublime vert émeraude et son bec lui est gris-bleu. Un très bel oiseau prisé des chasseurs comme des naturalistes. La femelle, comme beaucoup d’autres chez les anatidés, possède un plumage brun. On la reconnaît grâce à sa silhouette élancée et sa queue, bien moins imposante que celle du mâle.

Couple de canard pilet

Habitat, alimentation, reproduction

Le canard pilet est un oiseau présent sur tous les continents. C’est un canard commun et répandu dans les zones nordiques de l’Europe, de l’Asie ainsi que dans une grande partie du Canada et des États-Unis. Il affectionne particulièrement les rivages marins, baies, estuaires, étangs côtiers… Il peut également fréquenter les marais intérieurs. La preuve en est, plusieurs observations et prélèvements se font en Dombes chaque année. Son habitat doit être riche de végétations et d’éléments nutritifs.

Le pilet est un canard majoritairement végétarien. Comme tout canard de surface, il barbote, allant chercher sa nourriture dans des eaux peu profondes. On peut parfois l’apercevoir, glanant, dans les champs de cultures céréalières. Il complète son régime par quelques invertébrés.

Anas Acuta se reproduit à partir du mois de mai parfois un peu avant. La canne niche dans les prairies humides ou dans les cours d’eau à faible débit. Le nid se fait à même le sol, il est composé de végétaux et de duvet. La ponte comporte de 7 à 11 oeufs dont l’incubation varie entre 22 et 24 jours. Comme beaucoup d’espèces d’anatidés, les petits sont nidifuges et la femelle se charge de l’élevage.

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Mesures de gestion concernant l’espèce

Le canard pilet est classifié en préoccupation mineure au statut de conservation IUCN. En effet, ses populations présentes sur l’ensemble des continents montre que l’espèce se porte relativement bien. Cependant, comme de nombreuses espèces d’anatidés, le pilet est victime de la mauvaise gestion des zones humides. Afin de maintenir l’état des populations ainsi que l’espèce, il faut préserver son habitat et ses territoires de nidification. Les mesures d’aménagements et gestions prises pour cette espèce seront automatiquement favorables aux autres espèces affectionnant les zones humides.

N’hésitez pas à participer aux collectes d’ailes lorsque vous en prélevez un. Lorsqu’un pilet est prélevé à la chasse, si vous ne le faites pas naturaliser, gardez l’aile droite pour la transmettre à l’ADCGE de votre département. Cela permet de mener des études sur l’espèce et de faire remonter des informations précieuses. Elles seront utilisées pour mieux connaitre cet oiseau et aussi pour combattre la propagande des anti-chasse. Les chasseurs ont leur rôle dans la préservation, gestion, des espèces et des espaces.

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Le souchet, un canard merveilleux

Canard atypique, le souchet, Spatula clypeata, est facilement reconnaissable par son bec plat ainsi que son plumage contrasté et coloré. Véritable outil, son bec, joue un rôle de filtre lui permet de capturer plancton, crustacés ainsi que la végétation aquatique. Son plumage contrasté et coloré fait du mâle un canard prisé des sauvaginiers. Le souchet vous offrira, lors de vos chasses, des spectacles admirables.

Description et identification du canard souchet

Le souchet se reconnaît par son bec en forme de spatule et son plumage coloré. Il mesure entre 43 et 56 cm, avec une envergure de 70 à 85 cm, pour un poids de situé en 500 et 1 100 grammes en fonction du sexe.

Le mâle possède un plumage nuptial coloré. L’iris est jaune. La tête et le cou sont verts foncé, le dos est lui noirâtre. Le poitrail est blanc tandis que l’abdomen et les côtés du corps sont bruns. Le bas-ventre et les couvertures sous-caudales sont noirâtres. Le contraste du plumage permet d’identifier facilement l’oiseau au vol ou même à la pose, si le bec n’est pas visible. La femelle est elle, brunâtre. Elle ne se distingue des autres canes que grâce au bec spatulé.

Le souchet est un des premiers canard à migrer. En effet dès que les premiers gels arrivent, il quitte l’Europe continentale pour rejoindre des zones tempérées ou chaudes. Le souchet a un caractère bien trempé. En effet, dans son air de nidification il fait preuve d’un instinct territorial très développé. Contrairement aux autres canards, il défend son espace vital avec acharnement.

Couple de canard souchet

Habitat et répartition

Le souchet fréquente les zones humides. Présent de manière abondante dans les étangs et les marais, il n’est pas rare aussi de le croiser sur les fleuves et rivières. Il affectionne les eaux douces ainsi que saumâtres. En migration et pendant l’hiver, il est présent sur les lacs découverts, les marais d’eau douce, les estuaires et les lagunes côtières.

Le canard souchet présente une aire de reproduction qui s’étend de l’extrême nord de l’ancien et du nouveau monde, jusqu’aux rives de la Méditerranée. En période hivernale, les oiseaux se distribuent de l’Europe de l’Ouest à l’Afrique de l’Ouest. En France, l’hivernage se répartit sur tout le territoire national, avec des concentrations plus importantes en Camargue, en Dombes, au Lac de Grandlieu, en baie de Bourgneuf, dans l’estuaire de la Loire, à Moëze, dans les étangs de Thau et de Bagnas, dans le marais du Vigueirat, ainsi qu’en Brenne.

Nidification et état des populations

Le souchet se reproduit entre avril et mai. Le nid, placé à terre et près de l’eau, accueille entre 8 et 12 oeufs dont l’incubation dure environ 22 jours. En période de reproduction, les mâles sont extrêmement territoriaux. Ce comportement les oblige à dépenser beaucoup d’énergie pour défendre le territoire mais leur permet de disposer d’une zone très riche en ressources alimentaires. La population hivernante de l’Europe et du centre est considérée en déclin modéré depuis quelques années. Comme beaucoup d’anatidés, le souchet est victime de l’activité humaine. Ses zones de nidification sont souvent dérangées par les promeneurs.

Les études ont prouvé que les fauches trop précoces, l’intensification de l’agriculture et la diminution des niveaux d’eau sont des facteurs jouant contre le développement de l’espèce. Cependant, la chasse n’est pas une activité reconnue comme ayant un véritable impact sur les populations.

Pour permettre à l’espèce de mieux se porter, voici quelques idées. La protection des habitats et la gestion de l’eau constituent les premières mesures à prendre afin de conserver des systèmes prairiaux humides. Ajoutons à cela la tranquillité des sites de reproduction. Agir pour cette espèce ou une autre, vivant dans le même milieu, sera forcément bénéfique pour plusieurs d’entre elles.

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Le canard siffleur, ce charmeur

Qui n’a jamais entendu, lors d’une pose ou d’un passage migratoire le sifflement typique de cet anatidé. Oiseau emblématique des passées hivernales, le canard siffleur est un oiseau assez commun sur notre territoire. Le cri caractéristique du mâle est à l’origine de son nom. Découvrons cet oiseau migrateur qui complète, l’hiver le tableau de nombreux sauvaginiers.

Un canard emblématique des migrations

Le canard siffleur, Mareca penelope, est un canard facilement reconnaissable par son chant et par son plumage. Le mâle, en période nuptiale, possède une tête rousse / brune, avec une bande frontale jaune. Son bec est quant à lui bleuté avec une pointe noire. Sa poitrine est rosée, son dos gris, il possède un blanc caractéristique sur les ailes. Sa queue en revanche est noire. La femelle, elle, est beaucoup plus sobre, comme chez beaucoup de canards. Sa robe est une nuance de brun avec un ventre blanc. Chez le siffleur, la forme de la tête, ronde et le front bombé permettent une identification facile de l’espèce. Comme son nom l’indique, les mâles émettent un sifflement très clair. La femelle émet quant à elle un chant rauque et long qui s’entend parfaitement au milieu d’un vol ou d’une pose.

Couple de siffleurs

Mode de vie et régime alimentaire

C’est un oiseau très sociable. Les siffleurs vivent exclusivement en groupe. D’où le beau spectacle qu’ils nous offrent à la passée ou à la tonne lorsqu’il y a de gros arrivages. Le siffleur fréquente principalement les zones humides. En migration et en hivernage, il fréquente les estuaires (vasières, prés salés), les baies, les lagunes, les côtes basses, les lacs ainsi que les étangs. En période de reproduction, l’espèce favorise les tourbières ainsi que les marécages. Il aime aussi à cette période, les prairies humides pourvues d’herbes rases et variées.

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L’espèce fréquentant de nombreux habitats possède un vaste régime alimentaire. Vaste ne veut pas dire une alimentation facile. En effet, le siffleur est très sélectif et choisit des secteurs où il y a une abondance d’insectes et de flore émergente. Dans ce régime alimentaire, on retrouve un large éventail d’insectes aquatiques comme les libellules et les trichoptères mais aussi des insectes terrestres et des coléoptères. Cependant, son régime est en grande partie végétal. En effet il va brouter les strates herbacées que lui offre son habitat en le complétant pas des insectes, graines etc…

Reproduction, distribution et mesures de gestion

Les couples se forment dès l’arrivée sur les terres d’hivernage. La reproduction commence elle dès le printemps. La femelle construit un nid dissimulé dans la végétation haute, éloigné de l’eau. Elle pondra entre 7 et 10 œufs qui seront couvés durant 25 jours en moyenne. Les petits sont nidifuges, 24h après l’éclosion, ils quittent le nid. L’émancipation vient elle, au bout de 40-50 jours environ.

L’espèce niche dans l’extrême nord de l’Europe (Taïga), jusqu’en Sibérie et migre pour hiverner dans le sud de l’Angleterre, sur les côtes françaises et espagnoles, de l’Italie, des Balkans, de l’Afrique du Nord.

Le canard siffleur n’est pas une espèce menacée. En effet, son statut de conservation IUCN est « LC », c’est-à-dire « préoccupation mineure ». Cependant, comme beaucoup d’anatidés, il est important de préserver et maintenir les zones humides. Conserver et protéger son habitat c’est aussi intervenir pour la préservation d’espèces comme le milouin, le chipeau et bien d’autres. Encore une fois, si prélèvement il y a, gardez les ailes et transmettez-les à l’association départementale de chasse de gibier d’eau de votre territoire. Les lectures d’ailes qui seront effectuées fourniront des données scientifiques qui permettront de défendre notre pratique. La chasse d’aujourd’hui se veut scientifique et vous en êtes les acteurs.

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Le fuligule milouin. Un beau canard au statut préoccupant.

Il a fait la réputation de la Dombes mais aussi de la Brenne et de la Sologne. Canard plongeur et migrateur, le fuligule milouin contribue chaque année à une grande part des prélèvements de gibier d’eau en France. Appelé localement « Rougeot », il porte selon les terroirs un surnom différent. Zoom sur cet anatidé aux couleurs atypiques et au vol caractéristique.

Le fuligule milouin ou Aythya ferina, un canard passionnant

Plus petit que le colvert, le rougeot est un canard trapu et rustique. En plumage nuptial, les mâles présentent une tête brun-roux, un bec noir avec un trait distal gris clair. L’œil est quant à lui rouge, la poitrine noire, les flancs et le dos gris cendré clair, pouvant paraître presque blanchâtres en pleine lumière. L’arrière est noir. Ces contrastes permettent de reconnaître cet oiseau facilement. Comme chez beaucoup d’anatidés, la femelle est moins colorée. Elle a des flancs et un dos grisâtres, une poitrine, une calotte et un cou brunâtres plus foncés. Ainsi, chez cette espèce, il est facile de distinguer mâle et femelle. Son chant est lui aussi particulier, en effet les milouins émettent des grognements rauques typiques de l’espèce.

Habitat et alimentation

C’est un des canards plongeurs les plus communs en Europe. En France, 60 000 milouins hivernent mais il n’en reste plus que 5000 environ pour nicher au printemps. La Dombes, le Forez, la Brenne, la Sologne sont des secteurs favorables pour la nidification et les pauses migratoires. Le fuligule milouin fréquente les marais, les étangs et les cours d’eau calmes. Canard plongeur, il a besoin que les points d’eau lui apportent tout se dont il a besoin d’un point de vue alimentaire. Son aire de répartition se situe de l’Eurasie jusqu’au Lac Baïkal.

Le rougeot se nourrit principalement de graines, de racines, de feuilles, de bourgeons de plantes aquatiques, etc… En plongeant, il capture également des mollusques, des crustacés, des vers et des larves. Il préfère se nourrir en eau claire, entre 1 mètre et 3,50 mètres.

Comportement du fuligule milouin

Au printemps, les rougeots repartent vers le Nord ou vers l’Est en direction des zones de nidification. Chez nous, l’espèce se localise en Dombes, dans le Forez, la Brenne, la Sologne . La saison de reproduction dure d’avril à juin. Après l’accouplement, le mâle reste en compagnie de la femelle jusqu’à ce qu’elle ait pondu. Le nid est placé dans la végétation riveraine et accueille entre 5 et 12 oeufs dont l’incubation dure 27 jours en moyenne. Les canetons sont nidifuges et restent auprès de la femelle durant 8 semaines.

C’est un canard grégaire, il passe la plupart de l’année en groupe. De grandes troupes comptant jusqu’à 500 membres se forment souvent en hiver. Le milouin s’associe volontiers à d’autres canards, surtout les fuligules morillons ou milouinans. Il n’aime guère voler et préfère plonger pour fuir le danger. Celà n’est pas surprenant car il doit, pour s’envoler, prendre son élan en courant à la surface de l’eau tout en battant énergiquement des ailes. Cependant, une fois en l’air, le milouin progresse d’un vol rapide et direct, en adoptant souvent une formation en ‘V’.

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Les trois voies de migration du fuligule milouin dans le Paléarctique occidental d’après Scott & Rose (1996), et la localisation des sites de baguage (rouge) et de reprises (bleu) des individus bagués entre 1960 et 2016 dans la voie de migration nord-ouest européenne (cercles proportionnels au nombre d’individus). – Faune sauvage n°322

Nidification et mesures de gestion

Aujourd’hui avec la modification des zones humides ainsi que l’augmentation des dérangements liés à l’activité humaine, le rougeot, a de plus en plus de problèmes pour sa reproduction. Son abondance entre novembre et février ne reflète pas la brutale réalité de la condition des oiseaux qui se reproduisent sur le territoire national. Afin d’améliorer les populations ainsi que ses conditions d’hivernage et de reproduction voici quelques propositions de gestion.

En période d’hivernage, il serait nécessaire de maintenir des zones humides assurant de bonnes conditions à la fois d’alimentation et de repos. La conservation/restauration des habitats de nidification qui passe aussi par une maîtrise de la qualité de l’eau, doit en plus s’accompagner de mesures en faveur de la végétation riveraine et éventuellement par la conservation ou la création d’îlots. En effet, l’agriculture et la mise en « assec » des étangs ne jouent pas en faveur de l’espèce. La pisciculture intensive est aussi un frein à la conservation de l’espèce. Il est donc judicieux de trouver l’équilibre pour permettre à cette espèce de retrouver son état d’antan.

Il est important aussi de travailler avec les associations de chasse de gibier d’eau locales. En effet, fournir des ailes et faire de la lecture d’ailes permet à ces groupes scientifiques amateurs d’emmagasiner des connaissances pour mieux gérer et protéger l’espèce.

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350 chasseurs pour l’ouverture en baie d’Authie

L’ouverture de la chasse sur le domaine public maritime était attendue par tous les passionnés. Samedi 7 août, ils se sont donné rendez-vous tôt le matin pour ce grand moment.

L’ouverture de chasse au gibier d’eau lance la saison

Cela fait six mois que les sauvaginiers n’ont plus chassé. Même si durant cette période beaucoup s’investissent pour la gestion des espaces naturels et des espèces, la chasse leur a manqué. Ainsi, samedi, en baie d’Authie, dès 6h du matin, à marée basse, les premiers coups de fusils ont retenti. Sourire aux lèvres, yeux pétillants, Christian et Mélanie savourent cette ouverture qu’ils vivent comme un vrai soulagement, « Pour nous, c’est Noël avant l’heure, ça fait six mois qu’on se prépare !« . Aurélien lui vit sa première ouverture, « on est parti à 3 h du matin se poster dans la baie. C’est impressionnant de pouvoir chasser et c’est agréable. Depuis tout petit, mon père chasse, mon frère aussi, je prends la relève« .

L’ouverture de la chasse est une date immanquable pour les passionnés. L’odeur de la poudre, les premiers vols de limicoles, quelques anatidés qui virevoltent ; comment se passer d’un tel moment qui rassemble et anime ces passionnés. « Il y avait environ 350 chasseurs ce samedi matin, c’est un peu plus faible que d’habitude en raison du temps », souligne Eric Kraemer, président des chasseurs de gibier d’eau de la baie d’Authie.

Une passion unique pour un loisir ancestral

Pour ce mode de chasse passionnant, jeunes et moins jeunes parcourent la baie, fusil sur l’épaule, nez au vent et regard perdu vers l’horizon. Dans ce cadre naturel fabuleux, comment ne pas apprécier cet instant unique. Pour Eric Kraemer, « la chasse au gibier d’eau, c’est quelque chose de viscéral. On a ça encré au corps de père en fils depuis des décennies« . Soulignant que, dans la Somme, c’est un loisir partagé de générations en générations, transmis de père en fils.

Cette année, les sauvaginiers espèrent de tout cœur ne pas subir la grippe aviaire ou les problèmes liés au Covid-19. Nous leur souhaitons une belle et bonne saison, et cela, jusqu’au 31 janvier 2022.

En Saint-Hubert.

Des nids pour les oiseaux d’eau.

En France, les zones humides représentent 1.5 millions d’hectares. Ces milieux, menacés par l’activité humaine et le changement climatique, sont de véritables réservoirs de biodiversité. Pour sauvegarder cette faune, les chasseurs mettent en place depuis quelques années des nids artificiels tubulaires, permettant ainsi de faciliter la reproduction des oiseaux d’eau.

Préserver et protéger les couvées

Chaque été, les anatidés subissent de plein fouet la prédation. Rats, busards, mustélidés et corvidés, sans oublier les intempéries, provoquent la destruction de certaines nichées. Ainsi, les chasseurs de la Diane Saint-Justoise, se sont retrouvés vers les marais de la Calade pour une opération d’aménagement et de protection. Soucieux du devenir des espèces sur ces milieux, les chasseurs ont confectionné et posé sur site, pas moins de 120 nids destinés en premier lieu aux anatidés.

Suite à cette opération, un suivi des nichées et de la nidification sera mis en place afin de d’analyser la réussite du projet. Ce beau projet, permettra de récolter de nombreuses données scientifiques, permettant ainsi à la fédération de chasse et au syndicat mixte du bassin de l’Or, d’enrichir leurs savoirs et de collecter des données.

Les nids tubulaires

Ce concept de nid, composé d’un morceau de grillage et de végétation halieutique, vient tout droit d’Amérique du Nord. Né et développé dans les années 1990, il a été mis en place afin de protéger les couvées d’anatidés. Peu coûteux, installé en pleine eau, offrant de très bons résultats, l’opération se met en place partout sur le territoire national. Une belle initiative.

La grippe aviaire à nos portes. Point de situation.

Identifiée pour la première fois en Italie en 1878, l’influenza aviaire, virus hautement pathogène, se caractérise par l’apparition brutale d’une maladie, une contagion rapide et un taux de mortalité qui, dans le secteur de l’élevage peut avoisiner les 100% en 48h. En France, durant le mois d’octobre, des mesures ont été prises suite à la découverte de deux cas d’influenza aviaire hautement pathogène (H5N8) aux Pays-Bas.

Grippe aviaire, explication.

La grippe aviaire est provoquée par des souches A du virus grippal. Cette maladie infectieuse affecte les oiseaux. L’infection peut causer toutes sortes de symptômes, depuis une maladie bénigne, passant inaperçue, jusqu’à une maladie extrêmement létale, provoquant de graves épidémies. La grippe aviaire de manière générale ne touche pas l’homme, cependant, des souches hautement pathogènes peuvent provoquer chez l’humain une grave détresse respiratoire. Dans le contexte actuel, les organisations sanitaires craignent une mutation du virus, ce qui faciliterait la transmission interhumaine et présenterait un risque de pandémie de grippe.

Transmission et hôtes principaux

Il est important de rappeler que les oiseaux sauvages, notamment les espèces migratrices, constituent un important réservoir des virus influenza A. Chez les oiseaux aquatiques migrateurs, que le chasseur a pour habitude de fréquenter lorsqu’il pratique la chasse du gibier d’eau, les canards, oies, sarcelles sont des espèces susceptible de contracter le virus ou de le transmettre.

Le virus se multiplie dans les cellules de l’intestin, causant chez l’hôte une infection asymptomatique. Il peut y avoir une « élimination » du virus par le biais des matières fécales contaminant ainsi les différents points d’eau rencontrés au cours des migrations par les individus porteurs. Dans des conditions de salinité et de pH optimales, ces virus peuvent demeurer infectieux au-delà de 200 jours dans une eau à 17 °C. Ainsi, l’hypothèse actuelle veut que les oiseaux sauvages s’infectent par voie orale à partir de ces eaux contaminées, multipliant les virus dans leur tractus intestinal et les excrétant par voie fécale, ce qui contribue à contaminer leur environnement et entretenir le cycle de l’infection. Les plumes et les poussières souillées ou contaminées par les fientes constituent elles aussi une source potentielle de virus.

Les mesures prises en France

Comme expliqué précédemment, deux cas d’influenza aviaire H5N8 découverts à la frontière avec les Pays-Bas ont contraint à renforcer les mesures de prévention en France. Le ministre, Julien Denormandie appelle « à la vigilance les acteurs du monde de la chasse et de l’ensemble des détenteurs de volailles ». 

Foyers et cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en Europe à la date du 4 novembre 2020

En effet, la France, est un pays où les couloirs migratoires sont importants, c’est d’ailleurs ce qui fait une de nos richesses cynégétiques et la réputation de certains départements. Cet appel à la vigilance est illustré par la carte ci-dessous, montrant les zones à risques. Ces zones sont les grands points où l’élevage représente un enjeu économique et sanitaire important. A la veille des fêtes de fin d’année, la prévention est de mise, notamment.

Carte des zones concernées par les mesures de prévention (ZRP en bleu, départements en rouge)

Conséquences et incidences

Suite à cet évènement, un arrêté ministériel est paru aux alentours du 25 octobre. Cet arrêté, malgré la suspension de la chasse par le confinement existant aura un impact sur l’utilisation et le transport des appelants pour la chasse au gibier d’eau ainsi que sur les lâchers de gibier. Afin de comprendre ces conséquences il faut se référer à l’arrêté paru en 2016, il définit les ZRP « zones à risque particulier » (qui sont les zones humides). À compter de ce vendredi 6 novembre, les mesures de prévention suivantes sont rendues obligatoires dans l’ensemble des départements classés en niveau « élevé » et dans les zones à risque particulier (ZRP) :

  • claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux ;
  • interdiction de rassemblement d’oiseaux (exemples : concours, foires ou expositions) ;
  • interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ces départements à des rassemblements organisés dans le reste du territoire ; « la consommation de viande, foie gras et œufs ne présente aucun risque pour l’homme. »
  • le transport et l’utilisation des appelants pour la chasse au gibier d’eau sont interdits (article 8 de l’arrêté de 2016)
  • pour le transport et le lâcher de gibiers à plumes. « Lorsque le niveau de risque est « modéré » dans une ou des zones à risque particulier correspondant soit au lieu d’origine du gibier soit au lieu du lâcher, le transport et le lâcher du gibier à plumes sont interdits dans ces zones. Toutefois le transit par les grands axes routiers et sans rupture de charge est autorisé lorsque des mesures de biosécurité sont mises en œuvre » (article 10).

Voici donc le lien concernant l’arrêté de 2016 sur lequel il faut se référer concernant les interdictions : https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2020/10/Arre%CC%82te%CC%81-du-16-mars-2016-relatif-aux-niveaux-du-risque-e%CC%81pizootique.pdf

Ainsi que le lien de l’arrêté paru le 23 octobre : https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2020/10/Arrete%CC%81-du-23-octobre-2020.pdf

Tout ceci aura des conséquences, notamment pour la filière gibier qui souffre déjà des confinements mis en place. Il est important de souligner qu’il s’agit de prévention face à un virus hautement pathogène, aucun cas de H5N8 n’est à déclarer aujourd’hui sur le territoire national. Ces mesures servent à prévenir le monde agricole pouvant être victime de ce virus.

Gibier dans nos assiettes, un met sain et local.

A l’heure où l’on parle de plus en plus d’alimentation saine, de circuits courts, pourquoi ne pas penser au gibier pour nos repas ?

Afin de le valoriser et de mettre en lumière la filière gibier, le parc naturel régional des ballons des Vosges a invité trois chefs de la vallée de Kaysersberg à un atelier autour de la venaison. Cet atelier a été l’occasion de faire découvrir et de déguster cette viande d’exception, s’inscrivant parfaitement dans l’ère du temps et du « consommons local ».

Un atelier culinaire autour du gibier

Pour la première fois en France, la marque « Valeur Parc Naturel Régional » a été attribuée à une entreprise de la filière gibier par le PNR des ballons des Vosges. Dans ce cadre, afin de valoriser cet atout bien spécifique au territoire, le parc a mis en place un atelier culinaire autour du gibier.

« Le gibier est une super ressource naturelle dont on peut prélever une partie, en gérant les populations, tout en conservant un équilibre », précise Édouard Rapp, cogérant de Nemrod qui est une marque qui commercialise des produits à base de gibiers exclusivement sauvages et français. Il ajoute ensuite dans le quotidien l’Alsace « C’est une viande locale, chassée en Alsace ou dans les Vosges, saine de par l’alimentation naturelle, sans les dérives de l’élevage intensif».

Au menu, croustillant de chevreuil aux fruits d’automne

Daniel Zenner, Alain Schmitt et Olivier Nasti ont animé les fourneaux et concocté le menu. Les trois mousquetaires ont pu détailler les étapes de leur réalisation. Ainsi le croustillant au chevreuil aux fruits d’automne, plat de saison inventé par Daniel Zenner a ainsi pu être présenté et servi. Alain Schmitt lui, a proposé un tartare de sanglier aux figues et marmelade de pêche de vigne. Une recette qui a du goût et l’audace du mélange sucré-salé. Il souligne que « Le gibier apporte un goût différent. Il y a plein de choses à faire avec, c’est ça qui est génial ». Olivier Nasti chef doublement étoilé a quant à lui préparé un feuille à feuille de biche et foie gras, vinaigrette aux airelles et aux noisettes. Cette recette dont il a le secret figure à la carte de son établissement. « Dans le gibier, il y a un approvisionnement local, une complexité, une saisonnalité… Il faut savoir le sélectionner. Le cerf en plein brame n’est pas bon. Le chamois est meilleur avant la saison des amours », détaille-t-il. Au-delà de la technique des chefs, Olivier Nasti rassure : « Pour moi, le gibier se cuisine comme le bœuf. »

Des recettes exceptionnelles et un public comblé

Les recettes proposées ont ravi le public qui a pu participer à la dégustation. Cela a permis de casser les clichés et les  » a priori  » sur ces viandes d’exception. Valoriser la venaison de la sorte est très judicieux, c’est une viande locale, saine et ces adjectifs qui qualifient parfaitement ce met placent la viande de gibier dans la réflexion sociétale du « bien manger ». De quoi ramener la viande de nos forêts dans nos assiettes.