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Ailes de canards, limicoles, vanneaux : comment les chasseurs de la Manche alimentent la recherche sur le gibier d’eau

Ailes de canards et de bécassines étiquetées sur une table pour l'analyse scientifique du gibier d'eau

Un canard pesé au gramme près, une aile glissée dans une enveloppe, un vanneau mis au congélateur : dans la Manche, les chasseurs de gibier d’eau participent à plusieurs programmes scientifiques relayés par leur fédération (FDC50). Leur but : mieux connaître l’état des populations d’oiseaux migrateurs chassés.

Pourquoi collecter des ailes de canards ?

Parce qu’une aile renseigne sur l’âge et le sexe de l’oiseau. En rassemblant des milliers d’ailes, les scientifiques calculent la part de jeunes dans les prélèvements (l’« âge ratio ») et la part de mâles (le « sexe ratio »), et suivent l’évolution du poids des oiseaux. Selon la FDC50, la viabilité d’une population est directement liée à ces deux premiers paramètres. Ces données aident aussi à comprendre l’effet des zones de reproduction sur l’état des espèces chassées en France.

Le programme associe trois partenaires : l’Association nationale des chasseurs de gibier d’eau (ANCGE) organise le réseau et lit les ailes, l’Institut scientifique Nord-Est Atlantique (ISNEA) traite les données et publie chaque année une synthèse nationale avec l’ANCGE, et la Fédération nationale des chasseurs (FNC) finance.

Comment participer ? Peser le canard au gramme près, couper l’aile droite (les deux si la droite est trop abîmée), remplir l’enveloppe ANCGE prévue et la conserver au congélateur. Dans la Manche, deux référents la récupèrent : la fédération et l’Association des sauvaginiers du Cotentin et du Bessin.

Les limicoles aussi

Le même principe s’applique aux limicoles, comme les bécassines ou les courlis, avec un protocole de dissection : la Ligue des sauvaginiers français anime le réseau, l’ISNEA analyse et la FNC finance. Le chasseur pèse l’oiseau, peut en garder les filets pour sa consommation, remplit l’étiquette et congèle le tout avant de le remettre à la fédération. L’examen des organes internes permet de déterminer le sexe et l’âge, grâce à des critères anatomiques comme la bourse de Fabricius chez les jeunes oiseaux.

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VAGNOLIRE : apprendre à reconnaître l’âge d’un vanneau

Portée par la FNC et l’ISNEA, en collaboration avec la Fédération des chasseurs des Ardennes, l’étude VAGNOLIRE rassemble des vanneaux huppés prélevés à la chasse. Objectif : décrire précisément les caractères du plumage pour établir une fiche fiable d’identification de l’âge et du sexe d’un vanneau tenu en main. La fédération appelle les chasseurs à poursuivre et à amplifier la collecte.

L’ISNEA, un institut porté par les fédérations

L’ISNEA est une association de loi 1901 soutenue financièrement et techniquement par plusieurs fédérations départementales des chasseurs agréées au titre de la protection de l’environnement. Elle s’appuie sur un conseil scientifique et sur des experts reconnus au niveau international.

Et les radars ornithologiques ?

La FDC50 relaie aussi le programme national de radars ornithologiques lancé par la FNC en juillet 2021 et financé par l’écocontribution. Sept radars suivent les migrations de jour comme de nuit ; plus de 22 millions de signaux étaient disponibles fin 2022, consultables sur le site public AéroRad. Nous avions présenté l’inauguration d’un de ces radars dans le Grand Est.

Ces programmes complètent les déclarations de prélèvements sur ChassAdapt et les suivis par baguage, comme celui de la caille des blés. Ensemble, ils donnent aux chasseurs des arguments solides pour défendre une chasse durable des migrateurs. Retrouvez toute l’actualité de la FDC50.

Sources

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