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Agrifaune a 20 ans : les outils que chasseurs et agriculteurs ont construits ensemble

Agriculteur et technicien de fédération discutant au bord d'une bande enherbée fleurie entre deux parcelles

Créé en 2006, le réseau Agrifaune fête ses vingt ans. Il réunit chasseurs, agriculteurs et Office français de la biodiversité (OFB) autour d’une idée simple : trouver des pratiques agricoles qui tiennent économiquement et qui laissent de la place à la petite faune. Bilan des outils produits et de ce qui fonctionne sur le terrain.

Agrifaune, qu’est-ce que c’est ?

Agrifaune est un programme national porté par quatre partenaires : l’OFB, Chambres d’agriculture France, la FNSEA et la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Il se décline en réseaux régionaux et départementaux où techniciens des fédérations de chasseurs et conseillers des chambres d’agriculture travaillent avec des agriculteurs volontaires.

Selon l’OFB, le réseau comptait en 2024 10 régions engagées, 18 conventions en cours et environ 150 structures partenaires, pour un budget annuel d’environ un million d’euros, dont près de 800 000 euros de subventions de l’OFB.

Quels sont les grands chantiers du réseau ?

Les travaux sont organisés en groupes techniques nationaux. Pour la période 2024-2027, l’OFB en liste six :

  • Bords de champs : comment gérer les bordures (fauche, largeur, flore) pour qu’elles servent de refuge et de garde-manger ;
  • Intercultures : les couverts semés entre deux cultures principales, utiles au sol comme au gibier ;
  • Machinisme agricole : limiter la mortalité de la faune lors de la fauche et des récoltes ;
  • Biodiversité des territoires viticoles, avec notamment l’enherbement des inter-rangs ;
  • Arbre en milieu agricole : haies et agroforesterie ;
  • Pratiques pastorales et petite faune de montagne.

Une boîte à outils Agrifaune, publiée en 2024 et relayée notamment par la Chambre d’agriculture du Gard, rassemble les protocoles et fiches issus de ces groupes.

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Ce qui marche sur le terrain

À la fauche, le réseau évalue des solutions comme les barres d’effarouchement fixées devant la faucheuse, les outils de détection des animaux et la fauche centrifuge, qui part du centre de la parcelle vers l’extérieur pour laisser aux animaux une issue. Nous avions présenté le principe de la barre d’effarouchement, simple et peu coûteux.

En bord de champ, le groupe technique a mis au point des méthodes d’évaluation de l’état des bordures. L’OFB rappelle que le printemps est le bon moment pour faire ce diagnostic, quand la flore est visible.

En région, les outils prennent des formes très pratiques. En Occitanie, la Fédération régionale des chasseurs (FRC Occitanie) et la Chambre régionale d’agriculture ont publié une série de six affiches destinées aux exploitants.

Pourquoi ce partenariat compte

Le petit gibier de plaine (perdrix, lièvre, faisan) dépend directement de la façon dont les champs sont cultivés. Agrifaune part de la réalité des exploitations : un outil qui coûte trop cher ou fait perdre du temps ne sera pas adopté. C’est cette approche, testée avec des agriculteurs, qui fait sa crédibilité. Nous en avions parlé dès les débuts dans « Agrifaune, un pas pour le petit gibier », et le sujet rejoint celui de la petite faune de plaine.

Agriculteur ou président de société de chasse, le premier contact reste le technicien de votre fédération départementale ou le conseiller biodiversité de votre chambre d’agriculture.

Sources

  • OFB, « Agrifaune » (présentation du programme, chiffres 2024, feuille de route 2024-2027) : ofb.gouv.fr
  • Chambre d’agriculture du Gard, « La boîte à outils Agrifaune » : gard.chambres-agriculture.fr
  • Agrifaune, groupe technique « Bords de champs » : agrifaune.fr
  • OFB, « Le printemps, bon moment pour évaluer l’état agroécologique des bords de champs » : professionnels.ofb.fr

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