L214 enfin condamné pour une intrusion dans un élevage !

C’est la spécialité de L214, s’introduire sans autorisation dans des élevages pour y tourner des films chocs. La cour d’appel de Rennes vient de mettre un coup d’arrêt à ce mode opératoire en jugeant qu’il s’agissait de violation de propriété privée, de violation de domicile et de non-respect des règles sanitaires.

Une décision qui fera jurisprudence et met un coup d’arrêt à la tactique de L214

L214 s’est fait connaître en France grâce à ses films supposés décrire les conditions de vie inacceptables des animaux d’élevage. Les images, une fois bien montées et manipulées, servent à alimenter la propagande de cette association. Le 30 septembre 2020, L214 diffuse une vidéo tournée dans un élevage de lapins en Bretagne. Ils ont tourné des images à l’insu du propriétaire en violant sa propriété privée. La cour d’appel de Rennes a jugé qu’il s’agissait de violation de domicile, de violation de propriété privée et de non-respect des règles sanitaires.

Ce jugement fera jurisprudence et mettra sans doute un coup d’arrêt à la tactique de L 214. Jusqu’à présent, l’association mettait en avant la liberté de la presse pour justifier ses intrusions. Le tribunal n’a pas retenu cet argument. Il condamne l’association à payer 5000 euros d’amendes. L214 devra aussi retirer la vidéo de tous les supports, à publier la décision de justice sur son site ainsi que dans trois titres de presse. L’amende n’est pas importante compte tenu du budget de cette association (environ 7 millions d’euros) mais il s’agit clairement d’un avertissement. Ces méthodes ne sont pas tolérables. Ce que L214 appelle des enquêtes ne sont que des délits.

L’avocate de L214 est Hélène Thouy, du parti animaliste

C’est Hélène Thouy, candidate à la présidentielle pour le parti animaliste qui défend L214. Ce parti, créé en 2016, se présente comme le parti « du droit des animaux ». Il cherche à faire interdire la corrida et la chasse entre autres. Il milite pour la création d’une charte des droits des animaux, l’interdiction du gavage, la baisse de 25% de la consommation de produits d’origine animale et l’instauration d’un repas végétarien par semaine dans les cantines. On trouve dans son bureau politique la célèbre Muriel Fusi qui nous avait fait tant rire en confondant perdrix et faisan.

La majorité actuelle refuse l’exemple australien

En Australie, le gouvernement a déclaré la guerre aux militants radicaux des droits des animaux. Une nouvelle réglementation en vigueur depuis décembre 2020 fait perdre à ces organisations leurs avantages fiscaux si leurs militants se rendent coupables d’intrusion sur les exploitations ou encore de harcèlement, d’intimidation ou d’espionnage à l’encontre des familles d’agriculteurs. Pourquoi ne pas en faire autant en France ? Quelques députés français l’avaient proposé mais cela n’a pas été accepté par la majorité actuelle.

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Panique dans les alpages. Les éleveurs accusent le loup.

Des troupeaux affolés dévalent la montagne à La Balme-de-Thuy en Haute-Savoie. Dans la nuit du 30 septembre, la panique a conduit des vaches en alpage à casser les barrières et à descendre affolées jusque dans la vallée. Les éleveurs accusent le loup.

Des vaches affolées fuient les alpages. Les éleveurs sont excédés

Le plateau des Glières, connu pour son histoire glorieuse et tragique, a été le théâtre d’un mouvement de panique de troupeaux des vaches en alpage. Au cours de la nuit du 30 septembre un loup ou une meute de loups a affolé les vaches et celles-ci, paniquées ont cassé les barrières et sont redescendues jusque dans la vallée située à 45 minutes de voiture. Les troupeaux de plusieurs éleveurs étaient mélangés. Les vaches éparpillées aux quatre coins du secteur ont été retrouvées jusque dans des endroits improbables.

Francis Laruaz, adjoint au maire de La Balme de Thuy explique que les vaches étaient « incontrôlables, paniquées et avaient les yeux exorbités ». Les éleveurs ont passé la journée à récupérer leurs bêtes. Deux manquent encore. Une attaque sur un troupeau de moutons situé au Lachat, non loin a été signalée. Des brebis ont disparu.

Le loup et l’élevage sont-ils compatibles ?

Tous les éleveurs vous diront que non. Le loup et l’élevage ne sont pas compatibles. La fameuse « cohabitation » prônée par le ministère de la transition écologique, l’OFB et les pro-loups est une chimère. La présence incontrôlée du loup est une menace sérieuse pour l’élevage de plein air. Beaucoup de bergers et d’éleveurs sont excédés du fait d’une politique gouvernementale incohérente. D’un côté, le ministère de la transition écologique qui se réjouit du retour du loup en France et parle « d’avancée pour la biodiversité » et de l’autre le ministère de l’agriculture qui souhaite défendre l’élevage français.

Aujourd’hui, à Grenoble les éleveurs manifestent contre cette politique du « en même temps ». Il y a une semaine, un cadavre de loup était retrouvé pendu devant une mairie. La colère monte…

Contrairement à ce que disent les amis du loup, la France n’est pas le seul pays où cet animal pose des problèmes. En Suisse, en Allemagne, en Belgique, en Italie les éleveurs font tous le même constat, le loup est l’ennemi de l’élevage.

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Un loup pendu devant la mairie de Saint-Bonnet en Champsaur

Le spectacle n’est pas habituel. En arrivant à la mairie ce vendredi, des employés municipaux découvrent le cadavre d’un loup pendu devant la mairie surmonté d’une banderole disant : « Réveillez-vous, il est déjà trop tard. »

Les Hautes-Alpes, un département durement touché par les attaques de loup

Il y a officiellement une vingtaine de meutes de loups dans les Hautes-Alpes. Tous les bergers, éleveurs et spécialistes vous le diront, ces chiffres sont bien inférieurs à la réalité. Pour avoir une vision bien plus réaliste de la situation, je vous invite à consulter la Carte Européenne de Prédation créée à l’initiative d’un éleveur ( voir la carte ici). C’est aussi le département qui a le plus gros cheptel de moutons de la région Provence-Alpes-Côte d’azur. Le résultat ne peut qu’être catastrophique et ceux qui prônent la fameuse « cohabitation » ne sont que des incompétents ou des personnes chargées de tuer l’élevage en France.

Les derniers chiffres officiels, publiés par la préfecture des Alpes-de- Haute-Provence montrent que les attaques de loups ne faiblissent pas. Il arrive que certaines journées comptent plus de 10 attaques dans ce département. Depuis début 2021, on signale plus de 65 attaques 193 victimes. En 2020, à la même date, il y avait eu 53 attaques et 147 victimes. Le loup s’attaque principalement aux moutons mais de plus en plus souvent à des bovins. Il faut noter que les éleveurs bovins ne sont pas éligibles à des aides préventives (chiens de protection ou clôtures électriques).

Une filière économique et des zones rurales mises en danger

La mise en scène de ce loup pendu, volontairement provocante, intervient dans un contexte particulièrement tendu. Au même moment, un éleveur passe en procès à Gap car ses chiens de protection ont attaqué des promeneurs. Quel scandale ! Certains ré-introduisent le loup ; on demande aux éleveurs de se protéger ; on les attaque parce qu’ils se protègent. Surveillez vos chiens qui surveillent vos troupeaux…

Toute la filière agricole est en colère : « Cet acte est avant tout le résultat de la faillite du plan loup » déclarent les représentants de la FDSEA, des jeunes agriculteurs et de la fédération ovine (voir le plan national d’action loup ici). Les élus du département se mobilisent eux aussi. Ils demandent à l’État de cesser cette politique de protection du loup qui met en danger toute une filière. Des villages qui n’existent encore que grâce à la présence des éleveurs risquent de se vider si ceux-ci décident d’arrêter. Et ce ne sont pas les quelques potiers artisanaux, joueurs de flute andine ou sylvothérapeutes à dreadlocks qui feront vivre la région. Le loup pendu devant la mairie de Saint-Bonnet est le symbole d’un échec.

Le prédateur est signalé maintenant presque sur tout le territoire français. Partout, il provoque les mêmes réactions des personnes réellement touchées. Voir ici l’interview du docteur Pascal Briday, vétérinaire à Cluny en Saône et Loire.

Les réactions des pro-loups et de la secrétaire d’État sont des insultes aux éleveurs.

Hypocrisie

La réaction de la secrétaire d’État, Bérangère Abba est une véritable insulte aux éleveurs. Elle s »insurge et parle d’acte odieux. L’avez-vous déjà entendu s’insurger devant le spectacle réellement odieux de troupeaux attaqués, de cadavres de brebis et d’animaux agonisants qu’il faut euthanasier ? Moi, jamais. Il semble qu’il y ait des cadavres plus odieux que d’autres.

Bien entendu, les défenseurs habituels du loup ne sont pas en reste. Ils montrent bien le mépris que ces déconnectés portent aux agriculteurs français.

One Voice : « Avait-elle des petits qui vont mourir de faim et de soif dans les heures qui viennent ? Nous avons déposé plainte aujourd’hui, dès que nous avons appris cet acte infâme auprès du procureur de la République de Gap pour cette louve. »

Ferus : « cet acte est l’aboutissement normal de l’impunité accordée aux exactions et violences perpétrées depuis tant d’années par les anti-loups et anti-ours. Les pouvoirs publics sont autant responsables que ceux qui ont tué et pendu cette louve. »

Christophe Marie, porte-parole fondation Brigitte Bardot : « Scandaleux ! D’autant plus quand, dans le même temps, les mesures de protection des troupeaux ne sont pas mises en place, que les éleveurs demandent toujours plus d’abattages… d’une espèce pourtant protégée, et dont la population reste limitée sur notre territoire.« 

Hugo Clément : « Le ou les individus responsables de cet acte ignoble sont un danger pour la société et doivent être arrêtés rapidement. » Encore une fois, le petit Hugo monte sur la plus haute marche du podium de l’ignominie. Les véritables dangers pour une société sont les individus qui en attaquent certaines composantes essentielles pour promouvoir des intérêts douteux. Les VRP de la viande artificielle sont de ceux-là.

En Suisse, le tir des loups sera facilité dans certaines conditions.

Les loups sont toujours plus nombreux en Suisse. Plus d’une centaine d’individus et onze meutes évoluent actuellement dans le pays. L’extension des populations provoque des conflits avec les éleveurs, notamment dans les régions de montagne. Les meutes et les loups isolés pourront être tirés plus rapidement en cas de conflit avec des éleveurs

Les conséquences du refus de la loi chasse par les citadins suisses.

La révision de la loi sur la chasse a été refusée en septembre du bout des lèvres par 51,9% des Suisses. Elle entendait faciliter la régulation des effectifs de loups et ainsi rendre possible la cohabitation entre l’homme et le grand prédateur. Elle avait été massivement votée dans l’espace alpin et les petits cantons, mais les centres urbains ont voté contre. Encore une fois, ce sont les gens qui ne connaissent ni le loup ni l’élevage qui imposent leur vision et leur idéologie aux gens des campagnes qui, eux, doivent subir les conséquences de la présence du prédateur.

Les organisations d’éleveurs ont rapidement alerté les autorités à propos des conséquences de ce refus. Le Parlement a donc chargé le gouvernement de modifier les ordonnances dans les limites de la loi en vigueur. Une consultation a été lancée pour modifier certaines dispositions dans les limites de la loi chasse. La sagesse a prévalu. En conséquence, les Commissions de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie ont déposé sans opposition deux motions que le Parlement a adoptées en mars 2021. Les motions chargeaient le Conseil fédéral d’adapter l’ordonnance sur la chasse dans les limites de la loi en vigueur d’ici à la saison d’estivage, afin de rendre possible la cohabitation de l’homme, des grands prédateurs et des animaux de rente.

Quels sont les changements ?

Les loups pourront désormais être tirés si dix moutons ou chèvres ont été attaqués. Jusqu’à présent, la barre était placée à quinze. Pour les gros animaux de rente, comme les bovins, les chevaux, les lamas et les alpagas, trois attaques suffiront. Une attaque ne sera toutefois prise en compte que si une clôture ou des chiens de protection défendaient les troupeaux.

Dans les régions épargnées jusqu’à présent par le loup, le seuil de dommages sera désormais fixé à 15 animaux attaqués en un mois, contre 25 précédemment, et à 25 en quatre mois, contre 35. Une protection ne sera pas nécessaire dans ces cas.

La protection des troupeaux doit également être augmentée. Les mesures restent du ressort exclusif des détenteurs, mais ces derniers peuvent bénéficier d’aides financières de la Confédération. Elle correspondra désormais à 80% du montant.

Le Conseil fédéral précise que la volonté populaire qui s’est exprimée en septembre dernier est respectée puisqu’il n’y aura pas de tirs préventifs. « La régulation des populations de loups se limite au tir de jeunes animaux, dont seule la moitié peut être abattue. La conservation de la meute concernée est ainsi assurée et les effectifs de loups ne sont pas menacés », explique le gouvernement. Même si cette évolution est positive, il est triste de voir que le maintien de la présence des loups sur un territoire semble être un impératif alors que ce prédateur est un fléau pour l’élevage de plein air et pour la biodiversité.

Une modification qui fait consensus.

Les organisations environnementales ne vont pas s’opposer à cette modification. « Ce qui est le plus important pour nous, c’est qu’il n’y a pas de possibilité de tirer le loup tant qu’il n’y a pas de dégât avéré. C’était le point central de nos revendication, et ça a été respecté », explique Sarah Pearson-Perret, secrétaire romande de Pro-Natura.

De leur côté, si les milieux de la chasse auraient préféré la révision refusée en septembre, le président de la Société des chasseurs romands Pascal Pittet salue ce compromis. « C’est important pour accompagner l’économie alpestre », estime-t-il, en prévision d’une croissance de cette espèce de prédateur qu’il annonce « exponentielle ».

Source : https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-84233.html

Le loup, une menace pour la ruralité. Paroles de vétérinaire.

Le sous-titre de cet article pourrait être, un vétérinaire en colère. J’aime la Chasse a rencontré Pascal Briday, vétérinaire à Cluny qui, en solidarité avec les éleveurs, a décidé de mener le combat contre la présence du prédateur dans cette région d’élevage.

  • « Tous les deux matins on était appelé pour euthanasier des animaux. Notre boulot, c’est de soigner pas d’euthanasier des animaux dévorés ».
  • « Pendant plusieurs semaines, on nous a dit que rien n’indiquait que c’était un loup. »
  • « Les autorités ont essayé de retarder au maximum la vérité. »
  • « A la préfecture on nous a dit qu’ils ont une énorme pression des associations écologistes et de protection du loup (NDLR : associations parfois étranges, voir notre article à ce sujet : https://www.jaimelachasse.fr/ruralite/les-etranges-defenseurs-du-loup/)
  • « Les éleveurs, on ne leur a pas mis dans leurs calculs économiques pour rembourser la banque qu’il fallait rajouter les sommes pour la protection et du temps de travail en plus. »
  • « Un éleveur comme Julien, c’est un gars qui va perdre 100 000 euros mais ça tout le monde s’en fout. »
  • « Les chiens de protection chez nous c’est difficile, ils créeraient trop de problèmes. »
  • « La biodiversité c’est que tous les animaux puissent vivre sur un territoire, si on introduit un prédateur qui n’a pas de prédateur, ça ne peut pas aller. »
  • « Il y a peut-être eu un arrivage de loups d’Italie mais il n’y a pas que ça. »

Les incohérences du discours officiel.

Vétérinaire depuis de nombreuses années dans cette région d’élevage Pascal Briday souligne fort justement qu’il y a une certaine incohérence, voire une incohérence certaine entre la volonté de protéger le loup à tout prix et les incitations faites aux éleveurs pour qu’ils pratiquent un élevage extensif. Quand un éleveur s’installe, souligne-t-il, la présence du loup n’est pas prise en compte financièrement. Certains éleveurs sont donc au bord de la faillite, d’autres abandonnent. Comment concilier cela avec la volonté de pousser à l’installation de jeunes agriculteurs, de développer le tourisme et de maintenir une activité économique indispensable à notre pays, sauf à décider d’importer notre viande de l’autre bout du monde ?

Des analyses génétiques qui démentent la version officielle.

Il s’occupe aussi de faire faire des analyses génétiques sur les animaux attaqués. Elles sont faites par un laboratoire indépendant allemand. Celles qui concernent les attaques de Flagy montrent qu’il y aurait 3 animaux, un loup d’origine italienne, un hybride et un loup balte. Nous sommes bien loin de la version officielle…

Une association pour un département sans loup.

A la fin de notre entretien, le docteur Briday nous déclaré avoir créé une association pour un département sans loup. Il invite tous les gens concernés par l’avenir de la filière à le rejoindre mais aussi tous ceux qui veulent pouvoir continuer à vivre dans des campagnes qui ne seraient pas transformées en parc national où aucune activité humaine ou presque ne sera tolérée.

« L’objectif de cette association est de développer l’agriculture paysanne et la biodiversité ce qui est incompatible avec la présence du loup. »

Docteur Pascal Briday, vétérinaire

Le loup, une menace pour la ruralité. Paroles d’éleveur. 2/2

Voici la deuxième partie de l’entretien que Julien Fuet, éleveur ovin à Flagy, en Saône et Loire, a accordé à J’aime la Chasse. Il nous parles des attaques, de leurs conséquences et de la réaction des autorités.

Julien Fuet, éleveur

La détresse d’un éleveur.

Il nous dit sa détresse et son désarroi et nous explique ce qui s’est passé :

  • « On a eu 8 attaques en moins de 6 semaines sur des lots protégés avec clôtures et/ou chiens de protection »
  • « On se rend compte que les filets et les chiens ne sont pas efficaces mais on le sait depuis longtemps grâce à l’expérience des gens des Alpes. Ce qui ne marche pas chez eux, je ne vois pas pourquoi ça marcherait chez nous. »
  • « Si une ou des meutes s’installent dans le département, on s’interroge. Est-ce qu’on va continuer ? »

Dans les Alpes françaises ou italiennes, nombre d’éleveurs ont déjà répondu à cette question, ils ont abandonné. Certains pourraient se dire que cela tombe bien puisque la volonté de transformer 13% de notre territoire en « zones à forte protection » se heurte à la présence des paysans, des agriculteurs, des éleveurs. Le loup serait-il une manière de les dégouter et de les pousser à quitter ces zones ?

La réaction des autorités

  • « L’OFB vient mais ne fait pas d’analyses génétiques, ils disent que cela ne sert à rien car ils n’ont jamais les résultats… »
  • « Les indemnisations ça concerne l’animal mort mais les pertes économiques indirectes : 0 ; le temps de travail supplémentaire : 0 ; l’impact psychologique : 0 ; l’impact familial : 0. »

Le département (pourtant loin de la frontière italienne…) a été durement touché à deux reprises par le loup. En 2020 près de Charolles et cette année dans le secteur de Flagy. A chaque fois, les autorités ont été extrêmement réticentes à admettre que cet animal était à l’origine des attaques. Il leur a bien fallu se rendre à l’évidence après que deux photos ont été prises et ne laissent plus aucun doute. Hélas, la procédure du plan loup a été pensée par des bureaucrates et il a fallu attendre 8 semaines pour que le loup soit abattu. A partir du 20 avril dernier, 25 attaques sur les troupeaux ont causé la mort d’une centaine de brebis, le tir n’a été décidé que le 21 mai et le loup abattu le 8 juin. Imaginez le calvaire des éleveurs et de leurs bêtes pendant ce temps. Mais cette souffrance là n’émeut pas les amis du loup.

La ruralité est en danger.

Le bilan du Loup en France en 2020 (Source : DREAL Auvergne Rhône-Alpes)
• Près de 12 000 animaux tués
• Plus de 3 700 attaques de troupeaux
• 39 départements touchés
• Plus de 30M€ de dépenses publiques

L’élevage est une composante importante de cette ruralité et de la vie de nos campagnes. Depuis l’arrivée du loup au début des années 90, les éleveurs ovins, les bergers sont durement touchés par la prédation de cet animal. Les estives d’été sont parfois désertées par ceux qui y montaient depuis des générations. Les pertes s’élèvent pour l’année 2020 à 12 000 animaux d’élevage en France. Ce sont les chiffres officiels mais ils sous-estiment la prédation comme les autorités sous-estiment le nombre de loups présents en France. Pourquoi ? La politique du ministère de l’écologie est de ré-ensauvager notre pays en réintroduisant ou en favorisant le retour des grands prédateurs. Quand avons-nous été consultés à propos de cette politique conduite en catimini par des gens qui n’ont jamais été mandatés par le peuple pour cela ?

Les conséquences de cette politique sont dramatiques pour les éleveurs. Les indemnités qui leurs sont versées ne comblent pas les pertes, loin s’en faut mais sont versées par les pouvoirs publics et sortent donc de la poche des contribuables. Est-ce normal, est-ce logique, est-ce cohérent ? Non, bien entendu. Comment se fait-il que deux ministères d’un même gouvernement (agriculture et écologie) conduisent des politiques aussi contradictoires ?

Le loup, une menace pour la ruralité. Paroles d’éleveur. 1/2

Le sous-titre de cet article pourrait être : « Loup protégé, éleveurs sacrifiés ». Suite aux attaques du loup dans le département de Saône et Loire, J’aime la Chasse est allé à la rencontre d’un éleveur, Julien Fuet, dont le troupeau a subi de grosses pertes suite aux attaques du loup. Dans la première partie de notre entretien, il nous présente son exploitation.

Un investissement de 20 ans.

Installé depuis à peine deux ans en Saône et Loire dans le village de Flagy, Julien Fuet est à la tête d’un troupeau de 600 bêtes. De mai à début juin 2021, son troupeau a subi 8 attaques qui ont tué 35 brebis en ont blessé 30 autres.

Il pratique un élevage extensif dans une région de bocages, sur des petites parcelles. C’est un éleveur qui aime son métier et ses bêtes et qui a beaucoup investi dans cette exploitation : terrains, bêtes, bâtiments. Il le dit lui-même, « c’est un investissement de 20 ans. » Alors quand le loup débarque et attaque, c’est tout un projet qui vacille.

L’élevage extensif est un bienfait pour nos territoires et pour le climat.

« On marche sur la tête, les mêmes gens qui protègent le loup nous demandent du bien-être animal avec des systèmes extensifs mais on nous demande de nous adapter et de cohabiter avec le loup. Ce qui est impossible en élevage extensif. »

Julien Fuet

C’est grâce à l’élevage extensif comme celui pratiqué par Julien Fuet que certains paysages sont préservés et entretenus, que les haies et les prairies existent toujours. Ce type d’élevage évite aux milieux de se fermer. Haies et prairies sont indispensables. Cela permet de maintenir une biodiversité riche, de fixer les nitrates, de réguler les températures (là où il y a des haies, il fait moins froid l’hiver et moins chaud l’été) et de piéger le CO2. Un hectare de prairie fixe 800 kg de CO2, un kilomètre de haies en piège 2 tonnes. Ce sont des éleveurs comme Julien qui permettent à ces biotopes d’exister. Pourquoi les mettre en danger au risque de les faire disparaître ? Ils sont les meilleurs outils contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité.

Les étranges défenseurs du loup

Après 25 attaques et une centaine de moutons tués en cinq semaines en Saône et Loire, la préfecture a enfin autorisé un tir létal contre le prédateur. Celui-ci a été abattu le 8 juin. Les éleveurs sont soulagés mais les « amis du loup » sont furieux.

Le mépris pour les éleveurs

Les adorateurs du loup n’ont cure des problèmes de nos éleveurs, ils se soucient seulement de leur animal fétiche. La souffrance des animaux, la détresse des éleveurs, la mise en danger d’une filière économique leur importent peu, seule compte la protection du prédateur. Voici, à titre d’exemple les réactions de l’un d’eux après que l’animal a été tué. « Combien de tirs d’effarouchements ont été faits ? Des clôtures ont-elles été installées ?  Est-ce que la base du métier a été faite ? » Ce petit agitateur ose prétendre que les éleveurs ne font pas leur travail ! Il ajoute ensuite « J’ai du mal à comprendre qu’en Saône-et-Loire, il y ait plus de difficultés qu’en Italie, en Espagne ou au Portugal. »

Mais justement, le loup cause les mêmes problèmes en Italie, les éleveurs et bergers italiens sont, eux aussi, confrontés à des attaques et nombre d’entre eux ont jeté l’éponge. Il faut ajouter qu’en Italie, on estime à environ 200 le nombre de loups braconnés. Quant à l’Espagne, dans les provinces où le loup est présent, on pouvait jusqu’à présent le chasser… Le défenseur du loup ne connait même pas ses dossiers et se contente de ressasser les propos habituels incriminant les éleveurs et présentant la situation à l’étranger comme idyllique.

Le Klan du loup, des références inquiétantes.

Le responsable de ces propos scandaleux et insultants pour les éleveurs s’appelle Rodolphe Gaziello, fondateur du « Klan du loup ». Vous remarquerez l’orthographe du mot Klan qui n’est pas sans rappeler celle d’un groupe américain de sinistre mémoire. Pour confirmer cette mauvaise impression, le logo de ce groupuscule est fortement inspiré de celui des divisions SS. Le personnage semble peu fréquentable. Et le loup a de bien étranges défenseurs…

Le menteur et les canards.

Ce pourrait être le titre d’une fable moderne, ce n’est que le résumé d’une nouvelle provocation de Rigaux. Si c’était une fable, la morale pourrait être la suivante : « Il y a cent mille recettes pour cacher ou déformer la vérité, mais il n’y a qu’une manière de la dire – c’est un grand avantage pour les menteurs. » (Bernanos)

Encore une vidéo « choc » et un reportage « dramatique »…

Cette fois-ci, c’est un élevage de canards de Cédé La Ronde en d’Indre et Loire qui a eu droit à la visite illégale de Rigaux qui entendait dénoncer les conditions d’élevage de ces animaux destinés à la chasse. Ce personnage s’y entend pour manipuler les faits, les images et dramatiser ses petites vidéos ridicules. Jugez plutôt du vocabulaire utilisé pour présenter son « enquête » :

  • « C’est grâce à un lanceur d’alerte que les images ont pu être tournées. »
  • « L’exploitation serait un bunker. »
  • « Derrière les portes opaques. »
  • « Les cadavres se comptent par dizaines. »

Quelle metteur en scène, quel dramaturge !

L’éleveur contre-attaque.

Michel Rahmy, l’éleveur mis en cause par Rigaux a décidé de porter plainte, de réagir, d’ouvrir les portes de son élevage et de répondre point par point aux mensonges du « naturaliste ». Il s’est confié à un journaliste de la Nouvelle république.

Rigaux : « les cadavres de canards sont entassés sur un tas de fumier. »

Michel Rahmy : « Faux. En aucun cas, on ne laisse des cadavres à l’air libre. Ils sont stockés dans le bac d’équarrissage, qui est vidé selon un cycle de dix à quinze jours. Les tonnages sont vérifiables ».

Rigaux : « des canards colverts reproducteurs concentrés en intérieur. »

Michel Rahmy : « Après l’accouplement, il y a 24 jours d’incubation et quatre jours d’éclosion dans le couvoir. Ensuite, le caneton va dans une salle de démarrage, près des étangs, où on l’habitue à la vie sur l’eau. À dix jours, il est donc à l’eau. »

Enquête de la préfecture.

Immédiatement après la diffusion de la vidéo de Rigaux, la préfecture a diligenté une enquête qui n’a révélé aucune anomalie.  « Ces inspections n’ont pas révélé d’insuffisances », indique Charles Fourmaux, directeur de cabinet de la préfète d’Indre-et-Loire. La précédente inspection datait de 2019 et n’avait, elle non plus, rien constaté d’anormal.

Une photo choc du « naturaliste » a été prise par nos enquêteurs sur le terrain :

Portrait de « naturaliste indépendant ».
Source : La Nouvelle République https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/cere-la-ronde/cere-la-ronde-l-eleveur-de-canards-joue-la-transparence

Chasseurs et éleveurs des Alpes-Maritimes claquent la porte du comité loup.

La FDSEA et la FDC des Alpes-Maritimes ont décidé de quitter le comité loup et de ne pas assister à la réunion qui devait se dérouler le 7 mai sous l’égide du préfet et appellent à une vraie régulation du prédateur.

Les éleveurs sont scandalisés par l’inaction des services de l’État.

Les éleveurs sont excédés et appellent à une véritable régulation de ce prédateur qui fait des ravages. La FDSEA déclare : « Nous ne pouvons plus accepter la situation vécue par les éleveurs de notre département face à la prédation des loups. Nous ne voulons plus cautionner, par notre participation au comité loup, l’effondrement du cheptel de brebis mères dans le département et le non-renouvellement des générations d’éleveurs qui conduisent leur troupeau en extensif. »

Le nombre de brebis mères a tellement reculé en 15 ans que cela remet en question la pérennité de l’élevage dans ce département. Les éleveurs et bergers dénoncent aussi les paroles non suivies d’effet à propos de chiens de protection. Ceux-ci sont à l’origine de nombreux incidents avec les promeneurs et les randonneurs mais les éleveurs se retrouvent seuls au tribunal pour assumer ces incidents malgré les promesses du préfet. De surcroit, des agents de la brigade loup qui devaient venir dans le département ne sont toujours pas arrivés. Des problèmes de correspondance de TGV probablement…

« Les loups ont tué 10 % de nos moutons en deux mois. »

Cette situation n’est hélas pas particulière aux Alpes Maritimes ; dans le Var aussi, les éleveurs n’en peuvent plus comme le prouve ce témoignage de Christian et Guillaume Menut à La Verdière. « C’est à devenir fou ! Notre bergère a encore retrouvé onze brebis au tapis le 25 février 2021, sur le site de Ginasservis à une quinzaine de kilomètres du siège de l’exploitation. Elle était encore très choquée quand elle nous a appelés. » Au total, les loups ont attaqué le troupeau de l’exploitation à sept reprises depuis la mi-décembre 2020, tuant 120 brebis et agneaux soit 10% du cheptel.

La solidarité des chasseurs.

Le président de la FDC 06 a lui aussi décidé de ne plus participer aux réunions de ce comité, emboitant le pas de celui de Haute-Savoie qui avait pris cette décision en mars. Le président Caujolle a diffusé un communiqué expliquant les raisons de son geste. Il ne veut plus cautionner les ravages causés par le prédateur sur les élevages et sur la faune sauvage. Il souligne que le loup coûte annuellement 40 millions d’euros aux contribuables en indemnisation et mesures de protection. Coût auquel il faut ajouter les 500 000 euros de dépense de fonctionnement, de suivi de l’espèce et de la brigade loup.

Ces retraits du comité loup font suite à la circulaire du 5 février 2021 de la FNC, signée par le président Schraen dans laquelle il invitait « les chasseurs à se retirer du dispositif d’intervention et du dossier loup, tel que conçu par l’administration. » (Voir le lien vers la circulaire en bas de page).

Le loup, symbole d’un affrontement politique.

Le retour du loup en France, qu’il soit naturel ou non, pose de tels problèmes que l’on a du mal à croire que l’inactivité de l’État dans ce domaine soit involontaire. L’élevage extensif est la première victime, ce n’est pas un hasard. La grande faune sauvage paie aussi un lourd tribut, ce n’est pas un hasard non plus. Au fil des déclarations des uns et des autres il devient évident que le loup est l’instrument d’une politique de ré-ensauvagement de notre pays. Il servira à faire disparaître l’élevage et le grand gibier, ce qui videra les campagnes et les forêts des éleveurs et des chasseurs, derniers obstacles ou presque à cette politique. N’oublions pas les déclarations de Barbara Pompili qui dit vouloir 10% du territoire national en « zones de protection fortes » d’ici à 2022. Dans ces zones « on limitera ou supprimera les pressions engendrées par les activités humaines » ! Cela était-il au programme du candidat Macron en 2017 ? Ou s’agit-il encore de décisions pour lesquelles nous n’avons pas été consultés ? Ce n’est pas comme cela que fonctionne une démocratie. Rappelons à nos dirigeants qu’ils sont au service du pays et de son peuple et non l’inverse.

Sources :

https://www.lafranceagricole.fr/actualites/elevage/predation-la-fdsea-quitte-le-comite-departemental-loup-1,0,1159583601.html

https://www.lafranceagricole.fr/actualites/elevage/predation-les-loups-ont-tue-10-de-nos-moutons-en-deux-mois-1,0,432346523.html

https://www.ecologie.gouv.fr/aires-protegees-en-france