Loups empoisonnés, affaire classée sans suite

En 2021, deux loups et deux gypaètes barbus ont été retrouvés empoisonnés dans le parc de la Vanoise. Une enquête est ouverte depuis le printemps 2021 suite à la découverte. Elle est aujourd’hui classée sans suite, car « aucun auteur n’a pu être identifié« , a indiqué mercredi 1er juin le parquet d’Albertville.

Loups et gypaètes barbus empoisonnés

En mars 2021, deux loups ainsi que deux gypaètes barbus avaient été retrouvés morts. Après autopsies et analyses toxicologiques, le constat est sans appel. Ces animaux sont morts par empoisonnement avec « de l’aldicarbe et du carbofuran. Substances actives appartenant aux phytosanitaires insecticides. Auparavant délivrés aux professionnels mais interdits depuis 2008 ». Par la suite, une enquête a donc été ouverte par le parquet d’Albertville pour destruction non autorisée d’espèce animale protégée.

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Perquisition et affaire classée sans suite

Dans le cadre de l’enquête, gendarmes et agents de l’Office Français de la Biodiversité sont intervenus le 24 mai pour des perquisitions. Le but de l’opération était de trouver les produits mis en cause dans des bâtiments d’exploitation. Cependant, malgré les moyens importants mobilisés depuis plus d’un an par l’OFB et la gendarmerie nationale, « aucun auteur n’a pu être identifié. La procédure va donc être classée sans suite », conclut la procureure.

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Bretagne, la chasse du choucas repart de plus belle

Les autorités préfectorales autorisent la destruction de 1 800, 8 000 et 16 000 choucas des tours dans le Morbihan, les Côtes-d’Armor et le Finistère. En effet, ce corvidé, souvent confondu avec la corneille noire et le corbeau, engendre de nombreux dégâts agricoles.

Le choucas des tours, une espèce protégée

Le choucas des tours est une espèce protégée, espèce protégée depuis 2009, provoquent de plus en plus de dégâts sur cultures, notamment en Bretagne. Comme beaucoup, elle pullule et voit ses populations augmenter sans cesse. Faute de prédateur, le choucas à aujourd’hui des populations stables. Cependant, lorsqu’une colonie s’installe à proximité d’un champ, celui-ci est dévasté. Ce corvidé est particulièrement friand des graines tout juste plantées et de jeunes pouces. L’une des solutions envisageables afin de les éloigner des cultures, est la mise en place de systèmes d’effarouchement. Cependant, ils ne garantissent pas l’indemnité des champs. Pour rappel, en 2019, le montant total des dégâts estimés sur les parcelles agricoles s’élevait pour le Finistère et les Côtes-d’Armor à plus de 1,4 million d’euros. Dont 80 % causés uniquement par les corvidés. Le Morbihan voit également ces dégâts croître très fortement avec près de 500 000 €. Des chiffres trop importants et pas anodins.

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Le choucas des tours, responsable des dégâts agricoles

Dans les champs bretons, les choucas détruisent les semis, provoquant la colère des agriculteurs, qui estiment que cette espèce a proliféré depuis sa protection, il y a dix ans. Ainsi, ce sont plus de 25 000 choucas des tours autorisés à la destruction. Dans les départements du Morbihan, des Côtes-d’Armor et du Finistère. Ces décisions font suite à de nouveaux arrêtés préfectoraux, pris en avril. « Souvent, ce sont les agriculteurs bio qui en sont les premières victimes. Leurs plantes sont plus lentes à lever et ne comportent pas d’insecticides« , souligne un représentant de la préfecture du Morbihan.

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Les locaux de France Nature Environnement recouvert de fumier

Durant la nuit, le site de l’association anti-chasse France Nature Environnement a été recouvert de fumier par un agriculteur en colère. Cet acte intervient après les dernières évolutions du dossiers des bouquetins du Bargy.

FNE contre l’abattage des bouquetins du Bargy

170 bouquetins du Bargy devaient être abattus pour des raisons sanitaires. En effet, pour lutter contre la brucellose, la préfecture avait ordonné l’abattage de certains individus pour limiter la propagation. Cependant, les associations environnementales comme FNE se sont positionnées contre cette décision et ont attaqué l’arrêté. Ainsi, le 17 mai, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu l’article 1 de l’arrêté préfectoral autorisant le prélèvement de ces ongulés. Cependant, seuls les tirs de prélèvement ont été suspendus par le tribunal administratif de Grenoble. Les captures elles restent autorisée. Ce qui permet ainsi de tester les animaux.

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Les locaux couverts de fumier par un agriculteur

Les agriculteurs sont en colère. En effet, la brucellose est une maladie transmissible aux vaches. Dans ce secteur de la France, les bouquetins peuvent être en contact avec les vaches. Ce qui peut engendrer de réels problèmes de santé publique. Pour rappel, la brucellose est l’une des zojonoses les plus répandues transmises par les animaux. Transmise à l’Homme, elle peut avoir de graves conséquences pour la santé. Ainsi, cette nuit, les locaux de FNE ont été recouverts de fumier par un agriculteur en colère. L’auteur aurait été arrêté par la gendarmerie. Affaire à suivre.

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La présence du loup est enfin confirmée par l’OFB en Ardèche.

C’est aujourd’hui certifié, le loup est bel et bien présent sur le plateau de Coiron dans le département de l’Ardèche. L’office français pour la biodiversité a pu confirmer cette présence par la photo prise sur le plateau de Coiron par un piège photographique. Cette présence permet de mettre en corrélation les nombreuses attaques de troupeaux qu’il y a eu sur ce secteur.

Des attaques et une présence enfin confirmée

Après l’analyse d’une photo datant du 28 septembre, les spécialistes confirment que le loup est bien présent dans le département de l’Ardèche. En fallait-il autant, sachant que de nombreux éleveurs ont pu témoigner d’attaques sur leurs troupeaux dans ce même secteur ? Après ces attaques, le préfet de l’Ardèche, Thierru Devimeux, avait réuni un comité « Grands Prédateurs ». Agir au plus vite pour les éleveurs était important. La présence du loup, si elle avait été confirmée aurait était une problématique de taille.

Photographie du loup prise le 28 septembre sur le plateau du Coiron. – Préfecture 07

Aujourd’hui, suite au rassemblement de ce comité, la préfecture a expliqué dans un communiqué « les dispositions souhaitées par le préfet seront immédiatement mises en place selon les gradations prévues par le plan national d’actions loup et activités d’élevage ». Ainsi, le préfet autorise les éleveurs, ayant des moyens de protection en place et fait la demande préalable, de procéder à des tirs de défense sur le canidé afin de protéger les troupeaux.

Le communiqué précise qu’une « réunion technique pour expliquer l’ensemble du dispositif et acter la mise en place des mesures se tiendra le vendredi 8 octobre sur le plateau du Coiron avec les professionnels les plus directement concernés ». Un département en plus, sous pression à cause du prédateur, qui n’en finit plus d’exaspérer éleveurs et agriculteurs.

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Un chasseur récompensé pour son action en faveur de l’environnement

Louis Dumont de Chassart, jeune agriculteur et chasseur de 26 ans, s’est vu récompensé du titre de « Jeune chasseur aménageur » par Faune et Biotope. Cette distinction récompense l’investissement d’un agriculteur et chasseur qui a adopté les bons gestes en matière d’environnement et de gestion de la biodiversité.

Chasseur et agriculteur, amoureux de l’environnement

Il n’a que 26 ans et s’engage avec succès pour la préservation de la biodiversité. Chasseur depuis son plus jeune âge, Louis nous fait partager son quotidien et sa vision qui lui ont permis d’être récompensé.

Sur la propriété familiale de 200 hectares, plusieurs parcelles sont aménagées en faveur de la biodiversité. Le travail a commencé il y a maintenant 25 ans afin d’offrir les habitats favorables à la faune et la flore. La plus récente, une bande de miscanthus, plantée il y a maintenant trois ans. « C’est une zone où le gibier peut venir se réfugier, se reproduire et passer l’hiver. Par ailleurs, cette parcelle de miscanthus peut aussi produire de la biomasse« , souligne le jeune chasseur.

Sur certaines parcelles, des haies sont plantées (retrouvez l’importance des haies ici), tout comme des bandes enherbées et fleuries, offrant à la faune une mosaïque de milieux. Sans oublier la mare creusée pour la faune aquatique. « Ce sont des zones de refuge pour la petite faune des plaines, mais sont également bénéfiques pour l’environnement, en empêchant par exemple que les ruissellements d’eau des champs arrivent jusque dans les maisons » explique Louis.

Une mare creusée pour permettre à la faune aquatique de s’y développer © S. Vandreck

Louis, 26 ans, chasseur et naturaliste

Les aménagements mis en place sont aujourd’hui bénéfiques à son territoire d’un point de vue, agricole, faunistique et floristique. « Il y a du gibier : du lapin, du faisan, ainsi que du lièvre« , explique Louis. Mais pas question pour lui de chasser ce gibier à tout prix. Sur l’exploitation, « La chasse, ne représente que cinq pour cent du temps que je consacre à la chasse. Le reste, c’est surtout de l’observation. Je me considère comme un naturaliste : j’essaie d’observer au quotidien comment le gibier vit et se comporte. J’entretiens, j’aménage. Cela me prend quand même beaucoup de temps. Ce n’est pas mon métier, c’est vraiment une passion« .

Chasse et agriculture, piliers de la ruralité

Le jeune chasseur agriculteur, estime que ses activités forment un tout inscrit dans la ruralité. « Je ne sais pas si le fait d’être agriculteur fait de moi un meilleur chasseur, mais cela me permet d’être tous les jours sur le terrain, pour observer ce qui va bien ou pas. Cela me permet certainement d’améliorer mon territoire au jour le jour, mais je ne pense pas être un meilleur chasseur pour autant. Peut-être plus responsable, peut-être plus raisonné. Mais c’est surtout la passion qui me motive«  admet-il. Passionné de nature, Louis a su trouver la bonne formule pour un territoire d’exception. Allier agriculture, science, chasse et passion lui ont donc permis d’être reconnu et récompensé pour le travail effectué.

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Condamné pour avoir écrasé volontairement des sangliers

Installé dans la Creuse, un agriculteur a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et à verser 600 euros d’amende. Il a été reconnu coupable par le tribunal de Guéret d’avoir tué quatre sangliers en roulant dessus avec son 4×4. Excédé par la situation et par les sangliers, l’homme a cru bon de faire justice lui-même.

Des sangliers, des dégâts et un condamnation

Les dégâts sur les cultures commis par les sangliers peuvent parfois pousser certains agriculteurs à bout. Un agriculteur de la Creuse a percuté volontairement en pleine nuit quatre sangliers avec son véhicule.

Devant le tribunal l’homme tente d’expliquer son geste en expliquant qu’il a « pété les plombs ». « Je ne supportais plus de voir mes terres saccagées », confie-t-il. Avant de décrire les hectares de terre détruits par ces animaux et de décrire les conséquences financières : 15 000 euros de perte sur une année et des indemnisations qui ne couvrent pas ses pertes. Malgré cela, le président de la cour lui a expliqué que le délit commis ne pouvait être justifié.

A la sortie du tribunal, de nombreux soutiens attendaient l’agriculteur. Représentants de la chambre d’agriculture, FDSEA, membres des Jeunes Agriculteurs, tous sont venus le soutenir lors du procès. Pour Christian Arvis, président de la FDSEA « c’est en quelque sorte un électrochoc. C’est un cas particulier mais qui témoigne d’un problème qui existe dans la Creuse ». Ce procès nous rappelle que les agriculteurs sont en première ligne face aux dégâts commis par les sangliers et que nous devons intensifier le dialogue avec eux et prendre en compte leurs doléances.

Gênés par la poussière, ils caillassent la moissonneuse

Certains sont en vacances, profitent du soleil et de l’été, pour d’autres, les agriculteurs, c’est la saison des moissons. Dimanche, dans l’Essonne, un agriculteur qui moissonnait s’est fait attaquer par des voisins qui faisaient un barbecue. Dérangées par la poussière engendrée par l’activité de la moissonneuse, ces personnes ont jeté des pierres sur l’engin agricole. Pour calmer les esprits, la police est intervenue.

La ruralité encore une fois attaquée

C’est une nouvelle qui vient renforcer les confrontations qui existent entre agriculteurs et néoruraux. Après des semaines de pluie, Gérard Praudel, agriculteur, décide de moissonner son champ. Situés en face, des voisins ont eux organisés une fête d’anniversaire ainsi qu’un barbecue. Alors que Gérard commence son travail, les voisins ont commencé à râler. Insatisfait de voir un agriculteur travailler un dimanche, ces personnes se sont interposées sur sa parcelle et ont tenté de rentrer dans sa moissonneuse. « Ils ont voulu m’interdire de récolter. Ils sont rentrés sur mon champ et sont montés sur le marchepied de ma moissonneuse. Un des deux a même ouvert la porte de la cabine et est entré en me disant de stopper. J’ai voulu les prendre en photo, mais ils ont jeté mon téléphone à terre. »

Ils ont jeté des pierres sur ma moissonneuse

Gérard Praudel, agriculteur.

Alors qu’il tentait de travailler et de calmer les esprits, Gérard s’est vu caillasser son engin agricole par des personnes présentes à l’événement. « D’autres ont même jeté des pierres sur ma moissonneuse ! Une des personnes m’a dit qu’il était adjoint au maire, qu’il y avait un arrêté et que je ne pouvais pas moissonner le dimanche, ce qui est faux. Et si je viens, c’est que je n’ai pas le choix. Ils ont fini par appeler la police, qui est venue et m’a donné raison », témoigne-t-il.

L’élu ne peut pas faire cuire sa viande

Le conseiller municipal qui est intervenu, c’est Mathieu Ceballo, issu de la liste divers gauche. Il explique « ce qui s’est passé est regrettable. Je l’ai appelé le lendemain pour présenter mes excuses au nom du voisinage ». En effet, brandir le fait qu’un arrêté existe pour ne pas travailler le dimanche est une belle absurdité. En effet, l’arrêté municipal en vigueur « interdit les travaux et nuisances sonores, mais ne s’applique pas aux agriculteurs ». Lorsque l’on est cadre de la fonction publique, il est évident que la notion de « travailler le dimanche » n’est pas ancrée.

Cet élu continue quand même de défendre ses amis, responsables de l’agression en expliquant « ils ne pouvaient pas cuire leur viande. L’idée, c’était d’aller le voir pour lui demander s’il pouvait commencer par labourer à l’autre extrémité, le temps de faire le barbecue« . Encore une fois, la marche est très haute entre les dires et la réalité. Lorsque l’on représente la République, peut-on agir ainsi ? Sommes nous au-dessus ? Cette personne se dit prête à échanger et discuter avec l’agriculteur agressé, mais cela n’est-il pas trop tard ? Taper sur la ruralité sans en prendre connaissance et conscience entraînera sa disparition. Il sera temps de réagir, par les urnes.

Les agriculteurs à bout à cause des choucas.

Les dégâts liés à la faune sont fréquents. Sangliers, corbeaux, étourneaux, bon nombre d’entre eux profitent de l’activité humaine pour se nourrir. Face à cette faune qui détruit leurs cultures, les agriculteurs n’en peuvent plus. Dans la Manche, après les étourneaux l’hiver, ce sont les choucas qui s’attaquent aux semis. Il est cependant impossible d’agir puisqu’il s’agit d’une espèce protégée.

Les agriculteurs de la Manche sur les nerfs

Soumis à un travail difficile, à une économie bancale et insuffisante, les agriculteurs subissent les dégâts de la faune sauvage de plus en plus souvent. Après les étourneaux qui attaquent les silos l’hiver, les choucas, espèce protégée, attaquent semis et autres cultures fraîchement semées.

Dans les zones de montagne ce sont les loups, les ours. Nous ce sont les sangliers, les chevreuils, les corbeaux, les étourneaux. Ils ne nous tuent pas des bêtes mais ils tuent des cultures.

Jérôme Gibault, salarié agricole et secrétaire général adjoint des Jeunes Agriculteurs de la Manche.

La fédération départementale des chasseurs de la Manche le reconnaît, « on a énormément de problèmes à l’époque des semis. Tous les ans, il y a des dégâts » témoigne Christophe Gouache.

Quels moyens pour limiter la casse ?

Les corbeaux freux ainsi que les corneilles noires sont des espèces classées ESOD, « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ». Par ce statut, ces espèces peuvent faire l’objet de piégeage toute l’année par un piégeur agréé. Elles peuvent aussi être soumises à des tirs au printemps sur autorisation préfectorale individuelle. Ce qui permet une limitation des dégâts en cette période.

Cependant, ce n’est pas le cas des choucas des tours, espèce protégée en France. Cette espèce en pleine expansion et avec des populations toujours plus nombreuses engendre de vrais problèmes. Ces problématiques dues à cette espèce ne sont pas qu’agricole, la preuve en est, « il y a même des incendies dus aux nids de choucas des tours dans des cheminées. ». Afin de pouvoir agir sur cette espèce, il est important de faire remonter les dégâts qu’elle cause à la DDTM. Si les dégâts ne sont pas déclarés, la DDTM ne pourra pas demander le changement de statut des ces oiseaux et rien ne pourra être fait.

Pour limiter la casse, les agriculteurs devraient s’inspirer de la Meurthe-et-Moselle qui a créé un drone en rapace afin d’effaroucher les corvidés. Bazooka, cerf-volant, répulsif sur cultures, voici tant de solutions qui peuvent limiter les dégâts, mais pas les empêcher. Le directeur de la FDCGDON (Fédération Départementale des Groupement de Défense contre les Organismes Nuisibles), explique « de façon générale, l’effarouchement est étroitement lié à la pression des oiseaux sur le secteur (corvidés et idem pour les étourneaux). Plus la pression est forte, plus le risque d’accoutumance ou d’habituation est important : la durée d’efficacité est de ce fait réduite ».

En Haute-Savoie, la ruralité claque la porte du comité Loup

Dans un communiqué de presse en date du 5 juillet, la profession agricole ainsi que les représentants des chasseurs ont décidé de ne plus prendre part au Comité loup. Cette décision est un véritable coup de tonnerre et met en avant l’exaspération de la ruralité face à la gestion du prédateur.

Gestion de l’espèce de manière locale en fonction des effectifs

Après des semaines à réclamer des moyens adaptés et efficaces pour protéger leurs troupeaux, les éleveurs ont décidé de claquer la porte du comité Loup de Haute-Savoie. Cette protestation, portée par l’ensemble de la ruralité, a comme objectif de faire bouger les lignes et de se faire entendre. Agriculteurs et chasseurs de Savoie souhaitent que les effectifs de loups soient gérés localement en fonction des contextes agricole, touristique et cynégétique.

Le loup est au cœur de beaucoup de polémiques. En effet, ses effectifs sont sous-estimés par les instances scientifiques de l’État ; la préfecture ainsi que l’État ne veulent pas écouter les cris de détresse du monde pastoral ; les moyens pour lutter contre les attaques sont minimes et ne servent que de rustines. Malgré ce constat, rien ne bouge. Les éleveurs sont aujourd’hui confrontés à une usure psychologique. Un agent de l’OFB témoigne « dans mon secteur un éleveur passait ses nuits à protéger son troupeau. Jusque là rien d’anormal, cependant, l’animal est rusé, chaque matin, l’éleveur, malgré sa présence sur site retrouvait des animaux attaqués ». Face à une telle situation l’éleveur a subit un traumatisme important à tel point que la « folie » a pris le dessus. « Rester éveiller la nuit et le jour c’est inhumain, poursuit l’agent, après plusieurs jours l’éleveur a subit des répercussions psychologiques, hallucinations, délires, l’homme a finit par être hospitalisé » conclut-il. Il y a donc une vraie problématique que personne ne veut saisir et qui va finir pas engendre un ras-le-bol général qui commence à se manifester.

Ce qui est dit dans le communiqué

« La profession agricole et le monde de la chasse ne supportent plus le comportement de l’administration », déclarent huit organisations agricoles et du monde de la chasse dans le communiqué de presse du 5 juillet 2021. Ces derniers la jugent « inefficace », et « militante ».

Au-delà du sentiment de mépris, les huit signataires mettent en cause comme expliqué plus haut, les comptages concernant l’espèce, le comportement des fonctionnaires qui parfois s’assument pro-loup. De plus, ce collectif d’acteurs ruraux se pose la question de pourquoi, éleveurs et chasseurs ne possèdent pas plus d’outils efficaces pour se protéger du prédateur. Éleveurs et chasseurs estiment donc, qu’aujourd’hui, le dialogue au sein de ce Comité Loup n’a pas été utile et n’a pas porté ses fruits. Ainsi ils ont décidé de le quitter avec un fort sentiment de mépris et d’inconsidération. « L’État et ses alliés environnementalistes sont les fossoyeurs de la biodiversité et du cadre de vie des Haut-Savoyards créés par des générations de paysans« , concluent-ils.

Ci-dessous le communiqué :

La barre d’envol sauve le gibier

Agriculteurs et chasseurs sont d’accord sur le sujet, une barre d’envol installée sur l’avant du tracteur durant la fauche sauve des vies. Cet outil, simple d’utilisation permet l’effarouchement du gibier à plumes et à poils. Ainsi, chaque année faisans, lièvres et faons de chevreuil sont épargnés par les engins agricoles.

Agriculteurs et chasseurs partenaires

A Bouloire, dans la Sarthe, deux bénévoles ont installé une barre d’envol à la demande d’un agriculteur. Ce procédé a permis d’effaroucher bon nombre d’espèces présentes dans la parcelle avant le fauchage.

L’opération s’est déroulée sur une parcelle située dans un GIC (Groupement d’Interêt Cynégétique). Ce statut cynégétique permet de gérer des espèces de manière précise, technique et scientifique. Ainsi durant cette mission une nichée de faisan a pu être sauvée (une poule avec ses cinq faisandeaux) comme en témoignent Régis et Jean-Yves bénévoles « La mère avec ses cinq petits. » avant de compléter « nous avons fait partir trois chevreuils adultes et deux jeunes leur évitant ainsi de passer dans la faucheuse tout comme un coq faisan et deux lièvres.« 

Quelques jours plus tard, une seconde intervention a eu lieu sur une parcelle enherbée. Cette fois-ci, quatre petits chevreuils ont pu être sauvés. Au total, ce sont sept petits chevreuils qui ont pu être épargnés par l’engin agricole se félicitent les bénévoles.

Cet outil agricole permet aux chasseurs et aux agriculteurs de favoriser et protéger la biodiversité. S’investir et travailler en collaboration renforce les liens ruraux entre ces deux mondes qui ne souhaitent qu’une chose, protéger l’environnement et ce qui le compose.