Loup pris au piège. Une composition superbe

Dans cette composition, la disposition des animaux reflète une hiérarchie qui est très symbolique. Le cerf, animal royal occupe l’étage supérieur. Le loup jugé par Buffon « nuisible de son vivant, inutile après sa mort » doit se contenter de la partie inférieure.  

Une composition inspirée d’un tableau de Jean-Baptiste Oudry

Cette étonnante composition d’argent ciselé trônait sur une table princière, celle du duc de Bourbon, prince de Condé. Sur un plateau orné de quatre têtes de sangliers, un cerf cerné de quatre chiens se dresse au-dessus de quatre arches rocheuses. Sous cet hallali, un loup que flaire sa femelle est pris au piège. Des chandeliers, aujourd’hui disparus, accompagnaient ce centre de table. Le jeune orfèvre Jacques Roëttiers s’est probablement inspiré d’un tableau de son ami Jean-Baptiste Oudry. C’est lui qui a peint le thème du loup pris au piège. Sous le règne de Louis XV, les deux hommes étaient logés au Louvre où ils ont pu échanger leurs dessins préparatoires.

Un théâtre miniature

Lors d’un repas donné par le prince de Condé au château de Chantilly en 1736, ce surtout, autre nom donné à cette vaisselle d’exception, a fait l’admiration de toute la cour. Autrefois utilisé pour disposer les éléments indispensables à l’assaisonnement des plats et à l’éclairage de la table, ce type de plateau pouvait présenter plusieurs pièces de vaisselle : sucrier, salière, poivrier, huilier et vinaigrier. Mais ici, la disposition du décor ne permet plus cet usage. En revanche, l’objet devient un théâtre miniature qui offre des points de vue multiples aux convives.

Miraculeusement préservée de la tourmente révolutionnaire, cette pièce exceptionnelle témoigne de la passion du luxe et de la chasse associée au goût de la fantaisie propre à cette époque dite rocaille.

Pour en savoir plus : https://arthist.typepad.fr/artchasse_chasscrois/2022/02/pi%C3%A8ge-dargent.html

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Scènes de chasse dans Paris. C’est possible !

Saviez-vous que la chasse pouvait aussi être présente au détour d’une rue ou dans les allées d’un parc à Paris ?

En voici trois exemples.

La statue « Retour de chasse » se trouve dans le jardin des Tuileries à proximité de la rue de Rivoli et de l’avenue Lemonnier. C’est un bronze sculpté en 1888 par Antonin Carlès (1851-1919).

La « Harde de cerfs écoutant le rapproché » est une sculpture réalisée par Arthur Le Duc vers 1885. Vous pourrez la trouver dans le jardin du Luxembourg à Paris. Le groupe représente un cerf, une biche et un faon, entendant la meute.

Diane au cerf se trouve aussi dans les jardins du Luxembourg. On la trouve au sud du bassin, sur la pelouse dans l’axe du Palais. Elle est inspirée d’une statue antique.

Si vous êtes à Paris et que vous avez envie de voir encore plus de belles oeuvres liées à la chasse, il faut absolument aller visiter le musée de la chasse et de la nature de la Fondation Sommer.

—> Site du musée de la chasse et de la nature (Fondation Sommer – Paris)

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—> A Paris, le musée de la chasse fait peau neuve.

Sanglier saurien, le mariage entre un sanglier et un caïman

Les archéologues qui fouillent au Panama, ont découvert d’étonnants objets alliant l’or à diverses matières. Parmi ces pièces, voici une curieuse association : le sanglier saurien. Des simulacres de défenses de sanglier coiffées de têtes de caïmans – très stylisées – en or.

Un objet religieux à forte signification symbolique

Ce double pendentif en forme de saurien mythique avec défenses est typique de la culture Coclé qui s’étende de 800 à1200 après JC. Il s’agit d’une culture pré-colombienne baptisée du nom d’une province du Panama.

Dans les pays de l’Isthme du Costa Rica et du Panama, la production aurifère était considérée comme une activité sacrée, et les populations purifiaient leurs corps en jeûnant durant plusieurs jours afin de favoriser cette production.

Ces objets associant le sanglier au saurien sont chargés d’une forte signification spirituelle et symbolique. Car les deux bêtes réputées pour leur force, l’une terrienne, l’autre plus familière du monde aquatique, symbolisent la terre flottant dans la mer primordiale. Un mariage improbable qui évoque la création du monde. Cet objet est exposé au Art Insitute de Chicago.

Pour en savoir + : https://arthist.typepad.fr/artchasse_chasscrois/2021/12/mariage-dun-sanglier-et-dun-ca%C3%AFman.html

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Une épée de chasse richement décorée

Ce sont les orfèvres Emmanuel Pioté et Jacob H. Köchert qui ont réalisé cette épée de chasse richement décorée. pour l’un des comtes Hoyos-Sprinzenstein dont les armoiries figurent sur le cabochon émaillé recouvrant le pommeau à tête de lion. 

Des armes de chasse et de collection

C’est à partir du 15e siècle que la fabrication d’armes à usage cynégétique se répand en Europe. Auparavant, les épées et autres épieux étaient utilisés alternativement pour la guerre comme pour la chasse. Parmi les armes très appréciées, de longues épées de chasse employées notamment par le veneur pour servir les sangliers font leur apparition. Ces armes blanches se caractérisent par une barre de fer émoussée qui minimisait les risques de blessure chez les chiens et les chevaux. Seule la pointe, souvent élargie et renforcée, était aiguisée.  

Orfèvre d’origine française, Emmanuel Pioté ouvrit son atelier à Vienne en 1814. C’est un moment propice pour les artisans de la capitale autrichienne. En effet, cette même année débuta le fameux congrès de Vienne qui vit affluer dans la cité tous les représentants des états européens. Malgré un contexte politique houleux, de nombreux participants, emportés par le tourbillon des fêtes, profitèrent de cette opportunité pour faire revivre l’art de vivre de l’aristocratie au 18e siècle.  

Épée de chasse – Emmanuel Pioté et Jacob H. Köchert – acier, or, émail, agate, bois, cuir –  Metropolitan Museum of Art, NY

—> Pour en savoir plus : https://arthist.typepad.fr/artchasse_chasscrois/

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Paul Manship, un sculpteur américain

Assez méconnu en France, il a connu la célébrité dès sa première exposition en 1912. Né en 1885 et décédé en 1966, il a sculpté dans un style art déco beaucoup de scènes animalières dont voici quelques exemples. Il est encore assez côté aujourd’hui, certaines de ses sculptures peuvent coûter jusqu’à 70 000 dollars. Nous nous contenterons donc de les observer dans les musées. Malheureusement je crois qu’il n’est exposé que dans des musées américains.

Paul Manship

Un étrange couteau de chasse…

Les cabinets de curiosité peuvent parfois receler de vraies surprises. Celle-ci en est une. Voici un étrange couteau de chasse du XVI° siècle.

Un couteau de chasse qui est aussi, pistolet et calendrier.

Au XVI° siècle les pistolets à roue étaient parfois combinés avec des épées, des couteaux, des haches, des masses, des lances et même des arbalètes qui pouvaient être utilisés si le pistolet ne fonctionnait pas. Ce qui arrivait assez souvent… Ici, il s’agit d’un pistolet combiné à un couteau de chasse dont la lame en forme de couperet est gravée d’un calendrier et du nom de l’artisan armurier. Souvent peu pratiques, voire inutilisables, ces armes mixtes étaient par contre, des curiosités très appréciées et très coûteuses.

Couteau-pistolet

Catherine Farvacques, une artiste animalière de caractère.

Comment décrire l’artiste et son oeuvre ? Difficile, tant sa vie est riche d’aventures et ses peintures et sculptures bouillonnent de vie. Une artiste au caractère bien trempé qui nous séduit grâce à des oeuvres à son image.

L’artiste.

Née en 1963 de parents eux-même artistes, les chevaux ont été sa première passion. C’est avec eux et grâce à eux qu’elle part à l’aventure pour des raids équestres en Turquie, en Mongolie, au Kirghizistan, au Yémen… Elle suit les cours de l’école des arts décoratifs et de l’École du Louvre, passe un long moment dans l’audiovisuel pour finalement s’installer en Bretagne où elle découvre la chasse. Plus tard, les chevaux lui font découvrir la tauromachie qui deviendra un des thèmes de son oeuvre.

L’artiste au travail

L’oeuvre.

Catherine Farvacques décline l’art animalier au travers du dessin, de la gravure sur cuivre à pointe sèche et au burin, de la peinture à l’huile et plus récemment de la sculpture. Quelle que soit la technique utilisée, on sent l’excellente maîtrise et le souci d’un rendu parfait. Mais l’art ne se résume pas à la technique ; tout ceci est au service de la vision d’une véritable artiste pour qui cette phrase de Zola semble avoir été écrite : « Une oeuvre d’art est un coin de la création vu à travers un tempérament ». Je vous laisse découvrir un aperçu de son talent avec ces photos et vous invite à aller voir le reste sur son site internet : https://www.catherine-farvacques.com/

Hercule et le sanglier d’Arcadie.

Par Anne Chevée

Les chasses des héros antiques ne sont pas de simples sorties sportives. Médiateurs entre les hommes et les divinités, ces êtres d’exception dotés d’une stature et d’une force extraordinaires sont considérés comme les protecteurs de la communauté car – comme Héraclès – ils peuvent éradiquer les monstres qui dévastent la terre.

Confronté à un sanglier exceptionnel, Hercule/Héraclès use de ses talents de chasseur pour capturer cet animal d’une force peu commune qui terrifiait les habitants du mont Érymanthe en Arcadie. 

Ce relief en marbre, probablement destiné au décor d’un temple, met en scène le chasseur victorieux et symbolise ainsi la supériorité de la civilisation sur le monde primitif des bêtes sauvages.

Le bas-relief complet
Détail

Relief en marbre avec Héraclès portant le sanglier d’Erymanthe – 27 avant J.C. – 68 après J.C. – Metropolitan Museum of Art, NY

En savoir + : https://arthist.typepad.fr/artchasse_chasscrois/