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Papys chasseurs ou tontons flingueurs ?

Les chasseurs disent avoir tué un faon d’une soixantaine de kilos. Pas les agents de l’ONCFS, ni les scientifiques. En l’absence de témoins, l’affaire est compliquée. (Photo archives NR)
Sept chasseurs, suspectés d’avoir tué un ou deux cerfs, affirment n’avoir tiré qu’un faon. Ils ont comparu durant quatre heures à la barre du tribunal.

Une affaire de chasseurs qui occupe un après-midi entier d’une audience judiciaire, c’est un fait assez rare, même pour un tribunal de police. Mardi, ils étaient sept à se présenter à la barre du tribunal présidé par Mme Blanc.
Quatre papys de 75 ans et plus, détenteurs du permis de chasser depuis plus de 50 ans chacun. Un couple de quadras, invités sur leur chasse et un ami plus jeune, lequel faisait office de meneur de chiens – de « piqueux » – ce 22 décembre 2014, entre Le Grand-Pressigny et Chaumussay. Sept chasseurs chevronnés réunis pour une partie de chasse au jeune cervidé, au faon.
Mais si les sept protagonistes comparaissaient mardi, c’est qu’ils sont suspectés d’avoir tiré sur deux cerfs ce matin-là, et d’en avoir tué un.

Un coup de fil anonyme prévient la police de la chasse

C’est un coup de fil anonyme qui a prévenu les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Pour un « comportement suspect des chasseurs », quelques minutes après qu’une douzaine de coups de feu ont été entendus dans le voisinage…
Les agents de l’ONCFS ne se sont déplacés sur le site de la chasse que vingt-quatre heures plus tard, le lendemain. Mais, dans la terre humide d’un sous-bois où les avaient menés des traces, suivies depuis les empreintes de pneus d’une voiture garée sur le bas-côté, les agents avaient trouvé des gouttes de sang et des traces de pas d’animaux correspondant à celles d’un cerf, et non d’un faon.
Et, un peu plus loin, les traces de sabots d’un autre grand cervidé « touché à un muscle ». Pour lever tout doute, les agents font appel à un spécialiste et son « chien de sang » et transmettent les photos des empreintes aux scientifiques du Muséum d’histoire naturelle ! Lesquels confirment qu’il s’agit de traces de cerfs et non de faon.
Les chasseurs seront interrogés seulement cinq jours après les faits. Tous ont toujours soutenu avoir tué un faon, d’une soixantaine de kilos. Un jeune mâle « d’environ sept mois », qu’ils se seraient rapidement partagés avant de jeter la tête, les viscères et les pattes à la poubelle.
Aucune photo de la prise ne sera faite. Le dépeçage se fera dans un atelier de fortune, inhabituellement utilisé. Pour le ministère public, que représentait le procureur adjoint, M. Bernard, il ne fait aucun doute que ces sept-là se sont entendus pour mentir.
Le substitut soulève « les incohérences de leurs auditions » et s’en réfère à l’avis des agents assermentés et des scientifiques.
Pour les parties civiles, Fédération de chasse d’Indre-et-Loire et Association de chasseurs de grand gibier, Me Ottavi et sa consœur évoquent leur « intime conviction » et affirment qu’il s’agit « d’un acte de braconnage grave ».
Me Bendjador, pour la défense, parle d’une « procédure dans des circonstances ubuesques » et réclame des preuves, les traces des sabots photographiées, « le talon d’Achille de ce dossier », n’en constituant pas le moins du monde, selon ce chasseur averti.
Le procureur a réclamé des amendes et le retrait du permis de chasser sans possibilité de le repasser avant un an. « Vous les condamneriez à une petite mort ! », s’est exclamé leur défenseur.
Jugement le 1er mars.

 




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SOURCE : LANOUVELLEREPUBLIQUE

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