[Vidéo] Des choucas récoltent des poils de biche

La nature réserve parfois de nombreuses surprises. La preuve en est, dans cette vidéo, où l’on observe des choucas des tours se saisir des poils d’une biche afin de faire leur nid. Si ce moment extraordinaire a pu être immortalisé, il n’est pas rare de pouvoir l’observer dans la nature.

Des choucas en plein vol !

Le choucas des tours aussi appelé corbeau choucas, est un oiseau de la famille des corvidés. Dans cette vidéo, nous pouvons voir des individus venir sur le dos d’une biche afin de récupérer des poils. Surprenant ? Oui, mais tout à fait normal. En effet, ces corvidés utilisent les poils du cervidés afin de venir confectionner leur nid. Le cervidé ne semble pas plus dérangé que ça. En effet, probablement habitué à ce genre de situation, le choucas lui permet de se débarrasser de son poil d’hiver. Cette scène magnifique a pu être immortalisée, c’est pourquoi nous vous la partageons. La nature est un monde merveilleux où les interactions entre espèces sont d’une utilité sans égale.

Vidéo issue de la page Facebook de Ahmad Akelenga Abu Anas

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[Vidéo] Ce cerf saute pour se débarrasser de ses bois

Ce cerf n’est pas atteint d’une crise de folie. Il essaie de se débarrasser des ses bois en sautant. C’est l’époque de la mue pour ce cerf mulet (Mule deer, espèce de cerf vivant aux États-Unis et au Canada).

La mue, ce phénomène étonnant. [ ]

La chute et la formation des bois sont en relation avec la sécrétion de la testostérone (hormone sexuelle). Les cerfs âgés perdent leurs bois en premier, dès le mois de février. Les daguets sont les derniers et la chute peut avoir lieu pour eux jusqu’au mois de mai. Le cerf qui vient de perdre ses bois est appelé cerf mulet. A ne pas confondre avec le mule deer américain (Odocoileus hemionus) de cette vidéo qui est, lui, une espèce de cervidé d’Amérique du Nord.

Les nouveaux bois (les refaits) sont d’abord spongieux et se minéralisent progressivement. Le velours qui recouvre les refaits est un tissu de protection. La repousse complète dure de 120 à, 140 jours. La chute des velours se fait dans le même ordre que la chute des bois. Début juillet pour les grands cerfs et jusqu’à septembre pour les daguets.

Merci à Jeff Enns pour cette vidéo ! Sa chaîne You Tube est à voir ici : Jeff Enns

« Le cycle mystérieux de la chute et du refait saisonnier de ses bois l’assimile à l’arbre de vie. La sève qui nourrit sa ramure surgit des mêmes sources que la semence inépuisable dont il inonde le ventre des biches à la saison du brame. Dans le refait de ses bois, dans l’ivresse du rut et dans le combat contre ses rivaux, il est la fécondité incarnée, l’image vivante de la perpétuelle régénération de la nature. Depuis les temps les plus reculés, sa majesté, sa ramure et sa fertilité ont acquis un pouvoir sans égal sur l’imagination des hommes. » Dominique Venner (Dictionnaire amoureux de la chasse. Éditions Plon)

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(Vidéo) Il roule avec un cerf vivant dans son coffre

Évidemment, cela se passe aux États-Unis, en Pennsylvanie plus exactement. Un couple en voiture se fait arrêter par la police qui trouve un cerf de Virginie vivant dans le coffre du véhicule.

Ceux-ci racontent alors aux policiers qu’ils ont trouvé l’animal inanimé sur le bord de la route et, le pensant mort, l’ont chargé pour le ramener à la maison. En route, il s’est réveillé et ses mouvements ont attiré l’oeil des policiers. Ceux-ci ont stoppé la voiture et ordonné de libérer l’animal. Il paraît que cela s’est terminé par une garde à vue. Merci à la police de Newberry pour ces images.

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Le rut fatal aura été fatal pour un cerf à La Curiaz en Savoie

Le rut est l’occasion d’affrontements parfois violents. Le combat entre deux d’entre eux s’est mal terminé pour un cerf à proximité de La Curiaz.

L’intervention des chasseurs locaux a permis de sauver un des deux cerfs.

La saison du brame touche à sa fin mais le combat entre deux cerfs à La Curiaz, un hameau de Savoie aura été fatal pour l’un d’entre eux. Tôt ce dimanche matin, les chasseurs de l’ACCA locale découvrent deux cerfs dont les bois sont entremêlés et coincés dans une filet de clôture à vaches. Ils décident d’appeler la grade-chasse de Thones. Il s’agit d’une jeune femme, Anaïs Curt-Cavens. Arrivée sur place, elle prend la mesure de la situation et décide de tenter la libération des animaux. Malheureusement, il a fallu euthanasier un des deux cerfs dont les blessures reçues lors du combat étaient trop graves. Les chasseurs et la garde-chasse ont pu libérer l’autre qui a retrouvé la forêt.

Lorsqu’on parle de cerf, il faut en profiter pour citer Maurice Genevoix qui a merveilleusement évoqué cet animal dans La dernière harde : « Tout droit, le cou large et velu, il portait haut son chef couronné d’une ramure ample et sombre. Ses yeux songeurs regardaient au loin devant lui. Lorsque le remous des échines se fut refermé sur son corps, ses bois royaux continuèrent de surgir, haut dressés, par-dessus les bêtes de son clan. »

© Photo ACCA

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—> Le cerf élaphe, plus grand ongulé de France

—> Un homme gravement blessé par un cerf

—> La dernière harde – Maurice Genevoix (éditions Flammarion)

Les pompiers sauvent un cerf piégé dans un puits de 6 mètres

Le 28 septembre, sur la commune de Meyrals, en Dordogne, les sapeurs-pompiers du groupe de recherches et d’interventions en milieu périlleux et des agents de l’office français de la biodiversité ont sauvé un cerf coincé dans un puits. Cet animal, tombé dans cette cavité de 6 mètres de profondeur, a pu regagner, après 4 heures d’intervention son milieu naturel.

Un cerf coincé un puits naturel

Alors qu’il ramassait les champignons, un promeneur repère un cerf coincé au fond d’un puits. L’homme s’empresse de contacter le président de la société de chasse, qui à son tour contacte les services de l’OFB. Cette découverte à lieu le 25 septembre, le sauvetage lui n’est prévu que pour le 28 septembre. Eric Brandt, chef de service adjoint à l’OFB explique avoir nourri l’animal, afin qu’il puisse tenir jusqu’à l’intervention du GRIMP24.

6 mètres de profondeur et 4 heures d’intervention

Les sapeurs-pompiers du GRIMP24 ont pu intervenir mardi afin de sauver le roi de la forêt. L’animal de plus de 150 kg est anesthésié afin de pratiquer l’extraction en toute sécurité et dans les meilleures conditions. A la fin de l’intervention, qui a duré 4 heures, le cerf a pu repartir dans son habitat naturel. Ci-dessous, le reportage photo du Service de sécurité & premiers secours.

Dérangement et braconnage en période de brame

En période de reproduction, le cerf brame. Cet instant magique qui a lieu entre septembre et octobre nous offre des spectacles admirables. Cependant, l’animal a besoin de calme et de tranquillité. Vulnérable pendant cette période, le cerf est victime d’un trop grand nombre de promeneurs qui souhaitent absolument voir et entendre l’animal. Pour limiter ces dérangements, les gendarmes veillent et surveillent.

Un animal vulnérable durant cette période

Depuis plusieurs années maintenant, les gendarmes patrouillent en forêt en période de brame. « C’est une réalité tous les ans depuis huit ans au moins« , souligne l’adjudant-chef Arnaud Lacroix. L’objectif de cette présence est simple « faire en sorte que le brame du cerf ne soit pas perturbé, que les curieux ne prennent pas de risques » explique le gendarme.

La période du brame est une période ou l’animal est très vulnérable. En effet, celui-ci ne pense qu’à la reproduction. La présence des gendarmes est là pour sensibiliser et prévenir, non pas interdire. « C’est bien que les gens veuillent voir ça, c’est bien qu’ils s’intéressent à la forêt et à ses cerfs« , assure le gendarme. Mais il est hors de question que l’animal ne soit dérangé pas des comportements inadaptés, « ces animaux sont peut-être beaux et impressionnants, mais ils peuvent être très dangereux. Leurs bois sont de véritables armes » ajoute-t-il. Pour sécuriser et éviter les mauvais comportements les gendarmes veilleront à faire passer les consignes aux promeneurs nocturnes : ne pas éclairer les animaux, ne pas faire de bruit et enfin, se tenir à distance.

Attention aux braconniers

Le dérangement par les curieux n’est pas le seul problème. En effet, en cette période le cerf est facile à approcher, ce qui facilite le travail des braconniers. Ainsi, gendarmes, gardes de l’office national des forêts et de l’office français de la biodiversité s’allient pour lutter contre ce fléau. « Dans cette période où l’animal est vulnérable, certains pourraient bien essayer de braconner le cerf sachant que l’on n’est pas encore en période de chasse», souligne l’adjudant-chef Lacroix. L’homme précise que « cela arrive malheureusement régulièrement » et que des « actes de braconnage ont déjà eu lieu cette année ».

Veiller sur le roi de la forêt est devenu une véritable mission. Pour l’adjudant-chef « c’est aussi le travail des gendarmes » que de lutter contre les mauvais comportements ainsi que les actes de braconnage.

L’autre monarque des Highlands

Animal symbole de l’Écosse, le cerf a inspiré de nombreux artistes dont le peintre anglais Sir Edward Landseer. Voici une de ses oeuvres les plus poignantes.

Au 19e siècle, la passion de l’aristocratie britannique pour la chasse au cerf dans les Highlands entraina l’aménagement de domaines et la prolifération des cervidés dans cette région d’Écosse. L’expression deer forests désignait ainsi des terres appartenant à l’aristocratie écossaise mais vidées de leurs populations pour être louées par l’aristocratie britannique afin d’y chasser le cerf.

Le peintre anglais Sir Edward Landseer découvrit la région en 1824 sous l’influence des romans de Walter Scott. Devenu une personnalité importante de la société victorienne, invité à Balmoral, il composa plusieurs peintures pour la reine dont le célèbre Monarch of the Glen, portrait d’un splendide cerf dressé sur un fond montagneux incarnant l’Écosse britannique.

Sur cette autre œuvre de Landseer, la chasse est évoquée par la mise en scène de l’animal. Couché sur le flanc, langue pendante et fourrure rougie, le cerf mortellement blessé jette un regard poignant qui amplifie le pathétique du moment.

Cerf mourant  – 1830 – Sir Edward Landseer – Metropolitan Museum of Art, NY

Très appréciées sous l’ère victorienne, les multiples peintures de cerfs ont largement contribué à élaborer une mémoire collective partagée par l’Écosse et la monarchie britannique. Cette mémoire mise en place au 19e siècle a perduré et le cerf est toujours considéré comme l’un des emblèmes principaux de l’Écosse.

Pour en savoir + : https://arthist.typepad.fr/artchasse_chasscrois/

Le cerf élaphe, plus grand ongulé de France

Plus grand ongulé de France, le cerf élaphe, Cervus Elaphus, peuple aujourd’hui une grande partie de nos forêts. C’est l’animal le plus beau et le plus majestueux de nos forêts européennes. Le rencontrer est toujours un moment inoubliable. Il a inspiré de nombreux écrivains dont Maurice Genevoix :

« Tout droit, le cou large et velu, il portait haut son chef couronné d’une ramure ample et sombre. Ses yeux songeurs regardaient au loin devant lui. Lorsque le remous des échines se fut refermé sur son corps, ses bois royaux continuèrent de surgir, haut dressés, par-dessus les bêtes de son clan. »

Présentation et carte d’identité

Il s’agit du plus grand herbivore de nos forêts. Pouvant atteindre 150 cm au garrot, pour un poids pouvant parfois dépasser les 200 kg, le cerf élaphe sait, malgré sa carrure, se faire discret et se faufiler dans les bois sans aucun bruit. Il possède un poitrail massif et un cou élancé. Chez cette espèce, comme chez le chevreuil, le dimorphisme sexuel est très marqué entre le mâle et la femelle (biche). En effet, au-delà de la différence de taille et de poids, le cerf porte des bois, que la biche n’a pas. Chaque année, en fin d’hiver les mâles les perdent. Ainsi, si vous trouvez des mues lors de vos balades, cela signifie que l’espèce est présente sur votre secteur.

Image issue de l’ANCGG

Au début de sa vie, le faon aborde un pelage brun tacheté de blanc. Par la suite celui-ci deviendra gris-brun avec un tâche beige sur la croupe. Chez le mâle et la femelle, le poil est similaire, selon les saisons, celui-ci est plus ou moins gris-brun. L’espèce mue deux fois par an, l’été le pelage est léger, l’hiver, pour affronter les conditions extrêmes, il est plus épais et plus foncé.

Les appellations du cerf

L’importance du cerf dans nos cultures européennes peut se mesurer à la richesse du vocabulaire que l’on utilise pour le désigner et le définir.

En fonction de son sexe et son âge

De la naissance à 6 mois, mâle et femelle sont des faons. Le faon femelle gardera ce nom jusqu’à l’âge de 12 mois pour devenir une bichette. À partir de six mois, le faon mâle lui, devient un hère. À 24 mois, la bichette devient une biche et peut déjà être fécondée. Quant au hère, à l’âge de 12 mois, il devient un daguet de 1ère tête (bois en forme de dagues, caractérisés par l’absence de meules).

Les appellations du Cerf d’après son physique :

Lorsque le Cerf est porteur de bois, on le surnomme « cerf coiffé« . A contrario, lorsque celui-ci est « décoiffé », c’est-à-dire qu’il a perdu ses bois, on parle alors de « cerf mulet« . A ne pas confondre avec le « cerf moine » qui lui, ne possède définitivement plus de bois (dû à la vieillesse ou suite à un accident).

Les appellations du Cerf selon ses mœurs

Lorsque de jeunes cerfs tournent autour de la place de brame dans l’espoir d’un moment d’inattention du vieux cerf dominant, on parle de « cerfs satellites« . Un cerf solitaire et méfiant qui n’est visible qu’au moment du brame est nommé quant à lui, « cerf pèlerin« , « cerf fantôme » ou encore « cerf nomade« . On désignera comme « cerf écuyer« , un jeune cerf qui en accompagne un vieux. Enfin, on parle de « biche bréhaigne » lorsqu’une vieille biche est devenue stérile.

Reproduction et biologie de l’espèce

Vers septembre-octobre, la reproduction du cerf à lieu. Celle-ci est indissociable du brame. Ce cri rauque, puissant et grave qui transperce nos forêts à l’automne. Il s’agit de cri émit par le cerf marquant ainsi le rut. A cela, s’ajoute le claquement des bois engendrés par les combats entre mâles. Durant cette période exceptionnelle, les mâles, plein de testostérone, peuvent être violents. Le brame prévient les femelles de la présence du cerf. Lorsqu’elles sont réceptives, environ un jour par an, la saillie a lieu. Pour la biche, la gestation durera environ huit mois.

L’espèce vit dans les grands massifs forestiers comportant clairières et bois clairs. Ils vivent généralement en hardes comprenant entre 30 et 50 femelles, notamment au moment du rut. Parfois celle-ci peut-être bien plus importante. En effet, il s’agit d’une espèce grégaire, matriarcale, dont la zone de vie peut s’étendre sur plus de 3 000 hectares. Cette espèce se porte bien en France grâce à de nombreux facteurs : augmentation de la surface forestière mais aussi plan de chasse rigoureux. Il ne peuplait que les forêts du nord-est du pays en 1985 ; il est présent à peu près partout aujourd’hui

Progression du gibier - CNPF - Centre national de la propriété forestière
Évolution des populations de cerfs en France

Le cerf élaphe est un herbivore ruminant. Son régime alimentaire se base sur la végétation disponible au cours des saisons. Herbe, jeunes pousses, fruits, glands, feuilles de ronce, écorces, il s’adapte et consomme une nourriture de saison. A ce propos, il paraît utile de préciser encore une fois quel est le régime alimentaire du cerf qui est accusé de tous les maux par les forestiers. L’herbe est la principale portion alimentaire de cet animal…

Alimentation du cerf

Gestion de l’espèce et préservation

D’un point de vue cynégétique, le cerf élaphe est soumis à ce qu’on appelle un plan de chasse. Cela permet de réguler les effectifs et de respecter les structures naturelles des populations tout en conservant une diversité génétique. Le plan de chasse est défini au niveau local. Ainsi d’un territoire à un autre les prélèvements ne seront pas similaires. A l’approche, à l’affut, en battue ou à courre, la chasse du cerf passionne et offre des souvenirs inoubliables.

La gestion du cerf doit dans un premier temps, être quantitative et répondre aux objectifs locaux fixés par les parties concernées (chasseurs, forestiers, agriculteurs…) en prenant en compte :

  • les équilibres écologiques (valeur alimentaire et intégrité du milieu d’accueil, cohabitation avec d’autres espèces, risques sanitaires) ;
  • les activités économiques (dégâts supportables par la forêt et les cultures, revenus de la chasse) ;
  • la sécurité sur le réseau routier ;
  • la valeur patrimoniale du cerf.

Dans un second temps, cette gestion doit être qualitative. En effet, pour maintenir une structure sociale correcte et éviter les déséquilibres, la règle des trois tiers est utilisée : 1/3 de cerfs coiffés ; 1/3 de biches ; 1/3 de jeunes de l’année (JCB = jeune cerf ou biche, sans détermination de sexe).

Pour l’association nationale des chasseurs de grand gibier, « une forte augmentation de la proportion de biches dans les attributions ne peut se justifier que par la volonté de parvenir à un sexe-ratio mieux équilibré ou de réduire rapidement les effectifs. »

Il y a enfin la question délicate du tir des daguets qui est source de bien des discussions. Comment distinguer un daguet d’avenir à préserver d’un daguet peu prometteur qui pourra être tiré sans dommage pour l’avenir de la population de la zone. Un jeune cerf de première tête perd ses dagues normalement en avril de l’année suivante et il terminera sa deuxième tête avant la mi-août. S’il demeure daguet, il est par définition un mauvais cerf, à éliminer. Notons que l’on peut observer des daguets de troisième tête, à éliminer bien entendu à plus forte raison. Il y a donc un grand intérêt à bien identifier un daguet de deuxième tête.

Chez le daguet de deuxième tête, il y a toujours une meule, que l’on peut parfois arriver à observer à distance, formant une margelle évasée autour du pivot, mais parfois aussi, plus ou moins enfoncé dans le poil. Les dagues sont en général longues (50 cm et plus). De face, elles affectent typiquement une forme arquée en se recourbant l’une vers l’autre. C’est surtout de profil que la tête est caractéristique. La dague, peu après son départ du pivot, se courbe fortement en arrière près du crâne. A partir de l’endroit où devrait se détacher l’andouiller d’œil (inexistant ou à peine ébauché), elle inverse sa flexure pour décrire une ample courbe concave en avant.

Le cerf source de querelle entre chasseurs et forestiers.

La gestion du cerf élaphe n’est pas une mince affaire, les différents acteurs de la ruralité se voient souvent confrontés à des intérêts contradictoires. En effet, trop de prélèvements, entraînerait une chute des populations, ce qui n’est pas recherché. Alors qu’une attribution trop légère engendre chez les forestiers et les agriculteurs une certaine « grogne ». Il est donc primordial de continuer à travailler ensemble afin de trouver le meilleur équilibre agro-sylvo-cynégétique.

A condition que tous les acteurs soient de bonne foi, ce qui n’est pas toujours le cas. L’ONF et certains acteurs sylvicoles privés militent en ce moment pour la disparition des plans de chasse aux cervidés qu’ils accusent d’abimer la forêt. Ceci signifierait que l’animal pourrait être chassé sans aucune limite, ce qui conduirait évidemment à un fort déclin des ses populations. L’effet pervers de cette politique à courte vue est que l’ONF aura du mal à trouver acquéreur pour ses lots de chasse si les cerfs n’y sont plus. Cet organisme ne devrait-il pas plutôt s’interroger sur sa politique de plantations mono-spécifiques plutôt que d’accuser le cerf et les chasseurs ?

Le cerf, symbole religieux

Il a inspiré les hommes dès la préhistoire comme le montrent les gravures de Lascaux. La chute et le refait de ses bois ont toujours été assimilés à l’arbre de vie et sont symboles de renaissance. On retrouve le cerf comme animal symbole de force et de fécondité dans beaucoup de religions païennes et en particulier chez les celtes avec la figure du Dieu Cernunnos.

Le chaudron de Gundestrup
Grotte de Lascaux

Dans la religion chrétienne, il a une charge symbolique extrêmement forte. Certains hagiographes de saint-Hubert ou de saint-Eustache l’associent au Christ apparu en croix à ces deux saints entre les bois d’un cerf. Les traités de vénerie insistent ainsi sur le fait que le cerf est un animal destiné à être sacrifié au terme d’un rituel précis, comme le Christ a été rituellement sacrifié. Bien entendu, il est l’animal symbole de saint-Hubert, patron des chasseurs.

Saint Hubert

Ô Saint Hubert, patron des grandes chasses,
Toi qu’exaltait la fanfare au galop,
En poursuivant le gibier à la trace,
Tu le forçais sous l’élan des chevaux.
Nous, les derniers descendants de ta race,
Arrache-nous aux plaisirs avilis,
Emplis nos cœurs de jeunesse et d’audace,
Dans la forêt, fais nous chasseurs hardis.

Sauve d’abord du Bocage à l’Ardenne
Notre forêt si chère aux vieux gaulois,
Pour qu’à son chant, notre jeunesse apprenne
Les fiers secrets gardés par les grands bois.
Fais nos yeux prompts, et fais nos lèvres claires,
Pour bien lancer, quand viendra le danger,
Le cri de chasse ou le dur cri de guerre ;
« Sus à la bête ! », et courons la traquer.

Tu vis un jour, au fond du hallier sombre
Où tes limiers se pressaient aux abois,
La croix du Christ que le grand cerf dans l’ombre
Couronnait de l’auréole de ses bois :
Mystique appel qui conquit ta grande âme ;
Tu dis aux cours un méprisant adieu. Montre à nos yeux cette divine flamme,
Et conduis-nous camper sur les hauts lieux.

Quand le Seigneur, la chasse terminée,
Appellera notre nom à son tour,
Epargne-nous les tristes mélopées ;
Tu sonneras pour nous le point du jour.
Au grand galop, pour célébrer ta gloire,
Nous bondirons en poussant l’hallali,
Et nous ferons, au fracas des fanfares,
En ton honneur trembler le paradis !

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Au Luxembourg aussi cerfs et sangliers causent des dégâts.

Pour l’année 2020, le Luxembourg a connu un record de dégâts sur les cultures. Cerfs et sangliers ont causé plus de 563 000 euros de dommages dans les champs luxembourgeois. Une situation qui remet en question la politique de gestion de la faune sauvage dans le Grand Duché.

Le gouvernement écologiste à la peine

La somme est à mettre en rapport avec la superficie du Grand Duché qui ne fait que 2580 km2 dont 34 % sont boisés, et 50 % sont utilisés à des fins agricoles (France 672 000 km2). Il n’y a que 2000 exploitations agricoles au Luxembourg (436 000 en France) pour une surface agricole de 130 000 hectares (28 millions pour la France).

Alors que les agriculteurs connaissent une hausse des dégâts, la tension monte entre le gouvernement et le monde rural et les chasseurs. Avec la situation sanitaire, l’activité cynégétique a été limitée durant cette année. De plus, les chasseurs sont les premiers à devoir dédommager les agriculteurs dont les exploitations ont été touchées. Comme en France, les factures peuvent parfois avoir du mal à passer.

Pour tenter de limiter les dégâts sur les culture (maïs à 30 % et prairies à 60 %) l’idée de chasser la nuit a été proposée. Cependant, pour Carole Dieschbourg, actuelle ministre de l’environnement et membre du parti Les Verts (Dei Gréng), hors de question d’autoriser la chasse de nuit. Idem pour l’utilisation d’appareils de visée nocturne. Au mieux, ces systèmes pourraient être employés au crépuscule, pas plus tard.

La ministre doute des dégâts causés par la faune

Il semblerait que la totalité des dégâts ne serait pas déclaré au service compétent. Ainsi, il serait difficile de mettre en corrélation la faune par rapport au montant des dégâts à rembourser, rapporte Carole Dieschbourg. Cependant, rassembler des données correctes et complètes pourraient s’avérer d’une extrême importance pour la gestion des populations animales. Encore une fois le dogmatisme aveugle les verts. Encore une fois, les verts refusent une réalité qui ne soit pas conforme à leur vision du monde.