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Les pirates de Sea Shepherd arrivent en France.

A l’occasion de la mort d’un ours en Ariège certains ont entendu parler pour la première fois de Sea Shepherd qui offre une récompense de 15 000 euros pour toute information permettant d’arrêter l’auteur de cet acte. La branche française de Sea Shepherd qui compte environ 150 membres envisage d’ailleurs des actions plus violentes à l’encontre des chasseurs qu’ils rendent responsables. Une récente interview de Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, dans Outside est très explicite :

« Nous serons donc très attentifs à l’évolution de la situation. Rewild pourrait poursuivre son action. Il y a des opérations de sabotage anti chasse qui peuvent se faire. » dit cette activiste. Ce genre de déclarations est tout à fait dans ligne de cette organisation qui fait de la violence une des caractéristiques de son action.

Sea Shepherd, ce qui signifie littéralement le berger des mers, fondée en 1981 aux Etats-Unis par Paul Watson est l’une des organisations écologistes légales les plus radicales au monde. Cette organisation fait vite parler d’elle à cause (grâce?) à certaines actions à haute valeur médiatique ajoutée. Ses navires sillonnent les océans depuis la fin des années 1970 défendant les animaux marins contre la pratique de la pêche illégale. Sea Shepherd fait le choix d’utiliser des méthodes agressives, allant jusqu’à éperonner les bateaux jugés « ennemis ». Au-delà du modus operandi, la réactivation de l’imaginaire pirate passe également par le décorum. Entouré de son équipage vêtu de noir, sur des navires de la même couleur dont le pavillon revisite le motif de la tête de mort, Paul Watson cultive une image du pirate mise en pratique lors d’affrontements filmés et largement diffusés sur Internet, la médiatisation faisant partie intégrante de la stratégie de l’organisation.

C’est Paul Watson qui a fait venir Brigitte Bardot sur la banquise en 1977 pour profiter de la notoriété de l’actrice dans la lutte contre la chasse des bébés phoques ; ce qui sera aussi le point de départ de l’activisme de cette dernière. Sa conception de l’écologie est extrême, il n’hésite pas à prôner des thèses qui peuvent se rattacher au courant antihumaniste de l’écologie la plus radicale :

« La population humaine doit se stabiliser et si nous ne le faisons pas de manière volontaire, la nature s’en chargera pour nous. […] Je ne suis pas religieux mais je crois que les quatre cavaliers de l’Apocalypse seront les moyens qui vont servir à réduire notre population – famines, épidémies, guerres et troubles civils – ainsi que la perte de la capacité de charge planétaire. »(Watson et Essemlali, 2012, p. 138)

Ses méthodes sont contestées partout où il passe comme le montrent ces articles parus dans la presse réunionnaise à propos des attaques de requins contre des surfeurs.

https://www.zinfos974.com/Sea-shepherd-des-mensonges-aussi-gros-que-les-baleines_a65959.html

Une affiche de Sea Shepherd particulièrement insultante titrait « Le plus gros risque pour un surfeur, c’est d’être confondu avec un connard ». Quelle empathie à l’égard des victimes d’attaques…

La personnalité même de son créateur est source de polémiques ainsi que l’absence totale de démocratie en interne.

Au fil des années ses actions sont de plus en plus agressives, il en résulte de nombreux démêlés avec la justice.

Pour avoir envoyé par le fond, en 1992, un navire de la Norvège pêchant illégalement le requin, il est condamné deux ans plus tard pour sabotage par ce pays, vers lequel les Pays-Bas, qui l’emprisonnent soixante jours, refusent son extradition. Watson est également en délicatesse avec son pays d’origine, le Canada, qui l’arrête en 1993 par suite d’actions contre des bateaux au large de Terre-Neuve, et le juge l’année suivante pour obstruction à la pêche.

« Il n’est pas nécessaire d’avoir une jambe de bois ou un bandeau sur l’œil pour être un pirate. » Ces mots, prononcés le 25 février 2013, sont ceux d’un juge de la cour d’appel de San Francisco, dans le cadre d’une action en justice entreprise par la flotte baleinière japonaise à l’encontre de l’organisation écologiste.

Cette image se renforce encore alors qu’un mandat d’arrêt international le vise, en 2012, après sa fuite clandestine de l’Allemagne, où il avait été arrêté à la suite d’une action illégale en mer. L’affaire fait de Watson l’éco-activiste le plus connu de la planète. Cette soudaine exposition est l’occasion d’un retour sur les méthodes d’action et de communication de l’organisation Sea Shepherd, créée en 1981 aux États-Unis et jouissant d’une réelle notoriété dans les pays anglophones. Une antenne nationale a été installée en France en 2005, à une époque où l’organisation était encore assez méconnue.

C’est précisément pour avoir molesté un chasseur s’apprêtant à tuer un phoque que Greenpeace, jugeant ses positions trop extrémistes, l’avait écarté de son comité de direction en 1977.

L’argent est le nerf de la guerre et Sea Shepherd dispose d’un budget substantiel, atteignant 20 millions de dollars. Les actions sont financées par environ soixante mille donateurs répartis à travers le monde. Ses équipages regroupent environ 200 personnes de vingt-quatre nationalités différentes, y compris japonaise, le Japon demeurant l’un des pays baleiniers les plus actifs. Cette diversité contribue à la diffusion internationale des images des campagnes. L’ONG dispose, depuis 2006, d’une antenne française. Celle-ci, présidée par Lamya Essemlali, est aujourd’hui la première en Europe et la troisième dans le monde. Une centaine de bénévoles réguliers se répartissent en treize groupes locaux. Il est à noter que la branche française a vite été rejointe par l’inénarrable Hugo Clément…

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