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Dégâts grand gibier. Soyons exemplaires, l’avenir de la chasse en dépend.

L’exemple de l’Ille-et-Vilaine est parlant. La facture est salée pour les chasseurs de ce département. Ils devront débourser 470 000 euros pour indemniser les dégâts de la saison 2020-2021. Cela ne peut plus durer, nous devons être exemplaires.

Des comptes et un moral en baisse

André Douard, président de la FDC d’Ille-et-Vilaine rappelle les faits : « En vingt saisons cynégétiques, nous sommes passés de 750-800 sangliers prélevés sur le département à 4 200 aujourd’hui et dans le même temps de 130 000 € d’indemnisation à 350 000 €. » La facture ne s’arrête pas là. Il faut ajouter environ 120 000 € de frais de gestion. Il faut rappeler que l’indemnisation des dégâts du grand gibier comprend trois postes budgétaires : dégâts agricoles, frais de gestion et mesures de prévention (pose de clôture par exemple).

C’est la loi chasse du 26 juillet 2000 qui encadre l’indemnisation des dégâts causés par le grand gibier et plus particulièrement les articles L.426-1 à 426-6 du code de l’environnement. Ce système n’est plus adapté à la situation actuelle. La FNC a tenté de le modifier en passant par le Conseil constitutionnel. Ce dernier a, hélas, rejeté la demande de la FNC. Le système ne changera donc pas malgré un constat pourtant évident. Il y a environ 30% des territoires chassables non chassés (territoires retirés des ACCA, refuges animalistes, terrains de l’État…) ou difficilement chassés. (zones péri-urbaines par exemple). Ces territoires deviennent des refuges pour les sangliers.

Autre élément du constat : des chasseurs moins nombreux (13 000 en Ille-et-Vilaine) qui paient de plus en plus : taxes à l’hectare, bracelets, contribution grand gibier… Ceci est source de tensions au sein même de la chasse française. Faut-il pour autant casser le système actuel ? Rappelons que la chasse a, du fait de ce mécanisme, une mission d’intérêt général définie dans le Code de l’environnement. Remettre en cause l’indemnisation par les chasseurs pourrait faire disparaître cette mission et les avantages qui vont avec.

Ne pourrait-on pas plutôt essayer de faire en sorte que les frais de gestion qui représentent à peu près le 1/3 du montant total soient pris en charge par l’État ? C’est ce que la FNC et son président Willy Schraen essaient de négocier en ce moment au plus haut sommet de l’État.

Il faut que les chasseurs soient exemplaires

Il ne faut pas gâcher les efforts de la FNC par des comportements stupides. Quelques faits divers récents montrent que tous n’ont pas compris la gravité de la situation. Un tribunal vient de condamner des sociétés de chasse pour agrainage illégal. Trop d’endroits donnent encore des consignes de tir sur les sangliers parfois assorties de pénalités. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Nous devons être exemplaires.

Lire aussi : Des chasseurs condamnés (Midi Libre)

C’est dans notre intérêt. Moins d’indemnisations veut dire plus d’argent pour d’autres budgets. Retour du petit gibier, valorisation de la venaison, points de collecte en plus grand nombre, études scientifiques permettant de valoriser nos actions, plantations de haies et de jachères. Etc, etc…

Et cela se traduira aussi par une chasse moins chère, ce qui permettra à tous de continuer à pratiquer notre passion. L’ADN de la chasse française, c’est la chasse populaire. Nous risquons de la voir disparaître. Il ne faut pas s’y tromper, cela signifierait la mort de la chasse à brève échéance. Car il faut être clair, les défenseurs les plus actifs de la chasse se trouvent dans les rangs des sociétés communales et des ACCA. A la fois en se mobilisant pour la défense de notre passion (qui est allé aux manifestations de septembre dernier ? Qui participe aux consultations publiques pour défendre notre passion ?) et en participant à la gestion des territoires aux côtés des FDC.

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