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Cueillette des champignons, conseils et réglementation

L’automne est bel et bien là, les champignons aussi. Quoi de mieux pour accompagner du gibier ? Attention néanmoins, certaines précautions et règles sont à respecter.

La cueillette de champignons sur les propriétés privées

Les champignons sauvages appartiennent de plein droit au propriétaire du sol. L’article 547 du code civil est formel : “les fruits naturels ou industriels de la terre appartiennent au propriétaire par droit d’accession”. Leur cueillette n’est, par conséquent, tolérée qu’aux conditions suivantes :

  • demander l’autorisation au propriétaire ;
  • respecter les lieux, les animaux et les panneaux d’interdiction ;
  • ramasser avec parcimonie ;
  • consulter les arrêtés préfectoraux et communaux en mairie.

La jurisprudence est constante à propos de la cueillette des champignons :

  • non seulement ils appartiennent au propriétaire du sol et donc son autorisation est nécessaire ;
  • mais encore le propriétaire du sol n’est pas obligé, pour conserver son droit sur les fruits naturels ou industriels de la terre, de clôturer ou d’en interdire l’accès par voie d’affiches ou d’autres moyens. Donc l’absence de panneaux “récolte interdite” ne veux pas dire que vous pouvez cueillir.

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau Code forestier le 1er juillet 2012, il n’existe plus de seuil sous lequel la récolte serait “tolérée”. La nature des peines a été profondément remaniée, et les sanctions sont désormais sans commune mesure avec celles qui étaient prévues auparavant. D’après l’article  R163-5 du code forestier, une récolte sans autorisation inférieure à 10 litres est passible d’une amende maximale de 750 €. Elle peut être de 45 000 € d’amende et 3 ans d’emprisonnement s’il s’agit de truffes !

Dans certaines régions, afin de lutter contre les abus des propriétaires ont mis en place des “permis de cueillette”. Ils sont nominatifs et valables une journée ou un an, et associés à des règlements précis. Moyennant une cotisation, le possesseur de la carte peut prélever une quantité définie de champignons.

La cueillette en forêt publique

La cueillette des champignons est autorisée en forêt domaniale (appartenant à l’État) si elle reste dans le cadre d’une consommation familiale et si les prélèvements sont raisonnables, c’est-à-dire qu’ils n’excèdent pas 5 litres par personne et par jour.

Elle doit être modérée, car en principe, une autorisation préalable du propriétaire est nécessaire (article 547 du Code civil). En effet, toutes les forêts publiques ont un propriétaire, qu’il s’agisse de l’État, de la région, du département ou d’une commune. La revente de la récolte est interdite.

Les champignons protégés par la loi

Dans les parcs nationaux ou régionaux et les zones protégées, il peut exister soit des conventions soit des arrêtés qui réglementent la cueillette des champignons. Il faut s’y conformer. L’article L. 411-1 du code de l’environnement interdit strictement la cueillette de champignons lorsqu’un intérêt scientifique particulier ou que les nécessités de la préservation du patrimoine biologique justifient leur conservation.
Il précise que sont interdits : “la destruction, la cueillette ou l’enlèvement de végétaux de ces espèces, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat.” La liste de tels champignons est arrêtée par décret en conseil d’État, affichée dans les préfectures et les mairies.

Les conseils pour la cueillette

  • Equipez-vous d’un panier. Les champignons sont fragiles et pourraient s’abîmer et s’écraser s’ils sont transportés dans un sac plastique.
  • Se renseigner sur le lieu de cueillette. Bien vérifier que vous avez l’autorisation de ramassage et quelles sont les quantités maximums autorisées.
  • Cueillez des champignons de taille adulte et en bon état. Laissez sur place les plus petits ainsi que les vieux ou ceux qui sont abimés, qui ont subi le gel.
  • Contrairement aux idées reçues, il faut arracher le champignon en entier, et non le couper. Le pied du champignon contient d’importantes informations (feutre mycélien, forme de la base du pied, morceaux de bois, couleur…) qui permettent son identification.
  • Respectez l’humus ! Il s’agit de la couche de terre à la surface, d’environ dix centimètres de profondeur, qui est essentielle à la vie du champignon. N’enlevez pas de grosses mottes en prenant un champignon, ne retournez pas la terre autour…
  • Séparez les espèces connues de celles que vous ne connaissez pas. Mieux vaut évitez de cueillir les champignons que vous ne connaissez pas.
  • Laissez sur places les champignons non comestibles, sans les abimer.
  • Triez votre panier à la lumière et vérifiez votre récolte.
  • N’utilisez pas d’application sur téléphone pour identifier vos champignons. Cette méthode très déconseillée est à l’origine de nombreuses intoxications, ces applications donnant très souvent des résultats faux.
  • Dernier conseil et non des moindres : si vous ne savez pas si un champignon est comestible ou non, demandez l’avis d’un spécialiste, pharmacien ou mycologue, pour l’identifier. Avec près de 30.000 espèces en France, nous vous incitons à la plus grande prudence.

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