9,3 x 62, le calibre de battue par excellence

Connaissez-vous vraiment le 9,3×62 ? Savez-vous que c’est un calibre très ancien qui n’était pas conçu pour le gibier européen au départ ?

L’histoire du 9,3×62

Le calibre 9,3×62 mm est apparu en 1905 ; c’est un armurier Allemand, Otto Bock qui l’a mis au point. Il voulait une cartouche puissante pour le boitier de culasse de la carabine Mauser 98 réputée la plus solide à son époque. D’où son appellation erronée de 9,3×62 Mauser. Le calibre a d’abord été principalement utilisée en Allemagne et aux Pays-Bas mais aussi et surtout dans les colonies de ces deux pays pour la chasse du grand gibier africain. Les utilisateurs de l’époque considéraient que ce calibre était amplement suffisant pour cette utilisation. L’apparition des gros calibres dits « africains » n’empêche pas certains guides de continuer à l’utiliser même pour des gros pachydermes.

Certains lui donnent par erreur le nom de 9,3×62 Brenneke. En effet, Wilhelm Brenneke a créé un 9,3 mais celui-ci est en 9,3×64. C’est un magnum qui n’a jamais rencontré le succès malgré d’excellentes performances.

Un calibre extrêmement populaire.

Le 9,3×62 est un des cinq calibres les plus vendus en Europe et en Afrique, ce qui en fait une vraie référence. En France, il se positionne en première ou deuxième position suivant les régions. Aux États-Unis, il est peu répandu mais il commence, depuis les années 90, à trouver des adeptes chez les chasseurs d’élan qui le choisissent au détriment du fameux 30-06, ce qui est un gage de performance tant les chasseurs nord-américains sont attachés au 30-06.

Son succès tient à ses performances mais aussi à d’autres facteurs. Il est possible de trouver plus d’une trentaine de chargements différents. De plus, il est facile de faire recannoner dans ce calibre n’importe quelle arme ayant un boitier de culasse de dimension standard d’un calibre classique. Enfin, on peut recharger sans problème car les composants se trouvent aisément.

Tous les fabricants ou presque proposent une large gamme de munitions dans ce calibre.

Caractéristiques techniques

Son diamètre de base de douille est de 12,10 mm, ce qui est supérieur au 30-06 ou au 8×57. Cette douille a un volume de 5,064 cm3, supérieur au 30-06 (4,428 cm3), au 35 Whelen (4,577 cm3) ou au 338-06 (4,480 cm3). Pour le rechargement, on privilégiera des poudres en milieu d’échelle de vivacité. Les poudres françaises Vectan sont tout à fait adaptées au rechargement de ce calibre. Les poudres actuelles lui permettent d’exceller en battue.

Les poids de balles d’’un diamètre réel de 9,30 mm s’échelonnent de 11,60 grammes (179 grains) à 21,00 grammes (324 grains) ce qui est une véritable prouesse en matière d’’adaptabilité.

Ses performances

Ce calibre puissant permet de chasser tous les grands gibiers européens. Les lésions provoquées par le passage d’une balle de 9,3×62 sont moindres que celles des magnums mais avec tout autant d’efficacité en terme de balistique terminale. En effet, la vitesse d’impact étant plus faible, le projectile garde une meilleure cohésion. Sur un gibier léger comme le chevreuil cela permet de traverser sans trop de déformation ce qui endommage en général moins la venaison. Sur du gibier plus lourd, la balle traversera en profondeur en transformant régulièrement son énergie. Il est dommage que les fabricants continuent de négliger ce calibre pour les carabines semi-automatiques et lui préfèrent des magnums souvent inadaptés au tir en battue compte-tenu des distances moyennes de tir et des longueurs de canons utilisées.

La vitesse moyenne des projectiles à la sortie du canon est comprise entre 700 m/s et 880 m/s selon la masse de référence de la balle. L’énergie cinétique développée à 50 m pour du tir de battue n’’est jamais inférieure à 3800 Joules.

Il faudra néanmoins s’habituer à ce calibre car il a un recul assez prononcé. Cela peut facilement se solutionner en utilisant un frein de bouche.

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Un sanglier mord trois chasseurs

Incroyable mais vrai. Samedi, lors d’une battue à la Commanderie à Béruges, un sanglier a mordu trois chasseurs. Cet événement, bien qu’exceptionnel, est de plus en plus fréquent. Le sanglier s’habitue à l’homme et n’a plus peur de s’en défendre ou de l’attaquer. Ainsi, les trois chasseurs mordus ont été transportés au CHU de Poitiers. L’un d’en eux, gravement blessé par la bête noire a été pris en charge rapidement.

Trois chasseurs mordus dont un blessé grave

Le sanglier ne se laisse pas faire. Même si nos auxiliaires en font généralement les frais, il n’est pas rare que des chasseurs soient, eux aussi, victime de la bête noire. Dimanche, dans la Vienne, un sanglier a mordu, lors d’une battue trois chasseurs avant d’être achevé. L’un d’entre eux, blessé gravement a été pris en charge rapidement car le pronostic vital était engagé.

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L’animal était blessé au moment de ses attaques,. Nous le savons tous et nous le rappelons, un animal blessé défend sa vie et peut s’avérer dangereux. L’animal a donc chargé les chasseurs. Tour à tour un homme de 25 ans et un septuagénaire ont été mordus à la cuisse. Le troisième, venu en aide aux deux chasseurs, a achevé l’animal à la dague et a été blessé à un doigt par les défenses du sanglier.

Face à telle situation, les secours sont intervenus rapidement. Les pompiers, les gendarmes ainsi que le SMUR sont venus sur place pour aider les victimes. Le septuagénaire, gravement blessé à la jambe a été pris en charge et transporté au CHU de Poitiers où il a pu être soigné comme les deux autres chasseurs. Nous ne le répéterons jamais assez, faites attention avec la bête noire. Un incident est vite arrivé et les conséquences peuvent être malheureusement dramatiques.

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Battue géante : 250 chasseurs mobilisés dans le Haut-Rhin

Samedi 30 octobre, une battue hors du commun a eu lieu dans le Haut-Rhin. Le GIC de la vallée de Munster a réuni 250 chasseurs pour tenter de chasser un maximum de sangliers afin de répondre aux attentes des agriculteurs excédés par les dégâts. Ni le résultat, ni la communication autour de cet évènement n’ont été à la hauteur.

Classement des départements selon l’importance des montants des dégâts de gibier indemnisés (Source OMNES et GRANGER, 2018).

Pour gérer le sanglier, place aux grands moyens

C’est une opération de grande envergure qui s’est déroulée dans la vallée de Munster samedi 30 octobre. 250 chasseurs se sont retrouvés afin de couvrir 13 000 hectares pour tenter de prélever un maximum de sangliers. Face aux ras-le-bol des agriculteurs et à une surpopulation de suidés, les chasseurs utilisent les grands moyens. Les sangliers causent 80 000 000 d’euros de dégâts annuels. Dans le Haut-Rhin, le bilan est de 5 000 000 d’euros. Cette somme est entièrement payée par les chasseurs. La problématique est nationale mais aussi mondiale. Les sangliers pullulent. Dégâts agricoles, accidents, présence en milieu urbain et périurbain ; le sanglier est aujourd’hui un vrai problème. L’accès à une nourriture facile (maïs), mais aussi les facteurs abiotiques favorisent sa multiplication. L’objectif de cette battue était le prélèvement d’au moins 100 animaux.

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Un résultat décevant et une communication surprenante

Il semble que seulement douze sangliers aient été prélevés lors de cette battue hors norme. Beaucoup de bruit pour rien aurait dit William Shakespeare… L’évènement avait été annoncé par la presse locale et pas dans les meilleurs termes. Certains journalistes locaux en avaient profité pour critiquer les chasseurs avec des titres du genre « Évitez la forêt, les chasseurs sont là »… Il est à parier que le résultat sera commenté avec la même bienveillance. Pourquoi ne pas avoir profité de cette battue pour démontrer la nécessité de la régulation ? Pourquoi ne laisser la parole qu’à des journalistes mal intentionnés ?

Il est aussi dommage que cela ait été le prétexte à des règlements de comptes entre chasseurs et que ceci soit fait en public. La déclaration du président du GIC est pour le moins surprenante :

Raymond Blaise, président du GIC explique : « Les racines du mal c’est le maïs. Dégâts sur la nappe phréatique, sur le bocage, et bien évidemment le maïs est propice à la surpopulation de sangliers. A la belle saison, ils vivent en liberté dans les champs, élevés au bon grain puis une fois le maïs coupé, c’est simple ils remontent en montagne. Tout ça parce que la fédération des chasseurs du Haut-Rhin, en charge de la plaine, ne fait rien. Absolument rien. Son laxisme conduit à cette situation catastrophique. Alors, nous, chasseurs de montagne, on fait voilà. Pire, on nous demande de faire. En fin d’année, nous devrons avoir tiré 700 sangliers au lieu des 400 habituels. Afin de respecter les équilibres naturels. Demande expresse de la préfecture et compagnie ».

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Dimanche, ouverture anticipée du sanglier en battue.

Même si l’affût et l’approche offrent déjà la possibilité de pratiquer notre passion ; dimanche, pour certains départements c’est l’ouverture anticipée de la chasse au sanglier en battue. Ainsi, dans le Tarn, le Gard, le Var, les Bouches-du-Rhône ou encore en Corse, les chiens pourront être libérés et le son des grelots se fera entendre. A cette occasion, rappelons encore une fois que la sécurité doit être le maître mot.

Une nouvelle saison sans coupure ?

Ce dimanche 15 août c’est l’ouverture du sanglier en battue. Cette ouverture est décrétée par un arrêté préfectoral, ainsi, vous pouvez dès à présent vous renseigner auprès de votre fédération départementale afin de savoir si sur votre département cette chasse est possible. Cet événement particulier va nous permettre de revenir sur la saison dernière qui fût très particulière. En effet les restrictions ainsi que la crise sanitaire n’ont pas permis au monde cynégétique de pratiquer son activité normalement.

Pour Francis Belleselve, président de la fédération départementale des chasseurs du Tarn « c’est une saison un peu particulière. Nous avons comme toute la population été impactés par les restrictions et le confinement. Même si rapidement, l’État nous a demandé de sortir pour la chasse au grand gibier et ainsi limiter les impacts ». Même si cette mission d’intérêt public a suscité beaucoup de réactions aux yeux de nos détracteurs, les chasseurs ont tenté de s’investir afin de limiter un maximum les populations de grand gibier. « Tout le monde a essayé de jouer le jeu. Beaucoup sont sortis pour chasser, même s’il y avait de l’inquiétude. Certains présidents de société nous ont expliqué que les battues étaient difficiles à organiser, quelques-uns de nos adhérents ne souhaitaient pas sortir, de peur d’attraper ou transmettre le virus » souligne-t-il.

Augmentation des populations de sangliers en zone urbaine

Le sanglier se chasse depuis le 1er juin, à l’affût, ou à l’approche, le 15 août est donc d’une pré-ouverture pour permettre de chasser l’animal en battue. « Ce 15 août, il s’agit surtout d’une pré-ouverture, les sociétés sortiront uniquement s’il y a besoin de sortir » explique le président des chasseurs du Tarn. Car en effet, ces derniers temps, les conditions climatiques n’encouragent pas à l’organisation de battue. Chiens et rabatteurs redoutent ces conditions caniculaires.

Même si le Tarn n’est pas envahi de sangliers, on observe, dans ce département de plus en plus d’animaux en zone péri-urbaine. « Dans certaines agglomérations, nous nous sommes rendu compte, nous chasseurs, mais aussi certains habitants, que le sanglier a tendance à s’installer dans l’urbain. Il suffit de quelques zones de broussailles. Ce sont des zones peu chassées ou pas chassables, du fait de la proximité des habitations. Ces friches autour des agglomérations se multiplient ». Il y a donc un vrai problème. Lorsqu’on connait l’espèce, on connait les conséquences d’une telle prolifération. Maladies, dégâts, le sanglier tarnais est sur le point de faire parler de lui. Une habitante de Castres s’était retrouvée avec une compagnie de plus de trente animaux dans son jardin. Les chasseurs doivent envisager des moyens alternatifs qui permettront de répondre à cette problématique de sanglier urbain.

En attendant, nous souhaitons aux chasseurs de sangliers une belle ouverture, pleine de réussite. N’oubliez pas, sécurité avant tout et que ne pas tirer est aussi un acte de chasse. Prenez soin de vos compagnons à quatre pattes en prévoyant assez d’eau pendant et après la chasse.

Dans le Loiret, un chasseur blessé par un sanglier.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de nouvelle revient dans l’actualité. À Mézières-les-Cléry, un chasseur a été blessé par un sanglier lors d’une chasse. Le suidé, lorsqu’il est acculé, peut s’avérer dangereux. Ce chasseur a, malheureusement, pu le vérifier.

Blessure ouverte sur 15 cm

La gendarmerie de Meug-sur-Loire a dû intervenir dimanche, pour un accident de chasse peu commun, mais qui commence à se multiplier. Alors qu’il était en action de chasse, un homme d’une quarantaine d’années a été blessé, dimanche après-midi par un sanglier.

Reparti aussi vite qu’il est arrivé, la bête noire est venue percuter l’homme, lui infligeant une importante blessure. En arrivant sur place pour intervenir, les gendarmes de la compagnie de Meung-sur-Loire, ont pu constater que le quadragénaire présentait une importante blessure sur plus de quinze centimètres au niveau de la jambe. L’homme a été transporté au CHR d’Orléans par les pompiers afin de s’y faire soigner.

Nous le rappelons jamais assez, même si la passion l’emporte, le sanglier est imprévisible et peut être dangereux. Nos compagnons à quatre pattes peuvent en témoigner, alors soyez prudent lors de vos actions de chasse. Ici, le disciple de Saint-Hubert s’en sort avec une grosse plaie ouverte, en sera-t-il de même la prochaine fois ?

4 chiens morts de la maladie d’Aujeszki dans l’Oise.

Nous vous informions il y a quelques semaines de la présence de la maladie d’Aujeszki dans l’Aube. Et nous appelions, comme les instances cynégétiques à la vigilance. Dans l’Oise, quatre chiens sont morts fin janvier après avoir contracté la « rage du sanglier ». Cette maladie, circule de plus en plus dans la région et atteint suidés comme canidés si il y a contact.

La rage du sanglier fait des victimes

Il faut être vigilant ! L’office français de la biodiversité ainsi que la fédération des chasseurs de l’Oise recommandent de laisser les chiens à bonne distance des sangliers pendant et après les chasses. En effet, quatre chiens sont morts des suites de la maladie d’Aujeszki. Ils avaient participé à la même battue le 24 janvier à Marolles et sont tous morts quatre jours plus tard. Les prélèvements de tissus cérébraux ont permis de réaliser des examens afin de confirmer qu’il s’agissait bien de cette maladie.

« Il n’existe pas de vaccination, pas de traitement. Ça atteint le cerveau, le chien a des spasmes, des troubles nerveux puis il se paralyse » explique le président de la fédération des chasseurs de l’Oise.

L’OFB explique dans le Midi Libre que « Cette maladie n’est pas transmissible à l’homme mais aux porcs domestiques et aux canidés. Tous les sangliers ne sont pas atteints mais de temps en temps, quand il y a une concentration, ça peut proliférer.« 

Ainsi plusieurs cas similaires ont été relevés dans l’Oise, l’Aisne, l’Aube et la Somme. Les FDC, l’OFB ainsi que la rédaction, appellent à la vigilance et vous invitent à faire votre maximum afin de limiter les contacts directs entre les animaux.

Prolifération des sangliers en zone périurbaine.

Chef-lieu du département de la Dordorgne, Périgueux subit la pression des sangliers en zone périurbaine. Ainsi, samedi, une battue était organisée afin de réguler la population d’animaux ayant pris leurs quartiers à proximité du rocher de l’Arsault. Ces animaux, situés à quelques centaines de mètres du centre-ville provoquent de nombreux dégâts et sont source de risques.

Zone périurbaine, havre de paix

Véritable havre de paix ces zones offrent aux sangliers toute la tranquillité et toute la nourriture dont ils ont besoin afin de proliférer. Si certaines villes comme Montpellier ont interdit le moindre acte de chasse ou de régulation sur leur territoire, certaines communes, elles, tentent de limiter la prolifération du suidé dans les espaces urbains.

« Les animaux l’ont bien compris. Ils vont sur des secteurs où ils sont tranquilles, où l’on ne peut pas les gérer. »

Battue silencieuse et sécurité

« Impossible d’utiliser les fusils ici, de mettre des tireurs, si je tire là, je risque de taper sur l’hôpital. »

Samedi, une battue administrative aux sangliers a donc été organisée en zone périurbaine. Une autre avait lieu simultanément sur les hauteurs de Trélissac tout près de Périgueux. Une vingtaine de chasseurs ont donc été mobilisés pour la battue. C’est une une battue silencieuse qui a été organisée afin de rabattre vers le secteur de la Jarthe, les sangliers et surtout de ne pas impacter la vie locale et sans risquer de tirer dans des secteurs très habités.

Patrick Chaumet, lieutenant de louveterie, témoigne pour France Bleu « On se retrouve avec des parcelles de terrain pratiquement dans le centre de Périgueux, qui ne sont pas entretenues par les propriétaires. La végétation prend le dessus. Ces bêtes s’installent là, personne ne peut venir les chasser. On a affaire à beaucoup d’anti-chasse. Donc les chasseurs disent nous on intervient plus. Les animaux sortent la nuit, font des dégâts et le matin ils se remettent ici. On voit des lotissements qui se construisent, les pelouses, les massifs, les animaux retournent tout. Et ils prolifèrent bien sûr, les femelles font leurs petits, et personne ne vient les déranger. »

Une problématique bien réelle donc et à prendre en compte dans bon nombre de secteurs. A bon entendeur…

 

Couvre-feu à 18h, les chasseurs demandent une dérogation

Ce n’est pas passé inaperçu, du fait de la situation sanitaire que nous vivons, depuis le 16 janvier un couvre feu s’applique de 18h à 6h sur l’ensemble du territoire. Cependant cette situation embarrasse une partie des chasseurs. Pourquoi ? Certains se déplacent loin pour chasser en battue, de plus les traqueurs mettent parfois du temps à récupérer leur chien. Dans les Pyrénées-Orientales, les chasseurs catalans demandent une dérogation.

L’espoir d’une dérogation

« Même si les tirs s’arrêtent avant 18h, il faut laisser aux chasseurs de battues le temps de rentrer chez eux. »

Willy Schraen, président de la fédération nationale des chasseurs a fait la demande d’une dérogation auprès du ministre de tutelle. En effet, les chasseurs sont conviés à réguler le grand gibier (notamment le sanglier) afin de limiter l’augmentation des populations. Ces battues, auxquelles sont conviés les chasseurs on été, lors du précédent confinement, reconnues mission de service public et d’intérêt général.

Si une telle demande a été faite c’est que les chasseurs doivent traiter la venaison, récupérer les chiens et parfois rentrer chez eux. Pour Jean-Pierre Sansin, président des chasseurs de Pyrénées-Orientales « une fois la battue terminée, il arrive que l’on ait besoin de rechercher du gibier blessé ou des chiens qui se seraient perdus dans la forêt. C’est pourquoi, il n’est pas imaginable dans ces cas particuliers d’être à la maison à 18 heures comme l’exige le couvre-feu. » explique-t-il dans le quotidien l’indépendant.

Une dérogation logique et utile

« Le courrier a été adressé vendredi à la ministre Bérangère Abba, avec copie à Gerard Darmanin ministre de l’Intérieur et à Olivier Thibault, au ministère de la Transition écologique et solidaire » explique Gilles Tibié directeur de la fédération départementale des chasseurs. Mais à ce jour, aucune réponse n’a été donnée aux chasseurs.

Cette dérogation ne serait, de surcroît, pas soumise à un arrêté préfectoral, et aurait la même valeur que la dérogation utilisée et accordée aux personnes rentrant du travail le soir, après l’heure instaurée. Cette autorisation faciliterait bien des choses, nombreux sont les traqueurs qui bravent la loi afin de tenter de récupérer leurs compagnons après 18h.

Son chien lui sauve la vie face à un sanglier.

Gravement blessé lors d’une battue qui se déroulait dimanche 10 janvier à Cazes-Mondenard, dans le Tarn-et-Garonne, Damien Pouchet, chasseur passionné de la bête noire a été sauvé par son chien. En effet lors de la battue un sanglier l’a chargé et blessé, lui ouvrant le mollet sur 40 cm.

« Je dois la vie à mon chien »

Le Sus Scrofa est imprévisible. Dimanche, un incident lors d’une battue aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Dans un bois, entre le lieu-dit Saint-Quintin et Cazes-Mondenard, Damien Pouchet a été chargé par un sanglier blessé alors qu’il traquait à l’occasion de la battue. Un fait fréquent lorsque l’on sait que l’animal, représente, lorsqu’il est blessé une réelle menace pour l’homme et les chiens. Damien, âgé de 36 ans est un chasseur confirmé avec 20 années de permis de chasser.

En chargeant Damien, le sanglier a causé une blessure ouverte  au mollet de plus de 40 cm. Mais la blessure ne s’arrête pas là, en effet l’animal lui a sectionné deux tendons. Après cette charge, Damien a vu sa vie basculer. En effet l’animal ne voulait pas s’arrêter là. Blessé et dans l’incapacité de se sortir d’un telle situation Damien a été sauvé par la réaction de son chien, venu au secours de son maître, mettant ainsi l’animal en fuite. Sans cette intervention la situation aurait pu être probablement mortelle.

Une histoire qui se termine donc plutôt bien, Damien en est quitte pour un arrêt de travail de quelques semaines ainsi que des séances de kiné afin qu’il puisse un jour, remarcher normalement. On le répétera jamais assez, le sanglier est un animal sauvage et potentiellement dangereux en fonction du contexte. Il est donc important de faire attention lorsque l’on chasse cet animal.

Dans le Gard, des battues organisées pour éloigner les sangliers du centre-ville.

Dans le Sud de la France les populations de sangliers ne cesse d’augmenter. Le Gard reste le premier département en France en termes de population de sanglier. La bête noire est particulièrement présente dans la vallée du Rhône, au sud de Nîmes ainsi qu’en Camargue. En 2019-2020, le Gard a prélevé 25 355 suidés. Suite aux plaintes de certains riverains et à la demande de la municipalité, les chasseurs millavois (Millau) ont organisé une battue afin d’éloigner les sangliers du centre-ville.

Décantonner et faire bouger les sangliers proches des villes.

La semaine dernière nous apprenions que la ville de Montpellier, sous la pression des khmers verts, interdisait tout acte de chasse sur les parcelles appartenant à la ville. En bordure des villes, les sangliers trouvent le calme. Zone de repos, zone de gagnage, tranquillité, tout est parfait pour la prolifération du fameux suidés.

Dans le Gard, plus exactement à Millau, on appelle les chasseurs afin d’agir sur les problématiques concernant les populations de sangliers. Ainsi suite aux plaintes des riverains et a la demande de la municipalité, les chasseurs de Millau ont organisé samedi une opération contre la bête noire.

Pour ce rendez-vous d’effarouchement et de décantonnement, les adhérents de l’union des chasseurs millavois (UCM) et de la diane millavoise se sont retrouvés sous le signe du sanglier. La battue s’est déroulée sur les secteurs du quartier de Choisy, de Caussibol, du McDonald’s et de la côte de La Cavalerie. Il y a trois ans une opération similaire avait été organisée.

Une battue sans armes, sous le signe de la sécurité

Qui dit effarouchement dit sans arme. Ainsi une trentaine de chasseurs se sont retrouvés par passion et devoir afin de faire fuir un maximum de sangliers de ces zones. « Il faut savoir que nous opérons sur le périmètre urbain de la ville où nous n’avons pas le droit de chasser en temps normal », souligne Claude Gibergues, président de l’UCM dans le MidiLibre. « Sur ce secteur, nous n’avons pas d’armes, seulement des chiens et des hommes », complète le président de la diane millavoise.

Ces battues permettent de limiter les animaux cantonnés aux zones péri-urbaines. Cependant, cette mission d’utilité publique, peut s’avérer dangereuse pour les hommes et les chiens présents. « C’est dangereux, car nous n’avons rien pour nous défendre si une bête charge » témoigne un responsable de battue.

Malheureusement, ou heureusement, ce jour là, aucun animal n’a été levé. Cette action a quand même permis d’assurer la sécurité de tous et de rassurer les riverains et autres usagers. Le chasseur a un rôle important qui est aujourd’hui non négligeable face à de telles problématiques.