Ouverture de la chasse au gibier d’eau, dans les marais du Cotentin

Depuis samedi, la chasse du gibier d’eau est ouverte dans la Manche. Les sauvaginiers passionnés peuvent se rendre sur leur territoire afin de venir prélever de façon raisonnable, anatidés et limicoles. Nous partons aujourd’hui au gabion pour une passée du matin dans les marais d’Auvers.

La chasse du gibier d’eau, une passion incroyable

Mathieu Lehot, président des Sauvaginiers des Marais, s’est rendu en famille et avec des amis autour d’une mare vers 5h45. Sa fille de 3 ans et demi est présente. C’est tôt, me direz-vous ? Pas vraiment, le virus de la chasse s’attrape dès le plus jeune âge. Pour elle, impossible de louper l’ouverture de la chasse. Son fils, Louis, 7 ans est aussi de la partie.

A cette heure-là, la visibilité est faible, mais l’on peut deviner des silhouettes présentes sur la mare. Des oies domestiques, des cygnes, des appelants, qui chantent à tue-tête, le spectacle est tout simplement magique. Plus que 15 minutes et la chasse sera ouverte. L’émotion est là, la passion aussi, les chasseurs sont heureux et attendent patiemment de pouvoir décrocher à la lumière de lever du soleil les premiers oiseaux de la saison.

« Depuis 10 ans, nos oies nettoient la mare en y mangeant les herbes. Cela permet de la garder en eau toute l’année, sans avoir à beaucoup pomper dans la Madeleine toute proche. Depuis lors, nous y avons beaucoup de nidifications. Une étude est d’ailleurs en cours pour les recenser, toutes espèces confondues. »

6 heures du matin, la chasse est ouverte !

5h58, Mathieu arme son fusil, les premiers oiseaux sauvages se font voir, il épaule, il tire, 6h02 le premier oiseau tombe. Ainsi démarre la valse de la passée du matin, les oiseaux passent, Mathieu tire à trois reprises et en laisse passer certains. Le but n’est pas de faire un tableau mais de prendre du plaisir et d’admirer la nature. Plus tard dans la matinée Mathieu envoie son chien chercher les oiseaux tombés. Celui-ci effectue sa tâche avec passion sous le regard fier de son propriétaire. Une véritable affinité créée sous le signe de la chasse.

Chasse, famille, amis et convivialité

La matinée de chasse est terminée, sourire joie, bonne humeur sont au rendez-vous. Si certains chiens et chasseurs continuent de rechercher les oiseaux prélevés, les autres préparent le fameux casse-croûte du matin. Saucisses et pâtés maison sont sur la table. Autour, les chasseurs et la famille se racontent cette première passée. Au tableau, 12 oiseaux dont huit sarcelles et quatre colverts. Une belle matinée donc sous le signe de la bonne humeur. Jennifer, la femme de Mathieu souligne « l’association fait une étude sur l’évolution des populations d’oiseaux. L’aile droite des oiseaux prélevés par les adhérents doit m’être envoyée. Je les classe suivant qu’ils sont adultes ou juvéniles, mâles ou femelles. L’étude montre que les populations se portent bien« . Les chasseurs sont donc aussi des scientifiques de terrain œuvrant toute l’année. Cette belle matinée partagée lance donc la saison, qui annonce de belles choses pour la suite.

Une nouvelle équipe pour l’ANCGE

Une page se tourne

Le 1er juillet 2021, l’assemblée générale de l’Association Nationale des Chasseurs de Gibier d’Eau s’est tenue à Tours, en Indre-et-Loire. Cette Assemblée a été l’occasion pour les administrateurs et adhérents présents de l’ANCGE de tourner une page puisque Didier Vergy n’a pas souhaité se représenter au poste de président de la « Vieille Dame ». Il a été chaleureusement remercié pour ses 10 années à la tête de l’ANCGE et pour son implication personnelle dans la défense de la chasse du gibier d’eau et de ses pratiquants

Voici la composition du nouveau bureau:

  • Président : Olivier BERTHOLD (Meuse)
  • Administrateur Général : Jean-Michel FRANCOIS (Loiret)
  • Secrétaire Général : Pierrick FRANCOIS (Charente-Maritime)
  • Secrétaire Général Adjoint : Didier RICHARDEAU (Vendée)
  • Trésorier : Jean-Louis DUREL (Calvados)
  • Trésorier Adjoint : Didier VERGY (Calvados)

Olivier Berthold est un chasseur de gibier d’eau passionné, qui pratique notamment la chasse de nuit dans le département de la Meuse. Président de l’Association Carex55, Olivier est loin d’être un inconnu du monde du gibier d’eau puisqu’il est le responsable du programme de récolte d’ailes d’anatidés et de vanneaux. Depuis plusieurs années, il parcourt la France à la rencontre des associations et des chasseurs pour enseigner l’art de la lecture d’ailes. Une véritable réussite puisque cette année, la cent millième aile a été collectée, constituant ainsi une base de données d’une rare richesse. Cette nouvelle équipe entend relever les défis qui se présentent aux chasseurs de gibier d’eau.

L’ANCGE, la « vieille dame ».

En 1935, Joseph de Valicourt, entouré de quelques passionnés comme lui, fonde l’Association des Huttiers et Chasseurs de Gibier d’Eau qui deviendra par la suite l’Association Nationale des Chasseurs de Gibier d’Eau dont il sera le président pendant 42 ans.
La qualité des hommes qui se sont succédés depuis a permis la réalisation d’objectifs tout à la fois ambitieux et légitimes : la reconnaissance et l’officialisation de la chasse de nuit et l’organisation de la chasse la plus démocratique qui soit : la chasse maritime, puis la chasse sur le domaine fluvial.

Depuis les années 90, l’une des actions prioritaires de l’ANCGE est la défense du calendrier de chasse des oiseaux d’eau. Initialement de la mi-juillet à la fin février, cette période a subi de multiples restrictions. L’objectif de l’ANCGE est le retour à un calendrier acceptable et stable du début août à la fin février.

Les autres axes d’action de l’ANCGE sont la préservation des zones humides et des espaces chassables, la conservation des espèces d’oiseaux d’eau et leur utilisation durable, le développement de la chasse du gibier d’eau et la défense des intérêts de ses adeptes. Voici le lien vers son site internet : http://www.ancge.fr/

L’hommage de Eddie Puyjalon à Didier Vergy.

« Didier VERGY a été un long partenaire, celui de tous les combats, de mes nombreux combats. Celui de CPNT (Chasse, Pêche, Nature, Traditions), celui d’un président départemental engagé avec un charisme imposant le respect et la crédibilité. Opiniâtre, dévoué, courageux et même téméraire, il a su manager de belles équipes, celle des chasseurs de gibier d’eau du Calvados, puis de l’ANCGE et évidemment de CPNT. Didier savait comment allier pression, négociation, manifestation et crédibilité devant les autorités préfectorales et ministérielles. Souvenir de son implication à organiser des bus  pour participer à mes différentes manifestations, même jusqu’en Gironde, à l’exemple de la défense de la chasse de la  tourterelle dans le Médoc où le calva et des cuvées d’exceptions avaient concurrencé les grands châteaux viticoles du Médoc. Avec les années turbulentes de l’ANCGE, là aussi, il prenait ses responsabilités en prenant la présidence de l’association. Dès lors, Il ne comptera pas ses journées de dévouement pour négocier à Paris, à la FNC et dans les ministères sur tous les sujets de la chasse du gibier d’eau. Pendant ce temps-là, la vie professionnelle et familiale n’aura pas gâté Didier.  Ces dernières années, il aura tout affronté, même avec écœurement, les critiques acerbes de certains chasseurs de gibier d’eau, alors qu’il ne comptait pas ses journées à Paris pour défendre la chasse. Pourtant, il était notre meilleur ambassadeur, lui qui en connaissait parfaitement tous les sujets, nationaux, européens, sanitaires et législatifs. Didier avait acquis une véritable compétence et un savoir-faire, il était devenu au fil du temps, un excellent négociateur. Aujourd’hui, après avoir tant donné, il mérite de profiter du temps qui passe, des migrations et d’une vie apaisée. La vieille dame va de nouveau convoler en justes noces et trouver une autre existence avec Olivier BERTHOLD qui a lui aussi, depuis sa présence au sein de l’association acquis l’expérience pour apprivoiser toutes les subtilités de la vieille dame. C’est toujours un déchirement de tourner une telle page, car, elle nous fait remonter à la mémoire, toutes les précédentes, voire, les plus lointaines, celles de nos aventures partagées, des combats, des joies et des nombreuses désillusions, celle du grand livre de l’amitié et du temps qui passe… A toi, l’ami, toi qui a donné de ton temps, de ta vie familiale et professionnelle, pour un idéal, une passion et pour la grande famille de la chasse du gibier d’eau, je t’adresse mes sincères remerciements, toute mon estime et ma reconnaissance. Au nom de CPNT et du Mouvement de la Ruralité mais aussi de tous les chasseurs qui ont eu la chance de te croiser, toi, le grand gaillard au sourire charmeur, toi l’homme à la gabardine, à la stature imposante, toi sur qui on savait pouvoir compter. Tous nos remerciements les plus sincères….Amitiés fraternelles en Saint Hubert »

Invitation au gabion, les sauvaginiers font de la pédagogie.

Les chasseurs sont aussi des scientifiques et des protecteurs d’espaces naturels. Les sauvaginiers du Cotentin et du Bessin en font la démonstration lors de sorties pédagogiques pour petits et grand organisées les week-ends. Il faut noter que ces suivis scientifiques et entretiens de zones humides sont faits bénévolement par les chasseurs. C’est peut-être pour cela qu’on n’y voit aucune association dite de protection de l’environnement…

Si le nom diffère selon les régions, le gabion (hutte, tonne) est une installation immergée au plan d’eau qu’il jouxte. Cette structure permet de se cacher et de chasser le gibier d’eau à l’affût de nuit. Ainsi, depuis le mois d’avril, l’association des sauvaginiers des marais du Cotentin et du Bessin propose au grand public une animation autour d’un gabion. Cette animation a lieu un samedi par mois. Explication des lectures d’ailes, suivis d’espèces, comptages, autant d’actions permettant de mieux connaître limicoles et anatidés. Ces connaissances sont aujourd’hui mises à disposition du grand public.

Mathieu Lehot, président de l’association explique « Lors de cette sortie pédagogique, nous souhaitons présenter la vie du marais et la pratique de la chasse aux gibiers d’eau et la chasse en général. » Si cette structure au départ a un but cynégétique les sauvaginiers mènent en parallèle des travaux d’entretien et d’aménagements des points d’eau. Si les sauvaginiers n’effectuaient aucun entretien de ces espaces naturels qui le ferait ? Ces chasseurs passionnés s’investissent dans leurs actions d’aménagement et de préservation. « Depuis quelques années, des oies ont été mises pour un entretien naturel, nous laissons les mares en eau pour le maintien de la diversité et bien d’autres actions. » souligne le président de l’association.

« Nous expliquerons l’étude des ailes, les balises GPS, le radar présent en baie des Veys par exemple«  nous dit Mathieu Lehot. En effet, au-delà de l’investissement technique, les sauvaginiers sont à l’origine de plusieurs études scientifiques. C’est ce qu’ils souhaitent aussi partager lors de leur sortie pédagogique en valorisant la lecture d’ailes, ainsi que les suivis par balise GPS.

Contact et date

Pour toute inscription et/ou informations vous pouvez vous rendre sur la page des Sauvaginiers des Marais du Cotentin et du Bessin. Contact : Tél. 07 57 42 43 97. Gratuit.

Chasseurs en colère de la baie de Somme.

 

J’aime la Chasse a eu la chance de réaliser une interview exclusive des porte-parole du collectif « chasseurs en colère » qui regroupe maintenant plus de 2000 chasseurs.

La baie de Somme est connue pour être une des plus belles baies de France mais si on parle d’elle depuis quelques mois, ce n’est pas évoquer ses splendeurs mais parce que les chasseurs de gibier d’eau de la région sont en colère et le font savoir.

Premier épisode : le confinement de cet automne a limité la chasse aux actions de régulation du grand gibier ; les chasseurs de gibier d’eau ont vécu cela comme une injustice.

Deuxième épisode : à peine la chasse peut-elle reprendre que l’arrivée de la grippe aviaire en France empêche les sauvaginiers de reprendre leur passion.

Leur mauvaise humeur est encore montée d’un cran lorsqu’ils ont été soumis à des contrôles qu’ils jugent excessifs et parfois brutaux de la part de l’OFB.

Ils expliquent les raisons de leur colère et expriment leurs trois principales revendications :

  1. Pouvoir utiliser et transporter leurs appelants.
  2. Arrêt des contrôles abusifs de l’OFB.
  3. Chasse des migrateurs autorisée en février.

Nous sommes ravis d’avoir pu leur donner la parole, d’autant que cette colère nous paraît tout à fait justifiée et que leurs revendications sont légitimes.

Interview du collectif « les chasseurs en colère ».

La grippe aviaire touche deux nouveaux départements.

Après les Landes avec trois foyers découverts, ce sont la Vendée et les Deux-Sèvres qui sont maintenant touchés.

Le ministère de l’agriculture annonce : « À ce jour, le 14 décembre 2020, cinq élevages professionnels ont été touchés par le virus H5N8. Trois élevages de canards gras des Landes […], un élevage de canards maigres en Vendée à Saint-Maurice-des-Noues et un élevage de canards de Barbarie reproducteurs dans les Deux-Sèvres à Saint-Sauveur-sur-Bressuire. »

Il précise que « l’ensemble des oiseaux de ces élevages ont été abattus sans délai ou, pour les plus récents, sont en cours d’abattage. Des zones de protection (3 km) et de surveillance (10 km) ont été mises en place autour des foyers, au sein desquelles les mouvements de volailles sont interdits et des mesures sanitaires strictes doivent être observées. »

Malheureusement des oiseaux sauvages sont aussi touchés, les autorités sanitaires rapportent que deux oies bernaches ont été retrouvées mortes, une dans les Calvados et une dans le Morbihan.

La FDC de Vendée vient d’annoncer que :

  • La chasse du gibier à plume (incluant les oiseaux sauvages, dont la bécasse des bois) est suspendue pour huit jours sur 22 communes (liste ci-dessous).
  • Le transport et les lâchers du gibier à plume sont eux aussi interdits sur ces communes dans cette même période.

Voici la liste des 22 communes concernées en Vendée et celle des 19 communes des Landes.

 

Suspension de la chasse aux oiseaux dans 19 communes.

L’année 2020 restera dans les annales… Une année noire d’un point de vue sanitaire, mais aussi d’un point de vue juridico-cynégétique. Le 9 décembre, la fédération des chasseurs des Landes nous informe sur sa page Facebook d’une suspension de la chasse dans 19 communes du département. Cette suspension intervient dans le cadre sanitaire de la grippe aviaire H5N8.

Communiqué de la fédération des chasseurs des Landes.

Malgré les efforts de la FDC dans la négociation de l’arrêté préfectoral pris, la sanction semble lourde et injuste. Après avoir pris en compte les enjeux sanitaires, la FDC s’est empressée de mettre en place des actions afin de sensibiliser les chasseurs de gibier d’eau et de respecter le protocole sanitaire. Dans un second temps le rôle de sentinelle a été mis en avant afin de détecter potentiellement des mortalités anormales et d’apporter aux autorités sanitaires des données complémentaires. Mais en vain…

Suite à la découverte de cas de grippe aviaire dans un élevage de canards, sur la commune de Bénesse-Maremne, puis Saint Geours de Maremne la décision administrative a été de fermer la chasse aux oiseaux, et uniquement aux oiseaux sur les 19 communes concernées :

Suite à cette décision, la FDC  demande aux chasseurs de respecter cette interdiction. Voici son communiqué.

Chasseurs,

Cette suspension de la chasse aux oiseaux dans 19 communes est injuste.
Dans l’immédiat, nous demandons aux chasseurs concernés, pour les préserver d’éventuelles contraventions, de respecter l’arrêté préfectoral. La durée de l’arrêté est limitée et nous amène au 14 décembre inclus.

La durée de cet arrêté ne nous permet pas de pouvoir le faire suspendre rapidement par voie d’attaque au Tribunal Administratif. Néanmoins, dans l’éventualité ou d’autres cas serait détectés et que bien entendu la faune sauvage et la chasse ne seraient pas à l’origine de ces contaminations, la FDC40 étudie en ce moment même toutes les possibilités, notamment juridiques.

Nous restons mobilisés pour la défense de votre passion, mais surtout de cette liberté fondamentale qu’est la pratique de la chasse.

Adishatz !

Tous à la hutte ce week-end !

Samedi, entre 600 et 800 chasseurs se sont rassemblés à Saint-Valery-sur-Somme à l’appel du collectif  « Chasseurs en colère » afin de réclamer le droit de pratiquer leur passion, la chasse du gibier d’eau. Partagés entre colère et espoir d’être entendus, ce regroupement a été organisé afin de faire modifier les arrêtés malgré l’interdiction de rassemblement. Face à cet attroupement la préfète a répété que les contrôles continueraient.

Une situation tendue.

Les mesures prises ces derniers jours exaspèrent les chasseurs de gibier d’eau. Pour contester ce qu’ils considèrent comme une injustice, ils se sont rassemblés à Saint-Valery-sur-Somme, pour faire entendre leur voix. En parallèle certains irréductibles ont continué de se rendre dans leur hutte, ce qui a entrainé, le vendredi matin des contrôles des à Noyelles-sur-Mer par les gardes de l’office français de la biodiversité. N’ayant pas été entendus et face au maintien des contrôles les chasseurs se sont rassemblés de nouveau ce samedi sur le parking d’entrée de ville de Saint-Valery-sur-Somme. Ils étaient 600 selon les forces de l’ordre, présentes aussi en nombre (80 gendarmes mobilisés), entre 700, 800 ou même 1 000 selon le collectif Chasseurs en colère.

La colère monte.

« On veut bien accueillir les gens l’été, mais vivre notre passion quand ils sont partis », a exprimé Nicolas Lottin, ex-conseiller général, président de l’association des chasseurs de la baie de Somme et président de l’Unacom, l’Union nationale des associations de chasseurs d’oiseaux migrateurs face à la foule de chasseurs. Avant de poursuivre, « dans les huttes de chasse, tout le monde a pris ses dispositions pour les conditions sanitaires » afin d’éviter la propagation du Covid-19. Ces déclarations relevées par le Courrier Picard tentent de raisonner le monde politique assez désorienté face à la situation. On interdit les rassemblement mais on autorise les battues alors que la chasse du petit gibier et/ou gibier d’eau se passe généralement seul. «Chasser dans de vastes espaces naturels ou à deux dans une cabane, c’est sans risque », selon Nicolas Lottin. Les chasseurs espèrent être entendu après ce regroupement et attendent donc que les politiques prennent des décisions en faveur de leur pratique.

 

 

Les chasseurs de gibier d’eau en résistance

En Baie de Somme, les chasseurs de gibier d’eau s’organisent afin de continuer à pratiquer leur passion. Ils sont scandalisés par les moyens utilisés à leur encontre pour les verbaliser.

D’importants moyens de contrôle mis en place

Face aux moyens déployés les chasseurs de gibier d’eau dénoncent l’acharnement dont ils victimes. Les moyens déployés s’apparentent à ceux utilisés pour traquer les gangs. Utilisation de drones, mini caméras placées sur des piquets de pâture, les chasseurs s’insurgent  « Nous ne faisons pas partie du grand banditisme ! ». Un chasseur témoigne de sa stupéfaction face aux moyens mis en place « C’est un truc de fou. Il y avait un hélicoptère qui nous survolait lors du rassemblement à Saint-Valery, et le soir des drones, des mini-caméras installées dans les trous des piquets de pâture. »

Malgré ces contrôles renforcés, même si ils sont conscients qu’ils bravent les interdis, les chasseurs s’organisent pour continuer de chasser. Face à cette rébellion, les chasseurs se rendant à la hutte risque deux type de procès verbaux.

  • Le premier concerne celui dressé par les gardes de l’office français de la biodiversité, pour non-respect de l’interdiction d’utilisation d’appelants.
  • Le second, ceux de la gendarmerie sur les voies de circulation pour non-respect du confinement.

Ces moyens et ces sanctions ne semblent pas suffire à les décourager. En effet, comme expliqué dans un précédent article, ces chasseurs ne comprennent pas l’injustice qui permet à certains de chasser et à d’autres pas.

La riposte s’organise sur les réseaux

« Pour repérer un drone la nuit… Rien de plus simple, vous devez vous munir d’un œil électronique, tout le monde en a un. Mettez votre portable comme si vous prenez une photo et scrutez autour de vous. Si une lumière très forte apparaît, c’est l’infrarouge de la caméra du drone invisible à vos yeux». Voici ce qu’on peut lire sur les réseaux sociaux dans les groupes chasse. Mais pas que, sur le terrain tout les moyens sont bons pour permettre la pratique de la passion, en effet, dans le hâble d’Ault toute arrivée d’une voiture suspecte est signalée. Les chasseurs s’organisent pour lui interdire le passage et assurer ainsi la possibilité pour leurs collègues de chasser sans risques. Les chasseurs expliquent que chez eux, « la passion l’emporte sur le risque ».

Confinement, l’exaspération des chasseurs.

Cet article pourrait aussi s’appeler : « chasseurs au bord de la crise de nerf » tellement ces derniers jours ont été riches en rebondissements.

Le confinement, acte 2.

L’annonce du re-confinement par le Président de la République a fait l’effet d’un coup de tonnerre chez tous les chasseurs. Confinés au meilleur moment de la saison ! Premier mouvement de mauvaise humeur, beaucoup ont demandé à être remboursés de leur validation annuelle. Ce remboursement n’est évidemment pas possible et, s’il l’était, il ne pénaliserait que les fédérations et personne d’autre. Le sacrifice financier est important pour beaucoup d’entres nous, il est compréhensible de se sentir floué mais l’intérêt général doit primer et chaque président de société de chasse fera, j’en suis certain, ce qu’il faut pour que ce sacrifice soit le plus léger possible. Être président en ce moment n’est pas simple, soyons patients.

La circulaire.

Puis ce fut la circulaire de la secrétaire d’État, Bérangère Abba qui nous enjoignait de pratiquer des actions de régulation principalement sur le grand gibier et sur quelques autres espèces pouvant occasionner des dégâts mais en laissant liberté d’appréciation aux préfets départementaux. Cette circulaire nous enjoignait aussi de tirer un minimum de 500 000 sangliers avant la fin de l’année… Et si nous n’y arrivons pas, que se passera-t-il madame la ministre ?

Cette circulaire nous rabaisse donc au rang de régulateurs… Non, merci madame la ministre, nous ne sommes pas des régulateurs mais des chasseurs. Ce qui nous plait dans la chasse, ce n’est pas de tuer des milliers de sangliers. Il serait trop long de vous expliquer la différence et je ne sais pas si vous seriez disposée à l’entendre. Est-ce le futur que vous réservez à la chasse française ? Si c’est le cas, nous nous en souviendrons au moment des élections, soyez-en sûre. Il faut d’ailleurs s’en souvenir avant toutes les élections. Les régionales approchent et tous les partis qui font alliance avec les verts doivent être considérés comme des partis anti-chasse. L’ami de mon adversaire devient mon adversaire. Les verts n’ont conquis certaines municipalités que grâce à des accords ressuscitant la « gauche plurielle ».  Ils entendent bien faire de même aux régionales.

Les conséquences.

La circulaire a conduit à de grandes disparités et à des incohérences. Que penser du préfet de Corse du Sud qui interdit cette régulation alors que celui de Haute Corse l’autorise ? Y a-t-il de telles différences entre les deux parties de l’île qui puissent justifier ceci ?

Que penser de la préfète de l’Aveyron qui autorise les battues de régulation les mardis, jeudis et samedis mais les interdit les dimanches alors que ce sont justement les dimanches qui  rassemblent le plus de chasseurs et permettent donc de pratiquer une régulation efficace ? Cette décision préfectorale est en opposition flagrante avec la circulaire du ministre qui nous enjoint de prélever 500 000 sangliers d’ici à la fin de l’année. C’est surprenant de la part d’un préfet… Est-ce une erreur ou un acte de militante anti-chasse déguisé sous les habits d’un arrêté préfectoral ? Une réaction madame la préfète Michel-Moreaux ?

Que penser de l’interdiction de la « chasse loisir » qui contraint les chasseurs de petit gibier à rester chez eux et crée des dissensions dans le monde de la chasse. Est-ce voulu ? Compte  tenu de la ministre en charge des dossiers, on peut penser que oui. J’aimerais dire aux chasseurs fort justement exaspérés par cette décision qu’il ne faut pas rentrer dans ce jeu pervers et se diviser. Il n’y a pas de chasseurs de grand gibier et de chasseurs de petit gibier. Il y a des chasseurs. Point. D’ailleurs nous pratiquons pour beaucoup les deux types de chasse.

Deux fédérations départementales ont adopté une attitude qui mérite d’être notée, les Landes et le Gers, qui, par la voix de leurs présidents de fédération, ont déclaré ne pas vouloir mettre en oeuvre cette régulation. Qu’en penser ? Pour certains c’est un geste de solidarité avec les chasseurs de petit gibier, principalement de gibier d’eau et de palombes dont on sait l’importance dans cette région. Mais quid des dégâts agricoles qui vont augmenter maintenant et ensuite puisque les sangliers, chevreuils et cerfs ne sont pas tirés ? Cela contraindra-t-il ces fédérations à faire comme celle de Meurthe et Moselle qui a annoncé ne plus traiter les demandes d’indemnisation pendant la durée du confinement ?

Nous n’avons pas toutes les réponse et, contrairement à certains qui ajoutent de l’huile sur le feu, nous garderons bien de juger et de condamner.

Il faut impérativement dépasser les mouvements de mauvaise humeur, penser à l’intérêt général et au futur. Si nous voulons que nos enfants et nos petits-enfants chassent, il ne faut pas faire le jeu des anti-chasse.