La grippe aviaire touche deux nouveaux départements.

Après les Landes avec trois foyers découverts, ce sont la Vendée et les Deux-Sèvres qui sont maintenant touchés.

Le ministère de l’agriculture annonce : « À ce jour, le 14 décembre 2020, cinq élevages professionnels ont été touchés par le virus H5N8. Trois élevages de canards gras des Landes […], un élevage de canards maigres en Vendée à Saint-Maurice-des-Noues et un élevage de canards de Barbarie reproducteurs dans les Deux-Sèvres à Saint-Sauveur-sur-Bressuire. »

Il précise que « l’ensemble des oiseaux de ces élevages ont été abattus sans délai ou, pour les plus récents, sont en cours d’abattage. Des zones de protection (3 km) et de surveillance (10 km) ont été mises en place autour des foyers, au sein desquelles les mouvements de volailles sont interdits et des mesures sanitaires strictes doivent être observées. »

Malheureusement des oiseaux sauvages sont aussi touchés, les autorités sanitaires rapportent que deux oies bernaches ont été retrouvées mortes, une dans les Calvados et une dans le Morbihan.

La FDC de Vendée vient d’annoncer que :

  • La chasse du gibier à plume (incluant les oiseaux sauvages, dont la bécasse des bois) est suspendue pour huit jours sur 22 communes (liste ci-dessous).
  • Le transport et les lâchers du gibier à plume sont eux aussi interdits sur ces communes dans cette même période.

Voici la liste des 22 communes concernées en Vendée et celle des 19 communes des Landes.

 

Suspension de la chasse aux oiseaux dans 19 communes.

L’année 2020 restera dans les annales… Une année noire d’un point de vue sanitaire, mais aussi d’un point de vue juridico-cynégétique. Le 9 décembre, la fédération des chasseurs des Landes nous informe sur sa page Facebook d’une suspension de la chasse dans 19 communes du département. Cette suspension intervient dans le cadre sanitaire de la grippe aviaire H5N8.

Communiqué de la fédération des chasseurs des Landes.

Malgré les efforts de la FDC dans la négociation de l’arrêté préfectoral pris, la sanction semble lourde et injuste. Après avoir pris en compte les enjeux sanitaires, la FDC s’est empressée de mettre en place des actions afin de sensibiliser les chasseurs de gibier d’eau et de respecter le protocole sanitaire. Dans un second temps le rôle de sentinelle a été mis en avant afin de détecter potentiellement des mortalités anormales et d’apporter aux autorités sanitaires des données complémentaires. Mais en vain…

Suite à la découverte de cas de grippe aviaire dans un élevage de canards, sur la commune de Bénesse-Maremne, puis Saint Geours de Maremne la décision administrative a été de fermer la chasse aux oiseaux, et uniquement aux oiseaux sur les 19 communes concernées :

Suite à cette décision, la FDC  demande aux chasseurs de respecter cette interdiction. Voici son communiqué.

Chasseurs,

Cette suspension de la chasse aux oiseaux dans 19 communes est injuste.
Dans l’immédiat, nous demandons aux chasseurs concernés, pour les préserver d’éventuelles contraventions, de respecter l’arrêté préfectoral. La durée de l’arrêté est limitée et nous amène au 14 décembre inclus.

La durée de cet arrêté ne nous permet pas de pouvoir le faire suspendre rapidement par voie d’attaque au Tribunal Administratif. Néanmoins, dans l’éventualité ou d’autres cas serait détectés et que bien entendu la faune sauvage et la chasse ne seraient pas à l’origine de ces contaminations, la FDC40 étudie en ce moment même toutes les possibilités, notamment juridiques.

Nous restons mobilisés pour la défense de votre passion, mais surtout de cette liberté fondamentale qu’est la pratique de la chasse.

Adishatz !

Une oie positive à l’influenza aviaire découverte morte dans le Morbihan.

L’influenza aviaire a toujours fait partie du paysage cynégétique. Chaque année une mutation du virus menace l’Homme et ses activités. Cette saison, suite à la découverte d’oiseaux positif au H5N8 aux Pays-Bas, la France a mis en place des mesures rapides afin de ne pas se retrouver dans une nouvelle crise sanitaire. Cependant, sur le littoral du Morbihan, une oie bernache a été découverte morte. Elle a été testée positive à l’influenza aviaire.

Une zone de contrôle temporaire mise en place

Un cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a donc été découvert et confirmé récemment dans le Morbihan. Il s’agit une oie bernache. A ce jour, aucune information concernant le lieu et la date de la découverte n’a été communiquée. Conformément au protocole sanitaire en vigueur, une zone de contrôle temporaire a été mise en place par la direction départementale de protection des populations (DDPP) du Morbihan sur un rayon de 5 kmFort heureusement, aucun élevage avicole ne se trouve dans cette zone.

D’où provient la source de contamination ?

Il s’agit du même virus découvert il y a quelques semaines dans une animalerie de Haute-Corse. Les investigations se sont donc orientées vers les fournisseurs de celle-ci. L’enquête de traçabilité et d’analyses par les services compétents conduisent à l’identification d’une source commune de contamination, chez un particulier du département du Nord ayant vendu des oies au négociant ayant approvisionné l’animalerie début novembre.

Les élevages avicoles professionnels épargnés

Aucun élevage avicole professionnel n’est aujourd’hui touché par l’IAHP. Les mesures de prévention qui ont été prise, prouvent que les bonnes décisions ont été mises en place. Cependant, le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation appelle une nouvelle fois l’ensemble des acteurs concernés (animaleries, transporteurs etc…) à appliquer les mesures de protection prévues par la réglementation en situation de risque IAHP élevé. Il faut rester vigilant. Les mesures de biosécurité sont essentielles pour les particuliers et professionnels. 

Il est important de rappeler que l’influenza aviaire n’est pas transmissible à l’homme par la consommation de produits d’origine aviaire. De plus, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) confirme le caractère non transmissible à l’homme de la souche H5N8.

La grippe aviaire à nos portes. Point de situation.

Identifiée pour la première fois en Italie en 1878, l’influenza aviaire, virus hautement pathogène, se caractérise par l’apparition brutale d’une maladie, une contagion rapide et un taux de mortalité qui, dans le secteur de l’élevage peut avoisiner les 100% en 48h. En France, durant le mois d’octobre, des mesures ont été prises suite à la découverte de deux cas d’influenza aviaire hautement pathogène (H5N8) aux Pays-Bas.

Grippe aviaire, explication.

La grippe aviaire est provoquée par des souches A du virus grippal. Cette maladie infectieuse affecte les oiseaux. L’infection peut causer toutes sortes de symptômes, depuis une maladie bénigne, passant inaperçue, jusqu’à une maladie extrêmement létale, provoquant de graves épidémies. La grippe aviaire de manière générale ne touche pas l’homme, cependant, des souches hautement pathogènes peuvent provoquer chez l’humain une grave détresse respiratoire. Dans le contexte actuel, les organisations sanitaires craignent une mutation du virus, ce qui faciliterait la transmission interhumaine et présenterait un risque de pandémie de grippe.

Transmission et hôtes principaux

Il est important de rappeler que les oiseaux sauvages, notamment les espèces migratrices, constituent un important réservoir des virus influenza A. Chez les oiseaux aquatiques migrateurs, que le chasseur a pour habitude de fréquenter lorsqu’il pratique la chasse du gibier d’eau, les canards, oies, sarcelles sont des espèces susceptible de contracter le virus ou de le transmettre.

Le virus se multiplie dans les cellules de l’intestin, causant chez l’hôte une infection asymptomatique. Il peut y avoir une « élimination » du virus par le biais des matières fécales contaminant ainsi les différents points d’eau rencontrés au cours des migrations par les individus porteurs. Dans des conditions de salinité et de pH optimales, ces virus peuvent demeurer infectieux au-delà de 200 jours dans une eau à 17 °C. Ainsi, l’hypothèse actuelle veut que les oiseaux sauvages s’infectent par voie orale à partir de ces eaux contaminées, multipliant les virus dans leur tractus intestinal et les excrétant par voie fécale, ce qui contribue à contaminer leur environnement et entretenir le cycle de l’infection. Les plumes et les poussières souillées ou contaminées par les fientes constituent elles aussi une source potentielle de virus.

Les mesures prises en France

Comme expliqué précédemment, deux cas d’influenza aviaire H5N8 découverts à la frontière avec les Pays-Bas ont contraint à renforcer les mesures de prévention en France. Le ministre, Julien Denormandie appelle « à la vigilance les acteurs du monde de la chasse et de l’ensemble des détenteurs de volailles ». 

Foyers et cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en Europe à la date du 4 novembre 2020

En effet, la France, est un pays où les couloirs migratoires sont importants, c’est d’ailleurs ce qui fait une de nos richesses cynégétiques et la réputation de certains départements. Cet appel à la vigilance est illustré par la carte ci-dessous, montrant les zones à risques. Ces zones sont les grands points où l’élevage représente un enjeu économique et sanitaire important. A la veille des fêtes de fin d’année, la prévention est de mise, notamment.

Carte des zones concernées par les mesures de prévention (ZRP en bleu, départements en rouge)

Conséquences et incidences

Suite à cet évènement, un arrêté ministériel est paru aux alentours du 25 octobre. Cet arrêté, malgré la suspension de la chasse par le confinement existant aura un impact sur l’utilisation et le transport des appelants pour la chasse au gibier d’eau ainsi que sur les lâchers de gibier. Afin de comprendre ces conséquences il faut se référer à l’arrêté paru en 2016, il définit les ZRP « zones à risque particulier » (qui sont les zones humides). À compter de ce vendredi 6 novembre, les mesures de prévention suivantes sont rendues obligatoires dans l’ensemble des départements classés en niveau « élevé » et dans les zones à risque particulier (ZRP) :

  • claustration ou protection des élevages de volailles par un filet avec réduction des parcours extérieurs pour les animaux ;
  • interdiction de rassemblement d’oiseaux (exemples : concours, foires ou expositions) ;
  • interdiction de faire participer des oiseaux originaires de ces départements à des rassemblements organisés dans le reste du territoire ; « la consommation de viande, foie gras et œufs ne présente aucun risque pour l’homme. »
  • le transport et l’utilisation des appelants pour la chasse au gibier d’eau sont interdits (article 8 de l’arrêté de 2016)
  • pour le transport et le lâcher de gibiers à plumes. « Lorsque le niveau de risque est « modéré » dans une ou des zones à risque particulier correspondant soit au lieu d’origine du gibier soit au lieu du lâcher, le transport et le lâcher du gibier à plumes sont interdits dans ces zones. Toutefois le transit par les grands axes routiers et sans rupture de charge est autorisé lorsque des mesures de biosécurité sont mises en œuvre » (article 10).

Voici donc le lien concernant l’arrêté de 2016 sur lequel il faut se référer concernant les interdictions : https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2020/10/Arre%CC%82te%CC%81-du-16-mars-2016-relatif-aux-niveaux-du-risque-e%CC%81pizootique.pdf

Ainsi que le lien de l’arrêté paru le 23 octobre : https://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2020/10/Arrete%CC%81-du-23-octobre-2020.pdf

Tout ceci aura des conséquences, notamment pour la filière gibier qui souffre déjà des confinements mis en place. Il est important de souligner qu’il s’agit de prévention face à un virus hautement pathogène, aucun cas de H5N8 n’est à déclarer aujourd’hui sur le territoire national. Ces mesures servent à prévenir le monde agricole pouvant être victime de ce virus.

Le président de la FNC mets les points sur les i.

Fraichement arrivé Willy Schraen à déjà beaucoup de travail avec la Grippe Aviaire H5N8 et pour certains criants au complot et tous les détracteurs , il nous donne son avis :

– Bonjour aux chasseurs internautes,
Je vois que vous êtes nombreux à exprimer votre colère concernant les mesures de risque aviaire. j’aimerai vous rappeler que nous revenons de très loin, et que nous avons frôlé la fermeture générale de la chasse. La négociation n’est sûrement pas parfaite, mais la aussi je vous rappelle que nous parlons d’un cas avéré d’influenza aviaire. Je lis que certains d’entre vous imaginent des complots anti chasse ici ou là, ou même que le cas avéré à été purement inventé. Franchement, il y en a quelques uns qui feraient mieux de réfléchir un peu avant de dire ou d’écrire des conneries pareilles. Je peux comprendre la déception, voir la colère, mais cela n’empêche pas la réflexion…
deux choses posent un vrai problème aux chasseurs. D’abord l’interdiction de transport des appelants en zone à risque élevé. Je continue chaque jour à discuter sur la possibilité de déroger à cette interdiction, tout en conservant les mesures de bio sécurité qui vu la situation, ne peuvent pas disparaître sur un claquement de doigt! L’utilisation des canards sans contact avec l’eau pourrait être une solution à envisager avec la DGAL ( cages sur pilotis ou en bord de flaque). Le deuxième point touche durement le lâcher de gibier dans ces mêmes zones à risque élevé. La encore, on ne parle pas de la chasse des riches ou des pauvres comme l’écrivent certains, mais bien d´une chasse populaire que 82% de chasseurs de France ne pratiquent que dans leur commune. Une saisine envoyée à l’ANSSES devrait nous revenir rapidement, et nous verrons si nous pouvons demander un assouplissement à la DGAL.
Dans tous les cas sachez que le dossier ne dort pas dans un tiroir, et que personne à la FNC n’est parti en vacances…
cordialement
WS