Le sanglier « Charlie » est suivi à la trace grâce au GPS

Il y a une quinzaine de jours, la FDC81 capturait un sanglier pour l’équiper d’une balise GPS. Le but, observer les déplacements et les comportements de ces animaux. Cette action, dans le cadre du programme Via Fauna MiPy, permet d’offrir de nombreuses informations, données, scientifiques sur cette espèce, parfaitement adaptée à notre époque et société.

La FDC81 favorable à la connaissance de l’espèce

Le sanglier est souvent considéré comme un indésirable. Cependant, mieux connaître l’espèce permettra d’agir plus efficacement sur ses populations. Cet aspect scientifique et technique, la FDC81 l’a bien compris. Elle a donc décidé de conduire une étude à ce sujet. Cela permettra d’apporter des connaissances sur le sanglier et sa gestion, cela fournira des données environnementales sur les zones à enjeux pour la faune sauvage et ses habitats. Elle offrira aux techniciens de la FDC de meilleures connaissances de terrain sur les corridors écologiques de l’agglomération. Le suidé s’adaptant parfaitement a son environnement il est judicieux de comprendre cette facilité.

« La présence de la faune sauvage en zone péri-urbaine et urbaine est un phénomène de plus en plus fréquent en France. De par son expertise et ses connaissances sur la faune sauvage et ses habitats, la FDC81 est régulièrement sollicitée pour apporter un appui aux collectivités sur ces questions. En partenariat avec le Grand Albigeois, la FDC81 lance une étude complète dans le cadre du programme Via Fauna MiPy » explique la fédération.

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Un programme unique et riche d’informations

Le sanglier, muni d’un collier a été baptisé « Charlie ». Au début de l’étude, l’animal était resté aux portes d’Albi. « Depuis sa dernière virée en campagne, Charlie s’est contenté de passer ses journées et ses nuits à proximité de son lieu de capture. Il reste fidèle à sa remise diurne, où malgré la proximité de la rocade albigeoise et des zones habitées, le calme et la tranquillité règnent. Les sorties nocturnes ne se sont résumées qu’à des visites de pelouses et jardins des quartiers sud-albigeois« , explique la FDC81. Cependant, depuis le 19 décembre, l’animal est parti à l’ouest, loin des premiers relevés GPS. « Ses déplacements sont rapides, toujours droit devant, il semble avoir une idée très précise de là où il va ».

En regardant ses déplacements, les chasseurs constatent qu’en 10h de périple, Charlie s’est retrouvé à 30 km à l’ouest d’Albi. A 20h, il est Marssac-sur-Tarn. A 23h il se trouve à proximité de Cadalen. Il continue et ne s’arrête pas. A 3h30, il est à Montans. Puis, à 6h du matin, « il trouve refuge dans un petit bois à mi-chemin entre Peyrole et Parisot«  constatent les techniciens. Il passera donc la journée du 20 décembre dans ce bois. Un périple qui confirme que les sangliers peuvent parcourir plusieurs kilomètres en journée où de nuit. Cependant, vers 17h le 20 décembre, l’animal revient sur ses pas. Mauvaise destination ? Il refait 20 km dans le sens inverse. Et se retrouve, vers 6h du matin tout près de la RD 964. Il se cantonnera sur site durant près de 3 jours.

©Fédération des chasseurs du Tarn

Avec ce projet scientifique, l’animal devait apporter bon nombre d’information sur l’espèce et son comportement. Aujourd’hui, Charlie apporte principalement des questions, qui trouveront probablement des réponses au fil du temps. Rut ? Recherche de compagnie ? Charlie continue de fournir des informations qui seront précieuses pour l’avenir.

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Les chasseurs suivent des oies cendrées avec des balises GPS

La fédération des chasseurs de Loire-Atlantique a décidé de mieux connaître les habitudes des oies cendrées. Une étude a été lancée sur la population d’oies cendrées du lac de Grand-Lieu et de l’estuaire de la Loire. Pour parfaire ses données, la FDC44 a équipé trente oiseaux d’une balise GPS. Un programme scientifique important, qui se verra enrichir de multiples données.

Un oiseau migrateur méconnu

Chaque année, plusieurs milliers d’oies cendrées hivernent en Loire-Atlantique, plus particulièrement sur deux secteurs, le lac de Grand-Lieu et l’estuaire de la Loire. Ces deux zones humides, riches de biodiversité, accueillent pour l’un, plus d’une centaine de couples nicheurs et pour le second une trentaine.

Cette espèce, dont les populations ne cessent d’augmenter, n’est pas assez connue. La FNC avait d’ailleurs demandé de bien déclarer les prélèvements d’oies cendrées (voir l’article en cliquant ici). La FDC44 a décidé de lancer un programme afin de « suivre la dispersion post-nuptiale » de ces oies.

30 oiseaux équipés

La FDC44 a procédé à la capture de trente oies cendrées afin de lancer le programme de suivi. Une fois capturés les oiseaux ont été équipés d’une balise GPS puis relâchés. « On en a posé 10 en 2020 et 20 en 2021. Le coût de chaque balise est de 1 500 €, financés à 80 % par les associations de chasse spécialisées au gibier d’eau : l’association nationale et les associations de Brière, Gironde, Vendée notamment. Les 20 % restant sont pris en charge par la fédération de Loire-Atlantique qui finance également le temps de travail » souligne Denis Dabo directeur de la FDC44. Les balises enregistrent le point GPS des oiseaux toutes les 15 minutes, les données sont transmises au service technique de la FDC. Dans ce service, deux techniciens spécialisés dans le gibier d’eau traitent les informations reçues.

Une étude de la migration post-nuptiale

« Ça a permis de mettre en évidence un phénomène que personne n’avait observé. À partir de mai et juin, les oies partent vers le sud des Pays-Bas et y passent tout l’été. Puis en septembre-octobre, elles reviennent les unes dans l’estuaire, les autres à Grand-Lieu » soulignent-ils. « Elles parcourent un périple de 500 km en 8 heures, à la vitesse moyenne de 80 km/h et à 2 500 m d’altitude », avec comme question « pourquoi partent-elles l’été aux Pays-bas ? » souligne le directeur de la FDC44. L’équipe scientifique va tenter de comprendre le phénomène.

La FDC44 souhaite également comprendre et connaître la répartition et l’utilisation de l’espace dans l’estuaire par l’espèce. « Il y a trois sites bien identifiés où elles restent : le banc de Bilho (entre Saint-Nazaire et Saint-Brevin), la réserve de Pierre Rouge à Lavau et les réserves du Massereau et du Migron à Frossay. On va voir de quoi elles se nourrissent, la hauteur des plans d’eau qu’elles fréquentent… Bref, voir quel est le milieu le plus favorable pour elles ». Un programme scientifique riche, qui permettra une nouvelle fois, aux chasseurs d’enrichir leurs données scientifiques.

Une étude très intéressante, d’un chercheur suédois qui fait le lien entre migration et chasse est à lire ici.