Le sanglier, bientôt piégé

Les agriculteurs situés en Dordogne en ont assez. Ainsi, face à la prolifération et l’augmentation des populations de sanglier des agriculteurs vont installer des cages. Ces cages, au nombre de trois, auront pour objectif de piéger/capturer des suidés.

Le sanglier, espèce piégeable ?

Le sanglier est un vrai fléau. Coupable de dégâts importants sur les parcelles agricoles, l’animal ne s’attire pas de la sympathie des agriculteurs. Face à la recrudescence des populations, les agriculteurs ont décidé de passer à l’action en essayant de piéger le fameux suidés. Ainsi, sur le département de la Dordogne, trois cages seront installées en zone rurale le mois prochain. Jean Philippe Granger, le président de la chambre d’agriculture de Dordogne explique « Le sanglier est une espèce qui se développe trop rapidement. Elle pose des problèmes au monde agricole, mais ça va au-delà. On a des difficultés aussi en milieu urbain. Il faut donc réduire les populations ».

En Périgord, les chasseurs ont pu prélever 20 000 sangliers cette saison, il y a trois ans, le tableau était de 12 000 animaux. Malgré les efforts des chasseurs, les dégâts augmentent ; « il y a des efforts faits par les sociétés de chasse pour diminuer la population, ajoute Alexis Cornuez, animateur à la chambre d’agriculture de la Dordogne. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut donc trouver des moyens complémentaires. »

Capturer les sanglier ça s’est déjà fait

L’opération de piégeage de sanglier a déjà été menée aux abords de certaines villes, le résultat a été concluant. Les cages seront installées de manière stratégique en fonction des besoins et des secteurs. Soulignons que cette campagne de piégeage vient en complément du travail fourni et réalisé par les chasseurs.

Plus de 100 000 € de dégâts pour une ACCA.

Dans le Tarn-et-Garonne, l’ACCA les Barthes est à plus de 100 000 € de dégâts liés à la surpopulation de sangliers et de chevreuils sur leur territoire. Une somme considérable que les chasseurs seront amenés à indemniser.

Sur ce territoire, chevreuils et sangliers posent problème.

Le président de l’ACCA des Barthes Patrick Le Penven réagit positivement à l’arrêté préfectoral paru le 6 novembre. En effet il explique que « certaines espèces animales sont susceptibles d’occasionner des dégâts très importants dans les campagnes ». Ces dégâts ont coûtés 80 millions d’euros au niveau national, c’est pourquoi « nous ne pouvons qu’accueillir favorablement cette mesure dérogatoire ».

Face au rôle d’intérêt général et de régulateur, les chasseurs de l’ACCA les Barthes se savent déjà considérés comme tel. « Lors de la campagne 2019 – 2020 dans le département de Tarn-et-Garonne, le bilan est de 186 cerfs pour 220 attributions et de 6 449 chevreuils prélevés pour 6 616 attributions. Quant aux sangliers 3 935 ont été prélevés sur l’année 2019. Malgré cette régulation le bilan des dégâts est impressionnant. » explique Patrick Le Penven. Avant de poursuivre « 222 dossiers pour les sangliers, 39 dossiers pour les chevreuils qui représentent respectivement 100 139 euros et 76 581 euros de dégâts pris en charge par la fédération des chasseurs du Tarn-et-Garonne. ».

Novembre et décembre, une période cruciale pour la régulation

Pour réguler au mieux et ainsi tenter de freiner les dégâts agricoles causés par certaines espèces, le président de l’ACCA explique que novembre et décembre correspondent « à la période la plus propice aux battues et à la chasse à l’affut » en expliquant qu’en « 2019  durant ces deux mois 1 458 sangliers, 2 142 chevreuils et 76 cerfs ont été prélevés. ».

Face à la requête de l’État, cette ACCA n’hésitera pas à chasser afin de limiter les dégâts sur leur territoire. « La chasse des espèces de grand gibier (sanglier, chevreuil, cerf et daim) est autorisée en battue les mercredis, samedis et dimanches et à l’affut tous les jours avec l’autorisation écrite du détenteur du droit de chasse », avec toutes ces possibilités, les chasseurs tenteront de tout mettre en œuvre afin de répondre aux attentes des instances cynégétiques, politiques et agricoles.

En Meurthe-et-Moselle les chasseurs ne payeront plus les dégâts

Barbara Pompili, la ministre à la Transition Écologique a décidé par le biais d’un arrêté d’interdire l’agrainage durant toute la période de confinement. Cette décision a mis le feu au poudre entre chasseurs et agriculteurs. En plus du rôle peu valorisant de « régulateur » madame la ministre joue avec le feu concernant les dégâts et la gestion des populations de grand gibier. En riposte, le fédération des chasseurs de Meurthe et Moselle annonce vouloir ne plus financer les dégâts durant cette période.

Stop « au chasse bashing »

La tension est palpable depuis plusieurs mois. Interdiction de la chasse à la glu, RIP contre les chasses traditionnelles, réduction du chasseur au simple rôle de « régulateur ». Les chasseurs montent au créneau et entendent dire stop à ce « bashing » incessant.

Ainsi, sur sa page Facebook, la FDC 54 a publié une réponse à Barbara Pompili, suite a la circulaire de celle-ci, demande l’arrêt de l’agrainage pendant le confinement. Cette pratique, destinée à cantonner en forêt une population de sanglier afin de limiter les dégâts agricoles divise le monde rural depuis des années. Elle divise car elle n’est pas expliquée de la bonne manière et est décrite comme une simple place de nourrissage favorisant ainsi les populations des suidés pour soi-disant le plaisir « sanguinaire » du chasseur. Cette méthode porte ses fruits et permet aujourd’hui dans certains secteurs de la France de tenir les sangliers loin des cultures et ainsi permettre l’allégement de la facture finale qui est rappelons le de 80 millions d’euros environ.

Malgré tout les risques encourus (dans le relationnel rural) et au risque de raviver la polémique, la fédération des chasseurs du 54 a annoncé qu’elle « suspendra la réception, le traitement administratif et l’envoi d’estimateurs dégâts du gibier jusqu’à la fin du confinement ». Cette mesure s’ajoute à la décision de la fédération des chasseurs du Gers refusant toute pratique de régulation ou de chasse sur le département jusqu’à la fin du confinement. Les fédérations commencent à exprimer leur ras-le-bol face aux décisions d’une ministre qui n’a toujours pas compris son rôle de ministre et qui est toujours une militante verte.

Les chasseurs agathois au service de la biodiversité

La gestion des espaces naturels est aujourd’hui une nécessité. Entre Agde et Vias, un important programme de travaux de gestion des milieux naturels et de la faune a vu le jour à la fin du mois d’août. Les berges des Verdisses se verront rénovées et retrouveront leur aspect originel.

Aménagement et gestion des berges

Les Verdisses sont une vaste plaine marécageuse qui se situe entre Agde et Vias. Cette zone humide, regorgeant d’une biodiversité incroyable subit chaque année des dégradations, principalement en période touristique. Entre les cabanes sauvages, les installations récurrentes des gens du voyages, les pollutions diverses, on ne peut pas dire que cet espace naturel riche de biodiversité soit mis en valeur.

Pourtant dans le département de l’Hérault ce territoire entre dans le cadre d’un PAEN, soit un « périmètre de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains ». Grâce à ce cadre réglementaire, le département va réinvestir le territoire en y favorisant une agriculture respectueuse, en symbiose avec les milieux littoraux, tout en assurant un accès encadré au public.

Depuis la fin du mois d’août, les Verdisses font à ce titre l’objet d’un important programme de travaux. Restauration, entretien de la végétation et des berges de six ruisseaux ont actuellement lieu : le grand Rudel, la Salamanque, le Montmorency, le Murier, le Bout du pont et le Contre canal.

Régulation des espèces invasives

Les équipes de la Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), sous la responsabilité de l’Agglomération depuis le 1er janvier 2018, vont intervenir sur 16 kilomètres de berges. En effet en partenariat avec les chasseurs, riches de leur savoir-faire et compétences un programme portant sur la gestion d’espèces invasives notamment les populations de ragondins aura lieu.

En effet, il serait vain de lancer un programme coûteux de restauration des berges que les ragondins détruiraient en quelques mois. Encore une fois la nature ne s’auto-régule pas dans un milieu aussi anthropisé.
Ce partenariat avec les chasseurs agathois est une véritable aubaine pour cet espace naturel subissant les attaques incessantes des ragondins. Leurs actions seront bénéfiques pour le milieu mais aussi pour l’aspect sanitaire qui accompagne cet animal.

L’investissement bénévole des chasseurs pour la nature et ce qui la compose se prouve chaque jour. Encore bravo pour cet investissement aux chasseurs agathois.

120 mares restaurées sur la commune de Bully dans la Loire

Depuis toujours le monde cynégétique s’investit dans la gestion et préservation des milieux naturels. Aujourd’hui, nous mettons à l’honneur la fédération départementale des chasseurs de la Loire engagée depuis de nombreuses années avec ses adhérents, dans la sauvegarde des milieux naturels, de la faune et de la flore locale.

Restauration et préservation

Engagée dans la restauration du bocage, la FDC42 réalise chaque année de nombreuses actions pour l’environnement et ses milieux. Plantation, replantation de haies et surtout restauration de mares représentent leurs principales actions. En l’espace de deux mois, grâce aux présidents de sociétés de chasse et des agriculteurs chasseurs, les mares ont pu être identifiées rapidement et un plan d’action a été mis en oeuvre.

La restauration des mares est un véritable atout pour la biodiversité. En effet,  les points d’eau de la commune sont bénéfiques pour permettre à la faune sauvage de s’y abreuver. De plus pour les agriculteurs cela offre une autonomie en eau pour certaines parcelles dédiées à l’élevage.

L’investissement des chasseurs et des acteurs locaux (exploitants agricoles) n’est plus à démontrer, l’investissement de la FDC 42 pour la restauration de ces mares bénéfiques à l’environnement, la faune la flore et l’activité humaine prouve une nouvelle que les chasseurs sont les premiers écologistes de France. Les travaux pour ce beau projet commenceront vers la mi-septembre.

Des raisins à portée de groin

Les vendanges arrivent à grands pas cette année, les conditions météorologiques engendre la maturité précoce des raisins dans certains départements. Des raisins bien mûrs et de qualité ? il n’en faut pas moins pour que le sanglier s’invite dans les rangs de vignes.

Des viticulteurs excédés

Chaque années c’est la même chose, chaque été avant les vendanges, les vignerons constatent dépités et avec impuissance que le sanglier vient faire une razzia dans les rangs de vignes. Laurent Girbau, président des vignerons du département des Pyrénées-Orientales s’exprime «  Actuellement, c’est surtout dans les vignes d’Estagel, de Saint-Paul-de-Fenouillet, et un peu partout dans la vallée de l’Agly que l’on constate ces dégâts. Les sangliers sont attirés par les raisins à maturité et se gavent. C’est désespérant. »

En quelques années, la situation est devenue intenable. Il n’y a pas un mois sans que l’on entende un viticulteur relater ses déboires avec les sangliers. La profession sature des dégâts et des pertes engendrés par le fameux suidé. Ces dégâts, c’est la goutte d’eau qui vient faire déborder le vase. Au delà des difficultés rencontrées dans le monde agricole et la profession, le mildiou au printemps, la mévente généralisée, cette situation vient se superposer sur une année 2020 déjà bien semée d’embuches. Les sangliers vient donc compléter le podium des facteurs désagréables du monde viticole.

Les populations de sanglier se développe de plus en plus malgré une pression de chasse relativement importante sur l’espèce. Son impact agricole est réel, provoquant des dégâts agricoles non sans conséquence. De nombreux viticulteurs se retrouvent avec un production divisée par deux malgré tous les moyens mis en place afin de lutter contre le fléau.

En ce 15 août 2020, nous souhaitons à tous une bonne ouverture anticipée du sanglier, chassez intelligemment et en collaboration avec les agriculteurs qui comme vous, sont au service de la ruralité.

Carnage dans son poulailler, un renard tue les 16 poules

Quelle triste surprise jeudi matin lorsque Gisèle Bouillac, 85 ans, découvre dans son poulailler un tapis de plumes et de poules mortes. Dans la nuit, un renard s’y est introduit, tuant 16 de ses poules pondeuses. Seules trois ont survécu.

Gisèle Bouillac habite en Gironde, plus précisément à Illats, c’est là qu’elle a découvert, après son réveil, un véritable massacre. Le poulailler est pourtant très bien protégé mais un renard a réussi à pénétrer tuant 16 poules sur 19. Le prix d’une poule est de 23,90 €, ce qui laisse à Gisèle une facture de 382,40 €. Pour cette retraitée modeste qui compte sur les oeufs des ses pondeuses, c’est un véritable choc, pour Gisèle, « mes bêtes sont sacrées ».

Une prédation répétée

Ce n’est hélas pas la première fois que cette dame subit les attaques du renard, en mai dernier, un renard avait déjà tué 12 poules. Gisèle témoigne dans le Républicain « Tout est pourtant bien fermé. Qu’il en tue une, à la rigueur, mais là, franchement, il n’avait pas besoin de faire tout ce grabuge. »
Dévasté par les attaques de maître goupil, Gisèle est très remontée contre certains politiques « Les écolos ne veulent plus que le renard soit considéré comme nuisible. Moi, ça me fait grincer des dents d’entendre ça. Si j’avais le numéro du nouveau maire écolo de Bordeaux [Pierre Hurmic], je lui dirais de venir voir les dégâts. Ils sont marrants… »

Piégeage et régulation

La gestion des espèces invasives et dites anciennement « nuisibles », constitue un véritable enjeu de préservation pour la biodiversité. Il s’agit également d’un enjeu sanitaire et de préservation. Le renard, prédateur redoutable peut causer des dégâts importants dans certains élevages. Le corbeau freux lui, envahit les parcelles agricoles dévastant et consommant les semis fraîchement semés.

Face à la prolifération de certaines espèces classée ESOD, le piégeage est devenu une obligation. Cette pratique, parfaitement légale et encadrée, permet de réguler certaines espèces à des moments cruciaux du monde agricole. Limiter les attaques  du renard, ne peut se faire dans certains cas qu’avec la mise en place de pièges. Particuliers comme professionnels se plaignent et subissent ces prédations, il est indispensable de pouvoir préserver son gagne pain ou son activité de loisir (poulailler).

Piégeurs et chasseurs, permettent de soulager, le monde agricole face à certains fléaux ayant un véritable impact sur l’activité humaine. Le tout, en respectant la biodiversité et l’environnement qui les entourent.

 

Des pigeons ramiers ravagent des cultures

Le sanglier n’est pas le seul animal à faire des dégâts sur les parcelles agricoles. À Amiens, privés de nourriture en plaine, les pigeons ramiers se sont installés sur des parcelles maraîchères. Désemparés, les professionnels voient leurs pertes s’accumuler.

Énormes dégâts

Le chiffre est tout simplement impressionnant, les maraîchers ont perdu, depuis le mois d’avril entre 30 et 40 % de leurs cultures à cause des pigeons ramiers venant se nourrir sur les parcelles. Cette perte représente jusqu’à 2 000 € par mois. C’est une marée bleue qui vient recouvrir chaque jour ces champs de radis, choux, salades. Il s’agit d’une situation inédite due à la crise sanitaire que nous venons de vivre.

Il est très important de rappeler une nouvelle fois que les dégâts engendrés par l’avifaune (corvidés; colombidés) ne sont pas pris en charge, ni remboursés, comme le sont les dégâts réalisés par le grand gibier. Il y a donc un véritable problème avec ces espèces.Pour une prise en charge des oiseaux il faut qu’ils soient classés ESOD. Dans un précédent article nous expliquions la méthode d’attribution et de classement lors de la CDCFS. Les agriculteurs subissent des pertes de rendement, de temps, d’argent. Sans parler du découragement lié à la destruction de leur travail.

Protection, oui mais …

Pour éviter les attaques à répétitions certain ont opté de couvrir, avec un filet, leurs cultures. Un maraîcher s’est exprimé  » ça nous revient quand même à 2000 euros l’hectare. Donc, pour couvrir toute ma surface, il faudrait 5 000 à 6 000 euros de filet.« 
Malheureusement, malgré cette installation protectrice, les pigeons continuent de picorer à travers les mailles.

L’autre solution envisagée et souhaitée, serait d’obtenir l’autorisation de la préfecture pour les chasser. Pour certains maraîchers, c’est le seul moyen efficace de lutter contre ce fléau. Face à la problématique des dégâts, chasseurs et agriculteurs doivent se serrer les coudes.

En Bretagne les agriculteurs deviennent fou ! Dans 20minutes, dépité, Hervé Sarrazin s’est exprimé « J’ai tout essayé. Le canon, les cages, les épouvantails. J’ai fini par rouler dans mon champ en voiture deux fois par jour avec mon père pour les effrayer ». Les effarouchements ne fonctionnent pas, plus ! Les agriculteurs en appellent à l’aide et craignent que la situation ne se renouvelle en septembre au moment de semer le blé. « Il faut agir, sinon, on court à la catastrophe ».

 

Pour sauver la faune les chasseurs innovent et s’investissent

Chaque année, à la même période, des milliers d’animaux meurent dans les champs, surpris par les opérations de fauchage. C’est une des conséquences méconnues de la mécanisation de l’agriculture : lors des fauchages, les lièvres, perdrix, faisans ou jeunes chevreuils restent tapis dans la végétation malgré l’arrivée des machines.  Année après année, chasseurs et agriculteurs tentent de trouver des solutions pour cette hécatombe. Il s’agit là d’un enjeu environnemental très important, pour lequel la fédération de chasse du Nord a développé un nouveau dispositif d’effarouchement.

Une innovation simple mais efficace

C’est une invention relativement simple, mais qui va permettre, chaque année, de sauver des milliers de vies animales. En effet, fixée à l’avant du tracteur, l’installation est une herse, munie d’un bras frôlant le sol. Cette barre d’effarouchement est destinée à faire fuir le petit gibier tapis dans les champs, avant le fauchage. La fédération de chasse du Nord a donc développé cet outil, depuis près de 18 mois en collaboration avec un entrepreneur du département. Fédérer les acteurs pour permettre la mise en place de tels projets ne peut être que bénéfique pour notre environnement.

Nous vous parlions précédemment de l’utilisation de la technologie, nous voyons donc que de nombreuses actions de protection de la faune sont mises en oeuvre sur le territoire français, entre ces partenaires que sont le monde cynégétique et le monde agricole.

Des corbeaux ravageurs

Nous avions abordé le sujet lors d’un précédent article, expliquant qu’en plus du sanglier, la petite faune pouvait être responsable de dégâts considérables.

C’est les cas du corbeau freux et de la corneille noire, ces deux oiseaux peuvent faire d’énormes dégâts sur des parcelles agricoles. D’année en année, ceux-ci sont croissants, venant s’ajouter à la longue liste de ceux causés pas les sangliers.

Récemment, on découvrait l’agacement d’une agricultrice alsacienne qui a dû resemer deux fois une parcelle de 40 hectares de maïs. Je vous laisse imaginer l’agacement de celle-ci face à la situation.

Dans l’Ain, depuis plus d’un an, le corbeau n’est plus classé « espèce susceptible d’occasionner des dégâts ». De ce fait, l’espèce ne peut plus être chassée, régulée hors période de chasse. Emmanuelle GRANGE, agricultrice à Saint-Just, déclare dans le Progrès  » Il faut reclasser le corbeau nuisible, car pour moi comme pour beaucoup d’agriculteurs, c’est une perte sèche tous ces grains mangés. Sur cette parcelle de 3 hectares, près d’un hectare est perdu. Nous n’avons aucun recours sauf si ce n’est de déclarer nos pertes à la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA). Je ne souhaite pas utiliser de produit répulsif et, étant proche du village et de la maison d’accueil spécialisée, je ne peux pas non plus utiliser de canon effaroucheur à cause du bruit occasionné ».

Impuissant face au phénomène causé par ces corvidés, l’agriculteur ne peut que constater les dégâts, en plus de la sécheresse.

Agir face au fléau

Monsieur BRENON, qui a remplacé Michel JOUX, président de la FDSEA de l’Ain, alertait déjà il y a trois ans contre ces corvidés lors de l’assemblée générale ordinaire de la fédération départementales des chasseurs de l’Ain le 21 avril 2017. « Je voudrais mettre un accent particulier aussi sur le corbeau parce que là, franchement, il va falloir qu’on trouve vraiment des solutions. Aujourd’hui, j’étais encore en train de semer et les corbeaux sont presque sur le semoir. C’est quand même impressionnant. Il n’y a plus rien qui les repousse, qui les rebute. Il faut qu’on trouve des solutions pour organiser des choses, des prélèvements, je ne sais pas quoi. Je suis prêt à fournir des tronçonneuses pour abattre les arbres sur lesquels il y a les nids, si on n’a pas d’autre solution. Je l’ai proposé au préfet. Ça ne lui plaît pas trop, mais bon, il va falloir qu’on trouve des solutions pour répondre à ce vrai problème qui est un fléau pour nous et pour vous. » S‘était-il exprimé.

Dans de nombreux départements, des actions d’effarouchement sont mises en place. Le canon, régulièrement utilisé, apporte plus de plainte des voisins souhaitant le silence et le calme que l’effarouchement des corvidés. Les épouvantails ne font plus d’effet, l’animal comprend rapidement que ce n’est pas dangereux pour lui et que rien ne pourra lui arriver. C’est pourquoi, seule la régulation par tir porte ses fruits et doit être valorisée. Mais pour cela, lors des consultations publiques il est important d’agir et de répondre afin que les oiseaux apparaissent dans les arrêtés préfectoraux ESOD. Il est aussi important de savoir que le classement est triennal. Quand un animal n’est plus dans la liste ESOD, il faut attendre 3 ans pour l’y réintroduire et pour cela il faut que les dégâts soient déclarés même s’ils ne sont pas remboursés.

Ces recrudescences de dégâts agricoles causés par ces oiseaux viennent se juxtaposer aux dégâts du sanglier. Les actions sont à mener et les solutions à trouver.

Réglementation ESOD

Avant tout, il est important de rappeler que, la loi de reconquête de la biodiversité du 9 août 2016 (cf article 157) a abouti sur la modification des termes utilisés pour citer les « nuisibles ». Ils sont maintenant dans la loi des « animaux d’espèces non domestiques par moment susceptibles d’occasionner des dégâts ».

La procédure de classement des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) a été modifiée par le Décret n°2012-402 du 23 mars 2012 ; en effet, ce décret prévoit les modalités concernant le classement des espèces nuisibles ou susceptibles d’être classées en trois catégories ainsi que les motifs justifiant cette répartition.

C’est au sein au sein de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS), une formation spécialisée chargée de donner un avis sur le classement des ESOD et les territoires qui les concernent qu’est institué le classement. Elle se réunit sous la présidence du Préfet. Celle-ci se compose d’un représentant d’associations agréées de protection de l’environnement et deux personnalités qualifiées en matière scientifique et technique dans le domaine de la chasse ou de la faune sauvage, d’un représentant des piégeurs, d’un représentant des chasseurs, d’un représentant des intérêts agricoles. Un représentant de l’office français de la biodiversité (OFB) et un représentant de l’association des lieutenants de louveterie assistent eux aussi aux réunions avec voix consultative.

La méthode de classement :

– La première catégorie comprend les espèces envahissantes, qui sont classées ESOD par arrêté ministériel annuel, sur l’ensemble du territoire métropolitain pour une période courant du 1er juillet au 30 juin.

– La deuxième catégorie concerne des espèces qui sont classées ESOD par arrêté ministériel triennal, sur proposition du Préfet, après avis de la CDCFS. Cette liste complémentaire mentionnant les périodes et les territoires concernés ainsi que les modalités de destruction est arrêtée pour une période de trois ans, courant du 1er juillet de la première année au 30 juin de la troisième année.

– La troisième catégorie est relative aux espèces qui, figurant sur une liste ministérielle, peuvent être classées ESOD par arrêté préfectoral annuel.

Les arrêtés ministériels fixant ces listes d’espèces précisent les conditions de destruction qui peuvent être mises en œuvre.