« Ce n’est pas le conseil d’État qui interdit la capture à la glu, c’est le gouvernement ! »

J’aime la Chasse a recueilli les réactions de Éric Camoin, président de l’association de défense des chasses traditionnelles de la grive (ADCTG), suite à la décision récente du conseil d’État. Vous trouverez en fin d’article le communiqué de l’ADCTG.

« C’est le gouvernement qui est responsable.« 

Éric Camoin se bat depuis des années pour sauver la capture à la glu qui est attaquée par des associations, dites de protection animale. Il connait bien le dossier, il est formel :

  • « Le conseil d’État a cassé les arrêtés de 2018 et 2019 sur les quotas mais il n’a pas cassé l’arrêté de 1989 qui encadre la pratique de la glu. »
  • « On a un gouvernement qui ne veut pas et qui va au-delà des décisions du conseil d’État. C’est le gouvernement qui veut arrêter cette pratique ce n’est pas le conseil d’État. »
  • « Il s’agit de volonté politique et la volonté politique n’y est pas, ce gouvernement ne soutient pas la chasse. »

La réaction de Barbara Pompili est d’ailleurs révélatrice de cette volonté car au lendemain de la décision du conseil d’État, elle se félicitait « d’une avancée pour la biodiversité »… Il est difficile d’être de plus mauvaise foi. Il s’agit bien d’un mensonge politique de la part d’une militante devenue ministre. Il s’agit bien aussi de la volonté d’un président et d’un premier ministre qui l’ont mise en place et qui la laissent faire.

Toutes les chasses traditionnelles sont concernées.

Si le gouvernement veut abroger l’arrêté de 1989, toutes les chasses traditionnelles sont concernées. Celles du Sud-Ouest, des Ardennes et du gibier de montagne. Les chasseurs doivent serrer les rangs et arrêter de se quereller entre eux. Si les chasses traditionnelles tombent, c’est toute la chasse qui tombera un jour prochain. Ce projet d’abroger l’arrêté de 1989 est la raison pour laquelle la FNC a décidé de boycotter le CNCFS (voir notre article à ce sujet : https://www.jaimelachasse.fr/actualites-chasse/la-ministre-veut-detruire-les-chasses-traditionnelles-la-fnc-boycotte-le-cncfs/)

Les associations en veulent encore plus.

Les associations demandent maintenant que les chasseurs provençaux relâchent leurs appelants. Comme le dit Éric Camoin : « ils ne s’arrêteront que lorsque ce que toute la chasse sera interdite ». Il est temps de se mobiliser sérieusement, d’oublier nos différents et de serrer les rangs.

Éric Camoin, président de l’ANDCTG réagit aux déclarations de l’avocate générale de la CJUE.

Dès le lendemain des déclarations de Juliane Kokott, J’aime la Chasse a recueilli les réactions de Éric Camoin, président de l’association nationale de défense des chasses traditionnelles de la grive (ANDCTG).

J’aime la Chasse – Avez-vous été surpris par la déclaration de Juliane Kokott, l’avocate générale de la cour de justice le l’Union européenne (CJUE) ?

Éric Camoin – Nous espérions une réponse confirmant la reconnaissance de notre mode de chasse comme tradition. Loin de crier victoire, nous sommes dans l’attente maintenant de l’arrêt des juges qui devrait intervenir dans 3 ou 4 mois. Les arguments sont solides sur le plan juridique et nous attendons que la raison l’emporte sur les fake news.

JLC – Est-ce pour vous une bonne nouvelle et donc êtes-vous optimiste ?  

EC – Évidemment on ne va pas se cacher, c’est une bonne nouvelle qui nous réjouit d’autant plus que nous avons dû faire face à une critique très forte et une opinion défavorable. Depuis plusieurs années, nous subissons des campagnes de dénigrement, de fake news relayées par certains médias. Nous n’avons que très rarement eu l’occasion de présenter notre pratique. Certains médias ont pris position et ont oublié les fondements de la profession de journaliste. Une carte de journaliste ne s’achète pas.

JLC – Son argumentation qui insiste beaucoup sur la dimension culturelle de cette pratique est-elle un biais suffisant pour changer la donne ?

EC– Pendant de nombreuses années, nous avons œuvré pour faire reconnaître notre pratique par l’UNESCO afin de la faire entrer dans le patrimoine mondial. Cette notion culturelle est très très importante. La procureure générale rappelle aussi toutes les notions pour déroger ( petite quantité, strictement contrôlée..) Toutefois, je souhaiterais préciser que le cahier des charges est déjà rempli. Les contrôles, contrairement au discours de nos détracteurs ont bien lieu. A titre d’exemple, l’année dernière l’OFB a réalisé 2500 heures de contrôle en seulement 2 mois et demi. Aucune verbalisation pour des espèces protégées. C’est dire. C’est une chasse qui est très surveillée et contrôlée.

JLC – Cela revient-il à dire que ce mode de capture est compatible avec la directive oiseaux ?

EC – La directive oiseaux donne des principes que nous respectons depuis 1979 et il en va de la survie de notre pratique. Aussi, elle est compatible malgré le discours de nos détracteurs. La société  a évolué, l’opinion publique a changé et met au centre des préoccupations le bien-être animal, le véganisme…. et met sur le même plan l’homme et l’animal. Aussi tout ce qui le touche fera l’objet d’une critique même si dans le cadre de la glu il n’ y a pas de mise à mort. D’ailleurs,  l’OFB relâche systématiquement toutes les espèces protégées qu’ils saisissent chez des braconniers, est-ce pour autant que les oiseaux vont mourir? Rien ne le prouve à ce jour et pourtant les associations ont tenté de le montrer sans preuve.

JLC : Les arguments de la ministre et des associations anti-chasse qui prétendaient que la France devait interdire sous peine de sanctions européennes étaient donc faux ?

EC – Tout cela fait partie des campagnes de dénigrement dont je parle plus haut. On surfe sur la vague de l’actualité et de la politique. Pour cela, nos détracteurs utilisent des slogans et des mots qui font peur, qui choquent. Le problème est qu’actuellement on ne recherche plus la vérité. Des contres vérités répétées à l’envie finissent par faire des vérités. De nos jours, on met le statut protecteur de la nature et on a la vérité. Les associations touchent pour certaines d’énormes sommes de l’État et elles attaquent ensuite l’État. Cherchez l’erreur! Il serait temps qu’une enquête publique se saisisse de la question.

Quant à Madame Pompili, je pense qu’il y a un problème de posture. Endosser les responsabilités de Ministre et ne plus être la porte parole des associations a semble t-il été difficile. Je veux pour preuve qu’il est anormal que la chasse à la glu ait mobilisé autant de fonctionnaires d’Etat et fait l’objet d’autant de négociations au niveau national et au sommet de l’État. Je pense que des questions autrement plus importantes doivent être traitées. Il est aujourd’hui admis que nous avons été une variable d’ajustement entre le Président de la République et la militante.

Nous espérons que les juges vont suivre l’avocate générale.

Un pour tous et tous pour un !

Ces dernières semaines la chasse a été une question d’actualité. Entre pétitions, RIP, idéologie verte, ministre de l’écologie qui en est restée au bon vieux militantismes vert, secrétaire d’état à la ruralité qui signe en faveur du RIP, nous avons vécu des moments intéressants… Suite à ces évènements un élan de solidarité est né dans le monde cynégétique. Les associations spécialisées se sont unies et elles ont su mobiliser une grande partie de la communauté.

Le rassemblement de Bormes-les-Mimosas du 8 août est ANNULÉ

Il y a à peine une heure, Eric Camoin Président de l’ANDCTG communiquait sur Facebook l’annulation du rassemblement au pied de la résidence de vacances de notre Président de la République.

En effet, grâce au mouvement de solidarité et à la mobilisation du monde cynégétique afin de défendre la chasse traditionnelle aux gluaux, des négociations avec le premier ministre Jean Castex vont avoir lieu afin de permettre, pour cette année le maintien de ce mode de chasse. Il y aura certes une baisse des quotas cependant ceux-ci ne seront pas à zéro (comme le souhaitait la « ministre » de la transition écologique).

Comme stipulé dans le communiqué,  » Les contacts ont été nombreux entre Willy Schraen , l’Elysée , Matignon et le cabinet de la ministre de l’Ecologie pour trouver une solution de bon sens qui respecte nos traditions et permette d’ éviter le quota zéro. « 

Suite à l’ouverture de ces négociations, une délégation des FDC concernées ainsi que de l’ANDCTG sera reçue le 7 août 2020 à Matignon afin d’obtenir un engagement formel du Gouvernement.

La mobilisation ainsi que la solidarité prouvées ont été déterminantes pour l’ouverture de ces négociation. C’est une petit pas, qui, nous l’espérons, aboutira sur une belle victoire !

Il reste à souhaiter que cette entrevue (7 août) ne soit pas juste un rendez-vous formel pour calmer la colère et empêcher la tenue d’une manifestation le lendemain (8 août) sous les fenêtres d’un président en vacances. Si tel était le cas, la mobilisation n’en sera que plus grande car, en plus de la possible disparition d’une chasse traditionnelle, nous aurions l’impression d’avoir été bernés.