En Suisse le grand gibier met la pression sur les forêts

En France comme dans plusieurs pays, le grand gibier a un réel impact sur la régénération des forêts. C’est pourquoi il est aujourd’hui important de veiller à l’équilibre agro-sylvo-cynégétique. En Suisse, le haut du vallon de St-Imier est particulièrement touché par les dégâts. Environ 12 % de la surface forestière du canton peine à se rajeunir. Lorsque les populations de grand gibier sont trop importantes, l’équilibre forestier peut se casser et provoquer d’importants dégâts économiques et environnementaux.

L’équilibre agro-sylvo-cynégétique

Il s’agit là d’un enjeu important pour les acteurs du monde environnemental. En effet, rendre compatible la présence durable d’une faune sauvage riche et variée en parallèle d’une rentabilité économique n’est pas une mince affaire. Cet équilibre est pris en compte par le code de l’environnement. Il est assuré par la gestion concertée et raisonnée des espèces animales et de leurs habitats agricoles et forestiers. Cet équilibre est recherché par l’association des moyens suivants :

  • la chasse,
  • la régulation,
  • la préventions des dégâts de gibier par la mise en place de dispositifs de protection et de dispositifs de dissuasion.

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Le canton de Berne victime du grand gibier

Il n’est pas facile de parvenir à cet équilibre environnemental. En effet, l’équilibre agro-sylvo-cynénétique tend à permettre la régénération des peuplements forestiers dans des conditions économiques satisfaisantes. L’office cantonal des forêts et des dangers naturels vient de publier une expertise concernant l’impact du gibier sur le rajeunissement des forêts. Il en ressort que 12 % de la surface forestière du canton subit la pression de la faune sauvage. Empêchant ainsi le rajeunissement des forêts du massif du Jura Suisse. Certaines essences végétales subissent de plein fouet cette pression. Les feuillus, les érables ainsi que les chênes manquent. À plus haute altitude, ce sont les sapins.

L’étude souligne que le chevreuil, par exemple, va se nourrir de bourgeons, de jeunes rameaux. Il va aussi frotter des arbres avec ses bois et les abîmer. Cependant, un autre point est mis en avant : la pression humaine. Le tourisme peut pousser le gibier à se concentrer sur certaines zones. Afin de faire face à cet impact les offices compétents emploient diverses mesures. Des autorisations de chasse spéciales et supplémentaires sont délivrées afin de répondre à la pression de la faune. De plus la chasse a été ouverte le jeudi. D’autres décisions concernant la régulation du tourisme en hiver vont voir le jour. Encore une fois, la chasse prouve son rôle important dans l’environnement. Penser que la nature s’autorégule est un mensonge en ce qui concerne nos milieux européens fortement anthropisés.

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