Les sangliers obligent la maire de Laillé à annuler ses arrêtés illégaux

Le 11 novembre, la maire de Laillé en Ille-et-Vilaine interdisait la chasse à proximité des habitations et l’usage de la carabine dans la commune. Elle vient d’annuler ses arrêtés. Encore une fois le dogme anti-chasse se heurte à la réalité. C’est ce que l’on appelle être obligé de manger son chapeau…

Pourquoi la chasse est-elle à nouveau autorisée à Laillé ?

La chasse est de nouveau autorisée à Laillé. Qui aurait pu croire que l’arrêt de la chasse allait être bénéfique ? Alors que Françoise Louapre, maire de la commune, avait pris un arrêté interdisant la chasse suite à un accident, celle-ci est revenue sur sa décision. En effet, après un mois sans chasse, le sanglier s’est confortablement installé dans la commune causant des troubles. La chasse est donc à nouveau autorisée depuis le 9 décembre. La raison invoquée est la présence de trop nombreux sangliers sur le territoire de la commune. Les cultures doivent en pâtir. La pression des agriculteurs a dû jouer. Oui, les chasseurs ont aussi un rôle de régulation de certaines espèces. Lorsque le terme « mission d’intérêt public » est utilisé, très souvent, on nous rit au nez. La preuve en est aujourd’hui, la commune décide de faire appel aux chasseurs.

Mais la raison principale est probablement que madame la maire savait que ses arrêtés étaient illégaux et que la préfecture allait les annuler. Cet arrêté municipal est illégal sur le fondement de l’article L. 2121-29 du CGCT, le conseil municipal saisi en ce sens par le maire n’étant pas compétent pour réglementer l’usage des armes de chasse sur le territoire de sa commune.

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Un nouvel arrêté restrictif lui aussi

Madame la maire s’est donc vue obligée de prendre un nouvel arrêté et d’autoriser à nouveau la chasse. Elle y met néanmoins des restrictions. Le nouvel arrêté précise que les chasseurs devront « renforcer l’encadrement des chiens dans les 150 mètres autour des habitations, en particulier lors des battues ». Ils devront « limiter le nombre de chiens dans les meutes à 20 ». Ils ne doivent pas s’approcher à moins de 150 mètres des habitations. Enfin, il leur est interdit de « tirer à balle sur les chevreuils sur les territoires boisés inférieurs à 20 hectares et sur tous les territoires ouverts (plaines, haies…). » Ce dernier point madame, n’est pas de votre ressort. Vous n’avez aucun pouvoir pour autoriser ou interdire l’usage de certaines armes. Seul un arrêté préfectoral peut le faire.

La croisade anti-chasse de cinq maires

Madame la maire n’était pas toute seule dans cette croisade. Quatre autres maires l’ont rejointe et épaulée. Parmi eux, Philippe Salmon, le maire de Bruz. Est-il parent du sénateur EELV Daniel Salmon qui est un des élus verts les plus acharnés contre la chasse ? Les militants anti-chasse comme Jimmy Nedellec du collectif Forest Shepherd se sont rués sur l’aubaine et ont certainement dû conseiller la municipalité. Il n’est donc pas surprenant que la lettre ouverte envoyée par ces cinq maires à la préfecture reprenne mot pour mot les revendications des groupuscules anti-chasse comme Un jour un chasseur. Voici les demandes des 5 maires : mise en place de certificats médicaux pour les chasseurs, meilleur encadrement de l’usage des carabines ou la fixation de demi-journées sans chasse les samedis et dimanches après-midi. Quelle coïncidence…

Les maires de ces cinq communes rurales sont malgré tout confrontés à la multiplication des sangliers et au mécontentement des agriculteurs. Ils récitent donc en coeur la leçon bien apprise : c’est la faute des chasseurs qui les nourrissent. Non madame, c’est encore une erreur, voire un mensonge.

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