Une palombière tenue par des femmes de trois générations !

Nous sommes à Captieux en Gironde, terre de traditions. La palombière est une de celles-ci et non des moindres. Dans ces régions, au moment des grands passages, on part en palombière comme les marins partent en mer. Ce mode de chasse est ancré dans les terres du Sud-Ouest depuis des temps immémoriaux. La technique n’a pas changé, seuls quelques aspects du monde moderne sont aujourd’hui présents mais la quête, l’attente et la petite flamme bleue qui anime les yeux des paloumayres sont toujours les mêmes.

Une palombière spéciale.

A Captieux, il existe une palombière un peu particulière ; elle est tenue par trois femmes qui représentent trois générations de la même famille. Il s’agit de Solange (mamie Soso pour les intimes), de sa fille Véro et de sa petite-fille Pauline.

Solange a commencé, petite fille, par apporter les repas à son père, paloumayre acharné. Il lui a transmis le virus. Cet endroit est marqué par l’histoire de la famille. Bâtie en 2003 par son mari et son fils, la palombière est décorée par les dessins des enfants. Mamie Soso a transmis sa passion à sa fille et à sa petite-fille Pauline.

La jeune génération est aux commandes.

C’est maintenant la petite-fille Pauline qui a pris les rênes. Elle prend ses cinq semaines de congés pour les passages et organise tout de main de maître, ce qui fait la fierté de sa grand-mère.

Comme dans toutes les palombières, la chasse n’est pas tout. C’est un art de vivre, c’est une retraite loin du monde d’aujourd’hui, c’est un havre de paix et un aimant pour la famille qui s’y retrouve et partage cette joie de vivre qui fait tant défaut à bien d’autres…

Longue vie à ces traditions qui font notre richesse, qui sont notre socle, nos fondations sans lesquelles nous ne pourrions rien bâtir.

Échappée belle en Gironde. 1/2 La tonne.

Est-il encore besoin de dire que la Gironde est une terre de traditions, de gastronomie, de bien-vivre et de belles chasses ?

J’aime la chasse a eu la chance d’y être invité par Guillaume Desenfant, le directeur de la communication de la fédération départementale de chasse.  Ce fut un séjour riche en découvertes et en moments conviviaux.

Le prologue a été consacrée à une visite des vignobles et la région n’en manque pas !

Puis nous avons retrouvé le propriétaire d’une tonne située dans l’estuaire en face des vignobles de Médoc. Il a fallu embarquer le matériel et les provisions nécessaires à une nuit en tonne dans la barque, attendre que le mascaret passe, que la marée monte et, en avant pour une courte traversée. Le débarquement doit se faire discrètement et il faut ensuite cheminer au milieu de la végétation pour arriver à la tonne. Peu de distance à parcourir mais au moins 10 bécassines levées sur ce court trajet. De bon augure pensais-je.

La tonne m’a laissé pantois. Une installation pensée dans les moindres détails, un équipement ne laissant rien au hasard et une emplacement remarquable ; tout cela mis en oeuvre par un homme passionné et passionnant qui est une véritable encyclopédie vivante à propos de ce mode de chasse et des migrateurs. Après avoir rapidement posé nos affaires, il a fallu mettre en place les appelants et cela ne s’improvise pas, il faut faire en sorte que les oiseaux sauvages aient envie de poser et qu’ils posent au bon endroit, cette mise en place est le fruit d’une longue expérience et elle nécessite un bon moment. Une fois ceci terminé, retour dans la tonne et consignes pour la nuit. Elles étaient nécessaires, c’était une première pour moi.

Vient ensuite le moment de la gastronomie et des découvertes des « produits du terroir ».  Ces instants sont précieux, ils sont dédiés au plaisir gustatif, aux échanges, à la connaissance mutuelle, à cette poésie que la chasse peut faire naître quand elle est bien pratiquée.

La nuit s’organise, les quarts sont distribués, les premiers ronflements se font entendre (quelqu’un se reconnaitra…). Et commence l’attente, les appelants chantent bien, une légère pluie anime la nuit. La chance ne fut pas au rendez-vous pour moi puisque aucun oiseau ne s’est montré cette nuit-là.

Au petit matin, il faut tout remettre en ordre et remettre les appelants dans leurs volières avant de rembarquer pour rejoindre l’autre rive.

Quelle nuit et quelle découverte ! Comment peut-on considérer que cette passion soit condamnable et nuisible ? Ces passionnés font tout pour que les territoires soient propices aux oiseaux, pour que les zones humides soient préservées et pour transmettre ce plaisir de la communion avec la nature. Plaisir qui peut, en effet, se terminer par un coup de fusil mais l’homme n’est-il pas, lui aussi, un prédateur ? Lui retirer cet aspect ferait de lui un être artificiel et déraciné. Dominique Venner le résume bien dans un de ces livres : « Par la chasse je fais retour à mes sources nécessaires : la forêt enchantée, le silence, les mystères du sang sauvage, l’ancien compagnonnage clanique ». Longue vie à ces modes de chasse et à la chasse en général !

La vénerie fait la une de la presse.

Jamais la presse n’avait autant parlé de vénerie que depuis le RIP animaux et la proposition de loi de quelques députés. En règle générale, la presse, donne dans les clichés sans se donner la peine de faire sérieusement son travail et préfère participer à la curée par paresse ou militantisme. Il est donc assez agréable de lire quelques articles qui sortent de l’ordinaire comme ceux du Point et de France Info nouvelle Aquitaine.

Dans le dernier numéro du Point, Thibaut Déléaz interviewe Antoine Gallon, le responsable de la communication de la société de vénerie. Antoine Gallon montre la réalité de la vénerie d’aujourd’hui : 390 équipages, 10 000 pratiquants, 100 000 suiveurs, 25% de femmes (la vénerie est plus féminisée que la chasse à tir). Il montre aussi que ce mode de chasse est le plus naturel qui soit puisqu’il ne met en jeu que l’animal et une meute de chiens. Il souligne aussi la confusion savamment entretenue par les animalistes à propos du « bien-être » animal et insiste sur la distinction qui doit être faite entre animaux de compagnie, animaux de rente et animaux sauvages. Quant à « l’affaire » du cerf de Compiègne, il fait remarquer avec justesse que « le lotissement en construction à Compiègne où s’est réfugié le cerf, c’était la forêt il y a cinq ans. »

Qui de l’urbanisation ou de la chasse menace le plus la faune sauvage ? La réponse est évidente mais pour les activistes d’AVA, la chasse n’est que l’alibi pour se lancer dans un discours à propos de la lutte des classes que ne renieraient pas Lénine ou Trotsky.

https://www.lepoint.fr/societe/la-chasse-a-courre-c-est-le-cycle-de-la-nature-04-10-2020-2394744_23.php?fbclid=IwAR2VmvOfbjEReARIt1jCAWsS5QWgJlTQZ0_GiWD5oKWTe71xQHkk_jYVyKk

Photo : société de vénerie.

Autre article intéressant, celui de France Info nouvelle Aquitaine qui s’intéresse à la présence de la vénerie dans le Limousin. Le journaliste est allé interroger Jean Philippe Guillemet, agriculteur qui possède l’équipage de le « brande des tailles ». Le journaliste note que la chasse à courre est très développée en Creuse et Haute-Vienne. On y compte une douzaine d’équipages dans ces deux départements. On chasse tout autant le petit que le grand gibier : chevreuil, sanglier, renard, lièvre ou le lapin. Il constate que ce loisir ne suscite que très peu de polémique en Limousin, les habitants acceptent la pratique dans leur grande majorité. L’article fait aussi référence à un livre de deux sociologues très connus pour leurs travaux sur la grande bourgeoisie et l’aristocratie, Michel Poinçon et Monique Poinçon-Charlot. Étonnement, ceux-ci ont un regard mesuré et presque bienveillant sur cette chasse. Ils constatent que la vénerie transcende les classes sociales : « Quand la chasse est lancée, les classes sociales disparaissent, et quand elle se termine, l’entre soit social reprend ses droits. Il est question de vie et de mort. Et ici, personne ne renie la mort. »

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/chasse-courre-coutume-assumee-limousin-1879328.html