Guerre en Ukraine, ses conséquences sur l’indemnisation des dégâts

La guerre actuelle en Ukraine va aussi avoir des conséquences pour les chasseurs de France. Ce conflit provoque une hausse considérable des cours du blé et du maïs. Ceci aura un impact sur le montant des indemnisations liées au dégât du grand gibier. Bien entendu, ce n’est pas ce qu’il y a de pire dans ce conflit. Pensons d’abord aux populations concernées qui ont bien d’autres soucis que les nôtres.

La guerre en Ukraine fait exploser les cours des céréales

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les prix du blé s’envolent. A Paris, la tonne de blé gagne 20 % depuis le début du conflit à 353 euros. Mercredi, elle est même montée à plus de 370 euros en séance. Du jamais vu ! « Aujourd’hui, sur la place de marché Euronext, la tonne de blé rendu à Rouen se négocie à 412 euros. Celle rendue à La Pallice à 440 euros. C’est du délire ! », commente Eric Thirouin, président de l’Association générale des producteurs de blé

Les cours du maïs augmentent aussi. C’est la céréale la plus cultivée dans le monde mais avec la guerre en Ukraine, elle vient à manquer. Cela concerne tout particulièrement les éleveurs. Le cours du maïs a augmenté de 100 euros en une semaine, pour atteindre le 4 mars le prix de 379 euros la tonne. L’Ukraine est le quatrième exportateur mondial de maïs. 35 millions de tonnes y sont cultivées chaque année. Ce pays fournit 45 % du marché européen. Selon les spécialistes, 19 millions de tonnes de maïs attendent d’être exportées dans le monde entier, mais depuis le début de la guerre, les échanges sont à l’arrêt en mer Noire. D’autres produits agricoles, comme le blé ou le tournesol, pourraient bientôt manquer et faire gonfler les prix.

Les indemnisations risquent d’augmenter

C’est la loi de finances du 27 décembre 1968 qui a réformé le code rural et a supprimé le droit d’affût. En contrepartie, les chasseurs doivent payer les dégâts liés au grand gibier. Pour être indemnisé, un agriculteur doit en faire la demande et il faut que les dégâts aient été causés sur des cultures et des récoltes par des espèces de grand gibier ne provenant pas de son propre fonds. Il faut aussi que le montant des dommages soit supérieur à un minimum de 3% de la surface totale de cultures ou récoltes détruites ou dépasse 230 €. Ce sont des arrêtés préfectoraux qui fixent les barèmes d’indemnisation. Ceux-ci sont liés au cours des matières premières agricoles. Voici, à titre d’exemple celui du Cher en date du 4 mars 2022 :

Lire : Indemnisations de dégâts de gibier (préfecture du Cher)

Depuis quelques années les montants versés au titre des indemnisations sont en constante augmentation pour atteindre environ 80 millions d’euros. Le nombre de dossiers d’indemnisation a, lui aussi, grimpé en flèche, passant de 37 000 en 2014 à plus de 52 000 en 2020.

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