La duchesse d’Uzès, chasseresse, aventurière et pionnière

Si la duchesse d’Uzès entendait les débats d’aujourd’hui à propos de la place de femmes dans la chasse, elle n’en croirait pas ses oreilles. Elle fut, à la fin du XIXème siècle, une pionnière dans bien des domaines. Ella aussi été une grande chasseresse et ce jusqu’à ses derniers jours. Elle se demanderait surement pourquoi la chasse est vue comme un loisir masculin alors qu’elle, et d’autres femmes de son époque, chassaient avec autant de passion que bien des hommes.

La duchesse en tenue de chasse

Duchesse d’Uzès, pionnière et aventurière

Marie Adrienne Anne Victurnienne Clémentine de Rochechouart de Mortemart, duchesse d’Uzès est née à Paris en 1847. Elle décède au château de Dampierre, le 3 février 1933. Elle a été une pionnière et une aventurière tout au long de sa vie mouvementée. En 1897, elle sort indemne de l’incendie du bazar de la Charité. Cet incendie causa la mort de plus de cent vingt personnes.

Elle fut une des premières femmes à conduire des véhicules automobiles et fut la première à passer son « certificat de capacité », l’équivalent du permis de conduire. Ce qui l’amena à être la première femme verbalisée pour excès de vitesse dans le bois de Boulogne. Elle roulait à 15km/h alors que la limite était de 12km/h !

Devant sa voiture

Chasseresse, maître d’équipage et protectrice des animaux

La duchesse d’Uzès a été une des premières femmes emblématiques de la chasse à courre. Première maître de l’équipage de Bonnelles, le plus prestigieux de France, elle sera aussi la première lieutenante de louveterie. Une exception permise par le fait que la chasse à courre aristocratique est la seule à inclure des femmes, contrairement à la chasse bourgeoise. Elle fut maître de l’équipage Bonnelles en forêt de Rambouillet de 1878 jusqu’en 1933.

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La duchesse d’Uzès à la chasse

Comme tous les chasseurs, elle était sensible à la condition animale, de ce fait, elle était membre de la SPA, jusqu’à ce que sa passion pour la chasse devienne un problème pour cette institution. Ne pouvant envisager être exclue, elle démissionna avant et entraîna avec elle de nombreux membres. Ceux-ci ne comprenaient pas l’hostilité nouvelle de la SPA à la chasse. Au début du XXème siècle, chasseurs et veneurs furent les premiers à s’intéresser à la conservation de la nature et des espèces. Il faut se rappeler que la LPO a été fondée par un chasseur de gibier d’eau.

La paradigme a bien changé aujourd’hui. Le chercheur Charles Stépanoff, auteur de L’animal et la mort (éditions La Découverte) explique ce changement de la manière suivante : « Les animalistes, eux, vont insister sur la sensibilité, la souffrance, le côté « Bambi » des cervidés. Ils revendiquent une position de compassion, alors que les veneurs sont héritiers d’une vision fondée sur un affrontement symétrique entre l’intelligence animale et l’intelligence humaine.« 

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