Depuis 2008, les fédérations des chasseurs conservent des échantillons de sang et de rate prélevés sur le gibier. Cette banque, la sérothèque, compte 40 000 échantillons. Son intérêt : permettre de chercher des années plus tard des maladies qu’on ne surveillait pas au moment du prélèvement.
- Sérothèque lancée en 2008 par les FDC et la FNC : 40 000 échantillons de sérum et de rate en 2024.
- Elle a servi à étudier la FCO chez le cerf, la fièvre de Crimée-Congo et le rôle du chevreuil dans la maladie de Lyme.
- 50 fédérations y ont contribué, dont 7 en Occitanie.
Qu’est-ce que la sérothèque ?
C’est une collection d’échantillons de sérum (la partie liquide du sang) et de rate, issus de différentes espèces chassables et prélevés sur plusieurs années. L’initiative revient au réseau des fédérations départementales des chasseurs et à la Fédération nationale des chasseurs (FNC), qui ont commencé les prélèvements en 2008, explique la FNC. En 2024, la collection comptait 40 000 échantillons.
À quoi sert une banque d’échantillons ?
Son principe est simple : on conserve aujourd’hui des échantillons dont on ne connaît pas encore tous les usages. Quand une nouvelle maladie apparaît, ou quand une question scientifique se pose, les chercheurs peuvent remonter le temps et vérifier si un agent pathogène circulait déjà, depuis quand et chez quelles espèces. La sérothèque sert ainsi à suivre la circulation des agents pathogènes dans la faune sauvage, en reliant santé animale et santé humaine.
Qu’a-t-elle déjà permis de découvrir ?
La FNC cite plusieurs travaux :
- la fièvre catarrhale ovine (FCO) : les analyses ont permis de juger peu important le rôle du cerf dans la circulation du virus ;
- la fièvre hémorragique de Crimée-Congo : des anticorps ont été détectés chez des ongulés sauvages dès 2008-2009, ce qui montre que ce virus, transmis par les tiques, circulait déjà ;
- la maladie de Lyme : une thèse étudie le chevreuil comme sentinelle du risque de contamination humaine.
Ces résultats ne signifient pas un danger nouveau pour le chasseur. Ils montrent l’intérêt d’avoir des données anciennes pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui. La Fédération régionale des chasseurs d’Occitanie rappelle d’ailleurs que, pour la FCO et la maladie hémorragique épizootique, le rôle des ruminants sauvages dans la propagation paraît minime, dans un article de synthèse sanitaire.
Combien de fédérations participent ?
Selon la FRC Occitanie, 50 fédérations départementales ont contribué à la sérothèque, dont 7 départements d’Occitanie. Les prélèvements de sérum et de rate se font sur les animaux tués à la chasse, avec l’appui des techniciens des fédérations. Toute l’actualité régionale est sur la page FRCOccitanie, et l’actualité nationale sur la page FNC.
Quel lien avec les autres réseaux de surveillance ?
La sérothèque complète le réseau SAGIR, qui analyse les animaux trouvés morts ou malades : voir pourquoi signaler un animal trouvé mort au réseau SAGIR. Les chasseurs sont aussi en première ligne pour des maladies qui les touchent directement, comme la maladie d’Aujeszky chez le chien, et pour les gestes de biosécurité à la chasse. Le chasseur qui accepte un prélèvement participe à une veille sanitaire au service de tous.
Sources
- Fédération nationale des chasseurs — communiqué « Sérothèque » — 10 octobre 2024 — chasseurdefrance.com (PDF)
- FRC Occitanie — article de synthèse sanitaire (loi santé animale, DNC, FCO, MHE, sérothèque) — 2026 — chasse-nature-occitanie.fr (PDF)












