Lâcher des faisans ne suffit pas à refaire une population. Dans le Bas-Rhin comme dans le Gers, les fédérations de chasseurs misent sur des oiseaux de souche sauvage, des aménagements et surtout plusieurs années sans tir. Le dernier numéro d’Infos’Chasse, la revue de la fédération du Bas-Rhin, en donne les premiers chiffres.
- Bas-Rhin : 2 135 faisans et perdrix réintroduits sur 37 lots, près de 5 000 depuis 2024, 3 ans de non-tir pour les souches F2.
- Gers : 3 projets depuis 2019, plus de 15 000 ha, souches sauvages de l’OFB, 300 bénévoles au comptage.
- Printemps 2025 : de 3,7 à 5,72 coqs pour 100 ha selon les territoires.
Que fait la fédération du Bas-Rhin ?
Selon le n° 115 d’Infos’Chasse (octobre-décembre 2026), la Fédération départementale des chasseurs du Bas-Rhin (FDC67) a fait réintroduire 2 135 faisans et perdrix sur 37 lots de chasse, soit près de 5 000 oiseaux depuis 2024. La fédération prend en charge 50 à 70 % du coût des oiseaux. En contrepartie, les territoires qui accueillent des oiseaux de souche F2 (deuxième génération issue de parents sauvages) s’engagent à ne pas les tirer pendant trois ans.
Comment fonctionne le programme du Gers ?
Dans le Gers, la Fédération départementale des chasseurs (FDC32) conduit depuis 2019 trois projets de réimplantation ou de renforcement du faisan commun, avec 11 sociétés de chasse sur plus de 15 000 hectares, dans des territoires d’au moins 5 000 hectares chacun, détaille la fédération. La méthode tient en quatre points :
- des lâchers mesurés : environ 50 oiseaux pour 100 hectares sur trois ans, issus des souches sauvages du conservatoire de l’Office français de la biodiversité (OFB) ;
- du non-tir : la chasse du faisan est fermée par arrêté préfectoral pendant au moins trois ans, jusqu’à ce que la densité atteigne 5 coqs pour 100 hectares ; ensuite, un plan de chasse avec bracelets encadre les prélèvements ;
- des aménagements : agrainoirs, haies, couverts, jachères et régulation des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ;
- un suivi : environ 300 bénévoles comptent chaque printemps les coqs chanteurs, puis les compagnies l’été.
Quels résultats ?
Au printemps 2025, les densités allaient de 3,7 coqs pour 100 hectares (vallée de l’Auchie) à 5,72 (de l’Auloue à la Loustère, où l’objectif est dépassé), en passant par 4,3 sur l’Astarac. La fédération observe que les densités sont plus élevées là où les aménagements et l’agrainage sont réguliers, et que les saisons de reproduction médiocres freinent la progression même sans tir. Sur l’Astarac, le premier plan de chasse 2024-2025 a conduit à prélever 3 oiseaux sur 28 attribués.
Compter les coqs au chant au printemps est une méthode simple et répétable : chaque coq signale son territoire, ce qui donne une estimation de la densité. On peut d’ailleurs écouter le chant du faisan pour s’y initier.
Pourquoi lâcher ne suffit pas ?
L’expérience des décennies passées l’a montré. Des centaines de milliers de perdrix, faisans et lièvres ont été lâchés dans les années 1970 et 1980, sans enrayer le déclin, rappelait l’OFB (alors ONCFS) dans un numéro spécial de Faune sauvage. Les causes d’échec identifiées : des habitats agricoles devenus défavorables et le maintien de la chasse sur des populations trop fragiles. D’où l’importance, aujourd’hui, de coupler les lâchers avec l’habitat et l’arrêt temporaire du tir. Dans le Gers, la préservation des jachères en période de reproduction est jugée déterminante.
Ces programmes rejoignent d’autres suivis menés par les fédérations, comme le baguage de la caille des blés. Toute l’actualité de la fédération du Gers est sur la page FDC32.
Sources
- FDC67 — Infos’Chasse n° 115 — octobre-décembre 2026 — fdc67.fr (PDF)
- FDC32 — « Info faisan 2025 » — chasse-nature-occitanie.fr (PDF)
- OFB (ONCFS) — Faune sauvage n° 274, « Repeuplement en petit gibier sédentaire de plaine » — décembre 2006 — ofb.gouv.fr (PDF)












