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Sangliers en Haute-Marne : la fédération change ses règles pour faire tirer plus, et plus de laies

Laie fouillant un semis de blé en lisière de forêt en Haute-Marne

Avec environ 3 000 hectares de cultures déclarés détruits par les sangliers depuis le 1er juillet, la Haute-Marne vit une saison hors normes. La Fédération départementale des chasseurs de la Haute-Marne (FDC52) a annoncé le 6 novembre trois mesures pour pousser les territoires à prélever davantage, et notamment des laies. Elles s’appliquent à partir du 15 novembre.

À retenir
L’essentiel
  • Haute-Marne : environ 3 000 ha déclarés détruits depuis le 1er juillet 2026, contre 1 250 ha sur toute la saison 2024-2025.
  • Dès le 15 novembre : bracelets supplémentaires et laies de plus de 60 kg contrôlées hors du calcul de densité, bracelets de moins de 30 kg remplacés gratuitement.
  • Objectif de la FDC52 : au moins 23 000 sangliers prélevés, contre 16 510 la saison dernière.

Quelle est l’ampleur des dégâts de sangliers en Haute-Marne ?

Les chiffres présentés par la fédération, rapportés par le Journal de la Haute-Marne, donnent la mesure de la saison : environ 3 000 hectares déclarés détruits depuis le 1er juillet, contre 1 250 hectares sur toute la saison 2024-2025, qui avait déjà coûté plus de 1,5 million d’euros d’indemnisation. Si la tendance se confirme, le budget d’indemnisation pourrait dépasser 3 millions d’euros.

En chiffres
Haute-Marne : une saison de dégâts hors normes
Saison 2024-2025 (entière)1 250 ha
Depuis le 1er juillet 2026≈ 3 000 ha
16 510
sangliers prélevés la saison dernière
23 000
prélèvements visés au minimum par la FDC52
+ 1,5 M€
indemnisation de la saison 2024-2025
Surfaces déclarées détruites par les sangliers. Source : FDC52, via le Journal de la Haute-Marne (6 novembre 2026).

Sur le terrain, la tension est réelle. Fin octobre, un agriculteur de Bettaincourt montrait 40 hectares de semis retournés sur quatre parcelles, selon le JHM. Le président de la fédération, Thomas Corvasce, y rappelait que la fédération n’a pas de pouvoir de contrainte sur les territoires : elle peut seulement inciter, ou demander des mesures à l’administration.

Que change la fédération à partir du 15 novembre ?

La FDC52 joue sur la contribution aux dégâts, cette participation que paient les territoires de chasse et qui dépend en partie de la densité de sangliers prélevés. Trois règles changent :

  • Bracelets supplémentaires : ceux délivrés au-delà de la première attribution ne comptent plus dans le calcul de la densité. Prélever plus ne coûte donc plus plus cher.
  • Jeunes sangliers : les bracelets posés sur des animaux de moins de 30 kg sont remplacés gratuitement.
  • Bonus laies : les laies de plus de 60 kg (poids plein), contrôlées par un tiers habilité, sortent elles aussi du calcul de la densité.

Les contrôles sont assurés par des contrôleurs désignés par les groupements d’intérêt cynégétique (GIC) ; l’autocontrôle est exclu. Là où il n’existe pas de GIC, la fédération peut organiser un dispositif avec des chasseurs volontaires.

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Pourquoi viser les laies ?

Le tableau de la saison dernière s’élevait à 16 510 sangliers. Pour revenir à une situation jugée normale, la fédération estime qu’il faudrait en prélever au moins 23 000, soit environ 40 % de plus. Or c’est la reproduction qui fait grossir les populations : prélever des laies adultes a plus d’effet sur les effectifs de l’année suivante que tirer surtout des jeunes. Le JHM rappelle aussi que des laies d’environ 35 kg peuvent se reproduire dès six mois. À la date de l’annonce, 23 000 bracelets avaient déjà été distribués.

Qui paie les dégâts de sangliers ?

En France, ce sont les chasseurs. L’agriculteur dont les cultures sont abîmées par le grand gibier s’adresse à la fédération de son département ; une estimation est faite par un estimateur habilité, puis la fédération propose une indemnité selon un barème départemental fixé en commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS), explique la Fédération nationale des chasseurs. L’argent vient de la contribution territoriale des territoires de chasse. Le sanglier représente à lui seul 85 % des montants d’indemnisation au niveau national. Pour aller plus loin, relire notre dossier sur la gestion des dégâts causés par les sangliers en France.

Ce qu’il faut retenir pour les territoires

Le message de la fédération est clair : chasser plus souvent et prélever plus de laies, sans que l’effort supplémentaire alourdisse la facture. Les responsables de territoire ont intérêt à se rapprocher de leur GIC pour organiser le contrôle des laies, et de la fédération pour obtenir des bracelets supplémentaires. Toute l’actualité de la fédération est sur la page FDC52, et l’actualité nationale sur la page FNC.

Sources

  • Journal de la Haute-Marne — « Sangliers : les chasseurs passent à l’offensive » — 6 novembre 2026 — jhm.fr
  • Journal de la Haute-Marne — « Les dégâts de sangliers mettent sous tension agriculteurs et chasseurs » — 29 octobre 2026 — jhm.fr
  • Fédération nationale des chasseurs — « Dégâts de gibiers » — chasseurdefrance.com

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