En Haute-Savoie, la ruralité claque la porte du comité Loup

Dans un communiqué de presse en date du 5 juillet, la profession agricole ainsi que les représentants des chasseurs ont décidé de ne plus prendre part au Comité loup. Cette décision est un véritable coup de tonnerre et met en avant l’exaspération de la ruralité face à la gestion du prédateur.

Gestion de l’espèce de manière locale en fonction des effectifs

Après des semaines à réclamer des moyens adaptés et efficaces pour protéger leurs troupeaux, les éleveurs ont décidé de claquer la porte du comité Loup de Haute-Savoie. Cette protestation, portée par l’ensemble de la ruralité, a comme objectif de faire bouger les lignes et de se faire entendre. Agriculteurs et chasseurs de Savoie souhaitent que les effectifs de loups soient gérés localement en fonction des contextes agricole, touristique et cynégétique.

Le loup est au cœur de beaucoup de polémiques. En effet, ses effectifs sont sous-estimés par les instances scientifiques de l’État ; la préfecture ainsi que l’État ne veulent pas écouter les cris de détresse du monde pastoral ; les moyens pour lutter contre les attaques sont minimes et ne servent que de rustines. Malgré ce constat, rien ne bouge. Les éleveurs sont aujourd’hui confrontés à une usure psychologique. Un agent de l’OFB témoigne « dans mon secteur un éleveur passait ses nuits à protéger son troupeau. Jusque là rien d’anormal, cependant, l’animal est rusé, chaque matin, l’éleveur, malgré sa présence sur site retrouvait des animaux attaqués ». Face à une telle situation l’éleveur a subit un traumatisme important à tel point que la « folie » a pris le dessus. « Rester éveiller la nuit et le jour c’est inhumain, poursuit l’agent, après plusieurs jours l’éleveur a subit des répercussions psychologiques, hallucinations, délires, l’homme a finit par être hospitalisé » conclut-il. Il y a donc une vraie problématique que personne ne veut saisir et qui va finir pas engendre un ras-le-bol général qui commence à se manifester.

Ce qui est dit dans le communiqué

« La profession agricole et le monde de la chasse ne supportent plus le comportement de l’administration », déclarent huit organisations agricoles et du monde de la chasse dans le communiqué de presse du 5 juillet 2021. Ces derniers la jugent « inefficace », et « militante ».

Au-delà du sentiment de mépris, les huit signataires mettent en cause comme expliqué plus haut, les comptages concernant l’espèce, le comportement des fonctionnaires qui parfois s’assument pro-loup. De plus, ce collectif d’acteurs ruraux se pose la question de pourquoi, éleveurs et chasseurs ne possèdent pas plus d’outils efficaces pour se protéger du prédateur. Éleveurs et chasseurs estiment donc, qu’aujourd’hui, le dialogue au sein de ce Comité Loup n’a pas été utile et n’a pas porté ses fruits. Ainsi ils ont décidé de le quitter avec un fort sentiment de mépris et d’inconsidération. « L’État et ses alliés environnementalistes sont les fossoyeurs de la biodiversité et du cadre de vie des Haut-Savoyards créés par des générations de paysans« , concluent-ils.

Ci-dessous le communiqué :

Les écolos veulent détruire une bergerie.

Un berger, François Cerbonney, qui élève des moutons de prés salés, est condamné par la justice à détruire sa bergerie installée dans la baie du mont Saint-Michel suite à une plainte de Manche nature, une de ces nombreuses associations de khmers verts qui veulent transformer nos campagnes en musée.

Le berger ne détruira pas sa bergerie.

Le 19 février 2021, le tribunal de Coutances ordonne à François Cerbonney de détruire sa bergerie avant le 19 avril sous peine d’une astreinte de 150 euros par jour de retard. L’association Manche nature a porté plainte contre cet éleveur qui a construit dans une zone classée « espace remarquable », une des appellations les plus strictes en matière de protection de l’environnement. François Cerbonney décide alors de ne pas appliquer cette décision de justice. Il créée une BAD (bergerie à défendre) et déclare :

Je ne peux pas détruire ma bergerie en ce moment, c’est la période où les agneaux sont en train de naître.  Je préfère aller jusqu’au bout et garder mon outil de travail quoi qu’il en coûte.

François Cerbonney

Il est soutenu par un collectif qui regroupe riverains, agriculteurs et élus locaux. Une collecte, qui rencontre un grand succès, est lancée pour l’aider dans ce bras de fer. Christiane Horel, présidente du comité de soutien déclare : « De tout temps, ce sont les moutons qui ont entretenu la baie. C’est un comble de vouloir l’en éloigner pour des raisons environnementales… Et on se rend compte que l’histoire touche bien au-delà de la baie. Il y a des gens des Pyrénées ou encore d’Ardèche qui nous ont contactés pour faire un don et nous dire leur soutien. »

Un exemple de ce que veulent les écologistes radicaux et Barbara Pompili.

Cet éleveur est un des premiers à subir les conséquences de la transformation de notre pays en réserve. Bien sûr, il faut protéger la nature et préserver l’environnement. Nous les chasseurs, sommes les premiers à vouloir une nature protégée des agressions. Cette nature doit être accueillante pour la faune, la flore mais aussi pour les humains ; en particulier pour ceux qui y travaillent comme les agriculteurs et les éleveurs. Il n’est pas question de les empêcher de nous nourrir et de faire vivre nos territoires. La campagne française est façonnée par l’homme depuis plus de 2000 ans, c’est ce qui a donné nos paysages si harmonieux et si variés. Des cultures en terrasses provençales au bocage normand en passant par les vignobles du Beaujolais, la France est riche de cette palette mais surtout des hommes et femmes qui y vivent et y travaillent. Car c’est bien de vie qu’il s’agit ; madame Pompili souhaite que 14% du territoire français soit placé en « zone de protection forte » où la présence humaine serait limitée voire interdite. Donc plus de moutons de prés salés ? Donc encore une de nos traditions qui va disparaître ? Dès les XI° siècle, les moines de l’abbaye en faisaient mention. Manche nature et leurs amis risquent de tuer ce que des siècles de travail et de passion ont créé.

J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce que l’on pense et à ce que l’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même.

GUY DE MAUPASSANT – Le Horla

En Suisse, le tir des loups sera facilité dans certaines conditions.

Les loups sont toujours plus nombreux en Suisse. Plus d’une centaine d’individus et onze meutes évoluent actuellement dans le pays. L’extension des populations provoque des conflits avec les éleveurs, notamment dans les régions de montagne. Les meutes et les loups isolés pourront être tirés plus rapidement en cas de conflit avec des éleveurs

Les conséquences du refus de la loi chasse par les citadins suisses.

La révision de la loi sur la chasse a été refusée en septembre du bout des lèvres par 51,9% des Suisses. Elle entendait faciliter la régulation des effectifs de loups et ainsi rendre possible la cohabitation entre l’homme et le grand prédateur. Elle avait été massivement votée dans l’espace alpin et les petits cantons, mais les centres urbains ont voté contre. Encore une fois, ce sont les gens qui ne connaissent ni le loup ni l’élevage qui imposent leur vision et leur idéologie aux gens des campagnes qui, eux, doivent subir les conséquences de la présence du prédateur.

Les organisations d’éleveurs ont rapidement alerté les autorités à propos des conséquences de ce refus. Le Parlement a donc chargé le gouvernement de modifier les ordonnances dans les limites de la loi en vigueur. Une consultation a été lancée pour modifier certaines dispositions dans les limites de la loi chasse. La sagesse a prévalu. En conséquence, les Commissions de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie ont déposé sans opposition deux motions que le Parlement a adoptées en mars 2021. Les motions chargeaient le Conseil fédéral d’adapter l’ordonnance sur la chasse dans les limites de la loi en vigueur d’ici à la saison d’estivage, afin de rendre possible la cohabitation de l’homme, des grands prédateurs et des animaux de rente.

Quels sont les changements ?

Les loups pourront désormais être tirés si dix moutons ou chèvres ont été attaqués. Jusqu’à présent, la barre était placée à quinze. Pour les gros animaux de rente, comme les bovins, les chevaux, les lamas et les alpagas, trois attaques suffiront. Une attaque ne sera toutefois prise en compte que si une clôture ou des chiens de protection défendaient les troupeaux.

Dans les régions épargnées jusqu’à présent par le loup, le seuil de dommages sera désormais fixé à 15 animaux attaqués en un mois, contre 25 précédemment, et à 25 en quatre mois, contre 35. Une protection ne sera pas nécessaire dans ces cas.

La protection des troupeaux doit également être augmentée. Les mesures restent du ressort exclusif des détenteurs, mais ces derniers peuvent bénéficier d’aides financières de la Confédération. Elle correspondra désormais à 80% du montant.

Le Conseil fédéral précise que la volonté populaire qui s’est exprimée en septembre dernier est respectée puisqu’il n’y aura pas de tirs préventifs. « La régulation des populations de loups se limite au tir de jeunes animaux, dont seule la moitié peut être abattue. La conservation de la meute concernée est ainsi assurée et les effectifs de loups ne sont pas menacés », explique le gouvernement. Même si cette évolution est positive, il est triste de voir que le maintien de la présence des loups sur un territoire semble être un impératif alors que ce prédateur est un fléau pour l’élevage de plein air et pour la biodiversité.

Une modification qui fait consensus.

Les organisations environnementales ne vont pas s’opposer à cette modification. « Ce qui est le plus important pour nous, c’est qu’il n’y a pas de possibilité de tirer le loup tant qu’il n’y a pas de dégât avéré. C’était le point central de nos revendication, et ça a été respecté », explique Sarah Pearson-Perret, secrétaire romande de Pro-Natura.

De leur côté, si les milieux de la chasse auraient préféré la révision refusée en septembre, le président de la Société des chasseurs romands Pascal Pittet salue ce compromis. « C’est important pour accompagner l’économie alpestre », estime-t-il, en prévision d’une croissance de cette espèce de prédateur qu’il annonce « exponentielle ».

Source : https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-84233.html

Le loup, une menace pour la ruralité. Paroles de vétérinaire.

Le sous-titre de cet article pourrait être, un vétérinaire en colère. J’aime la Chasse a rencontré Pascal Briday, vétérinaire à Cluny qui, en solidarité avec les éleveurs, a décidé de mener le combat contre la présence du prédateur dans cette région d’élevage.

  • « Tous les deux matins on était appelé pour euthanasier des animaux. Notre boulot, c’est de soigner pas d’euthanasier des animaux dévorés ».
  • « Pendant plusieurs semaines, on nous a dit que rien n’indiquait que c’était un loup. »
  • « Les autorités ont essayé de retarder au maximum la vérité. »
  • « A la préfecture on nous a dit qu’ils ont une énorme pression des associations écologistes et de protection du loup (NDLR : associations parfois étranges, voir notre article à ce sujet : https://www.jaimelachasse.fr/ruralite/les-etranges-defenseurs-du-loup/)
  • « Les éleveurs, on ne leur a pas mis dans leurs calculs économiques pour rembourser la banque qu’il fallait rajouter les sommes pour la protection et du temps de travail en plus. »
  • « Un éleveur comme Julien, c’est un gars qui va perdre 100 000 euros mais ça tout le monde s’en fout. »
  • « Les chiens de protection chez nous c’est difficile, ils créeraient trop de problèmes. »
  • « La biodiversité c’est que tous les animaux puissent vivre sur un territoire, si on introduit un prédateur qui n’a pas de prédateur, ça ne peut pas aller. »
  • « Il y a peut-être eu un arrivage de loups d’Italie mais il n’y a pas que ça. »

Les incohérences du discours officiel.

Vétérinaire depuis de nombreuses années dans cette région d’élevage Pascal Briday souligne fort justement qu’il y a une certaine incohérence, voire une incohérence certaine entre la volonté de protéger le loup à tout prix et les incitations faites aux éleveurs pour qu’ils pratiquent un élevage extensif. Quand un éleveur s’installe, souligne-t-il, la présence du loup n’est pas prise en compte financièrement. Certains éleveurs sont donc au bord de la faillite, d’autres abandonnent. Comment concilier cela avec la volonté de pousser à l’installation de jeunes agriculteurs, de développer le tourisme et de maintenir une activité économique indispensable à notre pays, sauf à décider d’importer notre viande de l’autre bout du monde ?

Des analyses génétiques qui démentent la version officielle.

Il s’occupe aussi de faire faire des analyses génétiques sur les animaux attaqués. Elles sont faites par un laboratoire indépendant allemand. Celles qui concernent les attaques de Flagy montrent qu’il y aurait 3 animaux, un loup d’origine italienne, un hybride et un loup balte. Nous sommes bien loin de la version officielle…

Une association pour un département sans loup.

A la fin de notre entretien, le docteur Briday nous déclaré avoir créé une association pour un département sans loup. Il invite tous les gens concernés par l’avenir de la filière à le rejoindre mais aussi tous ceux qui veulent pouvoir continuer à vivre dans des campagnes qui ne seraient pas transformées en parc national où aucune activité humaine ou presque ne sera tolérée.

« L’objectif de cette association est de développer l’agriculture paysanne et la biodiversité ce qui est incompatible avec la présence du loup. »

Docteur Pascal Briday, vétérinaire

Le loup, une menace pour la ruralité. Paroles d’éleveur. 2/2

Voici la deuxième partie de l’entretien que Julien Fuet, éleveur ovin à Flagy, en Saône et Loire, a accordé à J’aime la Chasse. Il nous parles des attaques, de leurs conséquences et de la réaction des autorités.

Julien Fuet, éleveur

La détresse d’un éleveur.

Il nous dit sa détresse et son désarroi et nous explique ce qui s’est passé :

  • « On a eu 8 attaques en moins de 6 semaines sur des lots protégés avec clôtures et/ou chiens de protection »
  • « On se rend compte que les filets et les chiens ne sont pas efficaces mais on le sait depuis longtemps grâce à l’expérience des gens des Alpes. Ce qui ne marche pas chez eux, je ne vois pas pourquoi ça marcherait chez nous. »
  • « Si une ou des meutes s’installent dans le département, on s’interroge. Est-ce qu’on va continuer ? »

Dans les Alpes françaises ou italiennes, nombre d’éleveurs ont déjà répondu à cette question, ils ont abandonné. Certains pourraient se dire que cela tombe bien puisque la volonté de transformer 13% de notre territoire en « zones à forte protection » se heurte à la présence des paysans, des agriculteurs, des éleveurs. Le loup serait-il une manière de les dégouter et de les pousser à quitter ces zones ?

La réaction des autorités

  • « L’OFB vient mais ne fait pas d’analyses génétiques, ils disent que cela ne sert à rien car ils n’ont jamais les résultats… »
  • « Les indemnisations ça concerne l’animal mort mais les pertes économiques indirectes : 0 ; le temps de travail supplémentaire : 0 ; l’impact psychologique : 0 ; l’impact familial : 0. »

Le département (pourtant loin de la frontière italienne…) a été durement touché à deux reprises par le loup. En 2020 près de Charolles et cette année dans le secteur de Flagy. A chaque fois, les autorités ont été extrêmement réticentes à admettre que cet animal était à l’origine des attaques. Il leur a bien fallu se rendre à l’évidence après que deux photos ont été prises et ne laissent plus aucun doute. Hélas, la procédure du plan loup a été pensée par des bureaucrates et il a fallu attendre 8 semaines pour que le loup soit abattu. A partir du 20 avril dernier, 25 attaques sur les troupeaux ont causé la mort d’une centaine de brebis, le tir n’a été décidé que le 21 mai et le loup abattu le 8 juin. Imaginez le calvaire des éleveurs et de leurs bêtes pendant ce temps. Mais cette souffrance là n’émeut pas les amis du loup.

La ruralité est en danger.

Le bilan du Loup en France en 2020 (Source : DREAL Auvergne Rhône-Alpes)
• Près de 12 000 animaux tués
• Plus de 3 700 attaques de troupeaux
• 39 départements touchés
• Plus de 30M€ de dépenses publiques

L’élevage est une composante importante de cette ruralité et de la vie de nos campagnes. Depuis l’arrivée du loup au début des années 90, les éleveurs ovins, les bergers sont durement touchés par la prédation de cet animal. Les estives d’été sont parfois désertées par ceux qui y montaient depuis des générations. Les pertes s’élèvent pour l’année 2020 à 12 000 animaux d’élevage en France. Ce sont les chiffres officiels mais ils sous-estiment la prédation comme les autorités sous-estiment le nombre de loups présents en France. Pourquoi ? La politique du ministère de l’écologie est de ré-ensauvager notre pays en réintroduisant ou en favorisant le retour des grands prédateurs. Quand avons-nous été consultés à propos de cette politique conduite en catimini par des gens qui n’ont jamais été mandatés par le peuple pour cela ?

Les conséquences de cette politique sont dramatiques pour les éleveurs. Les indemnités qui leurs sont versées ne comblent pas les pertes, loin s’en faut mais sont versées par les pouvoirs publics et sortent donc de la poche des contribuables. Est-ce normal, est-ce logique, est-ce cohérent ? Non, bien entendu. Comment se fait-il que deux ministères d’un même gouvernement (agriculture et écologie) conduisent des politiques aussi contradictoires ?

Le loup, une menace pour la ruralité. Paroles d’éleveur. 1/2

Le sous-titre de cet article pourrait être : « Loup protégé, éleveurs sacrifiés ». Suite aux attaques du loup dans le département de Saône et Loire, J’aime la Chasse est allé à la rencontre d’un éleveur, Julien Fuet, dont le troupeau a subi de grosses pertes suite aux attaques du loup. Dans la première partie de notre entretien, il nous présente son exploitation.

Un investissement de 20 ans.

Installé depuis à peine deux ans en Saône et Loire dans le village de Flagy, Julien Fuet est à la tête d’un troupeau de 600 bêtes. De mai à début juin 2021, son troupeau a subi 8 attaques qui ont tué 35 brebis en ont blessé 30 autres.

Il pratique un élevage extensif dans une région de bocages, sur des petites parcelles. C’est un éleveur qui aime son métier et ses bêtes et qui a beaucoup investi dans cette exploitation : terrains, bêtes, bâtiments. Il le dit lui-même, « c’est un investissement de 20 ans. » Alors quand le loup débarque et attaque, c’est tout un projet qui vacille.

L’élevage extensif est un bienfait pour nos territoires et pour le climat.

« On marche sur la tête, les mêmes gens qui protègent le loup nous demandent du bien-être animal avec des systèmes extensifs mais on nous demande de nous adapter et de cohabiter avec le loup. Ce qui est impossible en élevage extensif. »

Julien Fuet

C’est grâce à l’élevage extensif comme celui pratiqué par Julien Fuet que certains paysages sont préservés et entretenus, que les haies et les prairies existent toujours. Ce type d’élevage évite aux milieux de se fermer. Haies et prairies sont indispensables. Cela permet de maintenir une biodiversité riche, de fixer les nitrates, de réguler les températures (là où il y a des haies, il fait moins froid l’hiver et moins chaud l’été) et de piéger le CO2. Un hectare de prairie fixe 800 kg de CO2, un kilomètre de haies en piège 2 tonnes. Ce sont des éleveurs comme Julien qui permettent à ces biotopes d’exister. Pourquoi les mettre en danger au risque de les faire disparaître ? Ils sont les meilleurs outils contre le réchauffement climatique et pour la biodiversité.

Les étranges défenseurs du loup

Après 25 attaques et une centaine de moutons tués en cinq semaines en Saône et Loire, la préfecture a enfin autorisé un tir létal contre le prédateur. Celui-ci a été abattu le 8 juin. Les éleveurs sont soulagés mais les « amis du loup » sont furieux.

Le mépris pour les éleveurs

Les adorateurs du loup n’ont cure des problèmes de nos éleveurs, ils se soucient seulement de leur animal fétiche. La souffrance des animaux, la détresse des éleveurs, la mise en danger d’une filière économique leur importent peu, seule compte la protection du prédateur. Voici, à titre d’exemple les réactions de l’un d’eux après que l’animal a été tué. « Combien de tirs d’effarouchements ont été faits ? Des clôtures ont-elles été installées ?  Est-ce que la base du métier a été faite ? » Ce petit agitateur ose prétendre que les éleveurs ne font pas leur travail ! Il ajoute ensuite « J’ai du mal à comprendre qu’en Saône-et-Loire, il y ait plus de difficultés qu’en Italie, en Espagne ou au Portugal. »

Mais justement, le loup cause les mêmes problèmes en Italie, les éleveurs et bergers italiens sont, eux aussi, confrontés à des attaques et nombre d’entre eux ont jeté l’éponge. Il faut ajouter qu’en Italie, on estime à environ 200 le nombre de loups braconnés. Quant à l’Espagne, dans les provinces où le loup est présent, on pouvait jusqu’à présent le chasser… Le défenseur du loup ne connait même pas ses dossiers et se contente de ressasser les propos habituels incriminant les éleveurs et présentant la situation à l’étranger comme idyllique.

Le Klan du loup, des références inquiétantes.

Le responsable de ces propos scandaleux et insultants pour les éleveurs s’appelle Rodolphe Gaziello, fondateur du « Klan du loup ». Vous remarquerez l’orthographe du mot Klan qui n’est pas sans rappeler celle d’un groupe américain de sinistre mémoire. Pour confirmer cette mauvaise impression, le logo de ce groupuscule est fortement inspiré de celui des divisions SS. Le personnage semble peu fréquentable. Et le loup a de bien étranges défenseurs…

Chasseurs et éleveurs des Alpes-Maritimes claquent la porte du comité loup.

La FDSEA et la FDC des Alpes-Maritimes ont décidé de quitter le comité loup et de ne pas assister à la réunion qui devait se dérouler le 7 mai sous l’égide du préfet et appellent à une vraie régulation du prédateur.

Les éleveurs sont scandalisés par l’inaction des services de l’État.

Les éleveurs sont excédés et appellent à une véritable régulation de ce prédateur qui fait des ravages. La FDSEA déclare : « Nous ne pouvons plus accepter la situation vécue par les éleveurs de notre département face à la prédation des loups. Nous ne voulons plus cautionner, par notre participation au comité loup, l’effondrement du cheptel de brebis mères dans le département et le non-renouvellement des générations d’éleveurs qui conduisent leur troupeau en extensif. »

Le nombre de brebis mères a tellement reculé en 15 ans que cela remet en question la pérennité de l’élevage dans ce département. Les éleveurs et bergers dénoncent aussi les paroles non suivies d’effet à propos de chiens de protection. Ceux-ci sont à l’origine de nombreux incidents avec les promeneurs et les randonneurs mais les éleveurs se retrouvent seuls au tribunal pour assumer ces incidents malgré les promesses du préfet. De surcroit, des agents de la brigade loup qui devaient venir dans le département ne sont toujours pas arrivés. Des problèmes de correspondance de TGV probablement…

« Les loups ont tué 10 % de nos moutons en deux mois. »

Cette situation n’est hélas pas particulière aux Alpes Maritimes ; dans le Var aussi, les éleveurs n’en peuvent plus comme le prouve ce témoignage de Christian et Guillaume Menut à La Verdière. « C’est à devenir fou ! Notre bergère a encore retrouvé onze brebis au tapis le 25 février 2021, sur le site de Ginasservis à une quinzaine de kilomètres du siège de l’exploitation. Elle était encore très choquée quand elle nous a appelés. » Au total, les loups ont attaqué le troupeau de l’exploitation à sept reprises depuis la mi-décembre 2020, tuant 120 brebis et agneaux soit 10% du cheptel.

La solidarité des chasseurs.

Le président de la FDC 06 a lui aussi décidé de ne plus participer aux réunions de ce comité, emboitant le pas de celui de Haute-Savoie qui avait pris cette décision en mars. Le président Caujolle a diffusé un communiqué expliquant les raisons de son geste. Il ne veut plus cautionner les ravages causés par le prédateur sur les élevages et sur la faune sauvage. Il souligne que le loup coûte annuellement 40 millions d’euros aux contribuables en indemnisation et mesures de protection. Coût auquel il faut ajouter les 500 000 euros de dépense de fonctionnement, de suivi de l’espèce et de la brigade loup.

Ces retraits du comité loup font suite à la circulaire du 5 février 2021 de la FNC, signée par le président Schraen dans laquelle il invitait « les chasseurs à se retirer du dispositif d’intervention et du dossier loup, tel que conçu par l’administration. » (Voir le lien vers la circulaire en bas de page).

Le loup, symbole d’un affrontement politique.

Le retour du loup en France, qu’il soit naturel ou non, pose de tels problèmes que l’on a du mal à croire que l’inactivité de l’État dans ce domaine soit involontaire. L’élevage extensif est la première victime, ce n’est pas un hasard. La grande faune sauvage paie aussi un lourd tribut, ce n’est pas un hasard non plus. Au fil des déclarations des uns et des autres il devient évident que le loup est l’instrument d’une politique de ré-ensauvagement de notre pays. Il servira à faire disparaître l’élevage et le grand gibier, ce qui videra les campagnes et les forêts des éleveurs et des chasseurs, derniers obstacles ou presque à cette politique. N’oublions pas les déclarations de Barbara Pompili qui dit vouloir 10% du territoire national en « zones de protection fortes » d’ici à 2022. Dans ces zones « on limitera ou supprimera les pressions engendrées par les activités humaines » ! Cela était-il au programme du candidat Macron en 2017 ? Ou s’agit-il encore de décisions pour lesquelles nous n’avons pas été consultés ? Ce n’est pas comme cela que fonctionne une démocratie. Rappelons à nos dirigeants qu’ils sont au service du pays et de son peuple et non l’inverse.

Sources :

https://www.lafranceagricole.fr/actualites/elevage/predation-la-fdsea-quitte-le-comite-departemental-loup-1,0,1159583601.html

https://www.lafranceagricole.fr/actualites/elevage/predation-les-loups-ont-tue-10-de-nos-moutons-en-deux-mois-1,0,432346523.html

https://www.ecologie.gouv.fr/aires-protegees-en-france

Un loup aperçu dans le Rhône après des attaques sur les troupeaux.

À Chambost-Allières, dans la nuit du 9 au 10 avril 2021, un cliché montre un canidé qui ressemble beaucoup à un loup gris. L’animal a été authentifié par l’OFB, c’est bien un loup. C’est une première dans le département du Rhône depuis un siècle.

La préfecture admet la présence du loup.

La déclaration officielle de la préfecture ne laisse aucun doute : « Le cliché a été transmis le 12 avril à l’Office français de la biodiversité, établissement public en charge du suivi du loup en France. Les experts de l’Office français de la biodiversité ont pu authentifier cette observation comme étant celle d’un loup gris (Canis lupus lupus)« 

Le déni de l’OFB suite aux attaques dans la région

Ces déclarations font suite à des attaques constatées dans le Rhône. Les services de l’OFB qui s’étaient rendus sur place avaient déclaré : « Le Service départemental de l’Office français de la biodiversité s’est rendu sur place afin d’effectuer les constatations et analyser les circonstances des attaques et les causes des prédations. Les résultats des expertises concluent à ce que le loup ne soit pas exclu« . Comme d’habitude l’OFB ne veut pas admettre la présence du loup et se contente de déclarations qui laissent planer le doute quant à l’origine des attaques sur les troupeaux. C’est un véritable scandale ! Qui d’autre que le loup peut attaquer des troupeaux en France aujourd’hui ? Ce n’est qu’après de longues expertises et de non moins longues délibérations que la présence du loup dans le Rhône est admise. Mais cette constatation faite du bout des lèvres est assortie de nombreuses réserves :

  • « rien ne permet d’affirmer que le loup s’installe dans le département », précise la préfecture.
  • « Il pourrait s’agir d’un individu en dispersion, c’est-à-dire, d’un loup qui quitte une meute pour trouver un partenaire sexuel ou parce que la meute est trop grande. »

Les précautions de langage de la préfecture et de l’OFB n’enlèvent rien à la réalité des attaques subies par les éleveurs. Un tel déni est révélateur de la politique quasi officielle du ministère de l’écologie et de l’OFB : le loup est plus protégé que nos élevages !

En Haute-Marne, l’effarouchement ne fonctionne pas, les tirs létaux sont donc autorisés.

Il y a quelques semaines, le préfet de Haute-Marne autorisait les tirs d’effarouchements pour projeter les troupeaux. Cependant, face à l’inefficacité de l’effarouchement et malgré les installations de protection, la préfecture de la Haute-Marne autorise les tirs létaux sur le loup.

L’effarouchement inefficace face aux attaques

La Haute-Marne subit les attaques du loup depuis plusieurs mois. Face à cette situation, nous avions publié un article sur l’autorisation par le préfet de tirs non-létaux pour effaroucher le prédateur. Sauf qu’aujourd’hui, la mesurette prise par la préfecture ne fonctionne pas. Satisfaire les consciences écologistes, c’est bien, cependant les agriculteurs font face à des attaques multiples et arrivent à saturation. En Haute-Marne depuis 2020, il y a eu 23 attaques recensées impliquant 14 éleveurs.

Rappelons quelques faits :

  • Le 26 janvier, le préfet de Haute-Marne prend un arrêté pour autoriser des aides aux éleveurs pour se protéger des attaques du loup.
  • Le 7 avril, à Poissons, commune rurale en limite de la Haute-Marne et des Vosges, un loup tue un mouton et en blesse un autre. Quelques mois plus tôt, dans la nuit du 2 au 3 novembre, un loup avait tué en une seule attaque cinq agneaux et cinq mères.
  • Mi-avril, la préfecture de la Haute-Marne publie un arrêté autorisant les tirs d’effarouchement, destinés à dissuader les grands prédateurs.

Le tir létal autorisé

La situation vire au cauchemar pour éleveurs. Ainsi, un arrêté préfectoral est pris cette semaine autorisant les « tirs de défense » contre les loups qui sévissent sur le secteur de Poissons depuis 2019. Joseph Zimet, le préfet de la Haute-Marne a expliqué que « ces tirs de défense sont le deuxième stade des mesures d’urgence autorisées par la loi pour tenir les loups à l’écart des troupeaux. »

En effet, le premier stade consistait à effaroucher les prédateurs, mais force est de constater que cette mesurette ne résout en rien les problématiques causées par le loup. Le deuxième stade consiste donc aux tirs létaux aussi appelés « tir de défense ». Ces tirs sont réglementés, ils peuvent être réalisés seulement par un lieutenant de louveterie nommé par le préfet ou par l’éleveur dont le troupeau est soumis à une attaque. Ces tirs ne doivent avoir lieu qu’en cas d’attaque avérée et lorsque le loup se trouve à une distance de moins de 200 mètres des parcs où sont les troupeaux. Le troisième stade consiste lui à l’organisation d’une battue administrative auquel, les autorités ne sont pas résolues.

L’arrêté du 23 octobre 2020 du ministère de la Transition écologique fixe à 19 % de l’effectif moyen estimé annuellement le nombre maximum de spécimens de loups pouvant être abattus, soit 100 à 105 individus au plan national. Il serait peut-être temps de revoir les effectifs de cette espèce, présente sur l’ensemble du territoire national et d’adapter l’effectif à abattre en parallèle. Chaque année, les experts de l’OFB nous annoncent une population estimée entre 500 et 600 individus. Les instances politiques et scientifiques nous cachent la vérité depuis trop d’années. Les attaques incessantes en sont la preuve. Est-il aujourd’hui possible d’avoir la vérité sur ces chiffres ?